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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 15:17

 

 

 

 

 

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Le réalisateur Jean-Paul Jaud, grand défenseur d'une agriculture moins dépendante de l'industrie chimique, signe avec "Tous cobayes ?" un plaidoyer anti-OGM s'appuyant sur une étude française alarmiste qui vient de relancer le débat sur l'innocuité d'un maïs transgénique.

L'auteur de "Nos enfants nous accuseront" (2008), qui s'attaquait alors à l'usage de pesticides, a suivi mois après mois l'équipe du professeur Gilles-Éric Séralini. Ce chercheur basé à Caen, ouvertement anti-OGM, a publié mercredi une étude qui a conduit Paris et Bruxelles à saisir leurs agences sanitaires pour un avis.

Ces travaux d'une longueur inédite (deux ans) affirment que les rats nourris avec du maïs NK 603 de Monsanto - et pour certains avec de l'eau comprenant de l'herbicide Roundup auquel ce maïs transgénique résiste - développent beaucoup plus de tumeurs cancéreuses.

 

 

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Le film, en salle le 26 septembre, montre de nombreuses scènes de laboratoire où des scientifiques emmaillotés comme des chirurgiens examinent les rats. Certains rongeurs vont développer d'énormes tumeurs, allant jusqu'à 20 % de leur poids. Notamment après le 3e mois, la durée des études classiques de toxicologie, selon les chercheurs. Jean-Paul Jaud a travaillé tout en gardant le secret sur l'étude engagée par le professeur Séralini, celui-ci expliquant avoir récupéré clandestinement des semences de ce maïs NK 603 via un lycée canadien ayant requis l'anonymat. Le NK 603 n'est pas cultivé en Europe, mais est importé pour l'alimentation animale. "Les semenciers refusent de donner des semences aux chercheurs", affirme le scientifique.

 

 

 


Le choc de Fukushima

 

Corinne Lepage, députée européenne qui se bat depuis des années à Bruxelles contre les OGM, est très présente dans le documentaire. "Les premiers qui ne veulent pas de la recherche, ce sont eux, les semenciers", accuse-t-elle. "Il n'y a pas de problème, car il n'y a pas d'étude de long terme", ajoute la députée.


À l'écran, la progression de l'étude est entrecoupée de scènes de fauchage de champs d'expérimentation d'OGM en France (désormais suspendue), de procès de faucheurs qui s'ensuivent et de manifestations de soutien. Autant de moments rythmant la vie de militants écologistes. La parole est aussi donnée à plusieurs paysans bio expliquant leur choix et leurs préoccupations sur les conséquences des pesticides pour la santé des agriculteurs.

 

Parallèlement à l'argumentaire anti-OGM, le film s'attaque aussi au nucléaire, auquel le réalisateur est farouchement opposé.

En cours de tournage, "il y a eu le choc de la catastrophe de Fukushima au Japon et j'ai alors décidé de réunir dans mon film ces deux technologies mortifères contrôlées par une minorité de prédateurs", explique Jean-Paul Jaud. Du coup, le film l'a emmené au Japon, jusque dans les zones de campagne vidées de leurs habitants en raison d'une radioactivité trop élevée.

 

Mêlant OGM et nucléaire, le commentaire - dit par l'acteur Philippe Torreton - parle même d'une "troisième guerre mondiale sacrifiant l'homme, l'animal et le végétal". Selon le réalisateur, plusieurs acteurs pro-OGM ont refusé de lui répondre.

"De toute façon, je ne suis pas un journaliste, je suis cinéaste et je revendique une subjectivité", explique Jean-Paul Jaud. Si l'homme refuse l'étiquette de militant, il revendique celle de "cinéaste citoyen".

 

 Source AFP. 21 sept.2012

 

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Des rats présentant des tumeurs de la taille de balles de ping-pong, des lésions du foie et des reins beaucoup plus nombreuses, une mortalité multipliée par deux ou par trois chez les femelles : les conclusions de la récente étude française sur la toxicité du maïs OGM NK 603 de la firme américaine Monsanto ont fait l'effet d'une bombe. Car, bien que leur culture soit interdite en France, l'importation d'OGM, pour nourrir les animaux ou bien encore incorporés dans des préparations alimentaires destinées aux consommateurs lambda - consultez la liste diffusée sur le site du ministère de l'Agriculture -, est une réalité.

 

USA Etats-Unis aigle rapace

 

 

 

 

Sans compter qu'ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis, ceux-ci sont encore bien plus présents dans l'alimentation... Mais alors cette étude est-elle crédible, solide ou contestable ? Faut-il prendre peur ? Difficile à dire, car une simple lecture des données diffusées cette semaine, y compris par un spécialiste, ne peut suffire à se faire une idée ferme et définitive sur la question. Il est d'ailleurs important de rappeler que, pour être probant, ce type d'enquête scientifique doit être reproductible (et donc reproduit) pour être validé.

 

 

Manque de données globales

 

Toutefois, en seulement 48 heures, un certain nombre de critiques ont déjà été émises par des spécialistes des quatre coins du monde. Certaines sont récurrentes. Outre le fait qu'une toxicité aussi spectaculaire ait pu échapper à toutes les études précédentes, la première interrogation porte sur un manque global de données permettant d'apprécier le protocole de cette étude, plus particulièrement quant à la diète suivie par les rats en dehors de l'OGM testé.

À titre d'exemple, certains champignons qui se développent sur le maïs peuvent notamment être impliqués dans le développement de tumeurs cancéreuses chez ces animaux. La seconde critique vise le type de rats sélectionnés pour ces travaux. Répondant au nom de Sprague Dowley, celui-ci aurait une prédisposition à développer des tumeurs surtout lorsque sa prise alimentaire est trop importante. D'où les questions relatives à la composition précise de la diète de ces rongeurs. De plus, si le nombre de 200 rats peut paraître à première vue satisfaisant pour ce type d'étude, dans le détail, les chercheurs ont réalisé 9 groupes de 20 individus (alimentés avec ou sans maïs OGM dans des proportions allant de 11 à 33 %, mais aussi avec ou sans herbicide Roundup) plus un groupe témoin de 20 individus également. Un nombre jugé insuffisant. Enfin, les résultats ne montrent pas de différences majeures en fonction de la dose administrée, ce qui intrigue les toxicologues.

 

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Il faudra toutefois attendre des analyses plus poussées du dossier pour y voir plus clair. Et le mérite de cette étude, publiée dans la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology, est peut-être justement de contraindre les autorités sanitaires à pousser plus loin les travaux sur la toxicité des OGM.

L'Agence française de sécurité sanitaire et le Haut Conseil des biotechnologies, mandaté dès ce mercredi par le gouvernement, devront rendre un avis sur ces résultats. Au plus vite, mais cela prendra sans doute du temps, n'en déplaise aux politiques... De même, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), saisie par Bruxelles, va devoir se prononcer et souhaite, dans la mesure du possible, y parvenir avant la fin de l'année.

Mais les choses commencent mal, car l'auteur principal de l'étude, le professeur de biologie moléculaire Gilles-Éric Séralini de l'université de Caen, à la fois spécialiste et détracteur des OGM, pointe des conflits d'intérêts au sein de l'institution et la juge incompétente pour mener la contre-expertise...


Par Chloé Durand-Parenti;20 sept.2012

 

 

Aux champs...

 

Je me penche attendri sur les bois et les eaux,

Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;

J’ai la pitié sacrée et profonde des choses ;

J’empêche les enfants de maltraiter les roses ;

Je dis : N’effarez point la plante et l’animal ;

Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.

Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles éblouies,

Rayonnent au milieu des fleurs épanouies ;

J’erre, sans le troubler, dans tout ce paradis ;

Je les entends chanter, je songe, et je me dis

Qu’ils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages,

Au bruit sombre que font en se tournant les pages

Du mystérieux livre où le sort est écrit,

Et qu’ils sont loin du prêtre et près de Jésus-Christ.

 

Victor Hugo

 

 

France Pierre & Gilles Le jardinier

"Le Bio Jardinier"

Photo Pierre& Gilles

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:19

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Le grand réalisateur Pierre Granier-Deferre nous fait revivre les derniers jours de l'infortunée reine de France, Marie-Antoinette (magnifiquement interprétée par Ute Lemper) qui fut guillotinée au petit matin du  16 octobre 1793, et son corps jeté à la fosse commune...

 

 

 

 

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 Marie-Antoinette de Lorraine d'Autriche, celle qui était encore un an auparavant reine de France, est enfermée à la prison de la Conciergerie, dans la plus lugubre des cellules. Nulle n'a été aussi adulée, encensée, adorée. Au Palais de Versailles, six mille personnes la servaient comme une idole. Pour la République de1793, elle n'est plus que la veuve Capet, qui vit ses derniers jours. Une agonie qui est aussi un calvaire.

 

 

Marie_Antoinette-kucharski-1792.jpgMarie-Antoinette peinte par Kucharski; 1792.

 

La reine Marie-Antoinette (1755-1793) est guillotinée le 16 octobre 1793, dix mois après son mari, Louis XVI.

 

Le procès du roi et sa condamnation à mort pouvaient se justifier par la volonté des républicains d'en finir avec le principe monarchique qu'il incarnait et de briser le lien affectif qui rattachait la masse des Français à la dynastie.

 

Le procès expéditif de la reine (38 ans) n'est quant à lui justifié par aucune raison politique mais il est provoqué par une intensification de la Terreur, sous l'effet d'attaques tant extérieures qu'intérieures contre le pouvoir parisien.

 

 

 

Une reine mal-aimée:

 

Le 1er août, Bertrand Barère, député à la Convention et porte-parole du Comité de Salut public, fait voter un décret qui met en jugement la reine déchue en même temps qu'il programme la destruction de tous les symboles de la royauté.

 

La reine Marie-Antoinette est le quinzième et avant-dernier enfant de l'impératrice d'Allemagne, Marie-Thérèse de Habsbourg, et de son mari, François de Lorraine. Elle a été mariée au Dauphin Louis à 14 ans, en 1770, le roi Louis XV ayant souhaité rapprocher les deux grandes puissances rivales du continent européen, l'Autriche et la France.

 

M.Antoinette book

 

Mais le mariage a été d'emblée critiqué par l'opinion publique. Celle-ci, sous la monarchie comme, plus tard, sous la République, a toujours rejeté la perspective d'une alliance avec Vienne, lui préférant l'amitié du roi de Prusse.

 

Pendant toute la durée de son règne, Marie-Antoinette est surnommée avec dédain l'«Autrichienne» (rien à voir avec Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII). Elle doit faire face à l'impopularité et aux ragots. Sa réputation est atteinte par des affaires auxquelles elle n'a aucune part comme le vol d'un collier de diamants auquel Alexandre Dumas a consacré un roman célèbre : Le collier de la Reine.

 

Mal aimée de son mari, Marie-Antoinette éveille la passion d'un beau Suédois, Axel de Fersen. Celui-ci, au début de la Révolution, fait son possible pour aider le couple royal à quitter la France. Mais la fuite échoue piteusement au relais de poste de Varennes, dans l'Argonne, le 20 juin 1791.

 

M.Antoinette with 2 children

 

 

 

Infâmes accusations:

 

 Marie-Antoinette à son procès, croquis d'audience Après la chute de la monarchie, le 10 août 1792, Marie-Antoinette est jetée en prison avec son mari, sa belle-soeur, Madame Élisabeth, et ses deux enfants, le Dauphin Louis et sa jeune soeur Marie-Thérèse, surnommée «Charlotte» et plus tard «Madame Royale».

 

La famille royale est enfermée dans l'enclos du Temple, une ancienne demeure des Templiers située à l'emplacement de l'actuelle mairie du 3e arrondissement de Paris.

 

Peu après l'exécution du roi, le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette a la douleur d'être séparée de son fils, le petit Louis XVII (8 ans), qui est confié à un cordonnier, le citoyen Simon, pour être élevé en domestique et en sans-culotte (il mourra deux ans après dans des conditions sordides).

 

Prodigue et légère du temps de sa splendeur, Marie-Antoinette témoigne de courage et de fermeté devant le Tribunal révolutionnaire de Billaud-Varenne. Elle fait face avec dignité à d'infâmes accusations d'inceste sur la personne de son fils, présentées par le substitut du procureur général, le polémiste et jacobin Jacques Hébert.

 

Robespierre lui-même déplore la tournure du procès qui affecte l'image de la Révolution...

 

 

Marie Antoinette habillée en dame paysanne2

 

Après la déposition d'Hébert, le président Hermann interpelle l'accusée : «Qu'avez-vous à répondre à la déposition du témoin ?» D'une voix tremblante, elle répond : «Je n'ai aucune connaissance des faits dont parle Hébert».

Hébert reprend la parole et accuse la reine et Madame Elisabeth d'avoir traité l'enfant en roi en lui donnant en toutes occasions la préséance. Marie-Antoinette se tourne vers Hébert et demande : «L'avez-vous vu ?»

Hébert : «Je ne l'ai point vu, mais la Municipalité le certifiera», puis il coupe court à l'aparté et, changeant de sujet, il se lance sur une autre affaire.

Un juré dont on n'a pas le nom se lève et demande : «Citoyen-Président, je vous invite à vouloir bien faire observer à l'accusée qu'elle n'a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert à l'égard de ce qui s'est passé entre elle et son fils». Le président répète la question et la reine se lève - «vivement émue» affirme le procès verbal - : «Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à une pareille inculpation faite à une mère». Elle se tourne vers la foule : «J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici».

 

 

 

 

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« C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois ; je viens d'être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra21, recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. »

Marie-AntoinetteSignature-copie-1.png

 

1793

 

Deux témoins, les frères Humbert, rapportent qu'un courant passe dans la foule, même les tricoteuses se sentent remuées. L'audience est suspendue quelques minutes et la reine, se penchant vers son avocat Chauveau-Lagarde, lui demande à voix basse : «N'ai-je pas mis trop de dignité dans ma réponse ?»

– Madame, soyez vous-même et vous serez toujours bien ; mais pourquoi cette question ?

– C'est que j'ai entendu une femme du peuple dire à sa voisine : vois-tu comme elle est fière !

 

La belle-soeur de la reine, Madame Élisabeth (29 ans), est à son tour guillotinée le 10 mai 1794. Marie-Thérèse («Charlotte») a plus de chance. Elle fait l'objet d'un échange contre des prisonniers français et quitte la France pour l'Autriche le 19 décembre 1795, le jour de ses 17 ans. Elle mourra en 1851 dans son pays d'adoption.

 

Le 21 janvier 1815, les restes de la reine Marie-Antoinette seront transférés avec ceux de Louis XVI dans la basilique Saint-Denis, traditionnelle nécropole des rois de France.

