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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 15:07

 

 

 

  France Bernadette Sagols panorama sourire

 

France-Affiche-Je-m-appelle-Bernadette--film-de-Jean-Sagols.jpg

  "On ne m'a pas demandé de vous convaincre, on m'a demandé de vous le dire".

 

 

 

 

Entre les mois de février et juillet 1858, dans la Grotte de Massabielle, la Vierge est apparue dix-huit fois à Bernadette Soubirous, petite fille misérable de Lourdes. Une véritable "révolution" mariale qui, au cœur du Second Empire (1852-1870) , scientifique et industriel, miltaire et conquérant, positiviste et sceptique, bousculera l’ordre établi par son message universel d’amour et de prière.

 

"Dieu ne se révèle qu'aux petits".

 

 

France-Bernadette-Sagols-panorama-sourire.jpgLe Ciel

 

 

 

France-Bernadette-Sagols-panorama-angoisse.jpgLa Terre

 

 

 

 

  Suisse-Source-paturage.jpg

 

L'Eau

 

 

 

 

France-Bernadette-Sagols-bougies.jpg

 

Le Feu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est un projet que vous avez initié, un personnage qui vous attirait, une histoire qui vous interpellait ?

Absolument pas, c'est un projet qui s'est présenté de façon indirecte à l'origine, par le biais d'un ami qui avait déjà produit en 1987 le film de Jean Delannoy, Bernadette. Comme il y avait eu en 1943 le film de Henry King, Le chant de Bernadette, avec Jennifer Jones, il s'est dit qu'il fallait revenir sur ce thème régulièrement, se tourner vers une nouvelle génération ne connaissant pas ou peu Bernadette Soubirous. Pour différentes raisons qui me sont personnelles, je me suis alors demandé ce que j'allais pouvoir proposer, ce qui m'intéressait de montrer au travers de ce personnage. Je ne voyais pas comment me positionner par rapport à ce sujet. Il était hors de question pour moi de reprendre le scénario de Jean Delannoy, je voulais tourner un nouveau film. Je leur ai proposé d'écrire un scénario avec Serge Lascar, de raconter ce récit à notre manière, de sortir du conte et d'imposer notre opinion, tout en respectant la symbolique de cette figure de la religion.

 

 


 

 

Quelle fut alors votre approche, que vouliez-vous faire ressortir de cette histoire ?

Il y a une phrase qu'elle a prononcée qui nous a beaucoup frappé: « Je ne suis pas là pour vous faire croire, je suis là pour vous dire ». Ce n'est pas un prêche, elle ne s'est pas servie de sa vision, elle ne l'a pas revendiquée pour se mettre en avant et pour imposer sa parole. Elle a simplement raconté ce qui s'était passé. Elle a parallèlement précisé « qu'un miracle ne s'explique pas, il se vit ». Nous sommes partis du postulat que c'est elle qui fait vivre cette histoire, qu'elle en est le moteur et nous nous sommes beaucoup centrés sur la façon dont elle a affronté l'opinion, les pouvoirs publics et l'église, à une époque où Napoléon III venait de promulguer un arrêté sur les écoles défendant la laïcité. Cette histoire a du coup pris une ampleur extraordinaire et Bernadette a défendu avec force sa position. C'est peut-être cela le miracle, cette force qu'elle ne pouvait pas avoir naturellement, à travers quelque chose qu'elle a ressenti. Est-ce effectivement de l'ordre du ressenti, est-ce une vraie vision ? Je ne suis pas là pour y répondre, je ne le sais pas. Ce qui nous intéressait, c'était cette volonté qui fut la sienne, je ressens quelque chose, je vois quelque chose, je vous le dis, point final et ne cherchez pas à me perturber, ne cherchez pas à vouloir me faire dire le contraire.

 

 

 


 

 

Sur quels éléments vous êtes-vous appuyés pour construire le scénario ?

Tout est réel, nous nous sommes reposés sur les huit livres écrits par l'abbé Laurentin. Il a consacré une grande partie de sa vie à recueillir tous les documents existants autour de cette histoire, il a tout décortiqué, avec une grande honnêteté, sans passer sous silence certains faits, notamment, par exemple, les réactions des religieuses qui se sont montrées assez violentes à l'égard de Bernadette lorsqu'elles l'ont recueillie. La seule chose que nous avons redessinée par rapport à la réalité, ce sont les personnages des deux journalistes. Nous voulions représenter, au travers de leur présence, une forme d'actualité, un agnostique, un trublion face à un jeune qui sera bouleversé par Bernadette, dont la présence le renvoie à sa propre histoire. Cette parenthèse nous permettait également de montrer comment la « folie » et la dépression étaient alors traitées. Ces deux journalistes nous donnaient également la possibilité de répondre à certaines questions que l'on peut se poser, comme se demander logiquement si sa vision n'était pas tout simplement une forme de transe.

