Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 05:59

LA FIN DE L'UTOPIE?

 

 

 

 

 

USA-Etats-Unis-aigle-rapace.jpg

 

  La puissance périmée

Depuis la Déclaration Monroe en 1823, les États-Unis d'Amérique rêvent de dominer le monde.

Peuple de pionniers chrétiens à la recherche d'une Terre promise, animé d'un rêve de conquêtes de terres et d'hommes qui se concrétisa par l'élimination ou la déchéance de 120 nations indiennes et par le massacre de 350 Amérindiens à Wounded Knee en 1893, les WASP (white anglosaxon protestants) se sont toujours fabriqués des héros au cinéma, afin de glorifier leur jeune nation, leur histoire et leur "way of life".

Le cinéma américain et sa machine à produire du rêve (Dreamworks), des mythes et des légendes, des fantasmes aussi, fut dés ses débuts, l'exutoire de tous les désirs conscients et inconscients d'un Peuple "élu": le premier de tous ses rêves fut et sera sa volonté d'hégémonie et son impérialisme, au nom de ses valeurs de démocratie et de liberté.

La puissance américaine, née sur les décombres des guerres européennes de 14-18 et de 39-45, survivra-t-elle au nouveau siècle? Cette question jadis posée pour l'URSS peut sembler folle. Elle mérite examen; et la question mérite d'être posée.

 

 

 

Que nous disent, pêle-mêle, les films américains depuis une trentaine d'années sur la puissance américaine?

 

 

USA--gde-Affiche-ne-4-juil.jpg La première victime des guerres est l'innocence.

 

 

USA-ne-un-4-juillet-1989-TCruise-hurle.jpg

 

 

Né un 4 juillet (Born on the Fourth of July) est un film américain adapté du livre autobiographique de Ron Kovic, sorti en 1989 et réalisé par Oliver Stone.

Sélectionné pour huit récompenses il obtient les oscars du meilleur réalisateur et du meilleur montage lors de la 62e cérémonie des Oscars.

 

 

Le film met en scène l'histoire de Ron Kovic, né un 4 juillet et fervent patriote. Volontaire pour se battre au Viêt Nam, il en reviendra paraplégique et remettra en question ses valeurs…

 

 

USA-ne-un-4-juillet-1989.jpg

 

 

La grande fêlure infligée dans les certitudes de l'Amérique fut le bourbier de la guerre du Viet-Nam.

Une poignée de communistes, pour la plupart formés à Paris, résista à deux Empires, français puis américain, certes avec l'aide de l'URSS et de la Chine. L'idéologie communiste fut plus fervente que l'idéal démocratique et libéral  : c'est un peu le mythe de David contre Goliath.

Le leader communiste vietnamien Ho Chi Minh, parfois si clairvoyant, osa qualifier les Etats-Unis de "Tigre de papier".La détermination des communistes fut plus inflexible que celle des politiciens français de la IVe République, fragilisée par la valse hésitation des ministères dont certains ne duraient que quelques semaines.

 

dien-bien-phu.jpg Dien Bien Phu; 1954. C'est dans cette cuvette, prés de la frontière du Laos, que la France perdit l'Indochine, perle de son Empire.

 

 

Sur le terrain cependant, les soldats français se battirent avec une bravoure exemplaire et un sens du devoir incomparable. Il se battirent pour le Vietnam, qu'ils aimaient profondément, plus que pour défendre le système colonial.  Ils souffraient,tandis que la plupart des Français s'en désintéressait et que le Parti communiste sapait la réputation des soldats qui se battaient et mouraient pour que les Vietnamiens ne subissent la chape de plomb communiste. 

Les Américains, depuis 1946, accusaient la France de mener une guerre colonialiste et en sous-main, salissant son image dans le reste de l'Empire, s'engageaient de plus en plus en Indochine afin d'étendre leur hégémonie.

Après "les conseillers",les premières troupes américaines furent envoyées au Vietnam en décembre 1961. L'engrenage fatal commençait.

 

USA-B52_vietnam2.jpgDébut 1965:Les B52 bombardent le Nord Vietnam selon la stratégie de la terreur, par tapis de bombes: pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Luftwaffe n'avait pas fait mieux. Mais, comme les Britanniques en 1940, les nord Vietnamiens tinrent bon. Dès lors, les Américains avaient perdu. Mais ils ne le savaient pas encore...

 

 

USA-1975_Chute_Saigon.JPG

Avril 1975: chute de Saïgon. L'aventure américaine  se termine dans le chaos.

 

 

 

 

Des deux côtés, le traumatisme sera immense. Tandis que le monde libre prendra conscience de la fragilité de la puissante Amérique, les cinéastes, pour la plupart de gauche, s'emparent vite du sujet, en montrant de façon souvent crue, comme un électrochoc, la violence de cette guerre.

La cinéma-thérapie a commencé...ou l'exorcisme?

 

 

 

USA-affiche-apocalypse-now-79.jpg

 

 

 

Apocalypse Now est un film américain réalisé par Francis Ford Coppola sorti en 1979. Ce film est une adaptation libre du roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness).

Il est classé 30e du Top 100 de l’American Film Institute et a obtenu, entre autres distinctions, la Palme d'Or du Festival de Cannes. Un nouveau montage du film est sorti en 2001 sous le titre, Apocalypse Now Redux.

 

Lors de la guerre du Viêt Nam, les services secrets militaires américains confient au capitaine Willard la mission de trouver et d’exécuter le colonel Kurtz dont les méthodes sont jugées « malsaines ».

Celui-ci, établi au-delà de la frontière avec le Cambodge, a pris la tête d’un groupe d’indigènes et mène des opérations contre l’ennemi avec une sauvagerie terrifiante. Au moyen d’un patrouilleur mis à sa disposition, ainsi que de son équipage, Willard doit remonter le fleuve jusqu’au plus profond de la jungle pour éliminer l’officier. Au cours de ce voyage, il découvre, en étudiant le dossier de Kurtz, un homme très différent de l’idée qu’il s’en faisait. Comment cet officier au parcours exemplaire a-t-il pu devenir le fou sanguinaire qu’on lui décrit ?

 

 

 

 Ces films  ont tous en commun de montrer la folle guerre du Vietnam qui rend plus ou moins fous les hommes qui y sont plongés par un engrenage fatal; côté Vietcongs, même processus: le fanatisme idéologique ajouté à la haine des Américains rendra les combattants fous de rage,mais avec cette froide et très asiatique détermination, qui rappellera douloureusement aux Américains le sacrifice des Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale.
USA-affiche-film-platoon-86.jpg
USA-platoon_gun-J.Depp.jpg

Platoon est un film de guerre américain écrit et réalisé par Oliver Stone en 1986, dont l'action se déroule pendant la guerre du Viêt Nam. Il est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Viêt Nam où il a été blessé à deux reprises

 

En 1967, le jeune Chris Taylor souhaitant servir son pays, s'engage volontairement dans la guerre du Vietnam. Il est affecté à la 25e Division d'Infanterie, dans une section (« platoon » en anglais signifiant « peloton» ou « section») qui a subi des pertes lors de récents combats. Son enthousiasme s'évanouit rapidement tandis qu'il effectue d'interminables patrouilles jour et nuit et s'épuise à creuser des trous servant comme position de défense, corvée avec plusieurs autres affectée aux bleus. Après une embuscade lors de laquelle il est légèrement blessé, Taylor s'intègre peu à peu avec les soldats plus expérimentés.

 

Lors d'une opération dans la jungle, son unité découvre un complexe de bunkers. Alors qu'ils fouillent une cache, deux soldats sont tués par une boîte piégée avec une bombe. Après avoir quitté les bunkers, les soldats découvrent le cadavre de l'un des leurs (Manny), disparu alors qu'il était posté en sentinelle lors de la fouille des bunkers. L'unité poursuit alors sa route jusqu'à un village paysan où des combattants Viêt-Cong (miliciens communistes vietnamiens) auraient été aperçus. Ils y trouvent de la nourriture en masse et des caches d'armes. Les habitants disent avoir été forcés par les forces vietnamiennes du nord à les aider. Fatigués et à cran, des soldats passent leur frustration relative à la perte récente de leurs camarades sur plusieurs paysans qu'ils torturent et tuent. Lors d'un interrogatoire, le sergent Barnes exécute la femme du chef de village devant les yeux de nombreux soldats et menace sa fille quand le sergent Elias intervient. S'ensuit une bagarre entre les deux hommes. De son côté, Taylor sauve deux filles du village sur le point d'être violées par plusieurs soldats. La section repart après avoir mis le feu au village.

