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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 18:51
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 17:55
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 20:51
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 08:18

 

Aff-abeilles.jpg

 

La disparition des abeilles n'est pas un cas isolé: elle s'insère dans le processus de disparition inexorable de millions d'espèces animales et végétales qui conduisent inéluctablement, par voie de conséquence, à la disparition de l'espèce humaine. Cette dernière s'est imposée depuis le XVIe siècle -l'époque qualifiée par certains historiens de "Renaissance" -où l'homme a cru se sauver par l'art, la science et la technique, défiant la seigneurie de Dieu. Autrement dit, quand l'Homme a voulu prendre la place de dieu, répétant la désobéissance d'Adam & Eve; cela s'apelle aussi scientifiquement anthropocentrisme.  

L'Apocalypse de St Jean décrit une fin de ce monde vertigineuse, fulgurante et chaotique. Mais avant, il semble que l'humanité soit condamnée à recevoir des signes:  la mort massive des abeilles en est un.

Le compte à rebours a-t-il commencé?...

 

 

 

 

 

 

Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.

Arrivée sur Terre 60 millions d’années avant l’homme, l’Apis mellifera (l’abeille à miel) est aussi indispensable à notre économie qu’à notre survie.

Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.

Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

 

 

 

 

 

 

Même si Markus Imhoof a déjà réalisé plusieurs longs métrages dont Les Raisons du coeur en 1997, Des Abeilles et des Hommes est le second documentaire du réalisateur après Le film du cinéma suisse, projeté dans les salles en 1991.

 

 

 

Des Abeilles et des Hommes s’appuie sur les témoignages d’apiculteurs du monde entier, de l’Arizona à la Chine, et également de scientifiques. Mais les véritables héroïnes du film sont les abeilles, dont le mode de vie reste une particularité de la nature. Pour leur donner de l’importante, Markus Imhoof les a filmées le plus près possible en reprenant les codes du cinéma de fiction, comme les travellings suivis de vues panoramiques.

Le réalisateur raconte comment les abeilles sont ainsi devenues les véritables actrices de son long métrage :

"Je tenais absolument à rendre visible les abeilles pour mieux les faire connaître. Leurs yeux immenses et poilus, leur carapace les font ressembler à des êtres fascinants venus d’une autre planète, je voulais qu’à l’écran elles paraissent aussi grandes, et parfois même plus grandes que les hommes."


 

 

 Une longue, très longue Histoire...

 

Documentaire TV5monde


 

A travers son documentaire, Markus Imhoof cherche à dénoncer l’utilisation abusive de la production des abeilles pour résister à la compétition des marchés. Il précise même :

"Si je ne risquais pas de paraître présomptueux, je pourrais presque dire que ce film, c’est un peu Les Temps modernes de Charles Chaplin, raconté avec des abeilles."


 

Des Abeilles et des Hommes alerte le public sur la situation dangereuse dans laquelle se trouvent les abeilles et par conséquent l’écosystème. L’écologie étant de plus en plus un débat de société, de nombreux documentaires sont ainsi réalisés dans cette optique. En 2012, Jean-Paul Jaud proposait "Tous Cobayes?", sur des essais cliniques étudiant les conséquences de la consommation d’OGM et en 2010, Agnès Fouilleux dressait le portrait de l’agriculture française dans Small Is Beautiful.

 

In Allocine.

 

Abeilles.jpg

 

 

 

 

 

Vivre à la charnière des XXe et XXIe siècles est un privilège rare. Avec Auschwitz et Hiroshima, le premier nous a appris jusqu'où peut aller l'homme pour anéantir son prochain. Le second peut être considéré comme le moment où nous avons pris conscience de l'égale capacité de l'homme à détruire ce qui l'entoure et, par voie de conséquence, tout se tenant, à en finir une fois pour toutes avec lui-même.

 

N'abusons pas des exemples, ils sont nombreux : vache folle, dérèglement climatique, continents de plastique à la dérive sur les océans, déchets atomiques, ondes délétères et pesticides cancérigènes, on en passe...

 

film-Des-abeilles-et-des-hommes_pics_390.jpg

 

Un mal amenant parfois un bien, une conscience écologique nouvelle naît de ces maux. L'hypothèse que l'apocalypse, par notre faute, n'est plus invraisemblable, le sentiment de culpabilité qui en découle, la démonétisation d'une raison dont l'homme a le risible apanage : tout cela tend à modifier la place du plus fameux des bipèdes dans l'ordre et la hiérarchie de la nature. On se dit, par exemple, qu'on devrait peut-être en rabattre et considérer avec un peu moins de supériorité nos amies les bêtes, avec lesquelles nous avons rompu depuis belle lurette nos relations de parenté.

 

Un bien amenant parfois un mal, il s'est ensuivi, dans les sciences et les arts, un tsunami d'empathie à l'égard de nos cousins plus ou moins proches, lequel débouche, trop souvent, sur un franc abêtissement.

 

Le domaine le plus touché est évidemment celui du cinéma, art populaire, donc plus aisément galvaudé. Réservée jusqu'alors au charme enfantin du dessin animé ou à l'aura de la légende cinématographiée, la prise de parole animalière affecte dorénavant le documentaire, où ne se perd aucune occasion de rabattre sur l'animal des scénarios, des comportements, des croyances spécifiquement humains. A ce degré de brouillage, il ne s'agit plus d'anthropomorphisme, position fondée somme toute sur la distinction pérenne entre l'animal et l'homme, mais d'un gloubi-boulga écologico-commercial destiné à un public dont l'entendement est supposé ne pas dépasser le stade de "L'Ile aux enfants".

 

Disneynature-Chimpanzee-Movie-Poster.jpg

Depuis leurs débuts, les films signés par Disney ont rapproché les animaux et les hommes (et vice versa); il faut avoir conservé un esprit d'enfance pour ne pas railler ces oeuvres cinématographiques.

 

 

Une affiche du film documentaire américain de Mark Linfield et Alastair Fothergill, "Chimpanzés" ("Chimpanzee").

Vous avez dit "anthropomorphisme"?

 

 

 

Deux types de documentaires animaliers se dessinent donc aujourd'hui. Ceux qui cèdent aux sirènes de l'éco-zoologie à grand spectacle, avec prouesses technologiques annoncées et story-telling pathétique, et ceux qui entreprennent d'informer, sans renoncer à séduire pour autant, des spectateurs considérés a priori comme des adultes. Un exemplaire de chaque genre sort mercredi 20 février en salles. Le plus lourd se nomme "Chimpanzés". C'est le petit dernier du département Disney Nature, par lequel le groupe a relancé en 2008 sa production de documentaires animaliers, qui compte "Les Ailes pourpres" (2008), "Océans" (2009) et "Félins" (2011).

 

 

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Deux routiers de la BBC, Alastair Fothergill et Mark Linfield, en signent la réalisation. Trois ans de tournage dans une forêt profonde de Côte d'Ivoire. La collaboration et la caution de scientifiques irréprochables. Une partie des recettes reversée à la Wild Chimpanzee Foundation. Le coup de chance enfin d'un comportement rarissime : l'adoption d'un jeune chimpanzé par le mâle dominant du groupe après que la mère du petit eut été tuée au cours d'un combat territorial.

 

Le Français Jean-François Camilleri, patron de Disney Nature, aurait toutes les raisons de considérer Chimpanzés comme "un film étendard" pour sa société, si le résultat ne s'avérait un tel gâchis. Ce n'était sans doute pas assez qu'on insulte ces pauvres bêtes en nommant le petit Oscar et le vieux Freddy, qu'une voix off omniprésente prétende nous livrer le flux de conscience furieusement décalé d'Oscar, que le mâle dominant du groupe rival soit décrit comme un infâme salaud. Non, il fallait encore qu'un commentaire déplorable écrase tout ce que pouvait avoir de singulier le matériau originel pour le naturaliser dans la veine Disney 1940, et nous resservir Bambi, la grâce et la beauté en moins, avec des chimpanzés vivants.

 

Or, la vraie vie ne se prête pas toujours à ce que l'on veut lui faire dire, et le forçage constant du scénario (suspense fabriqué sur l'attaque des adversaires, illisibilité des scènes, notamment de bataille, hiatus entre les sentiments prêtés aux animaux et leur conduite...) confine au grotesque. Pour le dire d'un mot, il y a ici un gouffre entre les déclarations d'intention (Disney au service de la nature) et la réalité du film (la nature au service de Disney).

 

 

 

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Une image du film documentaire suisse de Markus Imhoof, "Des abeilles et des hommes" ("More than Honey").

 

Tout autres sont le propos et la manière de "Des abeilles et des hommes", réalisé, de manière plus classique, par le Suisse Markus Imhoof.


Sans doute son sujet et ses actrices se prêtent-ils moins à ce type de dérive, tant il y a loin des abeilles aux hommes. En fait, pas si loin que cela, c'est une des vertus du film de le montrer. D'abord, parce que l'insecte pollinisateur est essentiel à la reproduction des espèces végétales, et partant au maintien de la vie sur Terre. Ensuite, parce que les abeilles ont été presque intégralement domestiquées par l'homme pour le miel qu'elles fabriquent.

 

C'est aussi bien l'interaction de l'homme et de l'animal qui intéresse ce film, fondé sur un constat inquiétant : la raréfaction de l'insecte (estimée entre 50 % et 90 % depuis quinze ans), victime d'un mal qu'on n'explique pas complètement mais dont l'origine tient dans les modifications exercées par l'homme sur la nature, notamment la pulvérisation de fongicides. Un biais qui permet au film d'en dire long sur les abeilles (leur organisation sociale, leur manière de réagir à l'environnement, leur physionomie rendue par des prises de vues assez extraordinaires) et encore plus long sur les hommes, dont la culture transparaît à travers la manière dont les personnages du film traitent les abeilles.

 

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Capitalisme débridé et productivité intensive pour le businessman californien John Miller, eugénisme assumé pour l'artisan helvète jaloux de la pureté de la race alpine, ou pollinisation des fleurs à la main pour la Chinoise Zhang Zhao, vu que les abeilles ont disparu de son pays après que le Grand Timonier eut décidé l'extermination des oiseaux, qui entraîna le développement de la vermine, qui nécessita l'emploi massif de pesticides, qui aboutit à l'éradication susdite.

 

Bizarrement monté, sautant du coq à l'âne, fondé sur une histoire personnelle (les ruches de la famille Imhoof) qu'on aurait aimé voir développée, "Des abeilles et des hommes" n'en reste pas moins un documentaire profondément humaniste, qui remplit honnêtement et intelligemment son office pédagogique, sans tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

C'était déjà le cas voici trente ans, lorsque Markus Imhoof signait "La barque est pleine" (1980), un film cuisant sur l'attitude de la Suisse à l'égard des réfugiés juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Des juifs aux abeilles, rien de semblable évidemment, si ce n'est une certaine conception de la vocation et de la morale cinématographiques.

 

in Le Monde.net

LE MONDE | 19.02.2013 à 13h21 Par Jacques Mandelbaum

 

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Présenté au festival du film de Locarno l’été dernier, projeté le 19 février 2013 en ouverture du festival international du film d’environnement de Paris, Des Abeilles et des hommes, de Markus Imhoof, est une œuvre ambitieuse qui jette un regard neuf sur l’univers vibrionnant et méticuleux de la ruche, mais aussi sur le monde beaucoup plus fou des hommes.

 

Expliquer à quoi ressemble cette œuvre très documentée revient d’abord à dire ce qu’elle n’est pas : ni un film élégiaque célébrant béatement les beautés de la nature et l’intelligence collective d’insectes travailleurs ; ni une description alarmiste des effets nocifs de la chimie humaine s’immisçant dans les équilibres les plus fragiles de la nature.

 

Comment notre espèce « soumet » la planète:

 

Si ces deux dimensions sont bien présentes dans "Des Abeilles et des hommes", Markus Imhoff organise son propos à partir d’un autre point de vue, de plain-pied dans une époque d’échanges globalisés, de production et de consommation de masse. Pourvu d’un confortable budget (pour un documentaire) de 2 millions d’euros, le cinéaste s’est rendu sur tous les continents, à la rencontre d’apiculteurs et de spécialistes des abeilles, qui offrent un étonnant panorama des comportements humains et de la manière dont notre espèce « soumet » la planète.

 

On passe ainsi de la montagne autrichienne où Fred Jaggi, apiculteur à l’ancienne, punit d’un coup d’ongle la reine traîtresse s’en étant allée batifoler un peu trop loin avec de faux bourdons, aux grandes monocultures californiennes où l’entrepreneur John Miller transporte ses milliers de ruches à coups de camions, au milieu des traitements intensifs de pesticides…

 

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Des images rarissimes

 

« Je ne voulais pas donner de réponses, mais faire en sorte d’alimenter la réflexion des spectateurs »,

note Markus Imhoff, persuadé qu’en toutes choses « l’étonnement » précède la pensée et le débat. Des Abeilles et des hommes peut ainsi être vu comme un film de vulgarisation scientifique passionnant, comme un documentaire socio-économique, mais aussi comme un essai politique où, à travers le mode de relations que les hommes entretiennent avec les abeilles qu’ils exploitent, transparaît leur rapport aux autres hommes.

 

Riche d’images très rares obtenues avec le concours de l’universitaire allemand Randolf Menzel, surnommé « l’homme qui murmure à l’oreille des abeilles », le film dresse un constat au final assez glaçant et laisse le spectateur aux prises avec des questions essentielles, liées aux antagonismes de plus en plus criants entre l’homme et la nature.

 

ARNAUD SCHWARTZ in La Croix; 20/02/13

 

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« Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

La phrase attribuée à Einstein est probablement apocryphe mais éloquente, car l’abeille assure la pollinisation de 80 % des espèces cultivées.

 

Cette phrase guide le film, qui fait un tour du monde de l’élevage des abeilles. Depuis les ruchers des paisibles alpages suisses jusqu’à la pollinisation quasi industrielle des immenses vergers d’amandiers californiens, il rencontre les visages les plus variés de l’apiculture, cherchant les raisons de la disparition des abeilles. L’image des Chinois pollinisant à la main, faute d’abeilles, est le pendant de celle de l’apiculteur américain qui transporte en camion ses ruchers pour polliniser des champs à l’autre bout des États-Unis.

 

Tous les personnages du film, même quand ils sont âpres au gain, sont montrés sous un jour sympathique. Belle leçon de savoir-vivre. Qui se double d’un grand savoir-faire cinématographique, révélant les abeilles au travail dans des images merveilleuses.