 

 

Fabienne Manière in Hérodote.fr

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 17:07

 

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Dans le sud de la France, Marc, marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il pense reconnaître Cathy, l'amour de ses 12 ans dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. Après une nuit d'amour, la jeune femme disparaît.

Au fil des jours un doute s'empare de Marc : qui est vraiment celle qui prétend s'appeler Cathy ? Une enquête commence.

 

 

 

 

 

 


Marc (formidable et touchant Jean Dujardin) est agent immobilier dans le sud de la France. Marié, père de famille, il travaille dans l'agence de son beau-père et pense mener une existence agréable, sans nuages.

Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage fait ressurgir tout un pan de son passé. En elle, il croit reconnaître Cathy, le grand amour de ses 12 ans, là-bas, en Algérie.

Refoulés au plus profond de lui, ses souvenirs refont surface...

Des frôlements de mains, des rires complices et des balades sur le balcon d'un immeuble d'Oran donnant sur la mer. La violence de la fin de la guerre d'indépendance avait enterré ces instants précieux.

 

Déstabilisé, amoureux fou dont la vie bascule, Marc tente d'y voir plus clair, d'autant qu'après une nuit d'amour avec la belle inconnue, celle-ci disparaît. Quel est ce mystère ? Cathy est-elle celle qu'elle prétend être ? Les proches de Marc affirment que la petite fille est morte lors d'une explosion.

En se servant de la trame classique du thriller à la Hitchcock (on pense notamment à Vertigo pour la recherche obsessionnelle de la blonde/brune Kim Novak), Nicole Garcia orchestre un somptueux suspense romanesque, autour d'une vamp mystérieuse emportée par les événements de la guerre d'Algérie.

Finalement, le balcon sur la mer est celui qui permet à Marc d'observer son passé, le ressac d'une mémoire douloureuse et d'un amour enfoui sous l'écume des jours.

 

Olivier Lacroix, in Figaroscope du 14/12/2010.

 

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Défragmentation de la mémoire: c'est plus douloureux que sur votre PC...

 

 

 

 

 

Marc Palestro a la réputation d'être un gendre idéal. Son beau-père l'a enrôlé dans son agence immobilière, il travaille avec intégrité, les affaires marchent. Apparemment, il est heureux. Trompeuse quiétude. Passif, il est pensif. "C'est la ouate", chante Caroline Loeb à la radio. Marc Palestro a du coton dans la tête, jusqu'au jour où l'apparition d'une acheteuse, lors de la vente d'une maison, le bouleverse. Il a reconnu en elle l'amour de ses 12 ans, la jeune Cathy, voisine dont il fut arraché à la fin de la guerre d'indépendance algérienne.

 

Nicole Garcia est adepte des intrigues à plusieurs fils. Celles d'Un balcon sur la mer mixent des lieux liés à des souvenirs, convoquent des hommes mélancoliques, font surgir des petites filles détentrices de secrets. Oran, le rapatrié d'Algérie d'origine espagnole, la petite Marie-Jeanne qui s'est mise à faire du théâtre... autant de flash-backs qui viennent troubler la conscience du personnage principal, mais qui s'affichent aussi comme indices intimes d'une réalisatrice n'ayant encore jamais évoqué son enfance de l'autre côté de la Méditerranée et les blessures engrangées là-bas.

 

Ce film est un thriller sentimental, l'histoire d'un homme arraché à ses deux passions de jeunesse : un pays (l'Algérie), une gamine (Cathy). Hanté par l'atmosphère hitchcockienne qui planait déjà sur Place Vendôme (1998), le film entrelace le maelström d'émotions et la ténébreuse enquête. Par quoi ce Palestro perdu (magistral Jean Dujardin) et cette énigmatique Marie-Jeanne sont-ils enchaînés ? Nous ne le dirons pas. Mais la réussite du film tient en partie à ce dosage subtil de réminiscences et de trafics de sentiments, sur fond de magouilles, offenses, revanche, d'apparition de femme fatale.

 

Du Fils préféré (1994) à L'Adversaire (2001), on voit bien la cohérence de cette filmographie vouée à l'exhumation de fêlures, d'hommes fragiles dont le traumatisme ressurgit.

Nicole Garcia orchestre de tragiques délivrances.

 

Le goût de l'enfance, infini, reste brûlant chez lui, comme chez la jeune femme qui n'est ni tout à fait Cathy ni tout à fait une autre. Les hommes ont le dos courbé sous le poids de deuils informulés chez Garcia, les femmes sont en perdition, otages de fraudes financières, prête-noms, appâtées par l'argent facile (Nathalie Baye dans Un week-end sur deux, 1990, Catherine Deneuve dans Place Vendôme). Les premiers restent captifs de leur fantasme, les secondes trouvent leur salut dans l'imaginaire.

Jean-Luc Douin, in Le Monde; 14/12/2010.

 

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Nicole Garcia signe un film sur la quête d'identité et la quête amoureuse.

En effet, la recherche de soi et de l'autre y sont concomitantes. Marie-Jeanne renvoie à Marc des images de son passé et veut en même temps être prise pour ce qu'elle est réellement. Elle s'oublie dans le mensonge, malgré elle. C'est ainsi que la réalisatrice choisit à la fois de les réunir et de les séparer aussitôt: "C’est peut-être la première fois que je me laisse entraîner à la tentation du couple, même si l’homme et la femme ne sont pas dans le même plan durant plus de la moitié du film !

Comme si je m’étais, pour les filmer, inconsciemment fixée cette condition : les séparer à tout prix…", confie-t-elle.


Retour dans le passé...

 

 


 

 


 

 


 

Un balcon sur la mer est le premier film de Nicole Garcia à se passer, en partie, à Oran, sa ville natale. Le choix s'est donc porté assez vite sur l'Algérie, d'autant plus que le scénariste est aussi né là-bas.

La réalisatrice était pourtant réticente, avouant avoir développé un "rapport intranquille" à son enfance. Tourner dans le pays n'a donc pas été si facile. C'est cette résistance qu'elle a su mettre à profit dans le film, chaque personnage dévoilant son rapport ambigu à l'enfance et à la naissance:

"Marc Palestro a refoulé son enfance, pour des raisons personnelles et historiques. Il a oublié la fille du droguiste comme il a oublié le lynchage d’un algérien, événement que lui rappelle Marie-Jeanne au début du film." rapporte la réalisatrice.

Foulant le pavé de la ville algérienne, Jean Dujardin avoue s'être laissé emporter par l'émotion:

"J’ai éprouvé, d’un coup, le retour de l’exil, et les larmes sont venues naturellement. Ce n’était plus seulement l’enfance de Marc, de Nicole, c’était aussi la mienne, celle de tout le monde, quand on la sait à jamais perdue."


Les blessures de l'Algérie comme toile de fond:

 

Nicole Garcia explique qu'à l'origine du film, il y a une mésentente entre un homme et une femme. Marc n'a pas voulu voir Marie-Jeanne dans son enfance, elle est restée tapie dans l'ombre et voilà qu'elle réapparaît avec toute sa susceptibilité.

L'histoire politique vient corroborer la difficulté pour cet homme d'assumer son identité. La Guerre d'Algérie est donc présente mais en arrière plan. Les flashbacks permettent de re-situer l'intrigue dans ce contexte troublé, la réalisatrice explique:

"L’histoire étant vécue à hauteur d’enfants, il n’y avait pas de place pour le commentaire directement politique. L’action des factions, la guerre civile, les terroristes devaient être montrés sans analyse, dans un quotidien immédiat."

 

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Évidemment connu pour ses comédies et ses rôles humoristiques, Jean Dujardin s'oriente vers un autre registre du Convoyeur (2003) au Bruit des glaçons (Bertrand Blier), en passant par Contre-enquête de Franck Mancuso (2007) dans lequel il interprète un policier et un père à la dérive après l'assassinat de sa fille.

Le choix de Nicole Garcia s'est porté sur lui car elle sentait que sa personnalité sur le fil était à exploiter:

"Je le connaissais comme tout le monde le connaît, comme un acteur de comédie, mais j’ai senti qu’il y avait en lui des zones d’ombre et une mélancolie qu’il était prêt à offrir à un personnage."

 

La femme dans les films de Nicole Garcia

 

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Selon Jacques Fieschi, le scénariste d'Un balcon sur la mer:

"Dans les films de Nicole Garcia, apparaît toujours une figure de femme bousculée, en perdition (...) Nicole n’a pas de discours à proprement parler féministe, mais il y a ce désir que les femmes arrivent à vaincre les humiliations que leur ont fait subir les hommes. Les films sont là pour les délivrer."

Pourtant, dans ce film, les femmes en prennent aussi pour leur grade: Marie-Jeanne manipule Marc en se faisant passer pour Cathy, et l'entraîne ainsi dans ses troubles.


Marc Palestro par Jean Dujardin

 

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Le rôle de Marc a été une véritable révélation pour Jean Dujardin. Outre le fait qu'il ait dû composer avec un personnage faussement banal, il estime avoir appris beaucoup de choses sur la situation des français d'Algérie:

"A la fin du film, je me sentais l’un des leurs. C’est la force de l’acteur, non ? Ils m’ont aidé à mieux comprendre ce garçon à qui ses parents ont dit à 13 ans qu’il allait devoir tout quitter, et recommencer une vie bien réglée, ailleurs.".

La présence chaleureuse et empathique de Nicole Garcia n'y a pas été pour rien:

"Elle cherche la fragilité nichée au fond de l’être humain. Ce qui m’a intrigué dans notre travail, c’est que Nicole n’oublie jamais sur un plateau l’actrice qu’elle est (...) Elle vous accompagne d’une manière qui fait viscéralement corps avec le film", confie l'acteur.


Marie-Jeanne par Marie-Josée

 

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Métamorphosée en blonde platine, Marie-Josée Croze change de registre dans ce film en interprétant une femme mystérieuse et manipulatrice, un peu malgré elle, selon l'actrice:

"Marie-Jeanne a un problème avec l’estime d’elle-même (...) L’amour propre est quelque chose qui se construit depuis l’enfance, c’est un long travail. Et celui qui n’en a pas, a des comportements autodestructeurs".

Elles ont créé, à quatre mains, avec Nicole Garcia, la créature Cathy/Marie-Jeanne:

"On a créé ensemble ce blond platine, ces tailleurs ajustés, cette démarche ralentie, ce déguisement de femme de paille.".

Pour autant l'actrice considère qu'il serait faux de parler d'une femme aux visages multiples alors qu'elle est seulement perdue et se pare d'apparences au moment où elle rencontre Marc.

Finalement Marie-Jeanne se rapproche d'une actrice se jouant d'elle-même.

 

carte Algerie

 

 

 

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oran 1962-52231

 

 

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Alger Rade Alger 1850
Alger isly place-copie-1
L'Algérie moderne est une création de la France:
Alger, place d'Isly au début des
années 50.
Alger 1950-copie-1
Alger
Alger laferriere
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Oran, 1959: dans trois ans, ce petit bout de paradis sur la terre d'Algérie, bâti en à peine cinquante années, se transformera en enfer...
oran Hôtel de Ville construit en 1886


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Oran Bd du Lycée
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Dans les flammes, les exactions et les sangs mêlés s’achève l’aventure impériale de la France outre-mer.

 

France Exposition coloniale de Paris - 1931 1

 

Par Benjamin Stora [Le Monde, 27 août 1992]

 

Évoquant Oran dans le préambule de la Peste, Albert Camus écrivait :

" Une manière commode de faire la connaissance d’une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt. Dans notre petite ville (est-ce l’effet du climat ?), tout cela se fait ensemble, du même air frénétique et absent. Mais, ce qui est original, c’est la difficulté qu’on peut y trouver à mourir ! "

 

 

 

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Oran, lundi 25 juin 1962, les réservoirs en feu de la BP (©J.P. Biot/Paris-Match)

 

 

 

 

Fin juin 1962 : Oran est devenue cette ville de la peste que Camus décrivait. Les ordures s’amoncellent au milieu de la rue. Les téléphones sont coupés. Les magasins éventrés vomissent leurs débris sur le trottoir par-dessus les chats crevés. Les petites rues en pente, vidées de leurs habitants, dégagent une puanteur sans nom.

Le lundi 25 juin, à 17 h 45, c’est l’apocalypse dans le ciel de la ville. Les réservoirs à mazout de la British Petroleum ont été plastiqués, et 50 millions de litres de carburants brûlent. Vision dantesque de flammes qui montent souvent à plus de 150 mètres. Dans certains quartiers, il fait presque nuit, et cette " éclipse " dure deux jours. Des pompiers, aidés de fusiliers marins de Mers-el-Kébir, tentent de maîtriser l’incendie, tandis que les derniers desperados de l’OAS (Organisation de l’armée secrète) essaient, en tirant à la mitrailleuse sur les réservoirs voisins, d’étendre le désastre.


Pourquoi est-ce à Oran que les derniers mois de l’Algérie française et les premiers jours de l’Algérie indépendante ont été les plus meurtriers, les plus terribles ?

 

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Oran est la première ville d’Algérie où la population européenne dépasse en nombre la population musulmane.


En 1961, les statistiques donnent, en gros, 400 000 habitants, dont 220 000 Européens et 180 000 musulmans. Cette proportion explique la particulière acuité du conflit dans cette deuxième cité de l’Algérie. Tout au long d’une histoire coloniale commencée en 1830, les mariages avaient brassé les descendants des communautés originelles métropolitaines, ibériques et italiennes ; venaient s’y ajouter quelques gouttes de sang grec ou maltais.

Mais la plupart des Européens étaient des descendants d’émigrés espagnols qui, au milieu du siècle dernier, avaient fui la misère de leur pays. La proximité de l’Espagne facilite cette arrivée massive (par temps clair, du haut de la rade de Mers-el-Kébir, il est possible d’apercevoir à l’horizon le sommet de la cordillère du cap de Gata). En 1931, on estime la population oranaise originaire d’Espagne à 65 % du total des Européens, 41 % étant déjà naturalisés. Cette influence espagnole se voit par le sens ibérique de l’hospitalité et par une religiosité puissante. Depuis 1849, l’église Notre-Dame-de-Santa-Cruz est la patronne qui veille sur la ville, le port, le rivage. Le catholicisme devient un puissant instrument de référence identitaire, face à des Algériens musulmans de plus en plus minoritaires et marginalisés.

Les juifs d’Oran, naturalisés par le décret Crémieux de 1870 et victimes de violentes campagnes antisémites dans les années 1890, se groupent sur le plateau ouest de Karguentah. Et les " Arabes ", comme on appelait à l’époque les Algériens musulmans, sont au sud de ce même plateau, dans ce qui est resté longtemps le " village nègre ", avant de devenir la " ville nouvelle ".