Après l'incident de l'interrogatoire, le sergent Elias se plaint à son capitaine qui promet la cour martiale à Barnes si les faits sont avérés. La sympathie de Taylor, d'abord acquise à Barnes, penche maintenant pour le sergent Elias tandis que ceux qui sont derrière Barnes parlent d'assassiner Elias pour l'empêcher de témoigner.

 

 

USA-hot-toys-platoon-sergent-barnes.jpg

 

Lors d'une nouvelle patrouille, la section est prise en embuscade par des Viêt-Congs et subit de nouvelles pertes. Le lieutenant Wolfe se trouve plus ou moins désemparé et Elias propose alors d'emmener quelques hommes avec lui pour parer à une probable attaque ennemie sur leur flanc. Le lieutenant Wolfe n'est pas d'accord, mais Elias a l'approbation de Barnes. Elias part donc avec trois hommes, dont Taylor. La tactique marche, mais le sergent Barnes vient chercher les trois soldats et leur dit d'évacuer tandis qu'il affirme aller chercher Elias. En fait, une fois qu'il l'a retrouvé, il l'abat froidement et, croisant Taylor qui revient aussi chercher Elias, lui annonce qu'Elias a été tué. Tandis que les derniers hélicoptères d'évacuation décollent avec Barnes, Taylor et d'autres hommes, ils voient Elias courir en direction du lieu d'évacuation, poursuivi par des dizaines de soldats Viet-Cong, mais il est trop tard et il est achevé par ses poursuivants.

Taylor soupçonne Barnes d'avoir assassiné Elias.

La compagnie est renvoyée sur le front dans la même zone où une attaque ennemie d'envergure se prépare. Presque tous les membres de la section meurent dans la bataille sous le feu ennemi et une attaque aérienne américaine au napalm. Taylor y survit. Il recouvre conscience à l'aube après la bataille, il se saisit d'un fusil AK-47 et commence à errer sans but dans la jungle jonchée de cadavres. Parmi ceux-ci, il retrouve le sergent Barnes, blessé durant les combats et l'abat.

 

USA--Platoon.jpg

 

Le film se termine avec l'évacuation de Taylor, blessé durant l'attaque.

Le sujet central du film est le combat des deux sergents, Barnes et Elias, deux figures paternelles pour le jeune soldat qui hésite entre les deux. Barnes symbolise la force brutale, aveugle, le bras armé d'un État, celui qui ne sait que tuer dans la vie. Finalement, cette force se révèle incontrôlable. À l'opposé Elias est la conscience morale, celui qui refuse de s'avilir, même quand l'ennemi est lui-même cruel. Il représente une figure christique dans le film, à plusieurs reprises on le voit les bras en croix, notamment lorsqu'il meurt. C'est aussi celui qui est sans doute le plus lucide, il ne croit pas à la victoire. Finalement, comme il le dit à la fin du film, Taylor se sent comme né de ces deux pères différents. À un second niveau, on peut y voir une Amérique scindée entre les va-t'en-guerre qui veulent une victoire quel qu'en soit le prix et ceux qui pensent qu'à ce jeu l'Amérique perd son âme dans un conflit perdu d'avance.

Ce film montre des aspects dérangeants de la guerre du Viêt Nam comme l'abus d'autorité des soldats aguerris sur les bleus, l'assassinat d'officiers impopulaires (on parlait de « fragging » ou « fragmentation » dérivé de la grenade à fragmentation car ils étaient assassinés ainsi, afin de ne pas révéler que le tueur utilisait des balles américaines), le fait que la plupart des simples soldats sont des gens du peuple, les représailles sur la population civile.

On peut faire un parallèle autobiographique, Stone lui-même s'étant engagé volontairement. Mais le film n'en est pas moins antipatriotique ou antiguerre. De plus, le langage dans les répliques est la plupart du temps injurieux ou vulgaire, on sent que le dérapage de ces soldats, plongés dans une guerre qu'ils ne comprennent pas et à laquelle ils n'étaient pas préparés, est à chaque instant possible (dérapage qui aura lieu lors de la séquence du village vietnamien).

 

Oliver Stone pensait à réaliser un film sur la guerre du Vietnam depuis plus de vingt ans, lorsqu'il fut engagé volontaire dans le bourbier asiatique. Son film d'école dans la classe de Martin Scorsese, L'année dernière au Vietnam évoquait déja son traumatisme de l'expérience de la guerre. Son premier scénario rédigé en 1976, est une version brute de ce qui deviendra Platoon. Mais son script est refusé partout. Il lui sert quand même à se faire accepter comme scénariste pour l'écriture du succès critique et commercial Midnight Express. Par ce biais, il devient l'un des scénaristes les plus en vue d'Hollywood (Conan, Scarface ou L'année du Dragon). Il accepte même de tourner son premier film, Salvador , sans être payé, à condition d'avoir le financement, six millions de dollars pour Platoon qui sortira en décembre 1986 aux États-Unis et mars 1987 pour la France, avec le succès que l'on sait.

 

 

USA Voyage au bout de l'enfer affiche

Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter) est un film britannico-américain réalisé par Michael Cimino et sorti en salles en 1978.

Mettant en vedette Robert De Niro, John Cazale(dont c'est le dernier film), John Savage, Merryl Streep et Christopher Walken (dont ce sont les premiers rôles importants), Voyage au bout de l'enfer parle de trois amis partis combattre au Vietnam dont certains en seront marqués par des séquelles physiques ou mentales.

Premier film traitant de la guerre du Vietnam, du traumatisme et de ses méfaits psychologiques, il a fait l'objet d'une  controverse notamment avec la scène de la roulette russe, qui a fait l'objet de critiques car aucun cas n'a été attesté durant cette guerre.

Cette controverse n'a pas empêché à Voyage au bout de l'enfer d'obtenir un succès critique et commercial et d'obtenir cinq Oscars du cinéma dont celui du meilleur acteur dans un second rôle (Christopher Walken), meilleur film et meilleur réalisateur, et d'être classé 53e au Top 100 de l'American Institute.

 

USA-Voyage-au-bout--nickrouljpg.jpg

 

Trois sidérurgistes d'une petite ville de Pennsylvanie, engagés dans la guerre du Vietnam, vont être marqués par l'atrocité de la guerre, que ce soit physiquement ou mentalement.

Nous sommes en 1968 à Clairton, petite ville de Pennsylvanie. Steven, Michael et Nick sont trois ouvriers sidérurgistes américains d'origine russe, qui travaillent à l'aciérie locale, en compagnie de deux autres amis, Stan et Axel, tout en effectuant un travail dangereux et pénible, exposés à la fournaise de l'acier en fusion à longueur de journée, qu'ils finissent dans un bar tenu par John, un ami des ouvriers. Durant leur temps libre, ils vont chasser le cerf dans les montagnes.
Steve se marie avec Angela, qu'il aime et dont il dit qu'elle l'aime, bien que la grossesse de celle-ci ne soit pas de son fait. Un banquet fête le mariage et le départ des trois amis, qui vont partir faire la Guerre du Vietnam, après lequel Steve confie à Nick son secret, et ses angoisses concernant l'enfant d'Angela, et l'avenir qui l'attend.

Pendant la nuit de noces des jeunes mariés, les quatre autres amis, accompagnés de John, vont chasser le cerf en montagne. C'est dès cette occasion de détente, que se dessine le caractère de Mike, dur, têtu, et rationnel (notamment en refusant de passer ses bottes à Stan), dispositions qui sauveront ultérieurement sa vie et celles de ses amis.