 

Édouard Huber in Famille chrétienne.fr

 

 

 

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Pourquoi pars-tu petite sœur abeille?

 

Divine ouvrière infatigable

 

Qui crée cet équilibre indispensable...

 

 

 

Hommage à toi!

 

 

 Enigmatique créature,

 

Alchimiste de la nature.

 

 

 

Hommage à toi!

 

 

 Donatrice mystérieuse,

 

Petite précieuse.

 

 

 

Hommage toi!

 

 

 Admirable artiste,

 

Savante perfectionniste.

 

 

 Hommage à toi!

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 19:00

 

 

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Comment Lincoln imposa l’amendement abolissant l’esclavage. Un film de Steven Spielberg, avec un Daniel Day-Lewis impressionnant.

 

1864.

 

 


Réélu pour un second mandat, Abraham Lincoln (Daniel Day-Lewis, photo) consacre la plus grande part de son énergie, plus encore qu’à finir le conflit avec les États du Sud, à faire adopter l’amendement qui abolira l’esclavage.

Afin de réunir une majorité de députés, tous les moyens sont bons, de la pression amicale jusqu’à la corruption… Pendant ce temps, Lincoln doit se battre sur un troisième front : arbitrer entre son fils ( Joseph Gordon-Levitt), qui veut aller se battre, et son épouse (Sally Field), femme intelligente mais nerveusement fragile, qui ne veut pas le laisser partir.

 

Un Spielberg sérieux, sans les habituelles facilités d’usage. Même si tout cela est très bavard, même si le film épouse le point de vue nordiste sans trop de recul, même si l’on s’irrite d’entendre dire qu’une fois de plus l’Amérique montre la voie au monde, alors qu’en la matière elle avait quelques décennies de retard sur la France et l’Angleterre, on suit avec intérêt cette guerre de tranchées pour faire adopter une réforme à laquelle Lincoln sacrifia une issue plus rapide de la guerre de Sécession. Le plus intéressant du film étant de montrer comment ce but idéaliste emprunta des moyens qui ne le furent guère. L’interprétation, sans faille, est évidemment dominée par un Daniel Day-Lewis impressionnant de charisme, de nuances et de vérité.

Laurent Dandrieu in Valeurs Actuelles.

 

 

 

 

Au commencement était un livre...
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Lincoln est basé sur le livre de Doris Kearns Goodwin, "Team of Rivals". Steven Spielberg était déjà en train de travailler sur le biopic du célèbre président quand il a rencontré l'auteur. Le cinéaste lui a confié être en train de travailler sur Lincoln quand Doris lui a annoncé qu'elle venait juste de terminer son livre. Spielberg en reçut une copie. Après avoir lu l'ouvrage, il décida de l'utiliser comme fondement de son film.


Steven Spielberg, comme à son habitude, s'est entouré d'une troupe d'artistes chevronnés, qu'il connait bien pour réaliser ce Lincoln. Ainsi, on retrouve Janusz Kaminski à la photographie, Michael Kahn au montage, Rick Carter pour les décors, Joanna Johnston pour les costumes et l'inévitable John Williams à la composition de la musique.


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Depuis l'âge de sept ans, Steven Spielberg a toujours nourri une fascination pour le personnage d'Abraham Lincoln, bien décidé à lui consacrer un film.

C’est en 1999 que le cinéaste a découvert "Team of Rivals", un livre biographique sur le 16ème Président des Etats-Unis écrit par Doris Kearns Goodwin. Une fois les droits acquis, le projet n'a cessé d'être repoussé depuis 2005, en raison des nombreux films du réalisateur. Le tournage devait avoir lieu début 2011, mais Spielberg a préféré se concentrer sur ses deux précédents longs métrages (Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne et Cheval de guerre) avant de s’attaquer à Lincoln.


Au départ, c’était l’acteur Liam Neeson qui était pressenti pour incarner Abraham Lincoln, un rôle qui aurait marqué sa deuxième collaboration avec Steven Spielberg après

La Liste de Schindler.

Néanmoins, le biopic fut trop long à voir le jour et l’acteur irlandais a finalement déclaré qu’il était aujourd’hui trop âgé pour jouer le 16ème président des Etats-Unis d’Amérique.


Une première version du scénario a été écrite par John Logan et Paul Webb avant que Tony Kushner ne soit engagé. Steven Spielberg a été impressionné par Kushner lors de leur collaboration sur

Munich et cela a conduit le célèbre réalisateur à travailler à nouveau avec le scénariste sur Lincoln.


 

Anecdote insolite : Daniel Day-Lewis avait campé Bill Le Boucher, un personnage totalement opposé à la politique d'Abraham Lincoln dans le film de Martin Scorsese,

Gangs of New York.


 

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  Pour certains, Abraham Lincoln fut un génie, un homme politique à la hauteur des idéaux d'une Amérique éclairant le monde; pour d'autres, surtout dans les États du Sud, il fut le Diable incarné, le responsable d'une guerre civile effroyable qui annonçait la boucherie de 14-18, le fossoyeur d'une civilisation sudiste brillante et quasi aristocratique.

Sur les ruines du Sud, s'érigea donc une Amérique industrielle, impérialiste et arrogante.


 

L'actrice Sally Field était si déterminée à jouer le rôle de Mary Todd Lincoln qu'elle a fini par convaincre Steven Spielberg de la laisser auditionner. En effet, le cinéaste trouvait que l'actrice était trop vieille pour le rôle (20 ans de plus que Mary Todd). Cependant, devant l'abnégation de l'actrice, Spielberg organisa une audition en compagnie de Daniel Day-Lewis qui est venu d'Irlande exprès pour ça. Finalement, la comédienne a réussi à convaincre le réalisateur de Jurassic Park

qu'elle était la meilleure pour le rôle :

"Daniel Day-Lewis est si gentil qu'il n'a pas hésité à prendre un vol depuis l'Irlande pour passer l'audition avec moi. Je l'aimerais toujours pour ça", s'extasie Sally Field.


La genèse de la passion de Steven Spielberg pour Abraham Lincoln a connu ses prémices lors d'une visite du fameux Lincoln Memorial à Washington :

"Je devais avoir quatre ou cinq ans lorsque j’ai vu le Lincoln Memorial pour la première fois, j’ai d’abord été effrayé par la taille de la statue sur ce fauteuil, mais à mesure que j’approchais, j’étais de plus en plus captivé par son visage. Je n’oublierai jamais cet instant, cela m’a poussé à m’interroger sur cet homme qui me surplombait, assis dans ce fauteuil", révèle le cinéaste.


 

Le long-métrage se focalise essentiellement sur les 4 derniers mois de la vie d'Abraham Lincoln et son combat pour faire adopter le 13ème amendement (abolition de l'esclavage) par la chambre des Représentants : "Nous nous sommes concentrés sur les quatre derniers mois de la vie de Lincoln, car ce qu’il a accompli au cours de cette période est véritablement prodigieux. Nous voulions cependant montrer que c’était un homme, et non un mythe. Nous nous sommes dit que notre meilleure chance d’être fidèles à cet homme exceptionnellement complexe était de le décrire en plein coeur de son combat le plus difficile : l’adoption du 13e amendement par la Chambre des Représentants", explique Steven Spielberg.


Le scénariste Tony Kushner a rendu une première version du scénario contenant pas moins de 500 pages! 

"C’était l’un des scénarios les plus brillants que j’aie jamais lus - mais il était trop foisonnant, trop long et tout simplement irréalisable du point de vue cinématographique. Cependant, en le lisant, j’ai trouvé que le plus fascinant dans le travail de Tony, c’était les 70 pages sur la lutte pour l’adoption du 13e amendement", dévoile Steven Spielberg.


Plus de 140 personnages s'entrecroisent dans ce portrait du célèbre président des USA dont d'éminentes personnalités de l'époque qu'il faut présenter aux spectateurs :

"Le processus narratif a été très difficile. Mais j’aime beaucoup écrire des scènes d’exposition car c’est comme un puzzle mental dont on assemble les pièces. Je suis convaincu que les spectateurs sont très intelligents et je savais également que mon script serait entre les mains de l’un des meilleurs réalisateurs de l’Histoire", raconte le scénariste Tony Kushner.

Lincoln-bureau.jpg

Pour se préparer à incarner Abraham Lincoln, Daniel Day-Lewis s'est plongé non seulement dans le livre qui a servi de base au scénario du film ("Team of Rivals") mais a également eu l'intelligence d'effectuer un travail de recherche gargantuesque (lectures d'articles, discours, biographies) :

"Le livre de Doris Kearns Goodwin a constitué un excellent point de départ. Mais lire des récits autobiographiques a ses limites, et à un moment donné, il est devenu encore plus intéressant à mes yeux d’évoluer vers une compréhension plus subjective de la vie personnelle de Lincoln. En cela, ce qui ressort de ses écrits a été très important. On saisit magnifiquement sa personnalité non seulement dans ses discours mais également dans les histoires qu’il racontait", commente le comédien.


Le réalisateur Steven Spielberg s'est évertué à recréer sur le plateau une ambiance d'époque afin d'immerger totalement l'équipe ; en ce sens, le chef-décorateur Rick Carter confie :

"Je me souviens d’avoir eu la sensation de remonter le temps lorsque Daniel Day-Lewis a pénétré sur le plateau pour la première fois. Je n’oublierai jamais ce moment. Ce n’était pas Daniel Day-Lewis que j’avais en face de moi. C’était le président des États-Unis de 1865, c’était Abraham Lincoln."

Au nom d'Abraham

Secret de tournage sur Lincoln

 

Bien que le film se concentre sur la vie politique d'Abraham Lincoln, Steven Spielberg n'en occulte pas pour autant sa vie familiale tumultueuse, entre une femme au caractère affirmé, la perte d'un de ses fils et la peur d'en perdre un autre à la guerre. Petite anecdote amusante, Mary Todd Lincoln avait déclaré à l'époque à propos de son mari :

"Il sera président des États-Unis un jour. Si je ne le pensais pas, je ne l’aurais jamais épousé, car vous voyez bien qu’il n’est pas beau". Vénale, vous avez dit vénale ?


 

 

Joseph Gordon-Levitt incarne Robert Lincoln, seul fils des Lincoln à avoir survécu jusqu'à l'âge adulte. Le jeune acteur donne la réplique à Daniel Day-Lewis, un de ses "maîtres" :

"C’était un peu étrange d’échanger des messages avec quelqu’un que j’avais idolâtré toute ma vie. Mais j’étais ravi. Daniel est un homme vraiment gentil et généreux. Cela m’a beaucoup touché lorsqu’il m’a dit que j’étais son premier choix, qu’il voulait faire ce film avec moi", déclare l'acteur.


Par ailleurs, on retrouve Gulliver McGrath (Dark Shadows) dans le rôle de Tad, jeune fils des Lincoln : "Même lorsqu’on ne jouait pas, il se comportait comme un père avec moi, il me serrait dans ses bras et m’ébouriffait les cheveux. Grâce à Daniel et Sally, j’ai eu l’impression de faire un bond de 150 ans en arrière et de me trouver dans la même pièce que les Lincoln – on ne se donnait pas simplement la réplique, c’était quelque chose de plus réel et de plus beau", confie le jeune comédien.

 

in Allocine.

 

USA Sécession hist us 19 civil war pic lincoln abrahamAbraham Lincoln (12 février 1809 – 15 avril 1865 à Washington) est le seizième Président des États-Unis. Il est élu pour deux mandats de quatre ans, en 1860 et 1864 sans terminer ce dernier. Il est le premier président républicain de l'histoire du pays. Son nom est associé à la guerre de Sécession et à l’abolition de l'esclavage.

Homme politique génial pour les uns, il est pour d'autres, surtout dans le Sud des États-Unis, le Diable incarné, celui qui poussa à la Guerre civile la plus impitoyable qui soit, préfigurant la boucherie de 14-18, celui qui fut le fossoyeur d'un Sud majestueux, d'une civilisation sudiste brillante, quasi aristocratique, sur les ruines duquel s'érigea une Amérique industrielle, impérialiste et arrogante, politiquement et économiquement entre les mains des Francs-maçons et de la grande finance internationale.

 

USA Etats-Unis aigle rapace

 

Pyrargue à tête blanche,  un regard perçant, un bec et des serres de prédateur redoutable:
il est l'emblème des États-Unis d'Amérique.

 

 

États-Unis 1861-1865. Figure mythique de la mémoire américaine, Lincoln a marqué de son empreinte le treizième amendement de la Constitution, qui mit fin à l’esclavage. Et qui, aussi, lui coûta la vie.

 

Les Américains se sont livrés pendant quatre ans à une atroce guerre civile : un million de victimes, un soldat tué sur quatre engagés. Cette guerre les a marqués pour toujours. Elle s’est faite autour de trois amendements, dont le treizième, sur l’abolition de l’esclavage, fut emblématique. Il fut signé par Lincoln le 1er février 1865, après qu’il eut été voté par le Sénat des États-Unis le 8 avril 1864 et par la Chambre le 31 janvier 1865. Steven Spielberg en a tiré un film, portrait d’anthologie d’Abraham Lincoln.

 

Son élection à la présidence des États-Unis en novembre 1860 fut vécue par les pratiquants de l’esclavage qui vivaient dans les États du Sud comme un traumatisme. En Caroline du Sud, l’assemblée décida la convocation d’une convention d’État, qui adopta à l’unanimité un texte stipulant que « l’union existant entre la Caroline du Sud et les autres États, sous le nom d’États-Unis d’Amérique, [était], en vertu de la présente ordonnance, dissoute ». Cette décision devait déclencher le début des hostilités entre les confédérés, au Sud, et les unionistes, au Nord.

 

Lincoln n’ignorait pas les menaces qui risquaient de compromettre l’unité du pays. « Vous pensez, vous, avait-il écrit à Alexander Stephens, homme politique influent dans le Sud, que l’esclavage est une bonne chose qui devrait être étendue, alors que je pense, moi, que c’est une chose mauvaise qu’il convient de limiter. Là, je suppose, est le hic. Là gît assurément la grande divergence qui existe entre nous. »

 

Pour les partisans de l’esclavage, « résister à Lincoln, c’[était] obéir à Dieu ». Mais lui resta inflexible. « Je suis contre tout compromis qui faciliterait ou permettrait l’extension de l’institution sur des terres appartenant à la nation », écrivit-il. La guerre civile allait prendre la forme d’une guerre de religion.