 

 


 

 

 

Vous avez été surpris, saisi par cette destinée atypique ?

Complètement et j'ai été saisi surtout par le tempérament de Bernadette, c'est d'ailleurs ce qui m'a donné envie de raconter son histoire. Aujourd'hui nous perdons de plus en plus nos repères, et pas seulement nos repères religieux. Bernadette n'avait pas l'instruction voulue pour ancrer sa vision dans la structure de la religion, elle disait d'ailleurs avoir vu une « dame », pas la vierge et j'ai été surpris par sa volonté, sa position face à ceux qui ont tenté de la faire plier, qui ont été submergés par ce qu'elle leur lançait en pleine figure. Elle a tenue tête à l'église, qui, analysant un miracle, ne savait pas comment le gérer, aux pouvoirs publics, au commissaire qui voit sa commune de 4000 habitants envahie par une horde, prés de 500 000 personnes, au procureur du Roi, qui a reçu l'ordre formel de tout faire arrêter. Comment pouvaient-ils se comporter face à elle, pouvaient-ils recevoir sa vision ? Elle est toujours restée ferme face à eux, leur a renvoyé son regard perçant et je pense que sa force a beaucoup troublé ceux qui l'ont approchée. En ce sens c'est un personnage puissant et c'est sa conviction qui nous a motivé avec Serge, l'envie de dire aux jeunes d'aujourd'hui ne déviez pas, allez jusqu'au bout de vous-même, de vos envies, de vos projets. Alors que Serge est juif et que si j'ai reçu une éducation catholique, je ne suis pas pratiquant, nous avons été littéralement portés par cette figure, par cette histoire et les incroyables pistes qu'il en ressortait. C'est un personnage qui dépasse les codes de la religion.

 

 


 

 

Par rapport à la religion justement, par rapport à votre propre position, comment avez-vous tranché la problématique des visions de Bernadette, leur représentation ?

Nous en avons beaucoup parlé avec toute l'équipe. Henry King a choisi de montrer ces visions, Delannoy les a contournées. Nous avons imaginé les projeter au travers de ses yeux, mais c'était une approche trop personnelle. Nous avons finalement choisi de les placer dans une sorte de grande blancheur, une lumière violente. Je ne voulais pas tricher sur son regard, vraiment montrer qu'elle voyait quelque chose que les autres ne voyaient pas. Ne rien montrer sous-entendait que nous partions du principe qu'elle ne voyait rien, ce qui me gênait dans le film de Delannoy. Je voulais la faire entrer dans une forme de transe, ce qui marchait assez bien dans le film d'Henry King, mais leur approche me semblait également beaucoup trop réaliste.

 

 

Qu'est-ce que vous recherchiez au-delà comme atmosphère générale ?

     

Nous avons tourné au  
Portugal où nous avons, presque naturellement, trouvé cette atmosphère d'époque que nous ne pouvions recréer avec des décors. Je ne recherchais pas forcément une forme de froideur, plus un éclairage assez tamisé, lié à ces atmosphères issues de l'éclairage des bougies. Pour l'ambiance musicale je recherchais une certaine forme de lyrisme.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à choisir Katia, qu'est-ce qui vous a séduit dans sa personnalité ?

Elle avait un côté tranché, buté qui me plaisait. Elle est très carrée et en même temps convaincue. Je la voulais dans son naturel, sa simplicité, je lui ai juste demandé de s'approprier une forme de gestuelle physique. Ce qui m'a séduit c'est son regard, il fallait que l'on ressente une forme de magie et devant la grotte elle est lumineuse. C'est intéressant qu'elle ne soit pas connue, il ressort d'elle une innocence, elle apparaît soudainement, comme Bernadette, elle surgit sur nos écrans.

Qu'est-ce qu'il vous reste de cette aventure ?