 

 

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Comme la guerre de conquête coloniale s'effectue toujours par des armées régulières mais en marge des Lois de la Guerre  par la pratique de méthodes terroristes, en toute logique,la guerre de décolonisation et d'indépendance applique les dures règles du terrorisme et de la responsabilité collective...

 

 


 

Dans cette guerre d’Algérie qui dure déjà depuis sept ans, il semble impensable à la majorité de la population européenne de quitter Oran, de concevoir une indépendance sous l’égide du FLN.

 

Certains hommes politiques français, au moment des négociations avec les indépendantistes algériens en 1961, avaient même envisagé la partition, avec Oran pour capitale, d’une nouvelle Algérie française... Pour les commandos de l’Organisation Armée Secrète(OAS), dirigés dans l’Oranie par le général Jouhaud (1905-1995) et par son adjoint le commandant Camelin, cette idée n’existe plus au début de l’année 1962. Le moment est à la radicalité extrême.

Avec retard sur Alger, mais avec les mêmes moyens, l’OAS d’Oran se lance aussi dans le terrorisme, les coups de main spectaculaires, les hold-up dans des banques ou dans des entreprises pour se procurer des fonds, les expéditions sanglantes contre des Algériens musulmans. Ainsi, le 13 janvier 1962, six hommes de l’OAS, déguisés en gendarmes, se présentent à la prison d’Oran, où ils se font remettre trois militants du FLN condamnés à mort. Ils les exécutent quelques instants après. Le lendemain, quatre autres prisonniers du FLN s’évadent. L’OAS leur donne la chasse, les retrouve, les exécute.

 

L’organisation activiste développe des émissions de radio pirate, publie un faux numéro de l’Echo d’Oran, le 6 février, tiré à vingt mille exemplaires, condamnant la "politique d’abandon de de Gaulle ".

 

Le 19 mars 1962, à midi, au moment où le général Ailleret, commandant en chef en Algérie, ordonne l’arrêt des combats, une émission pirate de l’OAS fait entendre la voix de Raoul Salan (1899-1984), qui, avec véhémence, condamne le cessez-le-feu et les accords d’Evian, puis donne l’ordre de " harcèlement contre les forces ennemies ".

Le 20 mars, un détachement de l’OAS tire au mortier sur la casbah d’Alger : 24 morts et 60 blessés, tous Algériens. Le même jour, fusillades à Oran : 10 morts et 16 blessés. Le 26 mars, l’armée, débordée, tire sur une foule d’Européens à Alger. On relève 46 morts et 200 blessés rue d’Isly. Pendant qu’Alger connaît ces heures sanglantes, Oran est frappée de stupeur : le général Jouhaud et son adjoint Camelin sont arrêtés.

 


 

Le 28 mars, Abderrahmane Farès (1911-1991), président de l’"exécutif provisoire" mis en place après Evian, s’installe avec son équipe à la cité administrative de Rocher-Noir. Le 8 avril, un vote massif au référendum organisé par l’Elysée (90,7 % des suffrages exprimés, 24,4 % des électeurs n’ont pas participé au vote) donne au président de la République la capacité juridique " d’établir des accords et de prendre des mesures au sujet de l’Algérie, sur la base des déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 ".

Loin d’apaiser, les résultats de ce référendum poussent le commandement de l’OAS dans une folle escalade : la politique de la terre brûlée.

 

Le 24 avril au matin, à Oran, l’OAS s’attaque à une clinique, celle du docteur Jean-Marie Larribère, militant communiste très connu dans la ville. Deux femmes, dont l’une venait d’accoucher, échappent à la destruction complète de l’immeuble. Les plastiquages, les mitraillages, prennent une cadence infernale. Des gendarmes mobiles sont agressés, des blindés ripostent au canon de 20 mm et 37 mm. Les coups partent au hasard, contre des immeubles habités par des Européens. Des avions se mettent de la partie, avec leurs mitrailleuses lourdes.

Le 23 avril 1962, le conseil de l’ordre des avocats d’Oran publie un communiqué dénonçant " ces attaques contre une population civile qui seraient, en temps de guerre, contraires à la Convention de La Haye [...]. En temps de paix, et entre Français, elles dépassent l’imagination. "

 

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Attentat OAS; Alger, 26 avril 62.

 

 

 

 

 

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En dépit des consignes de l’OAS, qui interdit le départ des Européens (avec surveillance des agences de voyages), l’exode commence vers la métropole.

Le 15 avril, le Chanzy débarque un premier contingent de "rapatriés" venant d’Oran. Les attentats de l’OAS ne cessent pas. On pourrait même dire que le terrorisme croît en violence : assassinats individuels de musulmans, chasses à l’homme, plastiquages, tirs de mortier.

 

A la fin du mois d’avril, une voiture piégée explose dans un marché, très fréquenté par les Algériens en ce moment de ramadan. C’est une première du genre (le 2 mai, le même procédé _ une voiture piégée qui explose dans le port d’Alger _ fait 62 morts et 110 blessés, tous musulmans). En mai, à Oran, quotidiennement, de 10 à 50 Algériens sont abattus par l’OAS.

La férocité est telle que ceux qui habitent encore des quartiers européens les quittent en hâte. Chacun se barricade, se protège comme il peut. Certains musulmans quittent Oran pour rejoindre leurs familles dans les villages ou les villes n’ayant pas une forte population européenne. D’autres s’organisent en une sorte d’autonomie dans l’enclave musulmane. Des commissaires politiques du FLN font surface, une vie s’organise (approvisionnement, ramassage des ordures...). Mais, dans ce cycle infernal qui continue, avec les rafales d’armes automatiques résonnant çà et là, jour et nuit, que va-t-il advenir de la population européenne ? Surtout quand les troupes de l’ALN pénétreront dans la ville après la proclamation de l’indépendance ?

Les dirigeants du FLN ont de plus en plus de mal à retenir une population musulmane exaspérée, et qui veut riposter. Les responsables de l’OAS encore en liberté savent pourtant que la partie est perdue. L’armée française n’a pas basculé en leur faveur, le moral est au plus bas après les arrestations de Salan, Jouhaud, Degueldre et l’échec d’un maquis de l’OAS dans l’Ouarsenis. Aucun espoir, non plus, à attendre de l’étranger. Et puis il y a cet exode, cette hémorragie qui se poursuit.

Chaque jour, à partir de fin mai, ceux que l’on appellera plus tard les " pieds-noirs " sont de 8 000 à 10 000 à quitter l’Algérie, emportant hâtivement avec eux ce qu’ils ont de plus précieux.

 

Algérie Départ Pieds noirs 1962Les voilà les damnés de la terre d'Algérie qu'ils ont embellie, fait fructifier comme un jardin d'Eden.

Abandonnés et trahis par un gouvernement qui avait le devoir de les protéger, accusés de tous les maux, de tous les crimes, ils  sont devenus en quelques semaines  des parias.

Ils fuient les massacres, les enlèvements, les tortures, les viols. Ils ont tout vendu à la hâte, à vil prix,à des familles musulmanes qui "récupèrent" villas, appartements,meubles, voitures,bijoux, postes radio et télévisions.

 


 

Le 7 juin 1962 est un des points culminants de la politique de la terre brûlée. Les commandos Delta de l’OAS incendient la bibliothèque d’Alger et livrent aux flammes ses soixante mille volumes. A Oran, c’est la mairie, la bibliothèque municipale et quatre écoles qui sont détruites à l’explosif. Plus que jamais, la ville, où règne une anarchie totale, est coupée en deux : plus un Algérien ne circule dans la ville européenne. La décision de Paris d’ouvrir la frontière aux combattants de l’ALN stationnés au Maroc provoque une panique supplémentaire chez les Européens. Dans un fantastique désordre, l’Algérie se vide de ses cadres, de ses techniciens. Inquiet de la paralysie générale qui menace le pays, Abderrahmane Farès, par l’intermédiaire de Jacques Chevallier, ancien député et maire d’Alger, décide de négocier avec l’OAS.

 

L’accord signé le 18 juin par Jean-Jacques Susini, au nom de l’OAS, avec le FLN, est rejeté à Oran. Les 25 et 26 juin, dans la ville recouverte par la fumée des incendies, les commandos de l’OAS attaquent et dévalisent six banques. En fait, il s’agit de préparer la fuite, après l’annonce du colonel Dufour, ancien chef du 1 REP et responsable de l’organisation pour l’Oranie, de déposer les armes. Sur des chalutiers lourdement chargés d’armes (et d’argent), les derniers commandos de l’OAS prennent le chemin de l’exil. Pendant ce temps, le départ des Européens d’Oran a pris l’ampleur d’une marée humaine. Des milliers de personnes, désemparées, hébétées, attendent le bateau dans le plus grand dénuement. Il faut fuir au plus vite ce pays, auquel ils resteront attachés de toutes leurs fibres, transformé en enfer.

 

Le 1er juillet 1962, la population algérienne vote en masse l’indépendance de l’Algérie. Le " oui " obtient 91,23 % par rapport aux inscrits, et 99,72 % par rapport aux votants.

Le 3 juillet, jour où l’indépendance est officiellement proclamée, sept katibas de l’ALN défilent à Oran, boulevard Herriot, devant une foule énorme. Les Algériens déploient leur drapeau d’une Algérie nouvelle, vert et blanc, frappé d’un croissant rouge, manifestent leur joie avec des cortèges scandés par les youyous des femmes, des chants, des danses. Le capitaine Bakhti, chef de la zone autonome d’Oran, s’adresse aux Européens dans une allocution en français : " Vous pourrez vivre avec nous autant que vous voudrez et avec toutes les garanties accordées par le GPRA. L’ALN est présente à Oran. Il n’est pas question d’égorgements. " Est-ce, avec la fin officielle de la guerre, l’arrêt, enfin, des flots de sang ? Le 5 juillet 1962, c’est le drame. La foule des quartiers musulmans envahit la ville européenne, vers 11 heures du matin. Des coups de feu éclatent. On ignore les causes de la fusillade. Pour les reporters de Paris-Match présents sur place, " on parle, bien sûr, d’une provocation OAS, mais cela semble peu vraisemblable. Il n’y a plus de commandos, ou presque, parmi des Européens qui sont demeurés à Oran après le 1 juillet, que d’ailleurs on considérait là au moins comme une date aussi fatidique que l’an 40 ". Dans les rues, soudain vides, commence une traque aux Européens.

 

 

de-gaulle-alger4juin1958.jpgAlger, 4 juin 1958:De Gaulle fraîchement nommé président du Conseil d'une IVe République à l'agonie.

"Je vous ai compris!"

 

 

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L'Echo d'Alger; 14 octobre 1958: on abreuve encore  le peuple de grand discours.

 


 

 

 

Sur le boulevard du Front-de-Mer, on aperçoit plusieurs cadavres.

 

Vers le boulevard de l’Industrie, des coups de feu sont tirés sur des conducteurs, dont l’un, touché, s’affaisse au volant tandis que la voiture s’écrase contre un mur. Une Européenne qui sort sur son balcon du boulevard Joseph-Andrieu est abattue. Vers 15 heures, l’intensité de la fusillade augmente encore. A un croc de boucherie, près du cinéma Rex, on peut voir, pendue, une des victimes de ce massacre. Les Français, affolés, se réfugient où ils peuvent, dans les locaux de l’Echo d’Oran, ou s’enfuient vers la base de Mers-el-Kébir, tenue par l’armée française.

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« Aujourd'hui encore je suis accusé d'avoir empêché mes unités d'intervenir dans cette malheureuse affaire. Pas plus qu'après le 5 juillet 1962, Paris n'a jamais fait une mise au point pour rétablir la vérité… Je m'attendais à ce que Pierre Messmer, ministre des Armées, apporte un démenti à ces accusations dénuées de tout fondement. Il n'en fut rien…

J'ai trouvé la raison du silence du ministre des Armées et du gouvernement dans l'ouvrage d'Alain Peyrefitte : C'était de Gaulle, où il rapporte ce qu'avait déclaré le Général25 avec une sombre détermination au conseil des ministres du 24 mai 1962 : “La France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l'ordre après l'autodétermination. Elle aura le devoir d'assister les autorités algériennes, mais ce sera de l'assistance technique. Si les gens s'entre-massacrent, ce sera l'affaire des autorités algériennes26.”

Voilà pourquoi aucun démenti ne fut fait en juillet 1962 car il aurait mis en cause le Général et son gouvernement. » 

 

Pendant ce temps, le général Katz (1907-2001), commandant de la place militaire d’Oran, déjeune à la base aérienne de La Sebia. Averti des événements, il aurait, selon l’historien Claude Paillat, répondu à un officier : " Attendons 17 heures pour aviser. "

Les troupes françaises restent l’arme au pied, le ministère des armées leur ayant interdit de sortir de leur cantonnement. Précisément, à 17 heures, la fusillade se calme. Dans les jours qui suivent, le FLN reprend la situation en main, procède à l’arrestation et à l’exécution d’émeutiers.

 

Le bilan du 5 juillet est lourd. Selon les chiffres donnés par le docteur Mostefa Naït, directeur du centre hospitalier d’Oran, 95 personnes, dont 20 Européens, ont été tuées (13 ont été abattues à coups de couteau). On compte, en outre, 161 blessés. Les Européens racontent des scènes de tortures, de pillages et surtout d’enlèvements. Le 8 mai 1963, le secrétaire d’Etat aux affaires algériennes déclare à l’Assemblée nationale qu’il y avait 3 080 personnes signalées comme enlevées ou disparues, dont 18 ont été retrouvées, 868 libérées et 257 tuées (pour l’ensemble de l’Algérie, mais surtout en Oranie). On ne parlera plus, pendant longtemps, de ces " disparus ".

 

Ici s’arrête la présence française, dans ce " joyau d’Empire " qu’était l’Algérie française.

Le 12 juillet 1962, Ahmed Ben Bella pénètre dans Oran. Une autre bataille commence, celle pour le pouvoir en Algérie. De l’autre côté de la Méditerranée les pieds-noirs n’ont plus qu’une pensée : faire revenir la " protectrice " d’Oran. Notre-Dame-de-Santa-Cruz recevra l’hospitalité dans l’humble église de Courbessac, près de Nîmes.

 

Benjamin Stora

 

 

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Oran5juillet1962.jpgOran, 5juillet 1962.L'avertissement écrit sur la banderole s'avèrera lourde de sens...

 

La version d'un Pied-Noir:

 

"Ni Mauriac, ni Sartre ne s'émurent, ni l'archevêque d'Alger... Aucune des hautes consciences qui font résonner le monde de leurs sermons et tiennent toujours prêtes des pétitions couvertes de signatures, ne vit dans ces massacres la moindre atteinte à la dignité des hommes. Il reste des chiffres partiels, mais qui, même tronqués, entrouvrent d'étranges meurtrières sur ce qui s'est passé en Algérie au cours du printemps et de l'été terribles de 1962". 