 

Encouragé par ses premières victoires face aux séparatistes, Lincoln tenta de rompre l’union des confédérés en leur proposant une abolition acceptée, volontaire, progressive et indemnisée de l’esclavage. Le 6 mars 1862, il fit parvenir un message au Congrès dans lequel il recommandait le vote d’une résolution engageant l’Union fédérale « à coopérer avec tout État prêt à faire sienne une abolition progressive de l’esclavage, en échange d’une aide pécuniaire que chaque État pourrait utiliser à sa guise afin de compenser les inconvénients, publics et privés, liés à un pareil changement de système ». Dans le Nord, l’accueil fut très favorable. Le New York Tribune se félicita que « Dieu [eût] mis un dirigeant aussi sage » à la tête du pays. Au Congrès, la résolution proposée par le président reçut à une écrasante majorité l’aval des deux Chambres. Mais cette approbation fut sans effet, aucun des États concernés n’y donnant suite.

 

Derrière ces questions se posait le problème des Noirs qui fuyaient leurs maîtres du Sud ou se retrouvaient, après une victoire nordiste, livrés à eux-mêmes. Le 17 juillet 1862, le Congrès adopta une loi autorisant à la fois le recrutement et l’“émancipation” des esclaves forcés par leurs anciens maîtres à soutenir les rebelles ou à prendre les armes contre l’Union. Le 9 décembre, la Chambre des représentants envisagea la création de cent régiments noirs. Au total, 180 000 combattants de couleur furent recrutés par les armées yankees.

 

Malgré cela, les plus fervents abolitionnistes jugèrent encore la politique de Lincoln trop influencée par « certains politiciens fossiles des États intermédiaires esclavagistes ». Pour eux, « tout ce qui renforce l’esclavage dans ces États renforce aussi la trahison et enfonce le coin au moyen duquel on cherche à diviser l’Union ».

 

Lincoln s’était rendu compte qu’il serait impossible d’obtenir une abolition “consentie” et “indemnisée” de l’esclavage en passant par les États du Sud tant leur résistance était forte. Il prit le problème autrement et envisagea une émancipation qui, cette fois, serait proclamée depuis le sommet de l’État fédéral. Une victoire spectaculaire de l’Union à Antietam, le 17 septembre 1862, l’y aida. Désormais, pour lui, cette lutte fratricide devenait une croisade pour l’abolition et la liberté.

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Les États du Nord font la guerre aux États esclavagistes du Sud et massacrent les Indiens (Minnesota, 1862)

 

 

Le 22 septembre, une Proclamation d’émancipation annonça qu’à la date du 1er janvier 1863 « toutes personnes détenues comme esclaves dans les États ou portions d’État dûment désignés, et dont la population se trouvera alors en rébellion contre les États-Unis, seront, à compter de cette date, définitivement libres ». Celle-ci était doublement habile : il devenait désormais impossible aux grandes puissances européennes de soutenir le Sud esclavagiste contre un Nord abolitionniste. Quant aux États confédérés, ils étaient prévenus : sauf à rejoindre l’Union d’ici à la fin de l’année, ils risquaient de perdre “pour toujours” le droit de posséder des esclaves.

 

Le 1er décembre 1862, lors de son discours sur l’état de l’Union, Lincoln demanda au Congrès d’adopter plusieurs amendements sur l’indemnisation des propriétaires acceptant d’affranchir leurs esclaves, l’octroi du statut d’homme libre aux esclaves séparés de leurs maîtres « par les hasards de la guerre » et l’affectation de crédits permettant aux affranchis de pouvoir s’expatrier s’ils le souhaitaient. « Nous ne pouvons nous soustraire à l’Histoire, concluait-il. En donnant la liberté aux esclaves, nous garantissons la liberté des hommes libres. C’est un chemin qui, si nous le suivons, sera à jamais applaudi par l’univers et à jamais béni par Dieu. »

 

Le Nord exulta. « Dieu bénisse Abraham Lincoln ! », pouvait-on lire dans la presse. Les sudistes crièrent au chantage. Pour certains conseillers proches du président, cette décision était « une erreur fatale ». Beaucoup de soldats de l’Union se sentirent trahis, refusant de se battre “pour les Noirs”. Deux cent mille soldats fédéraux désertèrent tandis que des milliers de recrues potentielles allèrent se cacher dans les montagnes ou au Canada.

 

Mais, à l’instant même où il avait apposé sa signature sur le document, Lincoln avait eu le sentiment que son initiative aurait une portée historique : « Si mon nom doit un jour entrer dans l’Histoire, confia-t-il à son entourage, ce sera en raison de cet acte, où j’ai mis toute mon âme. » La guerre se muait en une lutte acharnée entre deux modèles de civilisation : un Nord garant des libertés et des droits de l’homme, et un Sud fondé sur le binôme coton-esclaves et sur une pratique autonome du commerce que mettaient à mal les décisions de Lincoln. Pour le président des États-Unis, l’objectif suprême du combat demeurait la sauvegarde d’un modèle de société hérité de la révolution américaine, fondé sur la liberté d’hommes « créés égaux » et sur « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

 

En novembre 1864, la réélection de Lincoln ne fut ni triomphale ni facile. Le 3 février 1865, il rencontra Jefferson Davis, qui était à la tête des onze États sécessionnistes. Le président réélu lui déclara qu’il était favorable à toute ouverture « visant à établir la paix au profit du peuple de notre seule et unique patrie commune ». Face à Davis, il énuméra une série d’exigences qu’il savait inacceptables pour son interlocuteur. Parmi elles, l’abolition volontaire de l’esclavage dans tous les États concernés. Créant la surprise, il annonça qu’il avait signé, trois jours plus tôt, le treizième amendement à la Constitution, lequel abolissait l’esclavage aux États-Unis. Des paroles que les confédérés ne pouvaient entendre.

 

Dans son discours d’investiture du 4 mars 1865, Abraham Lincoln insista sur le désaccord profond entre le Nord et le Sud sur la question de l’esclavage, lequel était, selon lui, à l’origine du conflit qui déchirait le pays. « Il peut sembler étrange, dira-t-il, que des hommes osent demander l’assistance de Dieu juste pour s’approprier leur pain à la sueur du front d’autres hommes. »

 

Tandis que les troupes nordistes l’emportaient sur les sudistes, Lincoln apprit, le 2 avril suivant, l’évacuation de Richmond par les confédérés. « Merci à Dieu de m’avoir permis de vivre assez longtemps pour voir cela. J’ai le sentiment d’avoir fait depuis quatre ans un cauchemar horrible », confiat-il à l’amiral Porter. Le 9 avril, il fut informé de la reddition du général Lee, chef des armées confédérées. Désormais, son unique objectif était le rétablissement de l’autorité nationale. Le 11, depuis le balcon de la Maison-Blanche, il loua, une fois encore, l’émancipation générale des esclaves et l’extension de certains droits pour les plus “éclairés” d’entre eux, tels l’apprentissage ou le droit de vote. Jamais il n’était allé aussi loin dans une déclaration publique en faveur des Noirs de l’Union ayant servi la cause “en tant que soldats”. Ce fut son dernier discours.

 

Dans la foule, un homme écumait de rage contre ces propos sur l’avenir des affranchis. « Cela veut dire la citoyenneté pour les Nègres », lâcha-t-il, plein de haine, à son voisin. Trois jours plus tard, le 14 avril, le même homme, John Wilkes Booth, tua froidement d’une balle dans la tête le président des États-Unis dans sa loge du théâtre Ford.

 

Vincent Freylin in Valeurs Actuelles.net; 8 Février 2013

 

Carte Sécessio civil-war-map

 

Derrière l'argument passionnel de l'esclavage, les vraies raisons du conflit, historiques, économiques, culturelles, révèlent deux mondes affrontés. La cohabitation pacifique ne fut pas permise par Lincoln, les politiciens et les banques nordistes.

Voici cent quarante ans, le 9 avril 1865, aprés quatre ans d'une guerre impitoyable où, plusieurs fois, il faillit l'emporter malgré sa grande infériorité matérielle, le général Robert E.Lee, généralissime des armées confédérées, se vit contraint de capituler.

La Guerre de Sécession ou Civil War, qui avait commencé en avril 1861 prenait fin; au moins sur le terrain militaire.

Cette guerre qu'au Nord on appelle "civil war" (guerre civile) et au Sud "war between the States" (guerre entre les Etats) avait duré quatre ans. Ce fut le conflit le plus sanglant de toute l'histoire américaine.Les pertes furent supérieures d'un tiers à celles de l'Amérique durant la Seconde Guerre mondiale, pour une population sept fois moins nombreuse.

Le Sud, moins peuplé que la Suisse d'aujourd'hui, succomba finalement sous le nombre et sous l'écrasante supériorité matérielle du Nord, aprés avoir remporté d'innombrables batailles. Sa défaite n'entraîna pas seulement la destruction de son indépendance politique et économique, mais celle aussi de sa civilisation. Dans les années qui suivirent sa reddition, le Sud fut mis au pillage, à la vindicte et à la loi martiale du Nord, jusqu'à l'extinction presque complète de son identité.

 

 

lincoln-a-cheval.jpgImage idéalisée d'un Lincoln en chef de guerre dans le film de Spielberg; le haut de forme quelque peu ridicule dans ce contexte montre que le Président des Etats-Unis, un civil, est aussi, constitutionnellement chef des Armées.

 

USA PresidentJeffersonDavis

"Le principe pour lequel nou luttons est poussé à s'affirmer de lui-même, peut-être à une autre époque, et sous une autre forme"

 

 

 

 


Jefferson Finis Davis (3 juin 1808-6 décembre 1889) est un officier et un homme politique américain, membre du parti démocrate qui fut l'unique président des États confédérés d'Amérique durant la guerre de Sécession.

 

Diplômé de West Point, colonel dans l'armée américaine et vétéran de la guerre contre le Mexique, sénateur du Mississippi, Jefferson Davis fut aussi Secrétaire à la Guerre des États-Unis de 1853 à 1857 dans le gouvernement de Franklin Pierce.

 

D'abord hostile à la sécession, il était néanmoins partisan du respect de la souveraineté des États de l'union à décider de leur avenir. Après la proclamation de la sécession du Mississippi, Davis démissionna du Sénat des États-Unis en janvier 1861. Le 18 février 1861, il fut élu président des États confédérés d'Amérique pour un mandat de 6 ans.

 

Durant sa présidence, marquée par la guerre civile entre les États du Nord et ceux du Sud sécessionnistes des États-Unis, il se fit l'avocat d'un pouvoir centralisé plus fort au sein de la confédération afin de pouvoir unifier le commandement civil et militaire face aux troupes de l'Union.

 

Après la défaite des troupes sudistes, Davis fut arrêté par les troupes nordistes en 1865 et accusé de trahison. Bien que les charges aient été finalement abandonnées, il fut cependant déclaré inéligible à toute fonction publique en vertu du XIVe amendement à la constitution des États-Unis d'Amérique. Cette incapacité fut annulée par le président Jimmy Carter en 1978, soit plus de 89 ans après la mort de Davis.

 

 

USA American civil war7

Les Sudistes se battirent avec une bravoure inouïe pour défendre leur identité, sans disposer des énormes ressources financières et industrielles du Nord.

 

 

 

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Bombardement d'Atlanta par les Nordistes dans le chef d'oeuvre cinématographique Autant en emporte le vent. (1939)

 

 


 

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Tara au temps de sa splendeur...Ces demeures du Sud étaient copiées sur les modèles européens des aristocrates du  XVIIIe siècle.

 

 

 

USA Louisiana Plantation House Bainbridge family

Une demeure en Louisiane aujourd'hui...

 

autant-en-emporte-le-vent-1939 Robe

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autant en emporte Tara ruinsLe superbe domaine de Tara pillé et incendié par la soldatesque nordiste.

Ce film ne pourrait plus être tourné aujourd'hui tant les esprits actuels ont été conditionnés par une version officielle de l'Histoire. 

 

 

 

 


 

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Pourtant, la mémoire du Sud ne s'est pas effacée. Portée par le souvenir des familles, la littérature et le cinéma, elle continue de témoigner pour un monde qui parle encore à quelques Européens. Un monde capable de concilier le raffinement et le courage, la joie de vivre et l'énergie.

Dans les cinquante années qui viennent, les Etats-Unis pourraient de nouveau se trouver divisés pour des raisons toutes différentes, peut-être plus pernicieuses et de plus longue portée. Certes, il n'appartient pas à l'histoire de prévoir l'avenir, mais d'en suggérer les possibles, de montrer à la lumière du passé que tout peut arriver, y compris et surtout, l'imprévisible...

 

 

USA Bombardment of Fort SumterBombardement de Fort Sumter.


Le fort Sumter est un fort situé près du port de Charleston en Caroline du Sud. Il doit son nom au général Thomas Sumter. Il est surtout connu pour les combats qui s'y produisirent lors de la bataille de Fort Sumter et qui déclenchèrent la guerre de Sécession.

La bataille du fort Sumter désigne le bombardement des 12 et 13 avril 1861 par l'armée des États confédérés qui visait à déloger la garnison fédérale qui occupait le Fort Sumter à l’entrée de la baie de Charleston en Caroline du Sud. Cette bataille, qui n'a pas fait de mort, déclenche la guerre de Sécession (1861-1865) aux États-Unis, conflit plus meurtrier que toutes les autres guerres américaines réunies.

 

Plus qu’une bataille militaire dont l’issue ne faisait aucun doute, les tractations politiques représentent le principal enjeu de la reddition du fort et de ses conditions. Pour les deux camps, il s’agit de galvaniser ses troupes et de rallier à sa cause les États encore indécis, le meilleur moyen étant de faire de l’adversaire un agresseur, en cas de guerre. Ce conflit oppose d’abord le gouverneur de Caroline du Sud, Francis W. Pickens, au président sortant, le démocrate James Buchanan ; puis à partir de mars, le président Abraham Lincoln au président Jefferson Davis. L'attaque du fort par les rebelles après plusieurs mois de négociation provoque la mobilisation d'une armée par Abraham Lincoln et précipite le pays dans une guerre fratricide.

 

USA Sécession 20 décembre 1860

 

  USA Guerre de Sécession Petit Tambour

 

USA Sécession

 


 

 

 

 

Le conflit avait pour cause immédiate  l'élection de Lincoln considérée comme une menace pour la survie du Sud.