 

 


 

J'ai changé, vraiment, sur un plan personnel. Je ne peux plus rester indifférent aujourd'hui à ce que propose l'histoire de cette fille. Pour moi Lourdes c'était Mocky, du mercantilisme... Lorsque je suis allé à Lourdes pour les premiers repérages, j'étais avec les producteurs, il faisait très chaud, nous nous sommes assis en fin de journée et nous avons vu tout un cortège de malades, poussés par des jeunes, qui remontaient de la procession. Ils sont passés devant nous et nous avons été stupéfiés par leur sourire, par les signes de bonheur qu'ils       nous adressaient. J'ai eu le sentiment que c'était ça le vrai miracle de Lourdes, ce qu'il reste de Bernadette, cette intensité, cette vigueur qu'elle avait en elle, qu'elle insuffle à ces personnes, croyantes ou non croyantes.

Propos recueillis par Sophie Wittmer

(in excessif)

France-bernadettesoubirous.jpg

 

 

 

...Jeudi 25 février;

 

"Alors le boiteux bondira comme le cerf et la langue des muets sera déliée...Parce-que les eaux se sont répandues dans le désert...".

 

A l'aube, il y a encore quatre ou cinq cents personne à Massabielle: des ferventes, comme Emmanuélite Estrade , des sceptiques bienveillants, comme son frère des négateurs malveillants, comme Mme Jacomet, la femme du commissaire.

Melle Lacrampe, -Elfrida- était, elle, une femme de tête, et pieuse avec sévérité. Elle estimait "peu recommandable" l'entourage de Bernadette, et les Estrade durent beaucoup insister d'aller voir avant de juger.

De prime abord, tout lui déplut; surtout que Bernadette fendit la multitude en disant: "Laissez-moi passer"! d'un ton que plus d'un trouvait impatient...

Il faut reconnaître que, pour un esprit prévenu, critique, coriace, le 25 février, en apparence, n'était pas un bon jour. Ce jour-là, à genoux, Bernadette se mit à gravir et à redescendre la pente qui menait à l'intérieur de la grotte. "Je ne vis là qu'une agitation ridicule, car elle me semblait sans objet", commenta Elfrida, tandis que d'autres témoins étaient touchés aux larmes par la dignité que gardait l'enfant.

La grotte n'était pas alors aussi profonde qu'aujourd'hui: du sable amoncelé, obligeaient à se plier en deux pour qui voulait y pénétrer. C'est pourquoi Bernadette s'arrêta; elle regarda alors du côté de l'Apparition qui se tenait dans la cavité communiquant avec la niche. Alors, on la vit se courber jusqu'à terre, gratter le sol, et reparaître le visage barbouillé de boue....

La foule poussa un "oh...!" consterné. Et quand elle arracha trois touffes d'herbe qu'elle mâcha et avala. Des femmes se voilèrent la face avec leurs mains.

 

 

"On la vit s'essuyer avec un mouchoir, d'autres disaient avec son jupon et revenir à sa place : "Elle est folle!...".
Les plus bienveillants éprouvaient une tristesse profonde: quoi, ces sourires, la petite figure ordinaire transfigurée en visage céleste, les beaux récits, le majestueux signe de croix, tout cela n'était-il que dérangement de l'esprit? 
Quant aux malveillants, ils triomphaient.
Rien ne manqua de ce qui pouvait fournir argument à leur malignité: lorsque Bernadette se fut à nouveau agenouillée, elle glissa la main sous son serre-tête et se gratta longuement et ostensiblement; en fait, la vermine pullulait dans le cachot qui servait de logis aux Soubirous.
Melle Elfrida fit remarquer ce geste à Melle Emmanuélite: " Et vous voudriez me faire croire que cette fille-là voit la Vierge!"."
in Bernadette; Marcelle Auclair, 1977, Bloud & Gay, Paris.

 

France-ND-de-Lourdes-Chirens.jpg

France-ND-de-Lourdes.jpg

 

 

France-bernadette_chasse.jpg

 

 

Chasse de Bernadette à Nevers 

 

 

France-Lourdes-foule-pelerinages.jpg


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commentaires

Windows Vista help now 21/03/2014 12:10

The movie is amazing and it has been one of the best I saw. No doubt it was all through revealing and I brought something back home after I left the theatre. No second doubts about it.I am happy.Thank you!

emma 21/03/2012 18:10


Merci pour cet article qui nous montre que la petite Bernadette est une grande sainte qui s'adresse à notre époque , plus que jamais; merci pour ce blog très bien conçu. Mariendasol. Madrid.

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