 

La nuit tomba sur Oran.


Le couvre-feu le plus pesant de toute l'histoire de cette ville s'abattit sur les Oranais encore assommés par ce qu'ils venaient de vivre. Les quartiers européens n'existaient plus, ils avaient été rayés de la carte. Oran la ville lumière, celle que l’on surnommait « l’Andalousie française », était morte...


A la radio française, le speaker annonça d'une voix calme :

« Quelques incidents se sont produits à Oran » et le journal du jour avait reproduit une déclaration de Ben Khedda (1920-2003) qui, s'adressant aux Européens avait dit : « Nous appliquerons loyalement les accords d'Evian car les Européens ont leur place ici ».


A cet instant, toutes les pensées étaient dirigées vers la ville arabe où étaient retenus des centaines -peut-être des milliers- de Français. Une étrange lueur montait du village nègre en liesse. Quels sacrifices célébrait-on?

Au même moment, un grand gala avec la participation de nombreuses vedettes avait lieu sur la Côte d'Azur. Dans la joie, au son des orchestres, on dansa tard dans la nuit... comme on avait dansé dans l'insouciance à la cour de  Versailles le 10 février 1763, pendant que la France perdait le Canada...


Le lendemain 6 Juillet, Oran se réveilla hébétée. Tous ceux qui avaient pu conserver la vie voulaient partir. Oui, fuir… quitter cette ville au plus vite et cette odeur de sang. Courir sans se retourner, et que tout cela s’efface à jamais, Seigneur Dieu…

Ce brusque retour à la sauvagerie, ces crimes d'une cruauté inconnue qui, en quelques heures, achevèrent de vider la cité, créèrent l'irréparable. Les Oranais se sentaient tellement menacés en ville qu'ils préféraient camper, entassés au port ou à la Sénia (aéroport), sous un soleil de plomb, dans des conditions absolument inhumaines. De jeunes enfants, des vieillards en moururent. Les avions étaient inexistants, les transports maritimes en grève.

Cette ultime brimade sonnait le glas des Oranais. On leur refusait les moyens de sortir de leur enfer ; on leur marchandait l'exode. Jamais! Jamais ils ne devraient oublier!...

 


Ce jour là, le journal « Le Monde » avait titré :

 

« LA CELEBRATION DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE »

 

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Une fusillade éclate à Oran au passage d’une manifestation de Musulmans. La responsabilité de ces incidents entre Européens et Algériens n'a pu être établie. Ce sera vite chose faite.

Tout comme les services officiels d'information, le général Katz laissa supposer que le massacre résultait d'une provocation attribuée à l'OAS. Pourtant un Musulman, le préfet d'Oran, M. Laouari Souiah, officiellement désigné par l'exécutif provisoire ne rejettera nullement la responsabilité sur l'OAS qui, faut-il le rappeler, n'existait plus à cette date. Il proclama à cet effet :

"Les événements de la veille sont le fait d’irresponsables qui seront sévèrement châtiés. »

 

Algérie Oran disparus 1962 juillet

"Rare photo d' Européens arrêtés et menés à l'abattoir.

Oran,5 juillet 62.

Regardez bien cette photo d'une rue d'Oran.

Un groupe d'une quinzaine d'hommes de tous âges et une seule femme. Ce groupe surveillé par un homme armé d'une mitraillette, avance,manifestement contraint. Aucun ne parle. L'angoisse transpire de leur attitude, de leur pas mal assuré, de la position de leurs épaules, de leurs regards...

La femme en robe d'été, environ 35 ans, belle, les traits fins,marche la tête droite, le regard lointain. Elle serre les mâchoires, elle serre les lèvres, elle serre les poings.

On comprend qu'elle est consciente des traitements ignomineux qui l'attendent. Elle veut cacher sa peur, elle veut garder sa dignité jusqu'au bout. Elle ne veut pas donner à ses bourreaux le plaisir de voir sa détresse, son angoisse,ses faiblesses. Elle veut rester digne, quoiqu'il arrive. Voila ce que la photographie laisse supposer de cette femme.

Son attitude incarne le stoïcisme grec, la virtus romaine, la foi des premiers chrétiens. C'est une statue du courage".

Paul G.; Marseille.

 

 

 


Cependant, beaucoup refusaient encore le départ, attendant désespérément le retour d'un mari, d'un enfant, d'un frère disparus depuis la veille. Pour eux c'était l'attente inhumaine, sans nom. L'espoir était bien maigre, mais chacun s'y accrochait. Peut-être l'armée se déciderait-elle "enfin!" à réagir et tenterait une opération de secours... une opération humanitaire pour sauver ces malheureux? Et dans toutes les administrations, aux commissariats, aux gendarmeries, à l'état-major de l'armée française, à la mairie, à la préfecture, les déclarations de disparition s'accumulaient. Des scènes déchirantes avaient lieu ; des mères terrassées par le chagrin et l'angoisse s'effondraient. En quelques heures, des milliers de noms furent enregistrées… mais le général Katz ne s'émut pas pour autant. Pire, au lieu d'ordonner une perquisition générale dans la ville arabe, alors qu'il en avait militairement les moyens, il affirmait que ces disparitions étaient l'œuvre de personnes « ayant quitté Oran dans la journée du 5 Juillet ».


Ainsi donc, des pères, des mères, des enfants s'en seraient allés, séparément, au plus fort de l'émeute, sans prévenir personne, abandonnant leurs familles? De qui se moquait le "boucher d'Oran" ?

Et pour justifier son ignominieuse conduite, il déclara haut et fort que le nombre des disparus était exagéré et que l'OAS avait provoqué les incidents en tirant sur les Arabes...

Et pourtant, il était très facile pour l'armée française de sauver tous ces malheureux. Son effectif s’élevait, pour la seule ville d’Oran, à 18000 hommes qui demeurèrent inertes face à ce massacre. Il est à noter cependant que sur le millier d’officiers présents, moins d’une dizaine (dont le lieutenant Kheliff(1933-2003), d’origine algérienne) refusèrent d’obtempérer aux ordres indignes de la hiérarchie et se portèrent, la plupart du temps avec un effectif réduit limité à une section, au secours d’Européens, leur évitant ainsi une mort atroce.

Par ailleurs, si les gendarmes mobiles -au lieu de se contenter d'investir les quartiers européens- avaient poussé leur progression vers la Ville Nouvelle (quartiers arabes), ils auraient libéré en un rien de temps les centaines, voire les milliers de pauvres gens retenus captifs. Toutes les exécutions n'avaient pas encore eu lieu et ce ne fut que les jours suivants, pour effacer toutes traces, que les victimes furent massacrées et dépecées quand elles ne furent pas acheminées dans des endroits tenus secret pour y être réduites à l'esclavage et à la prostitution.

 

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Eté 62: Tandis qu'en France, les yéyés font danser le twist à toute une jeunesse-née après 42;voici la nouvelle Vague- parisienne et insouciante...

En Algérie,une vague de folie meurtrière s'abat sur les Européens et leurs alliés les plus valeureux et les plus fidèles: les Harkis et leurs familles, lâchement abandonnés à une mort atroce par les autorités françaises qui feignent l'ignorance.

Les assassins utilisent des techniques ancestrales de tortures, resurgies du fond des âges les plus barbares au son des you-you des femmes.

 


 Dans les témoignages qui affluaient de toute part, les autorités militaires notaient qu'il était souvent question du "Petit Lac". Des exécutions en série y avaient lieu.

Le « Petit Lac », était un endroit situé à la périphérie d'Oran, en plein quartier arabe. C'était une grande étendue d'eau salée qui servait de dépotoir clandestin et aux abords duquel aucun Européen ne s'aventurait jamais depuis plus d'un an. Bientôt des camps furent dressés où furent parqués les "disparus", survolés en cela par l'aviation française, ce qui ajoutait à la torture physique des malheureux, la torture morale qui était d'espérer et d'attendre l'intervention de l'armée française.

Pourtant, ils y croyaient fermement car, comble d'ignominie, à proximité de leur univers concentrationnaire, existait un camp militaire français dont la sonnerie du clairon leur parvenait distinctement matin et soir. Que d'horribles, que d'épouvantables hurlements ces militaires français ont-ils du entendre des jours durant, eux qui étaient terrés derrière leurs remparts de barbelés, l'arme au pied, attendant la quille prochaine!...


Mais "la grandeur gaullienne" ne s'abaissa pas à donner les ordres nécessaires pour sauver ces sacrifiés et les cadres de l'armée respectèrent les ordres reçus de ne pas intervenir, abandonnant ceux qui n'étaient plus que des morts en sursis, oubliant que, pour des raisons similaires, on condamna à la fin de la seconde guerre mondiale, les officiers allemands qui ne s'étaient pas opposés aux ordres d’Hitler.

Ils sauvèrent ainsi leur carrière, certes! Plus tard, colonels et généraux, couverts de titres et de médailles usurpés, ils se prélasseront et se féliciteront de leur "bon choix". Mais, où est leur honneur? Que devient une armée sans honneur?


Le samedi 7 Juillet, le journal Le Monde annonçait :

"Une trentaine de personnes tuées au cours des incidents de jeudi". Page 2, dans son développement, l'information passait au conditionnel : « La fusillade d'Oran aurait fait plus de trente morts » et France-Soir, pour sa part, ne parlait que de « nombreux blessés » (!)...

Pourtant à trois reprises sur les ondes de la radio, M. Souiah, le Préfet d'Oran, avait déclaré :

« Nous ne pouvons tolérer de pareils actes criminels à un moment où il est demandé une mobilisation générale de toutes les énergies saines ». Comme la veille, il rejeta la responsabilité de l'émeute sur des éléments provocateurs, mais à aucun moment il ne fit allusion à la défunte OAS.

La rancœur de Katz était sans bornes. Mais le préfet n'en resta pas là. Pour mieux se faire comprendre, il donna l'ordre de désarmement aux éléments incontrôlés, annonçant des mesures très sévères à cet effet. Le coup de grâce était assené au "boucher d'Oran" qui, dit-on, faillit manger son képi.

Le préfet, lui, un chef de la rébellion venait de confirmer devant la presse internationale que les "éléments incontrôlés" n'étaient pas le fait d'irréductibles de l'OAS... alors qu'il lui aurait été facile de le laisser croire à l'opinion. De plus, si la presse française, dans son ensemble (hormis le journal L'Aurore), continuait de mentir sur les événements du 5 Juillet, les Arabes eux-mêmes, pris d'un certain sentiment de culpabilité -et peut-être de honte- se livrèrent à quelques déclarations. C'est ainsi que dans « L'Echo d'Oran » du 9 Juillet, page 6, le Docteur Mustapha Naid, directeur du Centre Hospitalier d'Oran, parlait déjà de 101 morts européens et de 145 blessés, sans compter les disparus. On était encore très loin du compte mais on y venait peu à peu...


Le mardi 10 Juillet sera un jour noir pour le « boucher d'Oran ».

Tous les journalistes présents furent conviés à une conférence de presse du capitaine Bakhti, le responsable de la zone autonome d'Oran. Il s'agissait de faire la lumière sur les récents événements.

Vers dix huit heures, au lycée Ardaillon, le capitaine annonça que tout le monde allait être conduit en un lieu où étaient détenus plus de deux cents bandits responsables des massacres. Cette nouvelle fit sensation. Katz pâlit, il était effectivement sur le point de croquer son képi. Toutefois un espoir subsistait... Bakhti avait parlé de bandits sans indiquer leurs origines. Peut-être s'agissait-il de « désespérados » de l'OAS ?... Peut-être avait-il eu "l'idée" de puiser dans la masse des "disparus" européens ces deux cents bandits que l'on aurait facilement fait passer pour des activistes?...

Quelques minutes plus tard, les journalistes prirent la direction de Pont-albin, un petit village situé à une dizaine de kilomètres d'Oran où étaient installés les détachements de l'ALN. Là, le capitaine Bakhti leur présenta les deux cents meurtriers qui, expliqua t-il, composaient un gang d'assassins de la pire espèce dans les faubourgs du Petit Lac, de Victor Hugo et de Lamur. Ce furent -aux dires de l'officier- eux qui provoquèrent le massacre.

A leur tête, se trouvait un assassin notoire -une bête sanguinaire- : Moueden, dit Attou, connu pour son caractère particulièrement violent et sauvage et sa cruauté qui lui procurait une indicible jouissance.

Bakhti expliqua que lors de son arrestation, ce bandit tenta de résister et fut abattu. De plus, deux tonnes de matériels de guerre, armes et fournitures diverses, furent récupérées ainsi que des quantités d'objets volés aux Européens le 5 Juillet et les jours précédents.

Ce fut là la version officielle reprise en toute bonne foi, sur le moment, aussi bien par les journalistes de la presse internationale, que, plus tard, par d'éminentes personnalités telles que Claude Martin, Marcel Bellier, Michel Pittard qui relatèrent cette tragédie. En outre, cette version officielle fut confirmée -trente ans après- par le général Katz, en personne, dans son recueil d'ignominies et d’infamies : « L'honneur d'un général ».


Pourtant, un premier coup de théâtre sema le trouble parmi ceux qui avaient travaillé sur le sujet.


Le 6 Juillet 1972, le journal « RIVAROL » révélait sous la plume du Docteur Jaques Couniot, que « le dit, Attou, se portait comme un charme et qu'il était même (ça ne s'inventerait pas) employé aux Abattoirs municipaux d'Oran », ajoutant même à l'adresse d'Attou :

« Un homme, vous le voyez, dont la vocation est indéracinable »...

 

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Les choses en seraient restées là s'il n'y avait pas eu, en 2002, la parution d'un ouvrage remarquable intitulé "Fors l'Honneur", qui contait la guérilla OAS à Oran en 1961/62 et dont l'auteur n'était autre que Claude Micheletti, responsable du Renseignement au sein de l'Organisation oranaise.


Second coup de théâtre : P. 215, nous apprenions avec stupéfaction que le sinistre Attou ne pouvait être, le 5 juillet, à la tête des tueurs dès lors qu'il avait été abattu quelques semaines plus tôt par un commando de l'OAS. Faisant preuve d'un scepticisme bien légitime après 40 ans de désinformation, je m’en ouvrais directement à l'auteur qui, avec compréhension, m’apporta les éléments qu'il était le seul à détenir.

De plus, à l'appui de ses explications verbales, il me fit parvenir, pour exploitation, une liasse de documents originaux « top secrets », émanant de sources officielles de l'époque, notamment du FLN/ALN et de la gendarmerie "blanche".