Mais il était surtout la conséquence d'une rivalité beaucoup plus ancienne, dont l'origine remonte à la formation de deux sociétés devenues antagonistes.Il est admis de dire que, dominé par l'aristocratie des planteurs, le Sud possède une économie essentiellement agricole, et que le Nord repose sur une économie industrielle et financière favorisée par le protectionnisme. Mais au-delà de ces différences économiques qui pèseront lourdement dans la future  guerre de Sécession, au-delà de la question de l'esclavage qui sera le prétexte passionnel du conflit, le Sud et le Nord ont développé deux modes de vie opposés qui ont leurs sources dans l'Angleterre du XVIIe siècle et la fondation de la première colonie anglo-saxonne d'Amérique, dans la baie de Cheasapeake, Virginie, le 13 mai 1607. Ceci se passe treize ans avant l'arrivée des colons  du Mayflower. Déroutés par une tempête, ces derniers débarquent plus au Nord, sur la côte froide du cap Cod. Le hasard voulut que se développe ainsi deux colonies différentes, séparées par une véritable frontière climatique et par la frontière plus efficace encore de deux cultures distinctes.

La césure est d'abord géographique. S'y ajoute  une nette différence de peuplement: contrairement aux puritains fanatiques (protestants) du Mayflower qui viennent fonder aux Amériques la nouvelle Terre Promise de leurs rêves. De leur côté,  les colons de Virginie  se soucient moins  d'utopie religieuse et politique. Ils viennent chercher fortune et une vie plus libre  que celle de l'Angleterre surpeuplée. La culture intensive du tabac, alors très en vogue, et ses fructueux bénéfices  leur conviennent parfaitement.. Cependant, elle exige une main d'oeuvre importante. Or, les Indiens se refusent  à travailler la terre. Quant à les réduire en esclage, c'est impossible, ils préfèrent mourir. La solution, scandaleuse à nos yeux,  normale à l'époque pour l'immense majorité, est apportée en 1629. Cette  année-là, le secrétaire de l'Assemblée de Virginie note sur le journal de la colonie: " Un bâtiment hollandais (donc des Protestants) nous a livrés vingt Noirs d'Afrique". L'arrivée de ces premiers esclaves inaugure une histoire dont l'Amérique n'a pas fini de payer les funestes conséquences.

 

Carte cotton map

 


esclaves Virginie 1619 ou 1649Esclaves en Virginie, 1629

 

 

 

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L'importation du "Bois d'Ebène" (belle expression qui évite le terme "esclaves") qui fait la fortune  de Nantes  est lente jusqu'au XVIIIe siècle. Tout changera  lorsque les armateurs du Nord auront évalué  les bénéfices à tirer de cet odieux trafic: l'or étouffera les scrupules. Les négriers protestants puritains, comme les négriers en terre d'Islam, lèveront les yeux au ciel, ils oublieront leurs principes  égalitaires... En outre, le syllogisme calviniste  a réponse à tout: le Seigneur bénit la richesse! Et la traite est le moyen  le plus rapide de s'assurer la richesse; donc, Dieu bénit  la traite. Evident mon cher Watson...

En 1770, Rhode Island compte 170 bateaux négriers. Ce sont les ports de la Nouvelle-Angleterre qui assurent de loin le plus gros trafic, avec en tête Newport, Providence, New Bedford, puis New York et Boston.

 

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Deux cultures donc, deux économies et deux sociétés que tout oppose, se développent au Nord et au Sud: les émigrants de la Nouvelle-Angleterre vivent pratiquement en autarcie; à l'inverse, les planteurs de Virginie ne peuvent se passer d'échanges. Ils vendent leurs balles de tabac aux navires de Londres, puis à ceux de New York, et leur achètent  des vivres , des meubles, et des objets  manufacturés. L'exploitation du sol  est leur seule source de profit. Ainsi se confirme au Sud une culture aristocratique et agraire, en opposition au mode de vie égalitaire  et individualiste au Nord.


"Le Yankee et le Virginien sont deux êtres fort dissemblables", écrit Michel  Chevalier  dans ses lettres sur l'Amérique du Nord, publiées  par la Revue des Deux Mondes en 1836: " Ce sont les mêmes hommes qui  se sont  coupé la gorge en Angleterre, sous le nom de Cavaliers et Têtes Rondes. En Amérique où il n'existe pas de pouvoir modérateur, ils se fussent dévorés, comme jadis dans la mère patrie, si la Providence ne les eût jetés, l'un au Midi, et l'autre au Nord".

Le voyageur français n'aurait jamais pu imaginer que cette séparation pousserait le Nord à dévorer le Sud...

  USA Junius Brutus Stearns - George Washington as Farmer at

 

 

George Washington, premier Président des Etats-Unis d'Amérique, possédait de nombreux esclaves, rien de choquant à l'époque; ici représenté (peinture de Junius Brutus Stearns) inspectant les travaux sur ses immenses domaines de Virginie...

 

 

George Washington (22 février 1732 - 14 décembre 1799) est le chef d’état-major de l’Armée continentale pendant la guerre d’indépendance (1775-1783) avant d'être le premier président des États-Unis (1789-1797).

Né à Pope's Creek dans la colonie britannique de Virginie, il est l'un des planteurs les plus riches de la région avec son domaine de Mount Vernon.

Grâce à sa participation à la guerre de Sept Ans (1756-1763), il devient rapidement célèbre des deux côtés de l'Atlantique et s'intéresse aux questions politiques. Son engagement dans la Révolution américaine ainsi que sa réputation le portent au poste de commandant des troupes américaines, qu'il organise et mène à la victoire finale, avec l'aide des Français, sur la métropole britannique.

Après le conflit, il participe à la rédaction de la Constitution américaine et fait l’unanimité lors de la première élection présidentielle. Pendant ses deux mandats, George Washington montre ses qualités d'administrateur habile, malgré les difficultés internes et la guerre en Europe. Il a laissé son empreinte sur les institutions du pays et sur l’histoire nationale.

 

Considéré comme l'un des Pères fondateurs des États-Unis par les Américains, George Washington a fait l'objet de nombreux hommages depuis la fin du XVIIIe siècle : son nom a été donné à la capitale des États-Unis, à un État du nord-ouest de l'Union, ainsi qu'à de nombreux sites et monuments. Son effigie figure depuis 1932 sur la pièce de 25 cents (quarter) ainsi que sur le billet d'un dollar.

 

 

 

Esclaves US 1830

 

 

Esclave escaped Slaves mai août 1862

 

Esclaves échappés (1862)

 

Segregation 1

 

Segragation 3

 

 

Segregation 2

 

Années 40 et 50

 

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Un Noir à la Maison Blanche.

 

Barack Hussein Obama II, né le 4 août 1961 à Honolulu dans l'État d'Hawaï, est un homme d'État américain. Il est l'actuel et le 44e président des États-Unis d'Amérique, élu pour un premier mandat le 4 novembre 2008, et réélu le 6 novembre 2012.

 



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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 18:10

 

 

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Avec ce Renoir, l'excellent  Michel Bouquet fait un retour inespéré sur nos écrans. A l'origine, c'est le génial Jean-Pierre Marielle qui devait obtenir le rôle...Que s'est-il passé? Peu importe, le choix final est le bon.  A regretter cependant, les sentences pontifiantes sur la vie et l'art; elles sont ridicules, même quand c'est Michel Bouquet qui les profère.

 

 

 

 

1915. Reclus dans sa villa de la Côte d’Azur, perclus de rhumatismes, Auguste Renoir (1841-1919) (Michel Bouquet) mobilise ses dernières forces pour continuer à peindre.

L’arrivée d’un nouveau modèle, Andrée Heuschling (Christa Théret), lui redonne une ultime vigueur créatrice. Revenant du front où il a été blessé, son fils Jean (Vincent Rottiers) trouve aussi la jeune femme à son goût.

On sait que c’est l’ambition d’actrice d’Andrée – elle fera carrière dans le muet sous le nom de Catherine Hessling – qui décida de la vocation de cinéaste de Jean Renoir, qui, à l’époque de leur rencontre, se cherchait encore. Muse successivement du père et du fils, Andrée eut un destin qui ne pouvait qu’intéresser le cinéma.

Inspiré du livre le Tableau amoureux (Fayard), de Jacques Renoir, arrière-petit-fils d’Auguste, le film est pourtant plus le portrait d’un trio que de l’un des protagonistes. Et c’est naturellement la figure d’Auguste, avantagée par l’immense talent de son interprète comme par sa personnalité un peu écrasante, qui domine le récit, d’autant que les deux autres interprètes, sans démériter, manquent un peu de relief. Comme l’ensemble du récit, évocation agréable, supérieurement photographiée par Mark Ping Bing Lee, mais qu’on aurait souhaité relevée de davantage de passion.

 

Laurent Dandrieu in Valeurs Actuelles.

 

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Nommé

 

Prix Un Certain Regard

 

Gilles Bourdos

 

 

Nommé

 

Un Certain Regard - Prix d'interprétation féminine

 

Gilles Bourdos

 

 

 Nommé

 

Un Certain Regard - Mention spéciale du jury

 

Gilles Bourdos

 

 

Nommé

 

Prix Fipresci - Un Certain Regard

 

Gilles Bourdos

 

 

 Nommé

 

Prix Regard jeune

 

Gilles Bourdos

 

 

 Nommé

 

Un Certain Regard - Prix Spécial du Jury

 

Gilles Bourdos

 

 

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Renoir est un film sur le pouvoir de la création. Sur ce pouvoir à l’œuvre, quoiqu’il en coûte à l’artiste.

En 1915, réfugié dans son domaine des Collettes au bord de la Méditerranée, Auguste Renoir, le corps perclus par la polyarthrite qui le fait souffrir atrocement, enchaîne toile sur toile. Dans son atelier posé au milieu des oliviers, il travaille inlassablement, le pinceau attaché à sa main raidie par des bandelettes de tissu. Et ses tableaux ne sont qu’odes à la lumière blonde qui cajole les formes voluptueuses de femmes rayonnantes et sensuelles.

 

Toute la vie qui abandonne le peintre se concentre dans ces figures solaires gorgées de couleurs. Mais, dès que le soir tombe, la douleur revient, maîtresse tyrannique des nuits de Renoir où la vieillesse convoque des fantômes d’angoisse et de misère.

 

Renoir est un film sur la griserie du geste.

Gilles Bourdos a eu l’idée, excellente, de confier au faussaire Guy Ribes l’interprétation de la main du peintre incarné par Michel Bouquet. La caméra circule comme un fluide entre le visage du comédien et le geste ondoyant du vrai-faux peintre dont le douteux métier se fonde sur une connaissance intime du style et de la touche de l’artiste. Rarement on aura vu un dessin devenir esquisse avec autant de souplesse et de vérité, puis l’ébauche prendre forme et donner naissance au tableau.

 

 

Renoir est un film sur la douceur des femmes apaisant le corps des hommes. Le vieil artiste cloué dans son fauteuil roulant dont il a renoncé à s’extraire, préférant mobiliser ses ultimes forces au service de la peinture ; son fils Jean, le futur cinéaste, blessé au front et qui revient aux Collettes en claudiquant pour achever sa convalescence ; Claude enfin, dit Coco, le plus jeune des Renoir, sauvageon à la silhouette adolescente un peu malingre et empruntée…

 

Trois âges de la vie et trois corps fragiles qui s’en remettent aux soins caressants des femmes. Elles furent modèles, maîtresses souvent, et désormais servantes : tout un petit peuple féminin officie aux Collettes, cuisinant, entretenant la maison et soulageant Auguste Renoir de ses insupportables douleurs. Dans un rituel envoûtant où l’eau joue un rôle quasi mystique, elles baignent et massent les mains endolories du peintre, procèdent délicatement à sa toilette et à son coucher laborieux.

 

 

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Renoir est un film sur une femme parmi ces femmes.

Andrée, ou Dédée, jeune rousse onctueuse, débarque un beau matin. À peine a-t-elle postulé qu’Auguste l’engage comme modèle, séduit par son charme spontané. Pour le créateur, cette nouvelle muse est comme une source de jouvence, un appel inespéré de la vie. La beauté et la force d’Andrée lui attachent d’ailleurs tous les Renoir.

 

Coco devine en elle ce mystère féminin encore inaccessible tandis que Jean tombe amoureux, puisant dans cette passion la vitalité qui lui fait défaut. C’est par elle, pour elle, que le jeune soldat indécis qui ne sait de quoi l’avenir sera fait, se tournera sérieusement vers le cinéma… Ne doit-il pas immortaliser sur la pellicule sa belle amante – qu’il épousera en 1920 ?

Quelques années plus tard, Andrée Heuschling sera, sous le nom de Catherine Hessling, la vedette de son premier long métrage, La Fille de l’eau (1924), puis la courtisane Nana (1926) d’après le roman de Zola…

 

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Et Michel Bouquet est admirable...

 

Renoir est un film sur la beauté ensorcelante des paysages du Sud écrasés de soleil ou bleutés par les ombres au crépuscule, les délicieuses parties de pêche nocturne en mer, les pique-niques au bord des frais torrents de l’arrière-pays, l’eau qui file entre les doigts à l’image de la vie.

Malgré la musique insipide d’Alexandre Desplat qui affaiblit parfois l’image, Gilles Bourdos atteint un superbe équilibre entre les scènes artistiques et les séquences narratives.

 

Michel Bouquet, le visage mangé par une barbe de patriarche, joue avec les yeux. Il est tout simplement admirable face au Jean élégant et fragile de Vincent Rottiers. L’incarnation plus classique mais parfaitement convaincante de Christa Theret et son physique « renoirien » participent de la réussite de l’œuvre, sans oublier la galerie des seconds rôles, tous impeccables, à commencer par Carlo Brandt en médecin lucide et compréhensif.

 

 

EMMANUELLE GIULIANI in La Croix


 

 

 

 

 

Le tournage du film n'a pas eu lieu dans le domaine des Collettes, où Renoir a passé les dernières années de sa vie et qui est depuis devenu un musée consacré au peintre, mais dans la région du Var pour conserver la belle lumière du sud de la France.

 

 

En matière de films sur le travail de la peinture, Gilles Bourdos a pensé à la démarche de deux cinéastes : "J’avais en tête deux grandes postures opposées : celle de Maurice Pialat (Van Gogh, 1991) qui refuse totalement de filmer le peintre au travail et celle de Vincente Minnelli (La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, 1956) qui cite frontalement les situations dépeintes dans les tableaux par la mise en scène".

Au final, le cinéaste a choisi de montrer le peintre au travail sans pour autant citer des œuvres de Renoir.

 

 

Pour le metteur en scène Gilles Bourdos, il était évident que Michel Bouquet devait interpréter Renoir, en raison des points communs entre les deux hommes : "J’ai trouvé chez Michel la même émouvante obstination au travail que chez Renoir, le même courage face à l’adversité (...) ce qui m’intéressait chez lui, outre l’immense comédien qu’il est, c’est le rapport du "vieux maître" aux jeunes acteurs", explique-t-il.