 

USA Voyage au bout de l'enfer affiche

 

 

 

 

Deux ans plus tard, Steve, Nick et Mike se retrouvent dans la jungle, dans ce bourbier qu'est la guerre. Ils sont capturés par les Vietcongs, qui les emprisonnent entre les pilotis cerclés de barbelés d'une baraque en bambous, sur une rivière bourbeuse. Dans la cabane, les geôliers forcent leurs prisonniers à s'affronter à la « roulette russe » : deux joueurs, un revolver avec une balle dans le barillet, des paris. L'un vit, l'autre meurt.

Steve craque le premier. Il échappe de justesse à la balle fatale en détournant le canon de sa tempe et on l'envoie dans un trou à rats recouvert de barreaux, d'où seuls émergent son visage et ses mains. Mike et Nick jouent l'un contre l'autre dans un faux duel fratricide et parviennent à abattre leurs geôliers et à s'enfuir, après avoir libéré Steve. Tous les trois se laissent dériver, blessés, accrochés à un arbre flottant sur la rivière. Un hélicoptère américain survient, les repère et tente de les secourir : les trois hommes, en s'aidant mutuellement, s'accrochent à un pont de singe pour tenter d'embarquer plus facilement dans l'appareil en vol stationnaire. Nick est saisi par l'équipage mais les deux autres retombent dans l'eau, dix mètres plus bas. Steve, dans sa chute, se brise gravement les deux jambes sur des rochers en contrebas. Au sortir de la rivière, Mike le porte sur son dos puis le remet à des soldats sud-vietnamiens rencontrés sur une route envahie par une population en exode.

Nick est hospitalisé dans un service psychiatrique mais tombe sous la coupe d'un trafiquant, Julien, à Saïgon dans un tripot ; des parieurs misent très gros sur des jeux macabres de roulette russe. Mike est là aussi mais il ne parvient pas à rejoindre Nick qui déserte après avoir fait sensation en remportant une importante somme d'argent dans le tripot.

De retour à Clairton, Michael, hanté par ses souvenirs, ne parvient pas à réintégrer sa bande d'amis, malgré la présence affectueuse de Linda, la petite amie de Nick avant leur départ, qu'il aime. Il apprend que Steve est revenu du Vietnam, convalescent dans un hôpital. Mike obtient d'une Angela mutique un numéro de téléphone griffonné sur un bout de papier pour joindre son copain : ce dernier, amputé des deux jambes, joue au Bingo sur son fauteuil roulant. Il montre à Mike des liasses de billets qui lui arrivent de Saïgon, sans qu'il comprenne d'où et de qui cet argent provient.

Michaël - qui soupçonne depuis le mariage que Nick est le père du fils d'Angela - comprend que celui-ci a trouvé dans les paris de la roulette russe un moyen fou de payer sa dette à Steve, devenu incapable de subvenir aux besoins de la mère et de l'enfant.

Mike repart pour Saïgon où, avec l'aide récalcitrante de Julien, il retrouve Nick, drogué, qu'il tente de soustraire à la roulette russe. Mais l'issue de cette confrontation est fatale.

Comme il le lui avait promis, Mike ramène le corps de Nick, mort d'une balle en pleine tête : il sera enterré au pays, dans le cimetière de Clairton. Steve, sorti de l'hôpital, tente de reprendre vie commune avec Angela et son fils. Après les obsèques de Nick, les deux survivants et leurs amis portent un toast à la mémoire du défunt en chantant "God bess America".

USA-voyage-au-bout-de-l-enfer-De-Niro.jpg Robert De Niro est Michael.

 

 

 

 

Ce film, généralement considéré comme un des plus marquants sur la guerre du Vietnam, s'intéresse moins aux scènes de guerre qu'à la psychologie des personnages et aux séquelles dévastatrices des traumatismes subis.

Ce deuxième film de Cimino est également le seul de sa filmographie qui ait été reconnu dès sa sortie comme une incontestable réussite. Certains commentateurs y ont vu un « immense chef d'œuvre » qui adopte l'angle de vue original d'une classe ouvrière américaine rarement filmée. Ce serait selon eux le seul film qui parvient à faire comprendre ce qu'a pu être la guerre du Viêt Nam sans l'expliquer de manière directe.

Le thème musical et les chansons jouent un rôle important dans ce film.

 

 

 

 

 

 

  • Le thème musical principal est la Cavatine de Stanley Meyers, qui porte aussi le titre She Was Beautiful (elle était belle), joué à la guitare par John Williams. C'est un morceau de musique mélancolique qui rappelle la vie tranquille et languissante de Clairton.
  • Un thème musical secondaire est la chanson Can't Take My Eyes Off Of You (Je ne peux détourner mes yeux de toi) chantée par Frankie Valli, qui fut un hit en 1967 et que l'on peut entendre à plusieurs reprises dans le film.
  • Au moment de la cérémonie de mariage et de la fête qui suit, on peut entendre des chants russes orthodoxes comme Slava et des chansons du folklore russe comme Korobouchka et Katioucha.

 

 

 

 

 

Film fleuve de trois heures, The deer hunter pense le conflit du Vietnam du point de vue des ouvriers américains appelés au front: une chorégraphie somptueuse dans laquelle on cherche à comprendre s'il est possible de fuir le hasard meurtrier du conflit...

 

Article de Francesco Capurro

 
Existe-il une tragédie musicale ? Peut-être pas, le terme pourrait même faire sourire ; cependant Cimino essaye de l’inventer. L’aspect tragique du film est assez évident : un triangle amoureux, des personnages emblématiques face à leur destin et à celui d’un pays, la Mort qui se cache derrière chacun de leurs gestes. Pourquoi musicale ? Parce que dans ce film fleuve de trois heures, qui touche à la guerre, l’amour, la loyauté, l’Amérique, ce qui régit l’ensemble et unit ces matériaux divers est un sens inouï et singulier du rythme, à la fois visuel et sonore. Plutôt qu’une fresque, comme il a souvent été défini, une énorme chorégraphie.

Esthétisme et abstraction : de la guerre du Vietnam à la Guerre tout court.

Cimino est un cinéaste calligraphe, plus classique qu’il ne voudrait le paraître. Ce qui saute aux yeux, en ne voyant qu’un extrait quelconque du film, est l’absolue précision avec laquelle chaque plan est millimétré. Un cadrage si parfait qu'il en serait presque excessif, un peu maniéré, élégant à en être gênant. La largeur du cinémascope devient une surface sur laquelle disposer les éléments, les couleurs, les lumières, soignant les bords comme le centre, jusqu’au moindre recoin. Très tôt dans le film, pendant la fête nuptiale de Steve et Angela, une banderole plane au dessus des invités qui dansent : « serving god and country proudly ». Avec sarcasme, Cimino confie son commentaire amer sur le destin des personnages à un élément au bord du cadre. Véritable maniaque du détail, le cinéaste fait construire ses décors s’il ne trouve pas les bons, attends la lumière souhaitée pendant des heures, ne laisse rien échapper à son contrôle.

Et c’est bien en faisant attention aux détails qu'on peut saisir le film dans toute sa portée. Dans un découpage transparent et fluide, la caméra danse parmi les personnages, jusqu’au moment où un plan, soudain, émerge. Seul, il donne tout son sens à la scène, ouvre le champ à tous les possibles : une tache de mauvais sort sur l’habit de noces d'Angela, des yeux qui s’emplissent de larmes, un sourire au coin de la bouche, une phrase à peine prononcée : « I love you ». De la finesse dans la mise en scène, qui traduit évidemment une pensée fine sur la guerre.

Il ne faut pas chercher ici la réalité de la guerre, les faits, le reportage, une prétendue objectivité ou une volonté documentaire. Il s’agit d’une mise en scène de la guerre, comme le suggère l’attention portée au cadre, à la photographie, et l’abondance de musique. Justement par son aspect fictif, le film dépasse le témoignage sur la guerre du Vietnam, pour penser le Guerre tout court. Serge Daney, lors du passage du film à Berlin, avait déjà deviné la valeur d’exemple liée à ce film, qui aujourd’hui (trente ans après et une autre guerre américaine en cours) ne peut pas passer inaperçue : « faisons un film contre la Guerre, par exemple la guerre du Vietnam ; la guerre est atroce, on torture, par exemple les nord-vietnamiens torturent ; mais dans la guerre il y aussi du courage, par exemple le personnage du chasseur de daim (Robert de Niro) ».
 