Concernant le triste sire Attou, sa férocité était telle qu’il répandait la terreur au sein même de sa bande de tueurs…

Pour un mot, un geste, un rien, il torturait à mort ses propres coreligionnaires, femmes et enfants inclus, trouvant dans les délices des sévices une jouissance indicible...

L'écho de ces excès ne manqua pas de parvenir aux sphères dirigeantes de la rébellion qui, à maintes reprises, "avertirent" Attou de réfréner sa frénésie hystérique sur la population musulmane. Rien n'y fit! Le sang l’enivrait et le meurtre, chez lui, était profondément enraciné.

 

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Les recommandations -voire, les réprimandes- adressées par la hiérarchie n'ayant aucun effet sur ce tortionnaire, en "désespoir de cause", le FLN décida de "lâcher" Attou en le livrant à la gendarmerie "blanche" française. Cependant, convaincue que ce dernier serait aussitôt libéré s'il était présenté à un juge ; las de rédiger des P.V mortuaires où les sévices du dénommé Attou gagnaient chaque jour en raffinements et ulcérée de constater les connivences dont profitaient les égorgeurs patentés, la gendarmerie informa, le 24 Avril 1962, le 2ème Bureau de l'OAS (Renseignements) dirigé par Claude Micheletti et lui livra l'intéressé. De ce jour, Mouedenne Attou, né le 17 Août 1921 à Thiersville, C.I n FU68038, n'eut jamais plus l'occasion d'exercer ses cruautés...

Par ailleurs, de Pont-Albin où avait été organisée la mascarade, aucun journaliste ne fut convié à se rendre en Ville Nouvelle et au Petit Lac, là précisément où les survivants étaient regroupés avant d'être exterminés...

Ainsi, malgré le grotesque de cette mise en scène qui consista à faire endosser à un mort la responsabilité exclusive du génocide du 5 juillet, avalisée en cela par un général Français, il fut officiellement confirmé qu'aucun Européen ne fut à l'origine de l'émeute sanglante.

Un journaliste demanda au capitaine Bakhti pourquoi le gouvernement français tenait-il tellement à faire rejeter la responsabilité du massacre sur des éléments de l'OAS qui n'existait pourtant plus. L'officier répondit dans un sourire amusé que le gouvernement et ceux qui le servaient –sous entendu, le général Katz- détenaient, seuls, la responsabilité de leurs propos... ce qui fit dire tout haut à un journaliste Pied-Noir, à rencontre de ses confrères :

« Si le 26 Mars, pour la fusillade de la rue d'Isly, vous êtes arrivés à faire croire que c'était l'OAS qui avait ouvert le feu sur la foule... cette fois-ci, c'est râpé »

D'après certaines "mauvaises langues" de l'entourage de Katz, il paraîtrait que le valeureux général n'en dormit point de la nuit...

Le 11 août 1962, l'Echo d'Oran informait ses lecteurs que la décharge du "Petit Lac" allait disparaître :

"Le gouvernement algérien a commencé son œuvre de salubrité. Cela représente quinze hectares d'immondices de cinq mètres de haut. L'odeur qui s'en échappait était devenu insoutenable."

Bien qu’une partie du « Petit Lac » subsiste encore aujourd’hui, ainsi seront murés définitivement les tombes des torturés, des lynchés, des égorgés du Village Nègre du 5 juillet et la trace de cet odieux holocauste à tout jamais effacée.

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Les victimes de cette journée meurtrière avaient été évaluées officiellement à trois mille personnes, disparus inclus, et quand on sait avec quelle parcimonie le gouvernement diffusait ses informations, on tremble à l'idée de ce que pourrait être le véritable bilan de ce génocide. On ne connaîtra jamais le nombre exact des morts, des blessés et des disparus ; la France ne le dira probablement pas... en admettant qu’elle ne le connaisse jamais.

Ces morts, les Français ne les ont guère pleurés. Il est vrai qu'ils ne surent pas grand chose de leur fin tant les organes d'information, et les responsables politiques, heureux d’avoir retrouvé "enfin" la paix, se gardèrent bien d'assombrir les multiples réjouissances. Après tout, il ne s'agissait là que de victimes Pieds-Noirs, de colonialistes et de sueurs de burnous. On leur avait tant répété durant sept ans que la guerre d'Algérie n'était rien d'autre que la révolte des pauvres indigènes opprimés contre les "gros colons", qu'ils ne pouvaient éprouver la moindre compassion à l'égard de ce million de nantis européens. Ils méritaient leur sort, voilà tout!... Et la France, Patrie des droits de l'homme, ferma les yeux et tourna la page.

 

José CASTANO

 

 

Algérie Bouteflika

 

Le visage de l'Algérie algérienne: corruption, chômage, islamisme, pénuries, suicides...

 

Algérie détresse des jeunes

 

...et s'installera finalement en France...


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 08:03

 

 

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Algérie; années 30.

 

Younes, 9 ans, est confié à son oncle, un pharmacien oranais marié à une Française.

Le langage cinématographique d'Arcady n'a pas le même force poétique que le roman de Yasmina Khadra qui a inspiré cette fresque historique: les personnages semblent d'abord réduits à quelqies traits, et les situations surlignées...Mais au fil des séquences, ils prennent chair et leurs sentiments nous touchent.

Du bel ouvrage, à défaut d'être un chef-d'oeuvre...


Pour ma part, je regarde toujours les films évoquant l'Algérie française avec un pincement au coeur, une brûlure. Alors, je me laisse submerger par une immense nostalgie, comme lorsque  l'on se réveille, hagard, après un cauchemar...ou exalté et haletant après un rêve magnifique et définitivement éteint tout en essayant de se rendormir pour retrouver, évoquer à nouveau mais en vain, les images, les parfums et les odeurs, les voix et les bruits, les sentiments et les émotions, le goût d'un bonheur de jeunesse envolé...

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'acteur Fouad Aït Aatou, formé au cours Florent incarne Jonas,un personnage tragique digne des Héros de la Grèce antique ou de Shakespeare...

 


 

 

 

 

Cela doit avoir un nom. Arcady vient d'inventer l'équivalent algérien du pudding. En guise de farine, il a puisé à la louche dans un roman de Yasmina Khadra, ce qui déjà ne constitue pas un signe de légèreté. Trente ans de l'histoire du pays en 2 h 40, l'intention est louable. Le résultat, lui, est d'un pesant!

 

Ah, le petit Younes qu'on rebaptise Jonas lorsque ses parents le confient à un oncle pharmacien! Qu'il est mignon avec ses yeux bleus. Son charme ne laisse pas indifférente la blonde Émilie qui vient chez lui prendre des cours de piano. Les années passent. Les copains ont grandi. Un jour, Émilie réapparaît au bal du village. Tous les garçons en pincent pour elle. Les gosses de riches reluquent sa robe blanche.

 

Vincent Perez parcourt ses domaines à cheval. Le jeune héros couche avec une femme mûre, qui se trouve être la mère d'Émilie. Damned! La vie est mal faite. Comment lui avouer la vérité? Il la laisse se marier avec un gandin. Pendant ce temps, les événements grondent. Tout cela dans un décor de carton-pâte, filmé comme un feuilleton de M6, avec des dialogues téléphonés et des acteurs qui jouent aussi mal que les protagonistes d'un porno soft. Quant à Nora Arnezeder, elle se fait voler la vedette par la brune Marine Vacth qu'on ne voit pas assez. Tellement démodé que ça en devient touchant.


Eric Neuhof in LE FIGARO Web (11/09/2012)

 

Une guerre sans nom...


Il était peut-être difficile de faire mieux; mais il était impossible de faire pire: retour sur quelques épisodes d'un immense gâchis. La IV ème République en périra lamentablement dans la honte. Le sang et les larmes seront réservés pour les autres...

 

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Guy et Jeanine Monnerot symbolisaient en tant qu'instituteurs français ce que les rebelles haïssaient le plus.

 


 


La guerre proprement dite a commencé sans dire son nom dans les gorges de Tighanimine, au coeur des Aurès, le matin du 1er novembre 1954. Une dizaine d'hommes armés arrêtent le car Biskra-Arris. A son bord, outre quelques fellahs enturbannés, un couple de jeunes instituteurs français, 23 et 21 ans, Guy et Janine Monnerot. Et puis, il y a aussi le caïd Hadj Sadok, lieutenant de réserve de l'armée française qui veut s'interposer. Le caîd et l'instituteur sont tués. Madame Monnerot, violentée est laissée pour morte.

La rébellion a bien choisi ses symboles: un musulman fidèle et un instituteur européen assassinés, une Européenne violée. Tout un programme...

 

Algérie Journal 54 terrorisme Depeche quotidienne

 

Novembre 1954.

 


Quelques autres attentats ont été commis un peu partout en Algérie, sans portée apparente; au total pour ce 1er novembre: huit morts, dont quatre militaires français.Le mouvement est dirigé par le CRUA (Comité révolutionnaire  d'unité et d'action), une dissidence activiste du MNA de Massali Hadj (1898-1974). IL donnera naissance peu après au FLN (Front de Libération nationale); son but est simple: l'indépendance de l'Algérie avec un pouvoir exclusivement arabe et musulman.

 

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1955: le terrorisme.

 


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Les moyens militaires engagés par l'ALN (Armée de Libération nationale), en novembre 54, sont modestes. Quelques centaines d'hommes armés, principalement dans les Aurès, en Kabylie, et quelques poignées de terroristes qui se fondent  dans les  populations urbaines, surtout à Alger.

Faute de troupes, la réaction militaire française est faible.

L'armée d'Algérie -49 000 hommes- est composée d'unités de dépôts peu combatives: ce n'est pas une armée d'occupation. (En mai 41, il y a 465 000 soldats allemands sur le territoire français dont 80 000 en partance pour le Front de l'Est).

Dans les premiers mois de 1955 arrivent les premiers renforts, les parachutistes de la 25ème DP, quelques bataillons de chasseurs, des tirailleurs et des légionnaires. Gênées par les limitations du temps de paix (rappelons que l'on fait "du maintien de l'ordre" et non la guerre), ces troupes lancent des opérations souvent infructueuses et pourchassentes petits groupes de ceux qu'on appelle "les HLL" (hors-la-loi) ou les "fellouzes".

L'action policière en ville est entravée par Jacques Chevallier, secrétaire d'Etat à la Défense du gouvernement de Mendès France, maire d'Alger, qui doit son élection aux messalistes (Roger Vétillard, 20  août 1955 dans le nord constantinois; un tournant dans la guerre d'Algérie, Editions Riveneuve, 2012).

Les Français n'ont pas compris grand chose à la stratégie de leurs ennemis. Les attentats désordonnés semblent relever de simples opérations de police. Il suffit de montrer sa force, de condamner les auteurs de violences, de tendre la main  aux autres en promettant des "réformes"  dans la pure tradition égalitaire et républicaine...

 

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Enfants européens assassinés à El-Halia: semer la haine et enclencher le cycle infernal de la répression. Les rebelles saccagent la vie des plus faibles et des innocents par cruauté et lâcheté: se confronter à l'armée exigerait plus de bravoure de leur part...


 
 
Non, les Français n'ont pas compris la stratégie d'ennemis formés dans la culture islamique de la cruauté, et dans celle, plus nouvelle, de la révolution communiste et maoïste.

Le FLN cherche tout d'abord à s'emparer de l'esprit des musulmans. Il y réussit  en quelques mois  par l'invocation du jihad et par le terrorisme: il ne s'agit plus seulement d'effrayer les Européens, mais surtout d'arracher les populations musulmanes à l'influence française par la terreur. Les cadres musulmans plus ou moins francisés sont systématiquement assassinés. Les limites extrêmes de l'horreur sont vite dépassées: l'égorgement ou "sourire kabyle", la castration assortie de la profanation des cadavres (parties sexuelles tranchées et enfoncées dans la bouche), l'éviscération, la section des mains, des oreilles, des lèvres et du nez, le viol et massacre des femmes et des nouveaux-nés, l'ouverture du ventre des femmes enceintes laissées agonisantes avec leur bébé pendant au bout du cordon ombilical... Ces procédés issus du fin fond des âges de la barbarie, sont exhumées des pratiques traditionnelles du Jihad des années suivant l'année de l'Hégire (an 622 de l'ère chrétienne) puis de la fulgurante conquête par les Musulmans des terres chrétiennes.

 

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Fellag (1954); traduction de "bandit" ou " casseur de tête". Spécialisé dans le viol et l'égorgement des femmes et des enfants. Sans honneur ni panache.

Sanctifié par le régime algérien.

 

 


Le FLN a également mené la guerre en dehors de l'Algérie avec succès.

En France, il installe "la discorde chez l'ennemi", obtenant  qu'une part de l'opinion, lasse et se sentant sourdement coupable et honteuse, ne voie d'autre solution que dans la négociation. Sur la scène internationale, il obtient évidemment l'appui des pays arabes, de l'URSS qui fait peser son joug sur de nombreux peuples, mais aussi et surtout des États-Unis, grands donneurs de leçons de morale républicaine alors que la ségrégation sévit officiellement sur ses territoires du sud. La France de la IVème République est acculée à l'isolement diplomatique.

En face, les Européens souffrent d'une faiblesse mortelle:en raison de leur dépendance à l'égard de la France, de l'absence de toute élite autochtone  et peut-être aussi de leur tempérament, ils ne pourront jamais constituer un parti communautaire capable de les défendre et de les représenter.

En dépit des préjugés et des clichés toujours trop confortables, les pieds-noirs ne sont pas de "gros colons" mais de petites gens livrés à eux-mêmes, sans personne pour les orienter.

 

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Attentat au Milk Bar rue d'Isly, Alger. Les enfants y dégustaient des glaces américaines quand soud...

 

 

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Cadavre d'un jeune appelé torturé à mort après être tombé dans une embuscade dans les gorges de Palestro avec ses camarades tout juste arrivés en Algérie en 1956.Les photos des cadavres des victimes tombées entre les mains des rebelles seront soigneusement censurées par les autorités. Aujourd'hui, tout remonte à la surface, mais une autre forme de censure s'appliquent à ces témoignages atroces: la lâcheté des uns est toujours remplacée par celle des autres...Quelle que soit le régime en place à Paris, la censure par le silence des bien-pensants s'avère tout aussi efficace; si ce n'est plus...

 

 

 

 

 

Jacques Soustelle et l'intégration.