 

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Mais comment s'imprégner de la personnalité d'un artiste?

Pour comprendre qui était Pierre-Auguste Renoir, l'acteur Michel Bouquet a lu plusieurs fois le livre "Pierre-Auguste Renoir, mon père" écrit par Jean Renoir ce qui lui a donné l'impression de ne pas trahir le peintre : "Je me suis senti accompagné par l'être qu'il était", explique l'acteur. Il aussi visionné un court-métrage réalisé par Sacha Guitry, Ceux de chez nous (1914), où apparaît le peintre au travail.

 

 

Interpréter le rôle de Jean Renoir pouvait présenter certains pièges pour son jeune acteur, que le cinéaste cherchait à éviter : "Il y avait le risque que Vincent Rottiers s’inspire des prestations de Jean Renoir dans ses propres films, autrement dit celles d’un grand bourgeois qui aimait camper des faubouriens à la limite de la caricature. Je lui ai demandé surtout de s’approprier la situation", explique Gilles Bourdos.

 

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Il est étonnant de savoir que toutes les peintures présentes dans Renoir ont été réalisées par Guy Ribes, célèbre faussaire qui imitait le style des grands maîtres de la peinture comme Chagall, Picasso ou Matisse. Il fut condamné en 2004 à trois ans de prison et contacté par Gilles Bourdos à sa libération.

 

 

Enfin, Renoir marque la troisième collaboration entre Gilles Bourdos et le compositeur Alexandre Desplat. Auparavant, ils ont travaillé sur Et après (2007) et Inquiétudes (2004). Le réalisateur retrouve aussi le scénariste Michel Spinosa, avec qui il a écrit tous ses films.

 

 

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Il est difficile de voir dans le regard de cet artiste une quelconque insouciance, une légèreté, un esprit bucolique. C'est qu'il y a une angoisse certaine chez ce peintre  qui naît après la Révolution, c'est-à-dire aprés  l'écroulement d'un monde où la féminité est piétinée sous les bottes de la soldatesque et les sabots des fureurs populaires, sous les ricanements de petits avocats, philosophes, petits tyrans, arrivistes et opportunistes en tous genres. Ces yeux là n'ont pas vu les immenses guerres napoléoniennes, les révolutions de 1830 et 1848 mais ils en sont imprégnés. Comme du désastre de 1870 puis, Apocalypse totale, écroulement définitif de mondes impériaux et aristocratiques où les aigles les plus augustes furent foudroyés: la Grande Guerre.

Ce petit bourgeois a essayé de se protéger dans les herbes hautes de quelques campagnes silencieuses où seront quand même fauchés des millions de jeunes hommes ensevelis dans les amnésies des peuples hédonistes. Son fils sera blessé; plus profondément qu'il n'y paraît: le cinéma de Jean Renoir est imbibé de pacifisme et de rêves humanistes forcément fracassés dans des réveils haletants et sidérés...

 

Bazille plus que Renoir...

 


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Renoir peint par son ami Frédéric Bazille (1841-1870) en 1867.

Même génération que Renoir, mais Bazille est issu de la grande bourgeoisie protestante de Montpellier, autrement dit dans l'aisance...Pas seulement financière; là est la différence. Il fait poser son ami dans une attitude insolite voire scandaleuse pour l'époque; Bazille a du  s'amuser... Il s'engagera dans un régiment de zouaves et sera tué en 1870 à l'âge de 28 ans. Bazille c'est aussi l'insolence du panache. Renoir, tristement, verra tous ses amis disparaître...

 

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"Réunion de famille" peinte par Frédéric Bazille, 1867 (Musée d'Orsay): toute la bourgeoisie du Second Empire libéral se dit dans cette peinture. Ce n'est pas de l'impressionnisme à proprement dit mais l'impression qui se dégage de cette peinture est claire et nette; impressionnante. C'est de ce milieu qu'est issu Bazille. Sa rencontre avec Renoir et les autres peintres de son époque provoquera une sorte de  "melting pot" d'où la peinture européenne et même au-delà des mers, sera sensiblement transformée.

 

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Jeune femme et village de Provence (1864)

 

 

 

bazille-Fleurs.jpgDes fleurs... Le regard de Frédéric Bazille est imprégné d'élégance. Tout simplement...

A mon goût, bien plus que celui de Renoir dont l'art me paraît plus... besogneux, plus...petit-bourgeois de la IIIe République. C'est mon impression.

Est-ce pour cela que les oeuvres de Renoir conviennent parfaitement aux Almanach des PTT et aux loges des concierges?

 

 

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Robe rose...

 

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Toilette...Frédéric Bazille aime l'érotisme.

 

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Nu couché

 

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Bazille, espiègle, insolent...

 

Bazille-photo-65-Etienne-Carjat.jpgPhotographié en 1865 par Etienne Carjat. Comme un Dandy...

 

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"Pêcheur à l'épervier" peint par Frédéric Bazille en 1868. De dos et pourtant scandaleux pour l'époque...

 

 

 

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Bazille: Scène d'été, 1869. Et ce jeune homme adossé à l'arbre, tel  Saint Sébastien ...Et ce lourdeau qui a besoin d'aide pour sortir de l'eau; c'est la pesanteur et la grâce...

 

 L'oeuvre de Bazille, interrompue par sa mort prématurée à la guerre de 1870, montre des compositions nouvelles développées avec audace et diversité : portraits de plein air avec fond panoramique comme dans "La robe rose" (1864) ou "Vue de village Castelnau-le-Lez" (1868), scène de famille avec son grand tableau "Réunion de famille" (1867); (152x230), scènes de plein air avec "Scène d'été" (1869).

 

Il s'attacha en particulier à combiner la peinture de figures en plein air avec une concentration intense sur la lumière naturelle.

 

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Jeune homme nu couché sur l'herbe (1870); une des dernières oeuvres de Frédéric Bazille; presqu'un testament sur la fragilité de la beauté et de la jeunesse...

 

 

 

 

 

"Jeune homme nu couché sur l'herbe ou de la fragilité de l'enfance à la sensibilité de l'adolescence. Cette peinture permet de mieux comprendre la conception et l' utilisation de la couleur par Frédéric Bazille: ici, tons fondus et lignes évanescentes.

Bazille enrichissait tout ce qui avait été fait avant lui en y incluant ses propres recherches sur la forme et sur la couleur comme un abandon suprême à son art, avec une immense sensibilité renouvelée, une sensualité exacerbée.

Ce Jeune homme nu couché sur l'herbe nous montre à quel point Frédéric Bazille revient cent fois à l'ouvrage, retouche, détruit, reprend, transforme, travaille lentement. Bazille c'est à la fois l'exigence et l'humilité, le corps abandonné et l'esprit tourmenté, à la recherche de l'idéal au delà des apparences.

 

Frédéric Bazille s’est essayé à tous les genres: portraits, portraits de groupe, paysages, fleurs, natures mortes avec animaux. Certaines de ses œuvres ont été acceptées par les Salons officiels. D’autres, comme "Le pêcheur à l'épervier", avaient été refusées pour des raisons morales plutôt qu’esthétiques: ce tableau, un homme nu, même de dos, dans une scène contemporaine n’était pas tolérable en 1870. C'est bien la preuve de la puissance évocatrice et érotique de ce génial artiste, car des nus d'hommes ou de femmes, il y en eu des centaines peintes avant  Bazille... En fait, presque sans le vouloir vraiment, il dérange...

 

Il faut savoir que Bazille n'a pas fait beaucoup de tableaux, ce n'est pas seulement parce qu'il est mort jeune (29 ans), mais aussi parce qu'il travaillait beaucoup chaque tableau.

 

Il prépare ses toiles par de nombreux croquis, passe des jours voire des semaines sur une toile et la termine souvent en atelier, habité par l'idée "de ne pas seulement peindre l'apparence des choses" "Je fais des progrès, voila tout " écrivait-il une fois à ses parents en parlant de son séjour à Honfleur".

 

Joelle Llapasset.

 

 

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L'atelier rue de la Condamine à Paris

 

 

 

« Disons pourtant que, s'il plaît à ces messieurs de se servir de la brosse par le manche, au lieu de la retourner à l'endroit, personne n'a rien à y voir ; mais alors c'est à la condition de justifier ce mode de réalisation, et de prouver qu'on peint mieux avec un couteau à palette qu'avec les crins d'un pinceau. Cela pourra venir ; pour le moment ce n'est pas encore venu. »

 

(Marc de Montifaud, « Exposition du Boulevard des Capucines », l'Artiste, 1er mai 1874).

 

- « Il est vrai qu'il est déjà honorable de déblayer le chemin pour l'avenir, pour peu qu'on soit tombé sur la bonne voie. Aussi rien de plus caractéristique que l'influence des peintres impressionnistes – refusés chaque année par le jury – lorsqu'elle s'exerce sur les peintres aux procédés adroits qui constituent chaque année l'ornement du Salon… »

 

(Émile Zola, « Nouvelles artistiques et littéraires », le Messager de l'Europe, juillet 1879).

 

- « L'impressionnisme n'est guère que la codification de l'ébauche. Nous sommes loin de le proscrire ou du moins de le dédaigner. […] Mais élever l'ébauche à la hauteur d'un système, c'est de la théorie sans portée, si même, le plus souvent, ce n'est pas de l'impuissance et une simple forme de l'escamotage. »

 

(Henry Trianon, « Sixième exposition de peinture par un groupe d'artistes : 35, boulevard des Capucines », le Constitutionnel, 24 avril 1881).

 

- « J'ai souvent pensé avec étonnement à la trouée que les impressionnistes et que Flaubert, de Goncourt et Zola ont fait dans l'art. L'école naturaliste a été révélée au public par eux ; l'art a été bouleversé du haut en bas, affranchi du ligotage officiel des Écoles. »

 

(Joris-Karl Huysmans, « Le salon de 1879 », l'Art moderne, 1883).

 

- « Depuis des milliers d'années, tous les gens qui se mêlent de peindre empruntent leurs procédés d'éclairage aux vieux maîtres. […] C'est au petit groupe des impressionnistes que revient l'honneur d'avoir balayé tous ces préjugés, culbuté toutes ces conventions. L'École nouvelle proclamait cette vérité scientifique : que la grande lumière décolore les tons, que la silhouette, que la couleur, par exemple, d'une maison ou d'un arbre, peints dans une chambre close, diffèrent absolument de la silhouette et de la couleur de la maison ou de l'arbre, peints sous le ciel même, dans le plein air. »

 

(Joris-Karl Huysmans, « L'Exposition des indépendants en 1880 », l'Art moderne, 1883).

 

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Voici une des rares peintures de Renoir qui m'impressionne; pourquoi? Cette jeune fille qui taquine son chien? Ce jeune homme en face d'elle en maillot de corps blanc, assis, à l'aise, rêveur...; il se passe tant de choses intimes, insignifiantes, anodines et en même temps si importantes...C'est la paix, le calme avant la tempête...Avant le suicide collectif de l'Europe en 1914.

 

 


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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:54

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Danemark 1770.

 

(Encore une affaire où c'est une femme  qui met la kata! LOL ou pas)

La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière.

Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe vingt ans plus tard.

 

 

Le film narre un fait historique majeur de l'Histoire du Danemark.

En 1770, le jeune roi Christian VII, 21 ans, se complait dans la débauche avec ses maitresses et délaisse sa femme, la reine Caroline Mathilde. Les ministres, soucieux de sa santé physique et mentale, décident de lui adjoindre un médecin allemand, Johann Friedrich Struensee. Celui-ci a eu une influence considérable auprès du jeune roi, se faisant nommer ministre et exerçant une politique libérale et humaniste, s'attirant les foudres de la noblesse danoise de l'époque. Ainsi, les mêmes ministres qui l'avaient nommé ont décidé de l'évincer.
Ce fait historique a fait l'objet d'une quinzaine de livres, d'un opéra, un ballet et il est même enseigné à l'école.
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L'actrice Alicia Vikander est très mignonne mais aucune ressemblance avec le personnage ayant existé...
Même si le film est basé sur un fait historique existant et que le cinéaste a essayé de coller au plus près de la réalité, celui-ci confesse tout de même avoir pris quelques libertés vis-à-vis de la réalité historique :
"Compte-tenu de la popularité de ces événements dans l’Histoire danoise, nous avons respecté les faits tout en nous autorisant quelques libertés dramaturgiques", admet Nikolaj Arcel.

 

 

 

 

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Mads Mikkelsen, prix d'interprétation à Cannes 2012 pour son rôle dans La Chasse de Thomas Vinterberg, campe dans Royal Affair le médecin Johann Friedrich Struensee.

Le talentueux acteur danois, chouchou du cinéaste Nicolas Winding Refn, est devenu une star internationale depuis sa participation en tant que "bad guy" sans scrupules dans Casino Royale de Martin Campbell.

Nikolaj Arcel explique son choix :

"J’ai tout de suite pensé à Mads pour le rôle de Johann Struensee. Il était parfait pour le rôle : il est intelligent et il y a aussi quelque chose de mystérieux et de séduisant chez lui, totalement crédible dans le rôle de l’amant de la jeune reine."

 

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Pour écrire la partition de son film, Nikolaj Arcel a fait appel à un compositeur de renom en la personne de Gabriel Yared, récompensé aux Oscars 1997 pour la musique du film Le Patient anglais d'Anthony Minghella :

"A chaque fois que l’on me présentait un compositeur, je disais toujours à mes producteurs que je voulais que cela ressemble plus au travail de Gabriel Yared. C’est le compositeur du Patient anglais dont j’adore la musique, et que j’écoutais d’ailleurs lorsque j’écrivais le scénario.

Ils ont donc fini par le contacter. Je l’ai rencontré à Paris et lui ai parlé de l’histoire et de nos ambitions. Il a alors accepté d’écrire le thème principal du film. J’étais ravi! C’est un honneur d’avoir pu travailler avec lui et son co-compositeur Cyrille Aufort", proclame le réalisateur.

 

 

 

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Photo Pierre & Gilles

 

 

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Peinture de Jean-Honoré Fragonnard (1732-1806)

 

L'acteur danois Mikkel Boe Folsgaard est un talent à suivre. En effet, l'interprète du jeune roi Christian VII a reçu l'Ours d'argent du meilleur acteur à la Berlinale 2012 pour ce rôle dans Royal Affair. Nikolaj Arcel a aussi obtenu l'Ours d'argent du meilleur scénario lors de ce même festival.