La guerre dans les yeux du peuple d’Amérique

Mais malgré le côté exemplaire des personnages et des gestes, le film ne tombe jamais dans le didactisme bête et pédant : sur la guerre du Vietnam, ses raisons, ses enjeux politiques, stratégiques ou militaires, on n'en sait jamais plus que les personnages. Peu importe, le film n’est pas un cours de géo-politique : la guerre est là, tout simplement, et il faut y aller. Les ouvriers de Pennsylvanie font de bonnes recrues : telles sont les décisions qu’on a prises ailleurs, au gouvernement ou au Pentagone : des lieux  si éloignés de cette réalité pauvre et provinciale qu’il resteront constamment hors champ. La guerre est depuis toujours un fait extérieur aux volontés et aux pouvoirs des classes populaires, et le choix de Cimino, singulier, est d’adopter leur point de vue sur les choses.

  USA-voyage_au_bout_de_l_enfer_photos_du_film-De-Niro-petit-.jpg

Le film s’ouvre sur de somptueux mouvements de caméra parmi les feux et les étincelles de l’usine sidérurgique, séduisante et mystérieuse comme un décor de science fiction et en même temps violente et rude, présage tangible de la guerre, chaleur et feu. Michael (Robert De Niro), Nick (Cristopher Walken) et leurs amis bavardent en sortant de l’usine, qui restera l’arrière plan constant et encombrant de presque toutes les scènes tournées dans la petite ville de Clairton, pauvre et triste. Parmi les voitures garées, les ouvriers avancent en ligne, compacts, dans une posture qui fait d’eux des figures emblématiques du prolétaire du XXème siècle. Pour eux, la guerre, plutôt qu’une décision prise par un gouvernement à un moment donné pour des raisons X ou Y, semble être une fatalité qu’un dieu indien se charge d’annoncer par l’apparition quasi mystique des faux soleils. Un hasard contre lequel on ne peut pas grand-chose, sinon chercher à s’en sortir.

Est-ce là de la résignation ? Il n’y a aucun jugement dans le film par rapport à cette acceptation passive des événements, choix d’ailleurs respectueux et crédible vis-à-vis des proscrits : ce n’était sans doute pas facile d’échapper au service. Mais il est quand même significatif de noter l’absence quasi-totale de tout mouvement contestataire, de toute manifestation hippie, de toute révolte : aléas de l’histoire du cinéma, The deer hunter est quasiment contemporain de Hair, la comédie musicale de Milos Forman qui met au centre de ses interrogations la possibilité de la désertion comme refus de la guerre. Il reste toutefois vrai, que pour la majorité des jeunes partis au service en Vietnam, la guerre fut une obligation, d’ailleurs imprévisible et, dans la plupart des cas, incompréhensible.

USA Voyage au bout nickrouljpg
La roulette russe devient alors la meilleure métonymie possible pour se représenter la Guerre : un hasard meurtrier et irrationnel, où gagner équivaut à survivre. Autant y jouer avec trois balles: soit on meurt tous, soit on survit, et on aura assez de projectiles pour tuer l’ennemi. En 1978, la guerre est définitivement dépourvue d’explications et rendue à sa cruauté. Il y a dans cette exposition de la souffrance, dans l’étirement des plans et la tension produite par le pistolet contre les tempes, une volonté de faire partager la douleur, et penser la bêtise de cette guerre. On ne peut pas, ou plus, se soutenir d’une cause à défendre, d’une raison valable, d’une justification quelconque. Pourquoi est-on là ? Personne ne le sait, la guerre nous a pris, personnages et spectateurs, à l’improviste. La veille du départ des « gars », un copain joue du piano dans un bar, l’intensité augmente, les notes se font graves et sont remplacées par le bruit off d’un hélicoptère. La coupe franche nous amène directement au Vietnam. La première chose qu’on voit, la Mort : le corps de Michael allongé dans un champ (ce n’est pas vrai, mais on y croit pendant une seconde), une jeune mère vietnamienne en larmes avec son bébé dans les bras, des explosions saturent le cadre de flammes.

Toutefois, de cette guerre, comme le répète sans cesse Mike, il faut revenir : retourner au Pays, à l’Amérique, femme charmante et douce, aux traits de Meryl Streep, dont la beauté lavée et pure, reste intacte bien qu'elle soit contrainte à travailler dans un supermarché misérable.
Il y a, dans The deer hunter, un attachement proprement instinctif et obstiné à sa terre, malgré tout. Rien à voir avec du patriotisme, ce n’est pas tant vers le « country » - le pays - (dont le drapeau flotte sur les cadavres renvoyés à la maison) que l'on veut revenir, mais au « land » -la terre de naissance.

Un attachement qu’on devine, dans l’esprit amical et accueillant des amis, et plus encore dans la splendeur des montagnes, glorifiées par la mise en scène qui les transforme en un décor idyllique, quasiment de carte postale. Une échappée du monde, l’éternel rêve américain de solitude, de Nature sauvage, de liberté, dans lequel on mime une chasse, on rejoue un conflit, sans conséquences, comme dans une sorte de scène théâtrale, grandeur nature. A la fin de la pièce, on s’aperçoit qu’on ne peut plus tirer. Mais « God bless America », malgré tout : on ne le crie pas, on le murmure, la voix cassée, lors de funérailles, dans un plan fixe glaçant qui réunit les survivants. Malgré le constat d'échec cuisant, on essaye de réunir ceux qui restent et de reconstruire un pays sur les débris que le Vietnam a laissés.
 

DANEY Serge, « Repli américain », Cahiers du cinéma n°299.
 

USA-affiche-full-metal-jacket-87.jpg

 

 

Full Metal Jacket est un film de guerre britannico-américain produit et réalisé par Stanley Kubrick, sorti en 1987.

Le film est basé sur le roman Le Merdier (The Short Timers) de Gustav Hasford (à ne pas confondre avec le film Le Merdier, réalisé par Ted Post en 1978 et également situé pendant la guerre du Vietnam, mais adapté du roman Incident at Muc Wa de Daniel Ford) et sur les mémoires de guerre de Michael Herr, Dispatches. Son titre fait référence à un type de munition en usage dans le Corps des Marines des États-Unis.

Le film met en scène de jeunes soldats à la fin des années 60 et est composé de deux parties distinctes : dans la première, on assiste à leur entraînement, et dans la seconde, on les voit pris dans les combats urbains de l'offensive du Tết, lors de la guerre du Vietnam. Chacune des deux parties constitue un récit particulier aboutissant, dans les deux cas, à un dénouement dramatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le film est centré sur le personnage de J.T. Davis, surnommé « Joker » (« Guignol » dans la version française), un jeune engagé dans les Marines durant la guerre du Vietnam

 

 

USA Full metal mains à la brag

 

 

.

On suit d'abord son parcours dans le camp d'entraînement de Parris Island, en Caroline du Sud, à la fin des années 60.

Le groupe de nouvelles recrues dont il fait partie est pris en main avec brutalité par le sergent instructeur Hartman. Pratiquant une méthode basée sur l'injure et l'humiliation, celui-ci concentre son attention sur le soldat Lawrence, assez enrobé, qu'il surnomme « Gomer Pyle » (« Grosse Baleine » dans la VF). La malheureuse recrue est en effet lente, peine aux exercices physiques et a une capacité intellectuelle très limitée (il confond parfois la droite de sa gauche, a du mal à faire son lit seul, lacer ses rangers etc.). À la demande du sergent, « Guignol » le prend sous son aile, mais Lawrence ne peut arriver au niveau requis. Il devient alors la bête noire des autres recrues, punies à sa place par le sergent, et reçoit une sévère correction de leur part. Dans un premier temps, la correction semble porter ses fruits. Il se transforme en un soldat particulièrement discipliné et obtient finalement son brevet militaire. Mais lors de la dernière nuit passée au camp d'entraînement, il bascule dans la folie et abat le sergent Hartman sous les yeux de « Guignol », avant de se suicider avec son fusil M14.