 


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Dés le début de l'insurrection , sont venus sur place Pierre Mendès-France (1907-1982), chef du gouvernement, et François Mitterrand (1916-1996), ministre de l'Intérieur. L'un et l'autre veulent avant tout rassurer: " L'Algérie, c'est la France". Ils sont gagnés à l'idée de réformes profondes, sinon d'une indépendance future mais qui laisse sans réponse  la question du million d'Européens. Sans doute imagine-t-il un scénario idéalisé par leur idéologie: une Algérie où vivraient en parfaite harmonie les musulmans et les Européens. Cette image  ne colle pas à la réalité. C'est un rêve de politicien. Car la classe politique de la IVème République et les Français métropolitains ne connaissent que parcellairement  les réalités de leur Empire colonial et en particulier de l'Algérie.

Mitterrand et PMF donnent des gages d'anticolonialisme. Ainsi commence l'équivoque d'une politique de bascule. Pour le mettre en oeuvre, PMF choisit Jacques Soustelle (1912-1990) qui est nommé gouverneur général de l'Algérie en  janvier 1955. Il est, entre autres anticolonialiste ce qui est malaisé pour un "gouverneur général" de territoire colonial. Il inquiète les Pieds-Noirs. 

Mais rapidement au contact des réalités,il énoncera plus tard une doctrine résumée par un mot,"l'intégration": "L'assimilation visait l'individu, l'intégration vise la province. Il faut renoncer à l'illusion de faire de chaque musulman un Français de France". Autrement dit, il faut les intégrer sansvouloir en faire des Français. On se place dans la complexité... Soustelle reconnaît donc l'originalité humaine, culturelle, historiquede l'Algérie. Dans les faits, l'intégration demeurera unslogan assez creux. Tout en recherchant la paix, Soustelle est condamné à faire la guerre...

 

 

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Les massacres du 20 août 1955.

 

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Région de faible peuplement, le Constantinois est la plus favorable aux insurgés. C'est donc là que le commandement français a engagé ses plus grands efforts après le 1er novembre 1954.

 

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1956; paras commandos de l'armée de l'air en Algérie.

La IVème République dont les finances ne sont guère florissantes après la désastreuse guerre d'Indochine doit compter sur des soldats professionnels valeureux.Leur sacrifice aura été rendu vain par les politiciens dans les bureaux feutrés de Paris et d'Alger.

 

 

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La Légion étrangère défile à Alger: la construction de routes, la sécurisation des villages,des voies ferrées, les attaques les plus périlleuses, dans tout l'Empire,c'est eux.

 

 

 

 

  Abd-El-Aziz-Meliani-Le-Drame-Des-Harkis-Livre.jpgEt parmi les plus valeureux: les Harkis qui seront lâchement abandonnés...

 

 

 

Zighout Youssef, chef FLN du Nord-Constantinois, sent que son mouvement décline. A défaut d'une guérilla malmenée,il opte pour l'action de masse, jouant du racisme.


Pour créer une rupture, il décide d'organiser des massacres d'Européens, le 20 août 1955, anniversaire de la déposition du sultan du Maroc. Les radios des pays musulmans débordent d'invectives contre les Français. Chauffés à blanc, des milliers de musulmans entraînés par quelques meneurs déferlent sur les faubourg de Philippeville. Ils massacrent tous les Européens qu'ils croisent sur leur passage...Mais les paras du colonel Mayer (1er RCP) réagissent rapidement et ouvrent le feu. C'est à la mine d'El-Halia, à quinze kilomètres à l'est de Philippeville, qu'ont lieu les tueries les plus atroces. Les Européens y vivaient apparement en bonne entente avec les Musulmans. Mais ce 20 août, 71 femmes et et enfants d'ouvriers européens sont bestialement massacrés par leurs voisins et collègues. La répression sera sévère. Le FLN a atteint son but: il a séparé les deux communautés et a relancé la rebellion.

Traumatisé par ce qu'il a vu à El-Halia et à Philippeville, Soustelle abandonnera ce qui lui restait comme illusions et concluera à la priorité de la lutte.

 

Repères

 

5 juillet 1830: Capitulation d'Alger devant les Français.

 

12 novembre 1848: L'Algérie devient un "territoire français".

 

1880: Fin des insurrections.

 

1912: Les "jeunes Algériens" réclamant les droits civiques sont reçus à Paris.

 

8 mai 1945: Début des massacres de Sétif et Guelma.

 

1er novembre 1954: Début de la guerre d'indépendance.

 

1962: Accords d'Evian.

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Alger est sous contrôle relatif de l'Empire ottoman. C'est depuis des siècles un port d'attache de tous les brigands et pirates qui sèment la terreur sur les côtes de la Méditerranée, enlevant des jeunes filles blondes à peine pubères pour les harem et les bordels musulmans.

Les puissances maritimes occidentales ont décidé, après une succession d'échecs, d'en finir car ils nuisent gravement au commerce du Levant. C'est au roi Charles X en 1830 que revient l'honneur d'engager les hostilités après un incident diplomatique avec le Dey d'Alger. La conquête durera plusieurs décennies.

 

 

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Henry d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897).

 


Sous-lieutenant en 1839, il part pour l'Algérie en 1840 et participe au combat de l'Affroun (27 avril), mais doit rentrer en France l'année suivante pour raison de santé, avec le grade de lieutenant-colonel du 17e Léger.

Il retourne en Algérie en 1842 avec le grade de maréchal de camp (7 septembre 1842) et se distingue lors de la prise de la smala d'Abd El-Kader (16 mai 1843). À la suite de cette campagne, il est promu lieutenant général (3 juillet 1843) et nommé commandant de la province de Constantine. Il dirige l'expédition de Biskra (1844). Il prend part à la pacification dans les Aurès et à la tête des légionnaires du colonel de Mac Mahon, il enlève la position de M’Chounech. II est nommé gouverneur des possessions françaises en Afrique en 1847 mais il est exilé en 1848.

 

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10 oct.1837; conquête de l'Algérie. Constantine, le général Damrémont à la tête de ses légionnaires repousse une attaque.

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle "colonie", l'Algérie ?


Dans ces années 1830, mieux vaut éviter ce terme associé à l'héritage esclavagiste (en 1836, un manifeste réclame la Décolonisation d'Alger, première occurrence du mot "décolonisation"). La parade est trouvée : l'Algérie est un appendice de la France, "à l'instar de la Corse". Argument qui sera repris par la IIe République : en 1848, d'une main, elle abolit l'esclavage et, de l'autre, elle transforme l'Algérie en "territoire français", mesure qui "disait encore le refus d'appeler colonie ce qui y ressemblait pourtant de plus en plus fortement".


Un quiproquo durable veut que la France ait mis en place en Algérie une politique d'assimilation. Elle ne concerne en vérité que le territoire et les colons venus d'Europe, très nombreux, incités à devenir français par le droit du sol accordé à leurs enfants dès 1889. Les Français musulmans (et juifs avant le décret Crémieux de 1870), eux, restent en marge des droits civiques.

On apprend que les juristes coloniaux présentent l'indigénat, ce régime de nationalité exceptionnelle (puisque sans citoyenneté), comme respectueux des coutumes locales : l'"indigène" a des droits particuliers, assurés notamment par le maintien de la juridiction des cadis.

 

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L'Emir Abdel-Kader (1808-1883): un seigneur de la guerre, l'âme de la résistance à l'invasion des Européens.

 

 

L'Algérie moderne est une création de la France:

quelques vues de la plus belle capitale d'Afrique, Alger.

Alger

Logements sociaux à la pointe du progrés sur les hauteurs d'Alger: contrairement à une idée reçue, l'Algérie coûta plus à la IVème République qu'elle ne rapportait dans l'économie française.

L'historien/ économiste Jacques Marseille a définitivement démontré que ces colonies  étaient un boulet économique et un facteur de division de la cohésion nationale. De Gaulle fit le choix de s'en débarasser au plus vite; ce qu'il fit sans états d'âme.

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Le Port

Alger 1950

Les Jardins de l'Horloge

 

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Place d'Isly

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La Ferrière

 

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Aéroport Maison Blanche

 

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L'Opéra

 

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Amirauté

 

 

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Bresson

 

 

 

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Le Casino, la Corniche

 

 

 

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Diar es Saada

 

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L'Horloge végétale

 

 

 

Pourquoi défendez-vous une sorte de suprématie de la culture européenne ?

 

Je pense que la culture européenne est une métaculture dans le sens où elle a imposé ses normes aux autres peuples à travers la découverte et l'étude de leurs cultures. Aucune autre culture n'a inventé l'ethnographie ou l'anthropologie. La volonté de transgresser les frontières, d'aller voir plus loin l'inconnu, cette curiosité insatiable de l'autre est une attitude typiquement européenne. Toutes les autres cultures ont été des idiosyncrasies qui se sont perçues sous un angle particulier alors que la culture européenne a instauré une culture de l'universel. Il est vrai qu'elle en a parfois fait mauvais usage.

 

C'est tout le problème de la colonisation.

 

L'histoire humaine est marquée par une suite de colonisations.


La Gaule a été colonisée par Jules César et elle est devenue gallo-romaine avant d'être colonisée par les Francs, qui ont donné son nom à notre peuple. La colonisation est une greffe qu'une civilisation implante dans une autre. Toutes les cultures ont été colonisées ou colonisatrices, comme la Grèce.

L'originalité de la colonisation européenne, qu'elle soit le fait des Français, des Anglais, des Espagnols ou des Portugais, c'est qu'elle a apporté aux autres peuples son universalité. Le verbe latin colere signifie "habiter", "cultiver", "soigner" et "élever un culte". C'est cette racine qui a donné le mot colonia, ou "colonie". Autrement dit, étymologiquement et intellectuellement, la colonisation, la culture et le culte énoncent la même idée : l'être humain doit prendre soin de ce qu'il cultive. Loin d'être l'abomination que l'on dénonce aujourd'hui, et en dépit de ses abus et de ses violences, la colonisation a été le processus historique de développement de l'humanité dans sa recherche de principes et de savoirs universels.

 

Vous trouvez donc inutile la mode actuelle de la repentance ?

 

Oui, parce que cela permet à certains de nos contemporains de se donner bonne conscience à peu de frais en battant leur coulpe sur les crimes de leurs prédécesseurs.

D'autre part, nous ne pouvons revenir en arrière : les colonisations ne sont plus actuelles. En outre, la plupart des peuples, à un moment ou à un autre, ont été colonisateurs, et pas seulement les peuples européens. Enfin, on ne veut voir que les méfaits de la colonisation, qui sont indubitables, et on oublie ses bienfaits. Prenez l'Algérie.

 

La colonisation par la France a été la plus courte de ce pays, de 1830 à 1962, après celle des Phéniciens, des Romains, des Arabes et des Ottomans, parmi d'autres envahisseurs. Mais elle a été la plus prodigue dans le développement de la Régence d'Alger, qui n'était pas encore un pays unifié et autonome.

 

Ne va-t-on pas vous reprocher une forme d'arrogance européenne ?

 

L'originalité de la pensée européenne, c'est qu'elle est toujours critique à l'égard d'elle-même.

Même lorsqu'elle s'arroge le droit de parler aux autres peuples, elle revient toujours sur elle-même et fait son autocritique. Considérez Montaigne et le chapitre des Essais qui s'appelle Des cannibales. Il nous dit que les Indiens du Nouveau Monde, que l'on qualifiait alors de "barbares", étaient moins barbares que les Espagnols et les Portugais. C'est là l'une des premières critiques de la colonisation qui s'appuie sur les principes juridiques, moraux et religieux des Européens.

La grandeur de la civilisation européenne a toujours été de prendre conscience de ses méfaits et de tenter de les corriger. Son humanisme si décrié est pourtant à l'origine de la Déclaration universelle des Droits de l'homme, aujourd'hui reconnue par la plupart des peuples.

 

Propos recueillis par Michel Colomès in Le Point; 26 mai 2011.Extraits.

 

 

 

 

Le procès de l'Europe. Grandeur et misère de la culture européenne, de Jean-François Mattéi (PUF, 264 p., 22 euros).

 

  Repères:

 

 1941 : Naissance à Oran, en Algérie.

 

1962 : à 21 ans, exil vers la France.

 

1965 : diplômé de sciences politiques de l'IEP d'Aix-en-Provence.

 

1967 : agrégé de philosophie.

 

1967-1979 : professeur au lycée Fermat de Toulouse et au lycée Thiers de Marseille.

 

1980-2006 : professeur à l'université Nice Sophia-Antipolis.

 

1993-1994 : conseiller personnel du ministre de l'Education nationale François Bayrou.

 

1996 : Platon et le miroir du mythe (PUF).

 

1999 : La barbarie intérieure (PUF).

 

2005 : De l'indignation (La Table ronde).

 

2006 : La crise du sens (Cécile Defaut).

 

2006 : L'énigme de la pensée (Ovadia).

 

2009 : Le sens de la démesure (Sulliver).

 

 


 

 

VIII - C hansons de pirates

 

Nous emmenions en esclavage

Cent chrétiens, pêcheurs de corail ;

Nous recrutions pour le sérail

Dans tous les moûtiers du rivage.

En mer, les hardis écumeurs !

Nous allions de Fez à Catane...

Dans la galère capitane

Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

On signale un couvent à terre.

Nous jetons l'ancre près du bord.

À nos yeux s'offre tout d'abord

Une fille du monastère.

Prés des flots, sourde à leurs rumeurs,

Elle dormait sous un platane...

Dans la galère capitane

Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

- La belle fille, il faut vous taire,

Il faut nous suivre. Il fait bon vent.

Ce n'est que changer de couvent.

Le harem vaut le monastère.

Sa hautesse aime les primeurs,

Nous vous ferons mahométane...

Dans la galère capitane

Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

Elle veut fuir vers sa chapelle.

- Osez-vous bien, fils de Satan ?

- Nous osons, dit le capitan.

Elle pleure, supplie, appelle.

Malgré sa plainte et ses clameurs,

On l'emporta dans la tartane...

Dans la galère capitane

Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

Plus belle encor dans sa tristesse,

Ses yeux étaient deux talismans.

Elle valait mille tomans ;

On la vendit à sa hautesse.

Elle eut beau dire : Je me meurs !

De nonne elle devint sultane...

Dans la galère capitane

Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

Victor Hugo, Les Orientales; 1829.

 

Esclaves blanches captures barbaresque

 

Esclaves blanches 0

 

Esclaves blanches Harem

 

Le courant orientaliste en Occident au  XIXe siècle a su édulcorer les réalités les plus abjectes...

 

 

 

 

Algérie Bouteflika

 

L'Algérie algérienne de Bouteflika ( sur qui certains soupçons pèsent quant à l'organisation du massacre des harkis) : corruption, pénuries, chômage, désespoir, drogue, harragas; islamisme...

 

 

Algérie massacres

 

Algérie 8e1-harraga

 

Algérie entre hogra et harga

 

Algérie drogue

 

algérie émeutes

 

Et toujours plus d'immigration vers la France et l'Europe.