 

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Le 28 avril 1772 est décapité à Copenhague le comte Johann Friedrich von Struensee. Il est précédé sur l’échafaud par son ami Enevold Brandt.

 

Singulier destin que celui de ce médecin agnostique et cultivé, fervent lecteur de Rousseau et Voltaire, né à Halle, en Allemagne, 34 ans plus tôt, le 5 août 1737, dans le ménage d’un pasteur luthérien.

 

Il crut pouvoir mettre en œuvre les idées des Lumières dans le royaume de Danemark et de Norvège en usant de ses relations très particulières avec le couple royal. Mais il paya de sa vie l'amour de la reine et sa passion pour la justice sociale.

Fabienne Manière in Hérodote.net


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L’histoire commence quelques années plus tôt, le 14 janvier 1766, avec l’avènement de Christian VII. À 17 ans, il succède à son père Frédéric V sur le trône de Danemark et de Norvège (les deux royaumes scandinaves ont été unis quatre siècles plus tôt par l’Union de Kalmar).

 

À la fin de la même année, le 8 novembre 1766, il épouse au palais de Christiansborg, à Copenhague, sa cousine Caroline-Mathilde de Hanovre. Née le 22 juillet 1751 à Londres, elle est la sœur cadette du roi d’Angleterre George III.

 

 

 

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Caroline-Mathilde de Danemark (1751-1775), château de Rosenborg, Copenhague.

 

Elle a quinze ans, elle est vive et sans façons, cultivée, pas spécialement jolie mais encore pleine de rêves d’adolescente. Son mari a tout juste deux ans de plus qu’elle mais déjà manifeste quelques signes de dérangement mental, sans doute une forme de schizophrénie.

 

Il fait un effort pour donner un premier enfant à sa femme. Ce sera le futur roi Frédéric VI.

 

 

 

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Christian VII (1749-1808)

 

Il semble avoir disposé d'une grande intelligence et de talents certains, mais son éducation, menée par un gouverneur brutal, le fit sombrer dans la folie.

 Il accéda au trône le 14 janvier 1766 mais, s'abandonnant à ses excès, il finit par sombrer dans une stupeur mentale totale, avec des crises de paranoïa, d'automutilation et d'hallucinations.


 

Là-dessus, satisfait du devoir accompli, il multiplie les virées dans les bordels de sa capitale en compagnie d’une courtisane, puis quitte le pays pour une tournée des capitales européennes. Il se fait accompagner par l’ancien ministre de son père, le comte Ernst von Bernstorff, qui dirige de fait le gouvernement avec le titre de chancelier et de ministre des affaires étrangères.

 

Le roi rentre à Copenhague en janvier 1769 avec, surprise, un médecin personnel rencontré en Allemagne : Struensee. Ce médecin se montre paternel à son égard et soigne ses troubles mentaux avec dextérité. Le roi ne jure plus que par lui et le nomme conseiller d’État à l’été 1769.

 

Struensee use de son emprise sur le souverain pour le convaincre de se raccommoder avec la reine. Celle-ci se voit derechef contaminée par la maladie vénérienne que son mari a rapportée de ses voyages.

 

Elle n’en est pas moins reconnaissante au médecin de lui avoir rendu sa place à la cour ainsi que de la soigner de sa maladie et d'avoir vacciné le petit prince Frederick contre la variole.

 

Struensee sait aussi réconforter la reine et s’immiscer dans ses rêves. Il partage avec elle une commune passion pour les «philosophes» français.

 

On est en plein siècle des Lumières et, à Copenhague comme à Paris, il n’y a de plaisir plus délicat que la conversation. Ladite conversation, de paternelle et protectrice, se fait sentimentale et amoureuse. C’est ainsi que le séduisant médecin devient à l’été 1770 l’amant de la jeune reine sans cesser d’être l’ami du roi.


 

 

 

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Struensee (1737-1772), portrait par Jens Juel (château de Rosenborg, Copenhague)

 

Dès lors, Struensee ambitionne de réformer le pays selon les préceptes du «despotisme éclairé». Il marche de la sorte sur les traces des autres gouvernants européens.

 

On est à l’époque de Catherine II de Russie, Frédéric II de Prusse et Joseph II de Habsbourg-Lorraine, plus «despotes» qu’«éclairés», mais sans doute Struensee pense-t-il plus volontiers à des hommes comme le marquis de Pombal, Premier ministre du Portugal…

 

En premier lieu, il écarte du roi son habituel compagnon de débauche, le comte Holck, et le remplace par un homme à sa main, Enevold Brandt, aristocrate falot.

Struensee peut dès lors faire signer ce qu’il veut à Christian VII.

 

Le 15 septembre 1770, avec le soutien de Caroline-Mathilde, qui ne saurait rien refuser à son bel amant, il obtient le renvoi du chancelier Bernstorff.

 

Enfin, le 8 décembre de la même année, le roi dissout le Conseil privé, un organisme consultatif composé d’aristocrates, qui s’était arrogé la réalité du pouvoir.

Struensee devient maître des requêtes, avec pour mission de soumettre au roi toutes les requêtes, faveurs et autres demandes. Il obtient un peu plus tard le titre de comte.

 

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Royaume de Danemark-Norvège & ses Possessions en 1800.

 

 

 

 

Nouvel homme fort de la cour, l'ancien médecin place ses amis au gouvernement. Il obtient même de signer des actes à la place du roi, ce qui lui permet de mettre en œuvre ses réformes avec une boulimie d’ordonnances. Deux mille en moins de deux ans.

 

Il modernise l’administration et opère les recrutements en fonction des compétences de chacun. Il impose de sévères économies dans les dépenses publiques et crée une loterie pour enrichir l’État. Il abolit la censure, le servage, la torture, la prison pour dettes…

 

Fidèle aux idées nouvelles, il abolit aussi les corporations qui entravent l’activité commerciale et artisanale.

 

Ces réformes ressemblent à celles de Turgot, en France, cinq ou six ans plus tard, mais auront un meilleur destin.


 

 

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Fort de la confiance du souverain, Struensee partage plusieurs fois par semaine le couvert royal et, bientôt, chacun se réjouit d’apprendre que Caroline-Mathilde est une nouvelle fois enceinte. Elle donne le jour à une fille, Louise Augusta, le 6 juillet 1771.

 

Tout irait pour le mieux dans ce ménage à trois si le zèle réformateur de Struensee ne heurtait trop d’intérêts.

Les aristocrates, le clergé, les marchands et l’armée lui tiennent grief qui de la suppression du Conseil privé, qui des entraves faites à l’enseignement religieux, qui de la suppression des corporations et de l’ouverture des frontières, qui de la suppression de la garde montée pour raison d’économie…

 

C'est alors que la reine douairière Juliana, deuxième épouse du précédent roi, prend les choses en main.

À son initiative, une troupe de militaires pénètre dans le château royal dans la nuit du 16 au 17 janvier 1772. Une partie se rend dans la chambre du roi pour éviter qu’il n'intervienne en faveur de son conseiller et lui faire signer un mandat d'arrêt. Struensee et Brandt sont quant à eux arrêtés et incarcérés dans la citadelle de Copenhague.

 

Pour légitimer la mise à l’écart de Caroline-Mathilde, on force Struensee à plus ou moins avouer ses relations avec la reine. Celle-ci s’effondre quand on lui montre sa déposition et avoue à son tour la relation coupable, espérant sauver la tête de son amant.

 

 

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Christian VII de Oldenbourg

(Copenhague, 29 janvier 1749 - Rendsburg, 13 mars 1808)

Prince de Danemark et de Norvège

Duc de Schleswig (1766), Duc de Holstein (1766)

Roi de Danemark (1766)

et Roi de Norvège (1766 - en union personnelle)

 

 

 

Struensee et Brandt sont condamnés à mort et exécutés pour crime de lèse-majesté.

Bernstorff reprend les rênes du gouvernement. Il revient sur plusieurs réformes comme l’abolition de la torture et de la censure mais se contente de modifier à la marge les réformes administratives de Struensee.

 

Après un divorce expéditif, la pauvre Caroline-Mathilde est recluse au château de Celle où elle a la consolation de retrouver son ancienne dame de compagnie Louise von Pleussen, la seule amie qu'elle ait eu à Copenhague avant l'arrivée de Struensee.

Elle meurt de la scarlatine deux ans plus tard, le 10 mai 1775, à 23 ans. De son fils comme de sa fille, très vraisemblablement née de Struensee, sont issus de nombreux rejetons des familles royales actuelles.

 

En 1783, le roi Christian VII est démis de ses fonctions pour maladie et son fils Frédéric VI le remplace avec le titre de régent. Devenu roi en 1808, il va gouverner le royaume jusqu'à sa mort, le 3 décembre 1839, en réacclimatant les réformes de Struensee.

 

Très populaire au Danemark, la tragique romance de Caroline-Mathilde et Struensee a inspiré au cinéaste Nikolaj Arcel le film Une royale affaire (2012).

 

 

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Royal Mikkelsen: il porte sur ses épaules cette "Royal Affair", passionnante fresque historique.

 

 

Des pommettes taillées à la serpe, une lippe qui exprime tantôt le mépris, tantôt la sensualité; Mads Mikkelsen est un "canon". Un de ces très beaux gars au charme scandinave, d'un cinéma mondial toujours en quête de virilité charismatique, c'est-à-dire devenu de plus plus rare.

Il doit sa consécration à un autre canon, James Bond, qu'il  attachait, déshabillait intégralement puis fouettait les parties les plus viriles (scène des plus érotique) avant de s'attirer cette réplique d'anthologie: "Vous allez mourir en me grattant les couilles".

Le Chiffre, alias  Mikkelsen, n'allait pas survivre en effet à cette partie de bondage entre hommes. Mais l'acteur, lui, explosa,consacré "méchant entre les méchants" grâce à son regard bleu acier très trempé (il ne lui manque qu'un rôle de "méchant Nazi") et à ce  "Casino Royale" qui, tant mieux pour lui,avait touché le jackpot.

Les Américains, toujours protectionnistes, tolèrent les Européens à condition  qu'ils jouent les bad boys; Mads Mikkelsen est le méchant du Nord, la réincarnation du Viking! Au secours, ils vont tous nous massacrer!

 

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Îles Feroe; Danemark.



 

 


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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 21:52

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la POPULAIRe

 

 

 

 

Printemps 1958.

 

Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée.

Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire.

L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique.

Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…

 

 

 

 

 

 

 

 

Normandie, 1958.


Rose Pamphyle (Déborah François, photo) part pour Lisieux pour postuler à l’emploi de secrétaire que recherche Louis Échard (Romain Duris), patron d’un cabinet d’assurances. Secrétaire catastrophique, Rose tape en revanche à la machine à une vitesse ahurissante.

 

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Comme Louis ne veut pas s’avouer qu’il est amoureux de Rose, il va trouver un autre moyen de lui témoigner son intérêt : faire d’elle la championne de France de dactylographie…

C’est ce qui s’appelle un “ofni” – objet filmique non identifié : un metteur en scène inconnu, un sujet improbable, une comédie acidulée et résolument stylisée comme on croyait que seuls les Américains en étaient capables.

Pourtant, après OSS 117, les Émotifs anonymes et, à un moindre degré, l’Arnacoeur, Populaire, qui ne devrait pas tarder à justifier son titre, confirme avec bonheur que le cinéma français n’hésite plus à assumer une certaine frivolité élégante. Filmé avec une vivacité et un soin du détail remarquables, jouant avec brio la carte de la nostalgie fantasmée, Populaire est une petite merveille de fantaisie, de charme, de grâce drolatique. Si tout le monde y est parfait (mention spéciale à Mélanie Bernier en pestouille du clavier), il est difficile, pour un spectateur masculin, de ne pas en sortir ensorcelé par l’énergie mutine, la fragilité déterminée et la beauté éclatante de Déborah François, magnifiée par des tenues plus Audrey Hepburn les unes que les autres. Pour un peu, on se mettrait à la dactylo.

Laurent Dandrieu in Valeurs Actuelles.net

 

 


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Une Première !

 

Après avoir réalisé des publicités et des clips musicaux pour Jean-Louis Murat ou Jane Birkin, Regis Roinsard réalise avec Populaire son premier long métrage.

 

 

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Le film a couté environ 15 millions d’euros, ce qui représente un important budget pour une première réalisation. Pour convaincre les partenaires financiers, il fallait une tête d’affiche solide et "par chance, Romain Duris a adoré le scénario et s’est engagé tout de suite."

 

 

 

Le réalisateur Regis Roinsard a eu l'idée de Populaire en 2004 lorsqu'il est tombé sur un documentaire autour de l’histoire de la machine à écrire. Ce reportage "comportait une très courte séquence sur les championnats de vitesse dactylo, raconte le cinéaste. Ces trente petites secondes m’ont tellement fasciné que j’en ai tout de suite perçu le potentiel cinématographique et dramaturgique."

 

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Romain Duris s'improvise coach!

 

 

 Devenir coach à l’écran a nécessité de la part de Romain Duris une préparation particulière. Avec Régis Roinsard, le comédien est allé à la rencontre de Régis Brouard, qui était alors l’entraîneur du club de foot de Quevilly. "Il avait déjà créé l’exploit en amenant cette "petite" équipe de National jusqu’aux demi-finales de la Coupe de France", confie l'acteur, en poursuivant :

"Et il a récidivé, depuis, en atteignant la finale. J’ai donc pu observer en détails comment il parlait à son équipe, les mots qu’il choisissait de mettre en avant dans le vestiaire, son action au jour le jour. En fait, tout est question d’autorité. Il faut savoir à quel moment on peut être très froid avec ceux qu’on coache pour doper leur motivation et jusqu’où on peut aller sans briser leur confiance en eux. Comment créer une émulation sans écraser personne. C’est une mécanique de précision fascinante à observer."

 

 

Pour incarner une jeune femme des années 50, Déborah François a visionné plusieurs films avec Audrey Hepburn, dont la coiffure est inspirée, comme que Sabrina, Ariane, Drôle de frimousse ou My Fair Lady.

 USA pub auto

 

Pour son rôle, Déborah François s'est énormément entraînée à la dactylographie :

 

"Je m’y suis consacrée deux à trois heures par jour pendant trois mois dans la phase de préparation, et ensuite pendant le tournage, mais pas tous les jours, confie la comédienne. Lorsque je devais taper à la machine pour une scène, je ne m’entraînais pas le soir, parce que j’avais peur de me faire mal. Au début, d’ailleurs, j’ai failli avoir un "Dactylo Elbow", car ce n’est pas une posture naturelle et les touches des machines à écrire sont difficiles à enfoncer. C’est un geste à prendre assez particulier. Le fait d’utiliser l’auriculaire était d’autant plus compliqué pour moi que je n’avais l’habitude de taper avec tous les doigts", explique la comédienne.