 

USA vietnam Napalm Bombardement au napalm d'un village vietnamien par les Américains.

 

 

 

L'action du film se déplace ensuite au Vietnam, où « Guignol » a choisi d'être affecté dans une unité de journalistes militaires du magazine Stars and Stripes. Lors d'une conférence de rédaction, il se heurte à son supérieur au sujet de l'intégrité journalistique du magazine. En conséquence, il est envoyé en reportage sur le terrain, alors que l'offensive du Têt bat son plein.

Il y retrouve l'un de ses camarades du camp d'entraînement, surnommé « Cowboy », aux côtés duquel il est engagé de manière directe dans les combats. Lors d'une escarmouche avec un tireur d'élite, « Guignol » voit plusieurs de ses compagnons se faire tuer. Il se trouve alors confronté à ses propres limites morales, ainsi qu'à la violence brute de la guerre et à son effet psychologique sur les hommes...

Full Metal Jacket prend son origine dans la rencontre en 1980 entre Stanley Kubrick et Michael Herr, correspondant de guerre au Vietnam et auteur d'un livre de mémoires sur ce conflit, Dispatches. Le projet initial de Kubrick était de réaliser un film sur la Shoah, sujet finalement abandonné.

 

USA Full metal mains à la brag

Par ailleurs, Stanley Kubrick est depuis 1982 un admirateur fervent du roman de Gustav Hasford sur cette guerre, The Short Timers (Le merdier), qu'il considère comme « un livre unique, absolument merveilleux » (« a unique, absolutely wonderful book »). En accord avec Michael Herr, il décide d'employer le roman comme base pour les dialogues de son film.

Stanley Kubrick commence à se documenter en 1983, visionnant de très nombreux films et documentaires, lisant des journaux vietnamiens conservés sur microfilm à la bibliothèque du Congrés des États-Unis et amassant un nombre considérable de photographies d'époque.

Enfin, Michael Herr se montrant très réticent à l'idée de revisiter son expérience du Viêt Nam, Stanley Kubrick parvient à le convaincre au cours d'« un coup de téléphone qui a duré trois ans, avec quelques interruptions » (« a single phone call lasting three years, with interruptions », d'après Michael Herr).

 

 

USA-Full-metal-saved-by-his-camrads.jpg

 

 

L'écriture du scénario débute en 1983. La collaboration entre S.Kubrick, G.Hasford et M.Herr s'organise de la manière suivante : le réalisateur téléphone ses instructions aux deux auteurs (au rythme de trois ou quatre appels par semaine, longs chacun de plusieurs heures), puis ces derniers lui expédient leur travail par courrier. Stanley Kubrick les rappelle ensuite pour leur faire part des modifications à apporter, et ainsi de suite.

Malgré l'importance de leur contribution, ni Gustav Hasford ni Michael Herr n'ont d'idée précise du scénario final, sans parler du film. C'est pourquoi Gustav Hasford compare l'écriture du scénario à un travail à la chaîne.

Selon Michael Herr, Stanley Kubrick n'a pas, à l'époque, l'intention de réaliser un film anti-guerre, mais plutôt de montrer « à quoi la guerre ressemble vraiment » (« he wanted to show what war is like »).

La collaboration avec Gustav Hasford ne dépasse pas le stade du scénario.

Lorsque Stanley Kubrick décide de rencontrer en personne l'auteur de The Short Timers — malgré l'avertissement de Michael Herr le décrivant comme un homme effrayant (« a scary man ») — l'entrevue, dans la résidence anglaise du réalisateur, ne se passe pas très bien. Gustav Hasford est alors écarté de la production. Seulement crédité pour des « dialogues additionnels », il engage plus tard (?) une procédure judiciaire pour être considéré comme l'auteur des dialogues.

L'une des curiosités du film est le personnage du sergent Hartman, l'instructeur des Marines qui prend en charge la formation des recrues dans la première partie du film. Le rôle est interprété par Ronald Lee Ermey, qui avait exercé ce métier dans les années 60.

Originellement engagé comme conseiller technique, Ronald Lee Ermey improvisa des centaines d'insultes au cours des auditions. Il donnait en effet la réplique aux acteurs devant interpréter les jeunes recrues. Après avoir visionné le film de ces auditions, Stanley Kubrick lui attribua le rôle du sergent instructeur, considérant Ronald Lee Ermey comme un véritable « génie dans ce rôle ».

Au final, Ronald Lee Ermey écrivit lui-même environ 50% des dialogues de son personnage, principalement des insultes.

Pour l'acteur Vincent d'Onofrio, se glisser dans le rôle du soldat « Gomer Pyle » (« Grosse Baleine » dans la version française) fut plus éprouvant : il dut en effet prendre environ 30 kilos pour correspondre à l'image du personnage.

 

La première partie du film, située dans le camp d'entraînement des Marines à Parris Island, fut tournée dans une base aérienne du Royaume-Uni, à Bassingbourn, dans le Cambridgeshire.

Pour la seconde partie, qui se déroule au Vietnam, Stanley Kubrick employa un terrain en cours de démolition situé à Newham, à l'est de Londres. Le terrain appartenait à la compagnie du gaz britannique et présentait une certaine ressemblance avec les photographies de la ville de Hué pendant la guerre du Vietnam. Deux mois durant, le directeur artistique et son équipe préparèrent le terrain pour parfaire la ressemblance. Ils firent exploser certains bâtiments et en endommagèrent d'autres à l'aide d'une boule de démolition.

Une jungle artificielle en plastique fut fabriquée en Californie, mais Stanley Kubrick ne fut pas satisfait du résultat. On fit alors venir 200 palmiers d'Espagne et près de 100 000 arbres en plastiques de Hong Kong pour les scènes en extérieur.

Lors de la scène de la mort du soldat « Cowboy », on peut apercevoir en arrière-plan un énorme bâtiment qui ressemble étonnamment au célèbre monolithe extraterrestre de 2001, l'Odyssée de l'espace, un des précédents films de Stanley Kubrick. Le réalisateur parla de cette similitude comme d'un « accident extraordinaire » (« extraordinary accident »).

 

USA-Full-metal-Born-to-with-glasses.jpg

 

 

 

Jugé trop critique envers les militaires, le film ne fut pas soutenu par l'armée américaine. Stanley Kubrick dut donc passer par des voies détournées pour obtenir l'équipement dont il avait besoin. Ainsi, quatre chars M41 lui furent prêtés par l'un de ses admirateurs, qui était colonel dans l'armée belge. Les hélicoptères Sikorski S-55  furent quant à eux loués et repeints aux couleurs des Marines, tandis que les armes légères — fusils d'assaut, lance-grenades M79 et mitrailleuses M60 — furent achetées à un armurier privé.

 