 


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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 17:11

Affiche-ludwig-le-crepuscule-des-dieux.jpg

 

Ce chef-d'oeuvre de Luchino Visconti sorti en France le 15 mars 1973, évoque avec beauté, finesse et fidélité historique, la vie extraordinaire et cependant tragique de Louis II de Bavière (1845-1886) autour duquel gravitent les personnages non moins extraordinaires d'Elizabeth, impératrice d'Autriche  (1837-1898) et du compositeur génial que fut  Richard Wagner (1813-1886).

Du grand Visconti qui n'a pas pris une ride; les chefs-d'oeuvre sont comme les dieux: immortels!

 

Intitulé Le Crépuscule des dieux à sa sortie en France en référence à l'opéra de Wagner, le film fut renommé par la suite Ludwig ou le Crépuscule des dieux pour éviter la confusion avec un film précédent de Luchino Visconti, Les Damnés (1969) dont le titre original est La caduta degli dei et le titre anglais The Damned (Götterdämmerung), respectivement titres italien et allemand de l'opéra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'univers baroque et fastueux de Louis II de Bavière.

 

En 1864, le jeune monarque est agé de 19 ans lorsqu'il monte sur le trône. Dédaignant la politique pour la musique, il rencontre Richard Wagner à qui il voue une admiration sans bornes. En 1867, conscient de son homosexualité refoulée et déçu par Wagner, il rompt ses fiançailles avec Sophie de Bavière. Son comportement inquiète le peuple ainsi que sa folie architecturale qui vide les coffres du trésor. Sa santé mentale empirant, on tente de le faire interner. Le 13 juin 1886, on retrouvera le roi et le docteur Gudden, noyés dans le lac de Berg.

 

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Louis II : un prince romantique épris de beauté, d'absolu et de grandeurs, égaré dans un monde qui se sécularise et se livre à l'esprit mesquin des petis  bourgeois...

 

Même s'il tournera deux autres films (Violence et passion et L'Innocent), cette fresque, projetée dans sa version intégrale de trois heures quarante, est le dernier grand Visconti.

Réalisée par amour pour Helmut Berger, bien sûr, qui, dirigé de main de maître, est inoubliable. Par amour de l'art, aussi, cette passion dévorante qui isole les êtres en eux-mêmes, les éloigne des autres, au point de les rendre haïssables aux médiocres. Ils sont, d'ailleurs, là, ces envieux, ces indignes, en longs plans fixes, ils témoignent devant nous - qui devenons, en quelque sorte, le tribunal de l'Histoire - de la folie du roi Ludwig...

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C'est que le temps a fui : Luchino Visconti (1906-1976) n'est plus le cinéaste nostalgique du Guépard qui éprouvait encore de l'espoir devant le triomphe de la beauté. Ici, on devine Ludwig perdant et perdu, dès qu'il affirme à son confesseur sa foi en l'art qui, dit-il, rendra son règne meilleur. Quelle douce folie ! Exalté, solitaire, homosexuel - différent, en somme, ce qui en fait un objet d'opprobre et de dérision - Ludwig se retrouve abandonné de tous. De Wagner, notamment, que Visconti dépeint comme un profiteur égoïste (ah, son terrifiant Noël bourgeois en famille !). Même Elisabeth d'Autriche (Romy Schneider, superbe) qui, elle aussi, « se défend des autres en les fuyant », trahit son cousin trop aimé en hurlant de rire devant les extravagants châteaux qu'il aura édifiés.

Tout empreint d'une douleur qui semble ne tarir jamais, le film cerne un double pourrissement : ce jeune roi qui se défait physiquement sous nos yeux. Et cette société en attente d'un suicide collectif de l'Europe en août 1914; et l'orgie triste des valets autour du souverain à bout de souffle évoque, évidemment, une future bacchanale bien plus sanglante : celle des Damnés.

 

 

 

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Ludwig II in kroningsmantel door Ferdinand von Piloty 1865
Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach (1845-1886)
Peinture de Ferdinand von Piloty (1865).
Le nouveau roi a 18 ans.
"Hélas que le monde est laid! Combien d'humains  sont des êtres misérables et décevants! Leur vie n'est rempli que de banalités quotidiennes. Puisse ce monde n'être plus qu'un souvenir!"
"Une grandiose folie"

On l'a prétendu fou- c'est pratique- mais c'était de beauté et poésie. Généreux mécène de Richard Wagner, bâtisseur de châteaux extraordinaires, ce roi charismatique était pourtant aimé de ses sujets...Cousin de l'impératrice Sissi, mécène de Wagner, hôte solitaire de châteaux démesurés et merveilleux qui accueillent aujourd'hui des millions de visiteurs. Louis II de Bavière demeure aux yeux de la postérité ce souverain fou. Au temps de l'industrialisation galopante,de la fortune des Krupp, des Rothchield, et de l'absoption du particularisme bavarois dans l'unité allemande, cet illustre représentant de l'une des plus anciennes dynasties européennes a vécu en décalage complet avec son époque. Au milieu d'un rêve peuplé de nymphes et de chevaliers errants, ce Wittelsbach est devenu la figure de proue d'un romantisme qui avait déjà déserté son siècle de fer, et d'une volonté farouche de réenchanter un monde marqué par le crépuscule des dieux...
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Né le 25 août 1845 -fête de St Louis de France- Louis est le fils aîné de Maximilien de Wittelsbach et de Marie de Prusse; son père, un esprit consciencieux et rationnel, monte sur le trône de Bavière en 1848. Il succède à Louis Ier, un fameux mécène qui a fait de Munich "l'Athènes de l'Isar", et qui a abdiqué lorsque la pression populaire lui a reproché sa tapageuse liaison avec une aventurière de renom, Lola Montès. Sa mère est férue d'alpinisme et amoureuse de la nature; Louis héritera de cette passion que partage la plupart des Bavarois.
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Solitaire, beau, élégant, racé, extrêmement mélancolique, Louis II n'a que peu de contacts avec ses parents.
Tout le contraire des princes charmants à la Walt Disney...
Louis est élevé à la spartiate ,sans chaleur. Mais il est aussi l'objet d'une excessive flagornerie de la part de la Cour, ce qui développe en lui un profond orgueil  et une conscience aigüe de sa majesté. Peu attiré par les études, on le trouve souvent plongé dans ses rêveries. Au coeur des hautes cimes bavaroises, dans le château néogothique de Hohenschwangau, il est bercé par les légendes et l'univers onirique des mythes nordiques, comme ceux de Lohengrin ou des Nibelungen, et entretient  cet imaginaire en lisant Walter Scott (1771-1832) et Friedrich von Schiller (1759-1805).
 A la mort de son père en 1864, Louis qui n'a que 18 ans, n'est pas prêt à tenir les rênes du pouvoir. Mais s'il semble déjà tourmenté par le rêve éveillé  dans lequel il évolue, son indéniable charisme et sa beauté charment les Bavarois, qui placent beaucoup d'espoir dans son règne, à un moment où les tensions se multiplient en Allemagne...
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La Bavière occupe une place de choix dans la Confédération germanique, constituée depuis le Congrès de Vienne (1815) de prés de quarante États de second ordre. Ses choix politiques et diplomatiques sont donc susceptibles de peser dans le conflit latent qui oppose  l'Autriche à la Prusse. Dés son arrivée au pouvoir, Louis suit avecattention la crise liée  à la volonté de la Suède  d'intégrer le Holstein et le Schleswig, entraînant" la guerre des duchés". Celle-ci suscite l'alliance ponctuelle de Berlin et de Vienne et marque l'accroissement de l'influence de la famille des Hohenzollern en Allemagne. Les deux puissances se disputent alors ouvertement l'hégémonie sur cet espace en voie d'unification: donnera-t-elle lieu à la constitution d'une grande Allemagne, sousl'égide des Habsbourg, ou d'une petite Allemagne, sous la férule de Berlin? Traditionnellement, plus proche des premiers, Louis II honore ses engagements auprés de Vienne en accordant sa confiance au chancelier van der Pfordten, mais fait preuve dans le même temps d'un étonnant réalisme politique.
congres-vienne.gif
Louis  est foncièrement anti-prussien et pressent la volonté d'hégémonie de Berlin sur les
États voisins dont la Bavière. Il est en outre sensible au particularisme bavarois mais néanmoins convaincu que seul Bismarck (1815-1898) parviendra à ses fins. Il a perçu, avant d'autres représentants de la vieille Allemagne, la force du mouvement national et pressenti  l'exclusion, à terme, de l'Autriche.
Lorsqu'éclate la guerre austro-prussienne (deutscher bruderkrieg) , en 1866, il mobilise sa piètre armée contre les Prussiens qui l'emportent aisément à Sadowa le 3 juillet 1866, mais en l'engageant  de façon mesurée dansles hostilités pour préserver la Bavière  de représailles ultérieures. Atravers la politique menée par son Chancelier, Hohenlohe, il usera quatre ans plus tard de la même politique de garanties, en engageant  la Bavière, et avec elle toute l'Allemagne du sud, dans la guerre contre la France. C'est lui qui sera, contraint et forcé,de proposer officiellement à son oncle Guillaume Ier, la couronne impériale, en échange du maintien  d'un certain nombre de prérogatives bavaroises (autonomie administratives, faveurs fiscales). Mais il refusera d'assister à la renaissance du Reich, dans la Galerie des Glaces à Versailles, aprés la terrible défaite de la France en 1871. L'entrée des troupes prussiennes à Munich sera pour lui, une humiliation  vécue comme un"vassal".
Otto von Bismarck 1815-98
Otto von Bismark: l'architecte d'une grande Allemagne unifiée.
Battle of Koniggratz by Georg Bleibtreu


Bataille de Sadowa (Königgrätz); huile sur toile  peinte par Georg Bleibtreu, 1869.
Cette guerre fut une catastrophe pour l'avenir d'une Bavière souveraine.
Sadowa1866
Sadowa Carl Rochling
ludwig affiche visage Sissi
Louis II continue alors de diriger ses États avec libéralisme. Mais avec le temps, il commence à se désintéresser de la politique et des activités parlementaires, en manifestant ouvertement son dédain pour la servilité des politiciens. En réalité, il s'ennuie profondément, construisant des palais vides ou organisant des représentations théâtrales où il est le seul spectateur. Il a peu d'intimes, l'amitié, comme l'amour, sont chez lui bien trop idéalisés pour résister à la fréquentation quotidienne d'êtres de chair et de sang qui ne peuvent apporter que déceptions et amertume. C'est ainsi qu'il faut comprendre, par la pureté des sentiments et/ou par son homosexualité, la rupture des fiançailles du "roi vierge"avec la princesse Sophie. Seule sa cousine, Sissi,  chez qui il retrouvait l'anticonformisme  et la poésie dont était dénué son entourage, "frappé d'aveuglement et rampant dans l'obscurité", semble avoir reçu ses confidences...


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Romy Schneider interprète avec talent une impératrice Sissi (1837-1898) mature et flamboyante mais aussi lucide...

Ludwig-et-Sssi.jpgEntre Louis et sa cousine la fantasque impératrice Elisabeth, naquit une profonde amitié que Visconti a choisi de transformer en amour pour les besoins romanesques de son film, en cédant aux fantasmes à la mode du public des années 70; mais historiquement, cela paraît tout simplement improbable...
 

Louis II éprouve de plus en plus un profond dégoût pour la réalité qui l'entoure et lui préfère, en guise d'échappatoire, le monde onirique et légendaire des chevaliers du Graaloules Walkyries, les décors de théâtre, pour lesquels il entretient une passion dévorante. Ses rêves ont pris vie en 1861 lors d'une représentation de Lohengrin et lui ont désigné son idole, un véritable père spirituel: Richard Wagner (1813-1883). Son premier geste royal, un mois après son couronnement, est de faire venir auprés de lui le musicien qui menait une vie de bohème proscrit -genre d'existence à la mode à cette époque-. Mais Wagner n'apas la vocation d'un vagabond et l'amitié passionelle de ce roi dépensier est pour lui une aubaine. Wagner peut enfin monter Le Vaisseau fantôme, Tannhaüser, Tristan et Isolde et se consacrer ardemment à la création de la Tétralogie. Le souverain veut offrir un écrin digne de  cette "musique de l'avenir" qui le transporte en faisant construire un théâtre dans Munich pour le compositeur. L'opinion publique -" cette stupide humanité"- s'y oppose.


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Richard Wagner (1813-1886)

 

"Je dois tout au roi; c'est le Ciel   qui m'a envoyé ce prince...Sans lui je ne serais rien...Je suis libre, je plane au-dessus de la vulgarité comme au-dessus des vastes nues...Je n'ai plus rien à faire qu'à achever mon oeuvre, à créer, à produire des choses parfaites !".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Salut à votre unique apothéose

Et que votre âme ait son fier cortège, or et fer,

Sur un air magnifique et joyeux de Wagner.


-Verlaine-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 15:01

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War of the Vendée
Vous ne pourrez pas voir ce chef-d'oeuvre en salle: les "démocrates" ne censurent pas: ils font silence!

Heureusement, il y a la Toile!

Pour acheter le DVD, cliquez ici!

 

Bastille

14 juillet 1789: prise de la Bastille; un évènement violent  pour symboliser les valeurs de la République bien qu'officiellement, c'est le 14 juillet 1790, fête de la Fédération sur le Champ de Mars.

 

Chouan coeur

 

Nous sommes la jeunesse du monde ! s'exclamait le général Charette.

Cette phrase retentit à nouveau dans les cœurs de 250 jeunes pour redonner vie à la grande insurrection de 1793, avec beaucoup d'intensité et d'émotion.

 

Cette toute nouvelle production américaine signée Navis Pictures a fait l'objet d'une réalisation très soignée. La musique de Kevin Kaska, compositeur pour Hollywood, a été enregistrée dans les studios Warner Brothers en novembre 2011. Présenté au début de cette année 2012, le film The War of the Vendee sortira en DVD au mois de février, en espérant qu'un distributeur européen se charge de sa mise en vente de ce côté-ci de l'Atlantique.

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Cathelineau (1759-1793)

 


 

La charité, enseigne saint Paul, « ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout » (1 Co, 13, 5-7).

 

C’est cette phrase que je rumine après avoir découvert la bande-annonce d’un admirable film que, décidément, seuls des Américains peuvent oser faire… Il s’intitule The War of the Vendee, la Guerre de Vendée.