 

 

 


 

Pour le choix des chansons dans la B.O, l’équipe a puisé dans le répertoire du milieu des années 50 du jazz américain, avec des artistes comme Les Baxter et Jack Ary, interprète de la chanson "Le tcha-tcha de la secrétaire".

 

 

C’est Guillaume Schiffman qui assure la photographie de ce film. Il a notamment travaillé avec Michel Hazanavicius pour The Artist où il a croisé Bérénice Bejo qui tient l’un des seconds rôles de Populaire.

 


Couleurs d'inspiration

 

Pour le travail des couleurs, le réalisateur Regis Roinsard a consulté beaucoup de publicités américaines et françaises des années 50 et a visionné la plupart des films en couleurs qui avaient été tournés à l’époque en France :

"Ce n’était pas évident, car on tournait en France encore essentiellement en noir et blanc, et les rares films en couleurs étaient eux-mêmes des films d’époque réalisés en studios", raconte le cinéaste, en poursuivant : "Le Ballon rouge ou Zazie dans le métro nous ont servi de sources d’inspiration. Mais on a un peu triché puisqu’on a aussi vu les films en couleurs de la Nouvelle Vague, comme Une femme est une femme de Godard."

 

 


 

 

 

Le réalisateur voulait que son casting soit composé d’acteurs aux références diverses. Pour le rôle principal, "Romain Duris s’est imposé tout de suite car son sens du rythme et de la comédie m’impressionne", explique-t-il.

Pour celui de Rose Pamphyle, Déborah François a été choisie parmi les 150 comédiennes auditionnées. Selon Regis Roinsard :

"Elle mêle une vraie fragilité et une étourderie touchante qui peut évoluer vers quelque chose de glamour".

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Un clin d’œil à un film d’Alfred Hitchcock s’est glissé dans Populaire, avec les dominantes de rouge et de bleu. Mais également à travers la scène où Déborah François sort de la salle de bain, comme Kim Novak dans Sueurs froides.

 

 

 

Régis Roinsard revendique l’influence du réalisateur des Parapluies de Cherbourg pour l’identité visuelle de Populaire. Le scénario de Jacques Demy s'apparente pour lui à des "histoires qui semblent assez roses en apparence, mais qui ne le sont pas tant que ça au fond."

Travail de documentation

 

Pour préparer ce film, le réalisateur Régis Roinsard a enquêté sur le "sport" de la vitesse dactylographique et sur les écoles qui enseignent la sténo et la dactylo :

"C’était en 2004 et c’était un travail difficile, parce que toutes les écoles étaient en train de disparaître et que presque aucun document d’archive n’avait été conservé", explique le cinéaste. "Sur Internet, je n’ai trouvé que de courtes vidéos sur les concours de vitesse de dactylo. Parmi les documents les plus intéressants, j’ai découvert une photo d’un championnat américain qui se déroulait dans une salle semblable à un vélodrome devant des milliers de spectateurs. J’ai aussi déniché des éléments de publicité Japy – les fabricants de machines à écrire organisaient les concours de vitesse dactylo – qui recensaient des championnats régionaux et j’ai rencontré d’anciens champions et championnes de vitesse", termine-t-il.

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C’est Charlotte David qui était en charge des costumes de Populaire. Les années 50 est une époque qu’elle connait bien, puisqu’elle a créé les costumes des deux films OSS 117.

 

 

C'est à partir d'octobre 2011 et pendant trois mois que l'équipe a tourné Populaire, posant ses valises en Normandie, en région parisienne et en Belgique, plus précisément à Liège.

 

 

 

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Ah! les années 50 en rose, comme Rose Pamphyle! Ces années sont un remède contre la grisaille actuelle et c'est tant mieux!
Mais il y a deux grandes absentes dans cet excellent film fabriqué comme une pub. Avez-vous remarqué? Non? Mais si!

C'est un choix délibéré du réalisateur de ne rien montrer, pour qui ces deux taches indélébiles auraient gaché la drôlerie de l'histoire d'amour entre Rose et Louis.
Les guerres de décolonisation.Ben oui!
Or, en 1958,59, elles sont omniprésentes dans le paysage international et surtout  français, elles se gravent profondément dans les mémoires collectives qu'elles polluent à un point tel qu'elles provoqueront la mort programmée de la IVe République et d'une certaine France; cette République qui sentait déjà la décomposition avancée depuis la chute de Dien Bien Phù en 1954. Puis en 56 le retrait en urgence des troupes britanniques, françaises et israëliennes du Canal de Suez  face aux menaces soviétiques.
Et pendant que Rose Pamphyle tape furieusement sur sa machine, ce que l'on n'ose pas encore appeler "la guerre d'Algérie" bat son plein avec son flot de violences,d'assassinats, de mensonges, de trahisons et bientôt de désespoir.
Une sale guerre d'où ni la classe politique française ni les "rebelles" algériens ne sortiront vainqueurs...
Algérie Journal 54 terrorisme Depeche quotidienne
algerie-c-est-la-france-declare-le-ministre-mitterrandalger
de gaulle alger4juin1958
"Je vous ai compris!!!"
Algérie Pieds noirs départ

Algérie Départ Pieds noirs 1962
Algérie Journal Pieds noirs Marseille Deferre
nicole ENFANTS AMPUTES ISLY ALGER
Algérie 1957 terreur bombes
Alger bressonoran 1959Algérie Oran disparus 1962 juillet
Oran, juillet 62: regardez cette femme.
Comme des milliers d'Européens, elle va disparaître, enlevée par les Algériens de l'Algérie algérienne, malgré les Accords passés avec les autorités françaises en qui elle a cru. Voyez comme cette femme est belle, fière, hiératique, résignée. Elle sait ce qui l'attend, par quelles souffrances atroces elle devra passer avant de rendre son dernier souffle. Pourtant, elle ne veut pas montrer qu'elle a peur; elle ne regrette rien de ce qu'elle fit ou dit. En l'humiliant, en l'assassinant, c'est la belle Algérie française que l'on assassine. Mais sa dignité de Pied-Noir, personne ne lui enlèvera...
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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 20:13

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  La danse érigée en instrument du pouvoir monarchique, hissée au sommet des Arts par le plus grand roi et le plus grand des musiciens du roi dans un film flamboyant de Gérard Corbiau et un Benoît Magimel magnifique.

 

 Versailles entree

 

Le film retrace la rencontre entre Louis XIV, Lully et Molière.

Un monarque, jeune, beau, voulant insuffler à un royaume épuisé une énergie nouvelle et renouvelable, vitale, qui fera de la France la maîtresse des Arts... Entre autres, et bien davantage...

 

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Louis XIV (1638-1715)

 

 

 


Son règne de 54 ans marquera la France durablement à cause  d'une centralisation accrue de l'Etat, un mode de gouvernance relativement moderne pour l'époque, l'implication de l'Etat dans le développement du commerce et de l'industrie. Louis XIV modernisera la Marine, l'armée, créera une police (sans dissoudre les milices privées et municipales).  La priorité donnée au mérite plutôt qu'à la naissance  favorisera l'essor d'une bourgeoisie éduquée, vertueuse et laborieuse qui plus tard sera séduite par les idées des Lumières.

 


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Boris Terral joue le rôle de Lully avec un talent fougueux, à l'image de cet Italien, fils de meunier, qui saura par son génie marquer  à jamais la musique française.

 

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Dans le film, Louis et Lully ont parfois des relations très tendues ce qui est historiquement plausible étant donné le caractère passionné de cet Italien à qui Louis XIV doit rappeler qui est le Maître...

 

 

 

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Les moeurs "italiennes" de Lully (et d'autres) ne sont guère appréciées par le Roi et les ennemis de "l'Italien" montent des cabales pour le perdre...

 

 

 

 

Louis XIV a une passion pour la danse et c'est Lully qui lui permet de la développer. L'expression « Roi Soleil » vient en partie d'un ballet dans lequel Louis XIV était représenté tel un Soleil, source de vie, au centre de  l'Univers, entouré des ministres et de tous les membres de la Cour, symbole des planètes.

Lully est un italien né à Florence, issu d'un milieu très modeste. Il est admis à la Cour grâce au Duc de Guise qui veut un professeur d'italien pour la princesse de Montpensier.

En 1653, il devient compositeur à la Cour. Il travaille avec Corneille et Molière et crée l'opéra à la française. Il meurt à 55 ans d'un accident : sa canne servant à battre la mesure lui transperce le pied.

 

Quant à Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, il est introduit à la Cour par Monsieur (Philippe d'Orléans, frère du roi). Il monte des comédies ballets, il collabore avec Lully pour 9 comédies pendant 9 ans. La pièce Les Précieuses ridicules rend Molière très célèbre. Molière meurt le 17 février 1673 après la quatrième représentation du Malade imaginaire en jouant le rôle d'Argan.

 

 

 

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Louis XIV enfant: il se souviendra toujours des tragiques évènements provoqués par diverses rebellions de privilégiés plus connues sous le nom de la Fronde où une partie de la noblesse et de la populace parisienne obligèrent la Famille royale à fuir la capitale pour se réfugier au château de St Germain en Laye. Là, dans une nuit glaciale, apeuré, le petit Louis avait du dormir couché sur de la paille. Il n'oubliera jamais.
Trompettes

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A quatorze ans, Louis XIV sait qu'il régnera un jour mais sait aussi que l'on fera tout pour l'empêcher de gouverner. Il en est peut-être complexé mais il possède assurément  une haute idée de son métier de Roi, de la grandeur de la France et de sa place dans le concert des Nations.
A la mort de son parrain en 1661, le Cardinal de Mazarin qui fut un puissant premier ministre, Louis a 23 ans. A la surprise générale, en particulier de sa mère Anne d'Auriche et des grands seigneurs, il entreprend  un "coup d'Etat royal": il annonce que désormais, il gouvernera sans premier ministre. Concrètement, il instaure  pour la première fois en France et en Europe,un  type radicalement nouveau de monarchie: "la Monarchie absolue", c'est-à-dire,"pure", sans Corps intermédiaires assez forts pour la diluer et l'affaiblir, une Monarchie directe où le roi est totalement souverain, ne rendant des comptes qu'à Dieu et à ses Peuples.

Par les arts, et en particulier la danse, où le jeune roi excelle, et grâce à la musique qu'il compose pour lui, Lully  révèle Louis à lui-même puis au monde.
Louis devient le Roi-Soleil et son règne sera le plus long de l'Histoire de la Monarchie française. "Le Grand Siècle" marquera l'apogée de la civilisation et du génie français.

Lully et Molière sont, parmi d'autres, les grands ordonnateurs de la magie du règne de Louis dit "le Grand". Mais Lully aime le roi d'un amour fou et platonique et croit que celui-ci ne peut se passer de lui.
Son aveuglement le perdra et Lully, après Molière, basculera dans une nuit somme toute brève.
France Carrousel 1662Louis est, comme tous les Boubons, un excellent cavalier: carrousel du 5 & 6 juin 1662.

Un projet ancien, pour Gérard Corbiau :

 

"... Il y a longtemps que j'ai envie de faire un film sur Lully, mais il a fallu du temps pour trouver un chemin qui m'y conduise !

En creusant un peu, c'est-à-dire en lisant beaucoup, je me suis intéressé à l'idée du "roi danseur". On connaît mal Louis XIV sous ce visage : on oublie que le roi était un merveilleux danseur, et qu'il est directement à l'origine de la danse classique, elle-même l'un des fleurons de la culture française. Bientôt, dans toute l'Europe on dansera "à la française", avec des maîtres de ballets français. Rien de tout cela ne serait arrivé sans le ballet de cour, et sans un roi qui danse.

Un scénario est un long cheminement et son écriture demanda plus de deux années. Nous nous sommes fixés quelques enjeux. Tout d'abord faire un film autour de la jeunesse du règne du roi Louis XIV, et voir comment ce roi s'empare de l'ensemble des arts, et plus spécifiquement de la danse et de la musique pour imposer l'image qu'il veut qu'on ait de lui. Ainsi, la musique est au centre du film. C'est le personnage principal et, au centre de la musique, il y a le corps du roi. Là est la trame de départ : les rapports entre le pouvoir et la musique.

En second lieu, il est alors devenu nécessaire d'imaginer cette page de l'histoire de France à travers ce prisme, de la créer telle que peut-être on ne l'a jamais racontée, sous l'angle de la musique et des autres arts : la danse, le théâtre, la sculpture, l'architecture, la peinture..."

 

France costume de prince 1680-1710 Barain

 

France, costume de prince par Barain: 1680-1710

 

 

 

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Gérard Corbiau a fait le choix d'une chorégraphie plus virile et austère que les danses de l'époque. Il réussit la prouesse de nous faire admirer des danses presque barbares sur des airs baroques: c'est époustouflant! 

 


 

Gérard Corbiau à propos de la place de la musique dans ses films :

 

"C'est une question d'esthétique cinématographique, et c'est donc fondamental.

Mon plus grand désir, c'est de promouvoir une sorte de mariage périlleux entre le cinéma et la musique. Un cinéma où la musique ne serait plus seconde ou illustrative.

Dans Le Roi Danse, comme dans Le Maître de Musique et dans Farinelli, la musique est l'élément central du film. Elle est l'un des personnages fondamentaux du récit. En interrogeant l'une des composantes du langage cinématographique, la musique, je veux la mettre en avant pour la mettre sur le même plan que la fiction, et faire en sorte que les deux éléments - musique et fiction - puissent s'interpénétrer et fusionner sans que jamais l'un ne souffre de la cohabitation avec l'autre. Ce n'est pas évident, tant la force de l'image est grande; parfois, il faut faire en sorte que l'image s'efface pour que la musique puisse être écoutée. Je cherche en fait une expression "opéradique", que les techniques du son en salles permettent aujourd'hui d'aborder avec bonheur."

Olivier Bériot, est le génial créateur des costumes.

 

Il a également créé les costumes de Serial Lover (James Huth) et du Libertin (Gabriel Aghion).

Gérard Corbiau, le réalisateur

 

Auteur d'une cinquantaine de films documentaires pour la RTBF (Télévision belge), Gérard Corbiau a réalisé en 1987, son premier long métrage de fiction pour le cinéma, Le maître de musique. En 1990, il tourne L'année de l'éveil, d'après le roman autobiographique de Charles Juliet.