  • Matthew Modine, soldat, puis sergent James T. « Joker » (« Guignol » en VF) Davis, le narrateur. Provocateur, il affirme s'être engagé pour « être le premier de son immeuble à avoir un tableau de chasse ». Dans la première partie du film, il tente d'aider la recrue Baleine, ce qui ne l'empêche pas de se joindre ensuite à ses agresseurs. Servant comme journaliste au magazine Stars and Stripes, où il tente de faire preuve d'une certaine indépendance d'esprit, il sera finalement engagé de manière directe dans les combats.
  •  
  • Arliss Howard  : soldat, puis sergent « Cowboy » Evans. Issu du même camp d'entraînement que Davis, il sert dans l'unité combattante que ce dernier rejoint pour un reportage. Désigné chef de groupe improvisé pendant le combat après la mort des chefs titulaires, il meurt abattu par un tireur embusqué dans la dernière partie du film.
  • Adam Baldwin: « Animal Mother » (« Brute épaisse » en VF). Mitrailleur violent, nihiliste et difficilement contrôlable de l'unité de « Cowboy », type même de l'homme blessé, il tentera de secourir, au péril de sa vie, des camarades blessés. Plutôt que pour la liberté, il affirme ne se battre que pour l'amour du carnage.
  •  
  • Vincent D'Onofrio: Léonard Lawrence, dit « Gomer Pyle » (« Grosse baleine » en VF). Une recrue enveloppée et lente de corps et parfois d'esprit, tête de turc du sergent-instructeur Hartman dans la première partie du film. Après avoir subi de nombreuses humiliations, il devient le soldat le plus discipliné du groupe, mais est gagné par la folie et finit par abattre Hartman avant de retourner son arme contre lui-même.
  •  
  • Lee Ermey  : « Gunnery » Sergeant Hartman (Sergent instructeur Hartman en VF). Brutal et grossier, il abreuve ses recrues d'insultes dans le but de faire d'eux des Marines, s'en prenant tout spécialement à Lawrence, qui finira par l'abattre d'une balle de fusil. Lee Ermey était bel et bien un ancien sergent-instructeur et toutes les insultes employées par son personnage (soit environ la moitié de son texte) ont été écrites par Ermey lui-même.
  •  
  • Kevyn Major Howard : Rafterman, un photographe du magazine Stars and Stripes, il insiste pour se rendre sur le champ de bataille aux côtés de Davis. Beau blond, excité et fier de se joindre aux combats.
  •  
  • Dorian Harewood : « Eightball » (« Blackboule » en VF) : le « grand black viril » de l'unité de « Cowboy », il sera tué par un tireur embusqué dans la dernière partie du film.
  •  
  • Ed O'Ross : Lieutenant Walter J. « Touchdown » Schinowski. Chef de l'unité de « Cowboy ». Ancien joueur universitaire de football américain, il meurt au cours d'un assaut.
  •  
  • John Terry  : Lieutenant Lockhart. L'officier qui dirige l'équipe de journalistes du magazine Stars and Stripes, où il pousse ses hommes à obéir aux consignes, même au mépris de l'objectivité journalistique. Il a été au combat, mais fait de son mieux pour éviter d'y retourner.
  •  
  • Kieron Jecchinis : « Crazy » Earl. Le chef de la section de « Cowboy ». Il assure brièvement le commandement de l'unité entière à la mort de son lieutenant, avant d'être tué à son tour par une peluche piégée ramassée dans les décombres.
  •  
  • Jon Stafford : « Doc » Jay. Le médecin de l'unité de « Cowboy ». Abattu par un tireur embusqué dans la dernière partie du film, en tentant de secourir « Eightball ».
  •  
  • Tim Colceri : le mitrailleur de l'hélicoptère qui emmène Davis et Rafterman au front. Durant le trajet, il s'amuse à tirer sur des civils vietnamiens, se vante d'avoir commis ainsi un nombre de meurtres particulièrement élevé, et admet avec cynisme abattre parfois des femmes et des enfants. Ce personnage et cette scène figurent dans les mémoires de guerre de Michael Herr, Dispatches, et seraient donc inspirés de faits réels.
  • Papillon Soo Soo : une prostituée vietnamienne qui propose ses services aux soldats américains pour quelques dollars.
  •  
  • Ngoc Le : tireur embusqué Vietcong qui abat plusieurs membres de l'unité de « Cowboy » dans la dernière partie du film, avant d'être blessé par Rafterman et achevé par « Joker ». Le seul véritable personnage Vietcong du film. À la grande surprise de tous - y compris du spectateur - c'est une jeune femme.

 

 

 

 

Toutes les chansons entendues dans le film datent des années 1960, et sont donc contemporaines du conflit.

 

 

 

En revanche, pour les scènes de combat et d'autres moments dramatiques, Kubrick a utilisé une musique originale très inquiétante, qui a été réalisée par sa propre fille Vivian Kubrick.

 

Full metal jacket fut tourné dans la banlieue de Londres et les scènes au Vietnam dans un immense entrepôt.

 

 

 

 

 

Scène coupée:

Une scène de la fin du film fût retirée au montage final.Nous devions voir les marines jouer au football avec la tête décapitée de la femme soldat vietnamienne.La fiction dépasserait-elle la réalité

Vrai marin:

Lee Ermey qui joue le sergent instructeur le fût réellement dans sa vie professionnelle.

  • La première partie a comme sujet central un exposé du thème du conditionnement, faisant écho aux techniques développées dans un des films précédents de Kubrick Orange mécanique pour redresser radicalement les délinquants.

 

USA-Full-metal-mains-a-la-brag.jpg

 

 

  • Full Metal Jacket est sorti près de 20 ans après les faits relatés, durant lesquels les grands films sur la guerre du Vietnam étaient déjà sortis (Voyage au bout de l'enfer ouvrant le bal, suivi par Apocalypse Now, puis Platoon, entre autres), de sorte que la vision du cinéaste sur le sujet s'ajouta à un ensemble déjà traité.
  • Le titre Full Metal jacket fait référence à un type de munitions standard utilisées par les armées et les polices du monde entier. Munitions dites « FMJ » (pour Full metal jacket bullet (en)), c'est-à-dire « balle entièrement chemisée métal », balle typiquement militaire[5]. Juste avant de se suicider, alors que « Joker » (« Guignol » en VF) lui demande si ce sont des vraies balles qu'il charge dans son fusil, « Pyle » (« Baleine » en VF) répond : « 7,62 mm, full metal jacket ».
  • Le surnom de Leonard Lawrence en VF est « Grosse Baleine ». Dans la Version Originale, il s'agit de « Gomer Pyle », un personnage secondaire de la série télévisée The Andy Griffith Show qui apparut plus tard en vedette dans sa propre série, Gomer Pyle, U.S.M.C.. Gomer Pyle (interprété par Jim Nabors) est un engagé particulièrement maladroit sur lequel s'acharne le sergent-instructeur Vince Carter (interprété par Frank Sutton), tout comme Hartman s'acharne sur Baleine.
  • Le personnage principal, « Guignol », porte un casque sur lequel est inscrit « Born to kill » (« Né pour tuer ») en même temps qu'il arbore un badge représentant le symbole de la paix. Il déclare qu'il symbolise ainsi « la dualité de l'homme » mais il semble incapable d'en dire plus, peut-être par manque d'interlocuteur.
  • Kubrick a pris tellement de documentations pour son film, qu'il avait une cinquantaine de boites en cartons remplies dans son garage.

 

 

 

USA Manifestation-contre-laguerre-au-Vietnam--Chicago--1968

Manifestation à Washington contre la guerre du Vietnam; 1968, photo Depardon: une partie de la jeunesse américaine avait compris que cette "sale" guerre était perdue d'avance et nuisible à l'image de leur pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

USA--Bucher-des-vanites-affiche-90.jpg

 

 

 

 

"Il affrontait une nouvelle mort sociale. Il n'était qu'un homme assis absolument seul dans un dîner. L'essaim bourdonnait tout autour de lui. Tous les autres étaient dans un état de béatitude mondaine. Il était le seul en panne. Il faisait tapisserie, sans interlocuteur, une lumière sociale de zéro watt dans le zoo des Célébrités des Bavardage... Ma vie part en morceaux ! - et pourtant à travers chaque cellule de son système nerveux central surchargé brûlait la honte - la honte ! - de l'incompétence mondaine."

 

 

 

 

Le Bûcher des vanités (The Bonfire of the Vanities) est un film américain réalisé par Brian De Palma, sortie en 1990. Ce film est une adaptation du roman éponyme de Tom Wolfe, publié en 1987.

Sherman McCoy, crème de la haute finance new-yorkaise, voit sa vie prendre un monumental tournant lorsque sa maîtresse renverse avec sa voiture un jeune homme de couleur. Il devient alors la proie des journalistes qui enflamment l'opinion publique, en particulier d'un journaliste sur le déclin qui a bien besoin de briller à nouveau.

 

Le Bûcher des Vanités de Brian de Palma  fut certes, un flop commercial. Mais le sujet fut, à l'époque et demeure d'actualité, nonobstant la présence d'un Afro-américain à la tête de la première puissance du monde.

