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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 17:32
LE MAJORDOME

Dans le film de Lee Daniels, Forest Whitaker incarne un serviteur zélé qui traverse l'histoire américaine au côté de sept présidents. Bon pour les Oscars.

Un film taillé sur mesure pour la communauté noire américaine. Et pour Barak Obama, qui a avoué avoir versé sa larme après avoir vu Le Majordome. Il s'ouvre dans la moiteur des champs de coton et s'achève sous les lambris de la Maison-Blanche, lors d'une visite au président, justement. Un plaidoyer didactique pour les droits civiques, resté trois semaines en tête du box-office américain et parfait pour les prochains Oscars. L'histoire? Celle, véridique, d'un certain Eugene Allen, le majordome de sept présidents (1952-1986). L'acteur Forest Whitaker lui prête sa silhouette lourde, son visage cabossé et son sourire d'enfant.

À cette carrière exemplaire, mais un peu lisse, dont le maître mot est «servir, ne rien voir, ne rien dire», il fallait inventer pour le cinéma une belle chanson de geste qui englobe les aléas d'une vie et les soubresauts de l'histoire des États-Unis, notamment la lutte contre la ségrégation raciale et la reconnnaissance de la communauté noire. Dans ce registre tire-larmes, mais efficace, il fallait également un réalisateur-pédagogue et pas trop subversif. Lee Daniels (Precious) fait l'affaire en s'assurant le soutien d'un supercasting où figurent notamment la reine de la télé Oprah Winfrey, épatante en épouse du majordome, Lenny Kravitz, Mariah Carey, Robin Williams, Jane Fonda, John Cusack, Terrence Howard, Alan Rickman...

Moins vindicatif que son homologue Spike Lee mais tout aussi concerné par le sujet, le cinéaste condense en deux heures et cinq minutes un demi-siècle d'histoire américaine: les premières émeutes antiraciales, les assassinats de John Kennedy et Martin Luther King, Sidney Poitier, premier acteur noir à recevoir l'oscar (1964), le Ku Klux Klan, les Black Panthers, la guerre du Vietnam… Pour appuyer son cours d'éducation civique, il fait défiler dans le Bureau ovale Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, les dévoilant sous un autre jour. C'est bien, mais insuffisant pour faire rêver ou pleurer dans les chaumières. On sait que l'on fait rarement de bons films avec de bons sentiments.

Lente maturation des esprits

Alors Lee Daniels a pimenté son Majordome d'un conflit père-fils, éloignés l'un de l'autre sur la conception de la liberté et de la conquête des droits civiques. D'un côté, l'image d'un paternel tranquille, partisan de l'ordre établi, bon Noir, bon «Nigger», gentiment progressiste, mais obéissant le doigt sur les coutures de sa livrée. De l'autre, tout l'opposé avec son fils aîné qui s'engage politiquement, manifeste à Little Rock, prend «le bus de la liberté» où cohabitent Blancs et Noirs, fréquente Martin Luther King et Malcom X, passe son temps en prison, tandis que son frère cadet tombe au Vietnam.

Au-delà des générations, Lee Daniels décrit la lente maturation des esprits qui a conduit à l'élection du premier président noir à la Maison-Blanche. De même, il montre la longue prise de conscience de son majordome qui réussira à obtenir l'égalité des salaires entre personnel blanc et noir de la Maison-Blanche.

Flirtant habilement avec le mélo, il a l'art du récit, accrochant les moindres faits et gestes de son héros aux soubresauts de l'histoire, sans jamais perdre le fil de son propos. Bien sûr, il y a quelques longueurs, des effets et des raccourcis, mais tout se tient si l'on accepte le postulat qu'il s'agit d'une leçon d'Histoire selon le point de vue des Noirs.

Et s'il est parfois démonstratif, on ne peut pas taxer Lee Daniels de manichéisme lorsqu'il montre quelques beaux spécimens de racistes, comme ce chef du personnel de la Maison-Blanche. Paradoxalement, ils ne sont pas du côté des présidents (républicains) que l'on découvre ici sous un autre jour, assez complices de la cause des Noirs.

Face à eux, impeccable samouraï en livrée, il y a Forest Whitaker, acteur exceptionnel qui porte le film à lui tout seul. Il lui donne cette touche d'humanité et sa puissance morale, celle d'un enfant pauvre du Sud devenu le serviteur zélé des plus grands

LE MAJORDOME
LE MAJORDOME
LE MAJORDOME
LE MAJORDOME

«Le Majordome». Beau à pleurer ou «tissu de mensonges» ?

C'est un film qui aurait dû faire "consensus mou", un beau film américain sur l'Amérique, qui fait pleurer et vous fait vibrer la fibre patriotique...? Une Amérique idéalisée, (une fois de plus) mystifiée? Oui...et non. Sauf qu'ici nous sommes en France et que pour les bobos en tous genres et de tous bords "on ne nous la fait plus"....

Lee Daniels est plus fin que ça. Alors attendons encore un peu de voir si le film attire les foules; car au cinéma, c'est le peuple qui tranche. Une fois n'est pas coutume....

Un film à voir assurément,et qui ne passera pas inaperçu.