Farinelli, il castrato (1994) est nominé pour l'Oscar du Meilleur Film Etranger en 1995 et reçoit les distinctions suivantes : Golden Globe du Meilleur Film Etranger, Césars du Meilleur Son et du Meilleur Décor (1995).

Le Roi danse est son quatrième long métrage, et le troisième sur un thème musical.

 

 

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Louis a le don de repèrer et de s'entourer des meilleurs, dans tous les domaines.


Dans celui de la musique, il  s'offre les services de Lully, un Italien, fils de meunier qu'il attire à la Cour, dont une partie le déteste, afin qu'il compose des ballets à sa gloire.

Les années passent, Lully, dont l'avenir reste supendu au bon vouloir du roi devient cependant l'embassadeur de l'image et de la grandeur de la France, de son roi adoré pour lequel il compose des ballets toujours plus élaborés… jusqu'au jour où le roi cesse de danser.

Avec Molière, autre "protégé" du Roi-Soleil, Lully se met alors à imaginer des spectacles toujours plus ambitieux, dotés  d'une portée politique.

Entre jalousie, compromissions, passions et fidélité aveugle envers le roi, Lully continue de composer pour conserver son statut et l'estime de ce roi qu'il aime tant.

 


Le réalisateur nous présente ces personnages comme de simples hommes avec leurs rêves, leurs espérances et leurs faiblesses, à la fois forts et fragiles. La minutie de la reconstitution, éblouissante, ne contrarie en rien la précision du récit. On découvre un Louis XIV artiste, qui a su s'entourer d'une cour d'artistes talentueux et leur insuffler une force créatrice commune, un roi sans lequel la France n'aurait peut-être pas rayonné aussi fortement. Lully devient au fur et à mesure le responsable de la "communication" et de la publicité du roi allant même jusqu'à évincer son ami Molière et ses mots au profit de la seule musique (sompteuse scène de la mort de l'acteur-écrivain au cours de laquelle les dialogues sont peu à peu supplantés par l'insistance de la musique).

 

Derrière l'évolution artistique se dessine la grande histoire, évoquée par petites touches et toujours présente en toile de fond, l'art devenant un moyen, dans l'optique de Gérard Corbiau, un moyen de réagir aux évènements de l'époque. Outre l'indéniable réussite artistique qu'il constitue, "Le Roi danse" réhabilite également la place de l'art dans l'histoire de l'époque et donne une profondeur bienvenue aux images réductrices que l'histoire a pu garder des ces trois hommes.

 

Tout ceci est, bien sûr, rendu possible grâce à l'engagement des trois interprètes principaux : Benoît Magimel étonnant en Louis XIV danseur, Tchéky Karyo très bon en Molière sobre et magnifique et Boris Terral qui confère à Lully une impressionnante rage tant extérieure qu'intérieure.

 

Un film qu'on conseillera autant aux cinéphiles qu'aux mélomanes ou à ceux qui voudraient parfaire leurs connaissances artistiques et historiques.

 

Guillaume Branquart

 

 

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Fils de meunier, Giambattista Lulli est né à Florence en 1632, décédé à Paris en 1687.

Il arrive à Paris à l’âge de quatorze ans, pour entrer au service de Mlle de Montpensier, la Grande Mademoiselle, cousine du roi, qui voulait apprendre l’italien.

 

C’est en 1653 qu’il entre officiellement à la Cour, non pas comme musicien mais comme danseur dans le Ballet de la Nuit composition à laquelle il a participé.

 

A cette époque on ignore sa maîtrise du violon, mais vers 1660, il à atteint la notoriété. Favori de Louis XIV, riche, il se fait naturaliser et francise son nom en Lully. En 1664 commence la collaboration de Lully avec Molière, qui va donner le jour à neuf comédies-ballets.

 

Depuis 1661 Lully est surintendant et compositeur de la Chambre, il épouse en 1662, Madeleine Lambert, fille du compositeur Michel Lambert.

Appuyé par le roi et Colbert, Lully va créer la tragédie lyrique, forme francisée de l’opéra italien. Il devient en 1672 le directeur de « tout le théâtre en musique », évinçant Molière, avec qui la rupture est consommée cette même année.

Il composera, de 1673 à sa mort, en 1687, pratiquement un opéra chaque année.

 

Il meurt en 1687, à la suite d’un coup de canne qu’il s’était donné sur un pied en frappant la mesure du Te Deum chanté pour la guérison du roi.

 

 


 

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Les oeuvres de cet Italien naturalisé, ont définitivement donné ses lettres de noblesse à l'art musical français.

 


 

 

Le Mariage forcé , La Princesse d’Élide (1664)

L’Amour médecin (1665)

La Pastorale comique (1667)

Le Sicilien (1667)

George Dandin (1668)

Monsieur de Pourceaugnac (1669)

Les Amants magnifiques (1670)

Le Bourgeois gentilhomme (1670)

Psyché (1671) [1]

Cadmus et Hermione (1673)

Alceste (1674)

Thésée (1675)

Atys (1676)

Isis (1677)

Psyché (1678)

Bellérophon (1678)

Proserpine (1680)

Persée (1682)

Phaéton (1683)

Amadis (1684)

Roland (1685)

Armide (1686)

 

Panier fleuri

 


 

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Le Ballet de Cour

 

Wedding ball of the Duc de Joyeuse, 1581Bal de Cour donné lors du mariage du duc de Joyeuse en 1581

 

 


 

 

Ce genre de spectacle  est né à la fin du XVIe siècle à la cour de France, le ballet de cour est à l’origine un ballet dansé par des amateurs, incluant des membres de la famille royale et le Roi, devant un public de cour.

Il conjugue poésie dite et chantée, musique vocale et instrumentale, chorégraphie et scénographie. Les spectateurs entourent et surplombent la scène afin de pouvoir observer les formes géométriques et chorégraphies formées par les danseurs.

 

Les thèmes du ballet de cour empruntent aussi bien aux thèmes antiques, aux mythes et légendes qu’aux thèmes et romans contemporains. L’ensemble de ces thèmes peut être présent dans un même ballet.

 

Le ballet de cour se compose typiquement :

- d’une ouverture, présentant le sujet.

- de plusieurs entrées : de 10 à 45 entrées, regroupées en actes (en général maximum de 5 actes).

- le ballet est clos par le "ballet général", dernière entrée dans laquelle tous les danseurs sont réunis.

 

Sous Louis XIV, le ballet gagne en importance, à la fois grâce aux progrès techniques (pièces à machines) et de l’art scénique, mais aussi grâce au rôle politique joué par le ballet (instrument de propagande).

L’apogée du ballet de cour aura lieu entre 1653 (Ballet Royal de la Nuit) et 1670 (le Roi renonce à se produire sur scène) ; Bensarade sera le poète principal des ballets à cette époque, en collaboration parfois avec Lully pour la musique.

 

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Costume d'Apollon-Soleil, porté par le roi lors du Ballet royal de la Nuit le 23 février 1653


 

 

 

 

 

Le Ballet Royal de la Nuit est le premier ballet marquant cette volonté d’utilisation du ballet comme outil politique par Louis XIV.

 

Benserade est l’auteur des vers, Torelli celui des décors. L’identité du dessinateur des costumes reste incertaine : Henry de Gissey ou Beaubrun. La composition de la musique est collective. Le ballet est joué la première fois le 23 février 1653 au Petit-Bourbon. Il commence à six heures du soir et termine à la levée du jour et suit le coucher puis le lever du Soleil.

Le Roi joue (notamment) le rôle du Soleil, disparaissant puis réapparaissant dans toute sa splendeur, symbolisant les évènements (la Fronde) ayant secoués la royauté et le retour triomphal du Roi à Paris. C’est d’ailleurs depuis le rôle du Roi dans cette pièce que le Soleil sera associé à Louis XIV. Le livret (vers, descriptions, etc) du Ballet Royal de la Nuit est joint à cet article. 

 

 

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L'Ardent, costume porté par le roy lors du Ballet royal de la Nuit .

 

Voici le compte-rendu dans la Gazette du ballet du 23 février 1653 :


"Ce jour-là, 23 (février), fut dansé dans le Petit-Bourbon, pour la première fois, en présence de la Reyne, de Son Eminence et de toute la Cour, le Grand Ballet royal de la Nuit..., composé de 43 entrées, toutes si riches, tant par la nouveauté de ce qui s’y représente que par la beauté des récits, la magnificence des machines, la pompe superbe des habits et la grace de tous les danseurs, que les spectateurs auroient difficilement discerné la plus charmante si celles où nostre jeune monarque ne se faisoit pas moins connoistre sous ses vestemens que le soleil se fait voir au travers des nuages qui voilent quelquefois sa kulière, n’en eussent receu un caractère particulier d’éclatante majesté, qui en marquoit la différence... Mais comme, sans contredit, il y surpassoit en grace tous ceux qui à l’envy y faisoient paroistre la leur, Monsieur, son frère unique, étoit aussi sans pareil en la sienne ; et cet astre naissant ostoit si aisément la peine de le découvrir, par les gentillesses et les charmes qui luy sont naturels, qu’on ne pouvoit douter de son rang... Je laisse donc à juger... le contentement que put avoir l’assemblée, nonobstant la disgrace qui sembla le vouloir troubler par le feu qui prit à une toile, dès la première entrée, et à la première heure de cette belle Nuit qui étoit représentée par le Roy, mais ne servit néanmoins qu’à faire admirer la prudence et le courage de Sa Majesté, laquelle... ne rasseura pas moins l’assistance par sa fermeté qu’autrefois César fit le nautonnier qui le conduisoit... Tellement que ce feu s’étant heureusement éteint, laissa les esprits dans leur première tranquillité et fut mesme interprété favorablement."

 

 


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L'Aventurier, costume porté par Lully.

 

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Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673).

Cet auteur de comédies n'eut pas toujours la vie facile. Il regarde autourde lui la scène de théâtre de la vie avec un regard parfois plus pessimiste qu'iln'y paraît. Protégé par le roi, il put se moquer de toutes les hypocrisies de son temps, ce qui lui valut des jnimitiés redoutables...

 

 


 

 

 

France moliere main C.Antoine Corpel

 

 

France Moliere Sign

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:00

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Qui oserait encore dire que les années 80, c’est du passé ? Qu’elles sont "has been" ? Les producteurs, eux, ont bien compris que ce n’était pas le cas.

 

 

 

 

C  hacun a des souvenirs sur une musique de cette décennie. Chacun connaît tous les refrains qui ont faits les "eighties".

Le film "Stars 80", qui est sorti le 24 octobre, surfe sur cette vague de nostalgie qui a notamment fait le succès des précédentes tournées du même nom.

 

 

 

 

Pour y avoir assisté, je me suis rendu compte de la capacité de ces chanteurs, que certains trouveraient dépassés, à déplacer les foules. Un goût de "c’était mieux avant" se dégage de cette tendance.

 

 

 

 

Après avoir vu le film en avant-première, ce jeudi au Grand Rex, qui était suivi d’un concert live, je persiste à dire que la nostalgie n’est pas un mythe. Il faut le vivre pour le croire !

 

 

 

 

 

 

 

 

Les raisons d'aller voir ce film

 

 

 

1. Avec ce film, ne vous attendez pas à rester assis, inerte, à la limite de la somnolence sur votre strapontin. Vous ne devriez pas être dérangé par votre voisin mangeant des popcorns, mais par une salle entière qui risque de se mettre à chanter, voire à danser, durant le film. C’est en quelque sorte un film dont vous êtes le héros : la bande-son, c’est vous.

 

 

 

 

2. Vous aurez l’assurance de passer un bon moment si vous allez voir ce film. Allez-y entre amis de préférence.

 

 

 

 

3. Les musiques, vous les connaissez. Les acteurs sont drôles, parfois. Et avec un casting pareil, il y a peu de chance que vous ne trouviez pas un chanteur que vous aim(i)ez, à moins d’être définitivement fâché avec les années 1980.

 

 

 

 

4. Nous aimons tous honteusement les musiques des années 1980, quoique vous en disiez. C’est notre jeunesse, notre adolescence, nos premiers amours … Ces tubes sont définitivement restés dans la mémoire collective et en chacun d’entre nous.

 

 

 

 

Osez dire que vous ne connaissez pas le refrain de "En rouge et noir", de "Boys Boys Boys", ou des "Démons de minuit" ! Tous, nous les connaissons tous. Ils animaient les boums d’autrefois comme ils animent les discothèques d’aujourd’hui.

 

 

 

 

5. N’y allez pas pour voir un film, allez-y comme à un concert. L’avantage, c’est qu’une place de cinéma coûte moins cher qu’une place dans un zénith. C’est une autre ambiance, mais c’est une alternative.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les raisons de ne pas y aller  !!!???

 

 

 

 

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Photo P&G: le Soviet

 

 

1. C’est tellement mieux en live. Allez plutôt à un de leurs concerts (quand vous pouvez). Et vous ne raterez rien du film qui, finalement, raconte la création du spectacle. L’ambiance des salles, l’émulation créée lors des lives, la présence physique des chanteurs : rien ne remplacera une prestation sur scène.

 

 

 

 

2. Avouons que le scénario n’a rien de palpitant. Il est même très light. Certains moments sont drôles, d’autres émouvants, mais je ne vois pas vraiment l’intérêt du film. Il est finalement basé sur une bande-son plus que sur un scénario.

 

 

 

 

3. Le film sonne un peu comme une promo qui va rapporter gros, et y en a marre d’être pris pour des pigeons. Ils ont inventé le moyen d’annoncer une tournée (celle de 2013) en se faisant clairement financer leur campagne de pub par les spectateurs. Et ça, ça passe mal.

 

 

 

 

Il faut dire que les places de l’avant-première au Grand Rex ont été vendues plus chères qu’une place de concert (jusqu’à 54 euros !). Même si l’équipe du film était présente pour un live (à l’exception néanmoins de Lio, Jeanne Mas et Desirless), cela s’annonçait déjà comme une sacrée machine à sous.

 

 

 

 

C’est donc vous qui voyez. En y allant vous ne regretterez pas, mais si pouvez choisir, mieux vaut aller les voir en live. Accros aux années 1980, accourez dans les salles sombres, ce film est pour vous.

 

 

 

Quoiqu'il en soit, il a tout pour accéder à la tête du box office.

 

Julien Chadeyron; Le Nouvel Obs. LE PLUS+ Le 24/10/2012

 

 

 

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Mes critiques se veulent sans concession à ce que la philosophe Chantal Delsol nomme: "La tentation du consensus"
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