Or,la fracture économico-sociale perdure,entre les Noirs, bientôt démographiquement majoritaires, et les Blancs, bientôt minoritaires mais dont les ancêtres furent les Pères fondateurs des États-Unis.Cette fracture fragilise-t-elle la cohésion nationale? Certains spécialistes le pensent.Brian De Palma fut, à l'époque, durement critiqué sur la forme de son film.Etait-ce tout?

Le thème de la chute brutale de ceux qui s'imaginent intouchables est traité avec brio et tout aussi important que le thème de la mécanique impitoyable de la justice à l'américaine.

 

"Ne vous retrouvez jamais pris dans le système de la justice américaine. Dés que vous êtes pris dans la machinerie, juste la machinerie, vous avez perdu. La seule question qui demeure, c'est combien vous allez perdre."

 

Monument littéraire, le Bûcher des Vanités reste l'oeuvre phare (et le premier roman) du dandy terrible des lettre américaines : Tom Wolfe.
Publié en 1987 et écrit en plein Reaganisme (à l'âge de 57 ans), ce best-seller mondial, porté a l'écran par Brian De Palma, est un portrait en coupe sans complaisance d'une société américaine aveuglée par son matérialisme et sa soif de pouvoir, à travers la chute inexorable d'un golden-boy en pleine gloire.
Au delà du contexte politique sensible (conflits raciaux) et de la satire mordante du système américain tout entier des financiers de Wall Street aux figures politiques, judiciaires et à la manipulation médiatique, c'est surtout l'écriture et la structure de ce pavé de 700 pages qui retient l'attention (et parfois le souffle !) du lecteur.

"Ce n'est pas la mauvais mec. Il a l'air un peu raide comme ça mais c'est sûrement un plutôt brave mec. Il a une femme, un môme. Il a ce putain d'appart. Il a pas le cran d'assumer cette merde. Il a pas le coeur à être du mauvais côté de la loi (...) Y'a des gens qui ont le cran pour ça et d'autres pas."

 

 

 

 
Wolfe inaugure ici un nouveau genre littéraire où la fiction se mêle à une réalité des plus précises, à mi-chemin entre le (nouveau) journalisme et les oeuvres de Balzac ou Zola. Avec un sens infini du détail, il recrée à la goutte de café et au crissement de fauteuil club en cuir près, l'ambiance des tribunaux aux bureaux de Manhattan en passant par les soirées mondaines new-yorkaises ou encore les bas fonds du Bronx... Sa plume se braque comme une caméra sur une myriade de personnages et une succession de scènes à la structure aussi calibrée qu'un storyboard.
Un drame implacable à la tension et aux effets parfaitement maîtrisés. Efficace certes mais littéraire ?

 

 

 

"Une honnête adaptation qui donne vraiment envie de lire le roman, tant l’histoire est formidable de causticité et de cynisme. On est toutefois un peu frustré par la réalisation de De Palma, un peu fade, un peu mollassonne, jusqu’à l’excellente séquence du procès. C’est assez surprenant de la part d’un réalisateur qui a habitué a beaucoup d’excès et d’effets spectaculaires. Le plus réjouissant reste la prestation de Melanie Griffith, en femme qu’on ne peut guère qualifier pertinemment sans subir la censure du site. Autrement le film est pile poil dans l’actualité, sachant les conséquences de ce qui s’est passé dernièrement dans une chambre d’hôtel à New York…"

(Critique de Benoitparis sur Allociné).

 

 

 

 

Quand on veut se débarasser de son chien, on dit qu'il a la rage....
(vieux proverbe)
Irak: une guerre pour du pétrole?
USA-jarhead_01-aff.jpg

 

 

 

Welcome to the suck!

 

 

 

 

Eté 1990. Anthony Swofford, 20 ans, est envoyé dans le désert saoudien. Pour ces jeunes marines déracinés, gavés d'images et de phraséologie guerrières, ivres de rock et de bière, commence alors la longue et dérisoire attente d'un ennemi fantôme. Dans cet enfer naîtront pourtant d'inaltérables amitiés entre compagnons d'armes...



 
 
 
Jarhead la fin de l'uniformité du ciné USA
 
 
15/02/2006 - tigroune66

Merci à Sam Mendes de montrer enfin du doigt une Amérique qui ne va pas... qui ne va plus ! Dans Jarhead, la fin de l'innocence n'est pas véritablement celle de ce jeune Marine envoyé au front, dans une guerre qu'il ne verra jamais, mais bien la fin de l'innocence pour ceux qui verront ce film magistral. Jarhead se veut un film, ou plutôt un non-film, sur une non-guerre. Une dénonciation du système américain, de ses failles. De sa jeunesse perdue dans le chaos de néant dans lequel on la berce ! Mendes dénonce alors les rouages de l'armée USA, du gouvernement de la Maison Blanche, et dévoile la face si longtemps cachée du non-sens de la guerre. Point de pudeur, un éclairage cru. Qui a vu, verra...

 
 
 
Jarhead
 
 
08/02/2006 - Genero1

3° film de Sam Mendes (American Beauty) avec les excellents Jake Gyllenhall et Jamie Foxx, une apparition de Denis Haysbert (President David Palmer) sur la première guerre en Irak. Entre "Full Metal Jacket" et "Les Rois du Desert". Très bien réalisé, très bien monté, excellente b.o. A voir.

 
 

 
  •  
 
 
Carte_war_du_golfe-1991.jpg
 
 
 
 
USA-Jarhead--torse-nu-sur-char-3.jpg
 
 
 
 
USA-Jarhead-JGall-05.jpg
 
 
 
 
 
USA-guerre-9091-Irak-puits-petrole-feu.jpg
USA-jarhead--JG-2.jpg
 
 
 
 
L'histoire est basée sur les mémoires de l'ancien Marine Anthony Swofford, et nous entraîne en pleine Guerre du Golfe dans le quotidien des soldats durant l'opération "Bouclier du désert".
 
  • Le tournage s'est déroulé à Brawley, Comté d'Imperial, El Centro, Hotville, Los Angeles, Mexico City, Santa Clarita, la Vallée Impériale, White Sands et Yuma, aux Etats-Unis.
  • Mais aucune scène n'a été tournée au Moyen-Orient.
  •  
  • Au cours d'une scène, les marines assistent à la projection du film Apocalypse Now, sur lequel le chef monteur Walter Murch avait déjà officié.
  • Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Christian Bale et Joshua Jackson avaient également été pressentis pour le rôle principal, tandis que Michael Keaton, Kurt Russell et Gary Oldman l'avaient été pour celui du lieutenant colonel Kazinski.
  • Jarhead, littéralement « Tête de bocal », est le surnom donné aux Marines dès qu'ils ont été tondus après leur incorporation au contingent.
  • La première scène du film pourrait rappeler Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

 

 

  • Satellite Awards 2005 : Nominations aux prix de la meilleure adaptation, du meilleur montage, du meilleur acteur (Jake Gyllenhaal) et du meilleur second rôle masculin (Peter Sarsgaard).

 

 

 

 

USA-irak-tempetedudesert-masques.jpg
USA-affiche-green-zone.jpg

Green Zone ou La Zone verte au Québec est un film d'action écrit par Brian Helgeland et réalisé par Paul Greengrass adapté du livre Imperial Life in the Emerald City de Rajiv Chandrasekaran, sorti le 14 avril 2010.

L'histoire se déroule à Bagdad, en partie dans la zone verte, quartier fortifié du gouvernement provisoire irakien, des ministères et des ambassades (dont l'immense ambassade américaine). Le thème du film est la manipulation médiatique et militaire autour des armes de destruction massive qui ont motivé l'entrée en guerre des États-Unis.

 

 

 

 

 

Alors que les Etats Unis viennent d’envahir l’Irak, le soldat Miller est chargé, avec son unité, de retrouver les armes de destruction massive justifiant l’invasion du pays. Ne trouvant ni armes, ni réponses, il entre en contact avec le représentant local de la CIA opposé aux bureaucrates voulant instaurer un pion à la tête du pays...

 

 

 

USA-green-zone-greengrass.jpg

 

 

 

The green grass zone

(A qui faire confiance?)par François Rey.