LE MAJORDOME

Polémiques:

«Le Majordome», le film de Lee Daniels inspiré de la vie d’Eugene Allen, majordome à la Maison Blanche sous sept présidences, est précédé d’un buzz flatteur : «C’est le film qui a fait pleurer Obama». Mais le fils de Ronald Reagan Michael Reagan, a un autre avis sur la question : «C’est un tissu de mensonges !» assure-t-il. «La vie d’Eugene Allen a été transformée en un film à message truffé de clichés, si mensonger, si éloigné du monde réel qu’on aurait mieux fait de l’appeler ‘Le majordome d’une autre planète’». Mais ce qui agace le plus Michael Reagan, c’est que le film laisse entendre que son père était raciste…

in, PARIS MATCH; 11/09/13

LE MAJORDOME
LE MAJORDOME
LE MAJORDOME
LE MAJORDOME
LE MAJORDOME

Lee Daniels revient sur la lutte des afro-américains pour la reconnaissance de leurs droits civiques par le biais d’un film intimiste qui s’inscrit davantage dans la mouvance d’un certain cinéma indépendant que dans celle du mélo hollywoodien. Tant mieux.

L’argument : Le jeune Cecil Gaines, en quête d’un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste.

Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C’est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale. À la maison, sa femme, Gloria, élève leurs deux fils, et la famille jouit d’une existence confortable grâce au poste de Cecil. Pourtant, son engagement suscite des tensions dans son couple : Gloria s’éloigne de lui et les disputes avec l’un de ses fils, particulièrement anticonformiste, sont incessantes.

À travers le regard de Cecil Gaines, le film retrace l’évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés. De l’assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil vit ces événements de l’intérieur, mais aussi en père de famille…

Notre avis : A l’époque de l’élection de Barack Obama, le journaliste Will Haygood publie dans le Washington Post une série d’articles concernant Eugene Allen, un Noir qui fut majordome à la Maison-Blanche des années 50 aux années 80. Son histoire extraordinaire a aussitôt éveillé l’intérêt des exécutifs de chez Sony Pictures qui ont pris une option pour une éventuelle adaptation cinématographique. Le script signé Danny Strong (surtout remarqué pour ses téléfilms et bientôt auteur des prochains volets de la saga Hunger Games) est alors proposé à Lee Daniels, réalisateur afro-américain qui était tout désigné pour tourner une œuvre en hommage aux militants des Droits Civiques. Malgré ces cautions artistiques, aucun gros studio n’a voulu investir dans un tel projet, obligeant les auteurs à chercher du côté des filières indépendantes pour réunir les 25 millions de dollars nécessaires pour boucler le budget. Grâce au soutien d’investisseurs privés et à l’arrivée massive d’acteurs de renom venant jouer pour un cachet symbolique, Le majordome est un donc une œuvre rescapée qui a pris une belle revanche puisque le long-métrage est déjà un gros succès outre-Atlantique.

Si le thème principal pouvait légitimement inquiéter par son classicisme – et même son académisme – Lee Daniels est parvenu à garder un aspect purement indépendant au film. Ainsi, les spectateurs qui ont apprécié Precious ne seront pas dépaysés par Le majordome qui préfère les ambiances d’antichambre que la grande pompe du spectacle historique. Si le réalisateur est contraint de passer par tous les événements fondamentaux de l’histoire américaine contemporaine, il se débrouille pour les évoquer en creux, par le biais des personnages principaux et non pas frontalement. Il évite ainsi les écueils de l’illustratif et de la compilation qui menacent chaque projet de cette ampleur. En concentrant son intrigue sur la famille du majordome, et notamment sur les positions politiques différentes entre le père (respectueux des institutions et plutôt réformiste) et le fils (plus ouvertement révolutionnaire), le cinéaste parvient à synthétiser le dilemme qui s’est emparé de la population noire quant à la ségrégation qui perdurait dans les années 50-60.

Avec force – mais sans tapage – Lee Daniels dénonce le racisme ordinaire qui existait aux Etats-Unis. Il ose même une comparaison avec les camps de concentration qui risque de lui attirer les foudres de certaines associations. Son discours - puissant - ne pourra laisser indifférent, d’autant que le réalisateur s’est entouré de la crème des acteurs pour faire revivre cette histoire édifiante. Forest Whitaker est évidemment extraordinaire dans un rôle qui évoque forcément celui d’Anthony Hopkins dans Les vestiges du jour, mais on est également convaincu par la force du jeu d’Oprah Winfrey et de David Oyelowo qui sortent grands gagnants du long-métrage. Les autres stars font plutôt office de figurants (la palme revenant à Mariah Carey qui doit bénéficier de 30 secondes de présence à l’écran) et ne parasitent pas trop l’attention du spectateur.

Face à ce traitement exemplaire, on ne peut donc que regretter les dix dernières minutes qui tombent dans le piège du mélodrame traditionnel en évoquant les dernières années des personnages. Dès lors, Lee Daniels retourne comme par mégarde dans le giron du mélo hollywoodien et gâche les derniers moments d’une œuvre qui vaut bien mieux que ces plans insistants sur des acteurs grimés pour l’occasion.

Vu la sincérité de son militantisme, on ne lui en voudra pas trop.

Rockwell: "L'arrivée des nouveaux...".

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