 

Il n’y a pas très longtemps, William Friedkin confiait à nos confrères de Mad Movies que Paul Greengrass était, d’après lui, le meilleur réalisateur de film d’action du moment (avec aussi le français Pierre « Taken » Morel). Si l’auteur de ces lignes est entièrement d’accord avec le réalisateur de « L’Exorciste » et de « French Connection », il faut aussi ajouter qu’en plus de maîtriser l’action sur le plan visuel, Paul Greengrass n’en oublie pas de proposer un contenu donnant à réfléchir et à réagir. Bien qu’il ait changé la donne du film d’action actuel avec « La mort dans la peau » et « La vengeance dans la peau », l’homme ne s’en tient pas à ses acquis et creuse toujours plus pour étaler au grand jours des sujets brulants (L’IRA avec « Bloody Sunday » et le 11-Septembre avec « Vol 93 »). En d’autres termes, un fond solide appuyé par une forme maitrisée de bout en bout.

La Green zone n’est pas là où se trouve la plupart du temps Tiger Woods, mais la zone de sécurité établie à Bagdad. Matt Damon joue ici le rôle d’un soldat chargé de retrouver les fameuses AMD (Armes de Destruction Massive) au lendemain de l’invasion de l’Irak par les marines américains. Si son engouement professionnel est certain dès son arrivée à l’écran, où l’on voit clairement que rien ne se mettra sur son passage, il apparaît clairement qu’il est l’un des rares à accorder de l’importance à ces AMD et surtout à la raison de leur absence. Et c’est ce qui va le pousser à s’engager dans cette nouvelle quête, dans cette nouvelle mission : comprendre pourquoi.

Pris entre deux feux de la guerre « de bureaux » que se livre la maison blanche qui ne voit (l’Histoire le prouve) qu’un enjeu politico-économique dans cette invasion et les vieux briscards de la CIA voulant un Irak stable, quitte à faire alliance avec l’armée locale, Miller va devoir faire un choix : suivre les ordres, ou suivre la vérité. Il va peu à peu effacer certaines obligations pour découvrir la vérité car comme il le dit « les causes d’une guerre sont importantes » « Que va-t-il se passer la prochaine fois que l’on aura besoin que les gens nous fassent confiance ? ».

Entouré de soldats dévoués (certains rappellent les soldats de « Bloody Sunday » ), mais peux curieux et finalement peux impliqués dans le problème alors qu’ils sont pourtant au centre du conflit. Il suffit de voir cette scène dans laquelle l’annonce de la fin de la guerre par Bush déclenche un tonnerre d’applaudissement de la part des soldats, alors que l’on sait bien tristement que la plupart d’entre eux vont se faire tuer dans les années qui suivront cette scène et que la guerre n’est toujours pas terminée, pour être témoin de l’endoctrinement des « politiques » sur les troupes.

Miller, lui, n’oublie pas que la vérité est primordiale face à une Maison Blanche qui, tare habituelle, ne comprend rien à la situation politique locale. On retrouve bien cette idée entre le plan d’ouverture montrant Bagdad de nuit subissant des bombardements, et l’un des derniers plans montrant cette fois ci Bagdad en feu alors que le conflit est « terminé ». « Ce n’est pas à vous de décider de ce qui se passe ici » dit un Irakien, et Miller va le comprendre. Faire la guerre est une chose, mais il faut savoir pourquoi l’on se bat, pourquoi l’on risque sa vie et pourquoi on va devoir en supprimer une. La force du film (et de la filmo) de Greengrass est de, sans prendre un ton moralisateur, nous confronter face à cela (tout en restant un excellent divertissement).

Techniquement, tout est parfait. On pense forcement visuellement à « La Chute du Faucon Noir » de Ridley Scott en raison de la configuration des lieux et du matériel utilisé, mais toutes les guerres se ressemblent et la comparaison s’arrête la. « Green Zone » n’est pas un film sur les soldats, mais un film sur les raisons de la guerre et, de plus, les styles visuels de Greengrass et de Sir Ridley Scott sont complètement différents (et c’est un fan de Scott et de « La chute du faucon noir » qui écrit ces lignes).

Grand utilisateur de la « shaky cam » (caméra à l’épaule pour un style), Greengrass est l’un des rares à la maitriser et à en donner une raison. Une caméra posée donnerait un point de vue trop contemplatif et nous ferait rester simple spectateur. La caméra à l’épaule nous place au cœur de l’action pour que nous y participions, comme si notre présence, notre avis avait un intérêt : celui d’être témoin (différent de spectateur).

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le Ciel, la Terre, l'Eau et le Feu
  • Le Ciel, la Terre, l'Eau et le Feu
  • : Critiques de films dits historiques ou sur la biodiversité, avec informations supplémentaires, parfois dérangeantes. Un autre regard, pas toujours consensuel...
  • Contact

Profil

  • Louis
  • Histoire, géographie, philosophie,cinéma, protection de la biodiversité ...sont mes passions.
Mes critiques se veulent sans concession à ce que la philosophe Chantal Delsol nomme: "La tentation du consensus"
  • Histoire, géographie, philosophie,cinéma, protection de la biodiversité ...sont mes passions. Mes critiques se veulent sans concession à ce que la philosophe Chantal Delsol nomme: "La tentation du consensus"

Louis

Cavalier.jpg

Recherche

Texte Libre

cosmos 151%20VIE%20COSMOS%2017ANNEESLUMIERES%20HUBBLES

Archives -2007-2013-

Texte Libre

Vagues sur rochers

Articles Récents

  • CHURCHILL
    Synopsis : Juin 1944. Découvrez le rôle déterminant de Winston Churchill dans cette fiction qui se situe 48 heures avant le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie. Winston Churchill (1874-1965) fut aux Britanniques ce que fut le...
  • LES SAISONS
    ~~Il y a 12 000 ans, la planète connaît un réchauffement brutal qui met fin à la dernière ère glaciaire et change radicalement la physionomie du continent européen. La forêt s'installe et permet à de multiples espèces animales de se développer. Les hommes...
  • MY WEEK WITH MARILYN
    ~~À Londres en 1956: Sir Laurence Olivier se prépare à réaliser un film. Le jeune Colin Clark, enthousiaste étudiant de cinéma, veut être impliqué et manœuvre pour obtenir un emploi : il parvient à être embauché comme troisième assistant réalisateur sur...
  • THE READER
    THE READER ~~The Reader (Le Liseur au Québec et au Nouveau-Brunswick) est un film américain de Stephen Daldry, adapté du best-seller Der Vorleser (titre français Le Liseur) de l'auteur allemand Bernhard Schlink. Il est sorti aux États-Unis le 10 décembre...
  • UNBROKEN (Invincible)
    Louis Zempirini, jeune athlète à l'Université: encore un père à convaincre.... Date de sortie au Québec 25 décembre 2014 Louis Zamperini était un enfant délinquant quand son grand frère l'a pris sous son aile et l'a convaincu de rejoindre l'équipe d'athlétisme....
  • NATURE
    ~~Pour les amoureux de la nature, les curieux et les explorateurs, un documentaire époustouflant va sortir à la fin du mois : NATURE raconté par Lambert Wilson. meltyDiscovery vous en dit plus sur ce nouveau film NATURE vous emmène dans un voyage étonnant...
  • HERCULE
    ~~Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un...
  • DANSE AVEC LES LOUPS
    ~~Danse avec les loups (Dances with Wolves) est un film américain réalisé par Kevin Costner en 1990. Il s'agit d'une adaptation du roman éponyme écrit en 1988 par Michael Blake. C'est un des films les plus récompensés de l'histoire du cinéma pour un réalisateur...
  • LES SEPT MERCENAIRES
    ~~Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) est un western de John Sturges sorti en 1960. Le film est grandement inspiré du film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954. ~~Distribution: Yul Brynner (VF : Georges Aminel) : Chris...
  • CRISTEROS
    ~~En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois farouchement anticléricales du président Callès , un Franc-maçon, qui interdisent toutes pratiques religieuses publiques dans l’ensemble d'un pays majoritairement catholique. Face à...

Beautes Menacees

Texte Libre

arbre ecorcarbres-insolites-autres-arbres-france-6714593769

Texte Libre

Feu.jpg