Particularité : ses 250 acteurs et figurants sont des amateurs, issus de paroisses catholiques américaines, et ce sont des jeunes, voire des très jeunes (le plus petit figurant avait… 2 mois au moment du tournage, et le “plus” âgé, 21 ans). Autre particularité, la somptueuse musique du film a été composée par Kevin Kaska, un musicien et chef d’orchestre catholique talentueux de 40 ans. Le réalisateur de ce film Jim Morlino est aussi catholique et il dirige la maison de production cinématographique Navis Pictures (Danbury, Connecticut). Il est un spécialiste du tournage de films chrétiens avec uniquement des enfants et des jeunes (sa St. Bernadette of Lourdes, 2009, est un petit chef-d’œuvre).

La première de ce film (dont le DVD en anglais devrait sortir en février) – une projection réservée à l’équipe de tournage et aux jeunes acteurs – s’est déroulée le 2 janvier, « en la fête du bienheureux Laurent Batard, un des nombreux prêtres et martyrs de la Vendée » précise le site de Navis Pictures. C’est dire que nous sommes dans une saine ambiance catholique du début à la fin… Un film qui, si j’en juge par la bande-annonce, est rafraîchissant et enthousiasmant...

 

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"Les Brigands du bocage"

 

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Cliquer ici pour acheter le DVD

 

Ce film superbe, nous fait voir la guerre héroïque et sainte des populations de l'Ouest de la France contre la tyrannie républicaine, plus connue sous la pudique dénomination de "Guerres de Vendée" (1793-1796).

Ces paysans subirent le premier populicide en France, ordonné par Robespierre, Danton et d'autres chefs révolutionnaires afin d'éliminer des "rebelles" à la Révolution.

Le dimanche 10 mars 1793, à Paris, l'Assemblée de la Convention recourt à la levée en masse autoritaire de 300.000 hommes dans tout le pays, pour faire face au retour en force des armées européennes coalisées contre la France révolutionnaire.

 

La levée en masse entraîne dès le lendemain le soulèvement des paysans vendéens qui, jusque-là indifférents à l'agitation parisienne, ne supportent pas qu'on leur demande de verser leur sang pour une cause qu'ils exècrent.

 

C'est le début de longues épreuves qui feront au total plus de cent mille victimes, laissant l'ouest vendéen exsangue. Par leur férocité, les guerres vendéennes n'auront rien à envier aux guerres étrangères de la Révolution.

 

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Sous le titre « Des nouvelles du film “The War of the Vendée” », Le Courrier de l’Ouest (édition de Cholet) a publié dans son édition du lundi 12 janvier un entretien avec Jim Morlino, le réalisateur du film. Le voici :

 

 

Pourquoi avez-vous fait ce film ?

Jim Morlino. J’ai fait ce film parce que cette histoire m’intéresse. En tant que défenseur de la vérité et catholique, j’ai été touché par la souffrance du peuple vendéen. N’importe qui ayant un minimum d’honnêteté intellectuelle ne peut être qu’intéressé par le fait qu’une population entière, face à une persécution sans nom, sacrifie sa vie pour ce en quoi elle croit […]

 

 

De quoi parle votre film précisément ?

J. M. La Guerre de Vendée est une saga épique impliquant, pendant plusieurs années, des centaines de milliers de personnes sur un vaste territoire de l’Ouest de la France. Pour bien traiter le sujet, il faudrait faire un grand film dans les mêmes proportions. Moi, je me suis concentré sur les principaux événements de l’année 1793 […]

 

 

Que savent les Américains, et vous aussi, de la Guerre de Vendée ?

J. M. Une grande majorité d’Américains, y compris les catholiques les plus cultivés, ne connaît pas le mot Vendée. Moi-même, je n’en avais pas entendu parler jusqu’à il y a un an environ. J’avais, comme la plupart des Américains, une vision assez vague de la Révolution française [NDLR : qu'il se rassure, il en va de même pour la plupart des Français]. Pour moi, 1789 était dans l’ensemble une bonne chose pour la France, sans ignorer qu’il y a eu des excès comme la Terreur. Mais le régime de la Terreur, c’est une colère d’enfant gâté comparé au carnage des Colonnes infernales.

 

 

Où a été tourné le film ?

J. M. Le film a été réalisé dans les États du Connecticut et de New York […]

 

 

Les 250 comédiens sont tous des enfants et des jeunes. Qui sont-ils ?

J. M. – Les acteurs ont de 4 à 20 ans. Ils sont issus des cercles des écoles catholiques du Connecticut et de New York. Aucun d’eux n’est professionnel ou n’a suivi de formation de comédien, mais ils sont très crédibles et réalisent des performances épatantes.

 

Est-ce que ce film sortira aussi en salle ? Y aura-t-il une version française ?

J. M. […] Peut-être pourra-t-on faire une projection limitée en salles chez vous en Vendée et en Bretagne. On met les bouchées doubles en ce moment pour sous-titrer les dialogues en français.

 

 

Quel est le budget de cette production ?

J. M. Environ 50 000 dollars, mais presque la moitié du budget est passé dans la bande-son […] On va faire une première production de 5 000 DVD. On cherche un distributeur européen, mais en attendant, dès qu'il sera disponible, à la mi-février, nous le vendrons à moitié prix pour la France.

 

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Reynald Secher est le spécialiste des guerres de Vendée. C'est lui qui a enfin dévoilé l'ampleur de cette catastrophe humanitaire qui a entaché à jamais la République française; à cause de cela, il a subi et subit encore une ostracisation qui en dit long sur la mauvaise conscience de l'intelligentsia et des "démocrates" d'aujourd'hui...

 

 

Matrice de toutes les violences idéologiques du XXème siècle, la Révolution française est un phénomène spécifique, fruit de la société française et de son temps.

Deux siècles aprés les guerres de religion, la Révolution constitue l'épisode de guerre civile le plus sanglant de notre histoire moderne et contemporaine. A cause de sa durée: plus de dix ans, mais aussi au caractère radical de ses antagonismes. L'estimation numérique des victimes a toujours été l'objet de polémiques. mais des travaux, forcément fragmentaires, ont livré des chiffres édifiants. Ainsi, le seul mois de messidor an II( 21 juin-2& juillet 1794) a vu le tribunal révolutionnaire de Paris prononcer 800 condamnations à mort, exécutées dans la foulée. Pour toute la Terreur qui court sur dix longs mois, les travaux de l'Américain Donald Greer aboutissent au chiffre de 16 600 peines capitales pour l'ensemble du territoire.  Et il ne s'agit que de la répression judiciaire. Il faut y ajouter les victimes de la guerre civile qui a ravagé l'Ouest armoricain et d'autres régions, sans oublier d'importants centres urbains comme Rennes, Nantes, Bordeaux, Marseille, Toulon... Cette fois, le chiffre d'un demi-million de morts n'est pas excessif, victimes de famines qui réapparaissent, des épidémies qui les suivent, tués au combat ou tout simplement massacres sporadiques ici ou là...

 

 

Toutes ces évaluations chiffrées doivent être rapportées au nombre des Français en 1789 qui sont à peu prés trente deux millions et confirment l'ampleur du séisme, qui ne fut pas seulement institutionnel et social mais aussi démographique. Une saignée qui, amplifiée par vingt trois années de guerres de conquête (1792-1815), a réduit la part de la population française dans celle du continent avec les effets que l'on sait. En 1815, la France est épuisée, la population a vieilli prématurément, les Français sont moralement abattu,le dynamisme commercial est un lointain souvenir tandis que la Grande-Bretagne commence à devenir pour longtemps la première puissance économique, militaire et coloniale du continent.
Si les chiffres ne sont plus contestés, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de définir une typologie des violences et d'expliquer ce qui les a rendus aussi dramatiques. En fait, c'est la cacophonie... De Taine à Marx rien n'allait déjà plus, de Pierre Gaxotte à Albert Matthiez ce n'était pas mieux et, aujourd'hui, leurs épigones, dévalorisés, à bout de souffle, ne font plus que ratiociner.
Pourtant, en leur temps, (1965) qui s'éloigne du nôtre, les grands historiens Denis Richet (1927-1989) et François Furet (1927-1997) avaient posé les bonnes règles d'analyse et d'interprétation. Trente ans aprés, sa parution, Penser la Révolution française reste la réflexion de référence.
 Affirmer que la Révolution française porte en elle tous les germes des violences idéologiques du XXème siècle et en particulier de celles provoquées par les doctrines "totalitaires", c'est à la fois parler trop vite et trop peu. matricielle à bien des égards, cette révolution est complexe.
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Il faut d'abord mesurer la part des habitudes, la reproduction des modèles anciens de violence dans le processus révolutionnaire. A commencer par l'arrière-plan frumentaire: si la France de 1789 ne connaît plus de famines, elle subit toujours les aléas météoroliques qui remettent en cause  le calme des campagnes et un approvisionnement suffisant des villes. La "soudure" -l'été- reste un moment crucial. en particulier à Paris, où, très vite, le manque de farine peut déclencher l'émeute. On constate que de nombreuses "journées révolutionnaires" trouvent leur origine dans les queues devant les boulangeries pour un pain trop rare et trop cher et, en même temps, il est frappant de constater que sous l'occupation allemande, les queues devant les boulangeries ne dégénèrent pas et qu'elles se sont "institutionnalisées". On attend en maugréant; sans plus...L'occupant ne badine pas.
Le 14 juillet 1789, les 5 et 6 octobre de la même année, les 4-5 septembre 1792, du 20 au 24 mai 1795, les cris "du pain!" des Parisiens tournent à l'émeute. Et, comme ce sera le cas à Petrograd en février 1917, de cette exigence première de manger à sa faim, on passe rapidement à des revendications ouvertement politiques.
La portée symbolique et édifiante des "grandes journées patriotiques" de 1789 ne doivent pas faire illusion: il faut réduire la portée de la "prise de la Bastille", qui n'est rien que, la veille, la destruction de quarante des cinquante-quatre barrières d'octroi du mur des Ferm iers généraux. Une affaire beaucoup plus importante pour les Parisiens que la prise par la populace d'une forteresse d'Etat presque désaffectée.
Tous ces troubles qui débutent avec la "Journée des Tuiles" à Grenoble, le 7 juin 1788, et qui culminent avec la "Grande Peur" de l'été 1789 forment un ensemble bigarré de coups de force "parlementaires" contre l'Etat central (Grenoble, Rennes), de désordres ruraux sporadiques, émiettés et confus, de vengeances populaires contre les responsables du bon ravitaillement des villes.
Mais rien de tout cela ne constitue vraiment une rupture fondamentale accouchant d'un type nouveau de violence.
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La "Grande Peur" est caractéristique de cet état intermédiaire, entre chien et loup, traversé d'émotions irrationnelles, déstructurées, de pulsions, lorsqu'un ordre ancien se décompose et qu'on devine l'avènement d'un nouveau. C'est moins le coup d'éclat  du 4 août (l'abolition des privilèges) que leur multiséculaire  rumination qui jette les paysans à l'assaut de quelques dizaines de châteaux. La rumeur fait le reste, multipliant les saccages et les meurtres, déclenchant la première émigration essentiellement nobiliaire.
Si l'on revient à l'ordre politique, on est encore frappé de voir combien l'ancien et le nouveau s'entremêlent: la contrainte infligée à Louis XVI, par des émeutiers réclamant de la farine, le 5 octobre 1789, de quitter le palais de Versailles pour se retrouver prisonnier d'une ville géante...
Dans cette affaire, la reine a échappé de peu d'être massacrée, des Gardes royaux sont assassinés et La Fayette joue un rôle des plus équivoques...Le caractère sacré du roi Très-Chrétien commence à se dissoudre.
Enfin, pour en finir au sort réservé au roi, il procède d'une mise en forme empruntée ouvertement à la révolution anglaise et à la fin de Charles 1er Stuart (1649): mise en exergue des "crimes" du souverain, impérieuse obligation de le faire comparaître devant les "représentants du peuple", invitation faite à ces derniers de trancher:

"Je ne vois point de milieu: cet homme doit régner ou mourir!".
St Just
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Exécution publique et sacrificielle du roi Louis XVI le 21 janvier 1793, aprés un "procés" sans honneur ni vérité.

La violence propre à la Révolution découle de la mise à l'ordre du jour de la Terreur, le 5 septembre 1793.
Un an aprés les massacres de septembre (1200 victimes dans les prisons parisiennes, en une seule journée) et pour ne pas revoir ce type de débordements que chacun, ensuite, manipule pour en faire une arme politique, la Convention instaure une répression impitoyable mais légale, parfaitement institutionnalisée. Tout la justifie aux yeux des révolutionnaires, qui depuis des mois vivent dans un état de fièvre obsidionale requérant les remèdes les plus appropriés.
D'abord, l'encerclement, depuis le début de la guerre (20 avril 1792), et la certitude de lutter contre une conspiration universelle les ont gagnés. Et c'est vrai: aux frontières, Autrichiens, Prussiens, Italiens et Espagnols marquent des points; les côtes sont désormais soumises au blocus des Anglais qui s'emparent de Toulon; la révolte fédéraliste animée par les Girondins fait tache d'huile; le soulèvement vendéen atteint la Loire et menace Nantes. Si cette ville tombe, c'est Paris qui est en danger.Le territoire français qui avait été sanctuarisé depuis Louis XV est envahi par des troupes étrangères...
Pareille conjonction est mortelle pour le nouveau pouvoir. Un pouvoir qui est donc aux abois...
Mais en fait, avant même d'être proclamée, la Terreur fonctionne, puisque le tribunal révolutionnaire est institué dés le 11 mars 1793 et que, dix jours plus tard, on crée des comités de surveillance qui pourvoieront en "suspects" ledit tribunal. Des suspects qui ne forment pas une catégorie pénale et dont on peut étendre la définition sans aucun frein.
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Lamballe-massacre.gifA la suite des revers militaire à Longwy et à Verdun, les meneurs de la Commune de Paris organisent du 2 au 7 septembre 1792, le massacre systématique des suspects entassés dans les prisons parisiennes. Ici, la mise à mort de la princesse de Lamballe (1749-1792) qui fut une jeune femme exquise et amie de la reine (toile de Léon-Maxime Faivre, 1908).
Le cadavre fut dépecé et affreusement profané...
Les Nazis procéderont de la même façon: lors de chaque revers de l'armée allemande, ils se vengeront sur les Juifs et les otages...

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"Le cadavre réparateur" de la princesse de Lamballe.

Cette femme de la haute aristocratie, représente tout ce qu'une partie du "Peuple souverain" hait viscéralement: l'élégance, la beauté,le courage, la noblesse de coeur,la beauté altière et  l'esprit français.

 

 

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Marie-Thérèse, princesse de Lamballe, par Antoine-François Callet; 1776.

 

 

En fait, la Terreur procède par étapes au gré des "circonstances", de ces circonstances invoquées comme autant de légitimation de l'illégal et du monstrueux, tant par les acteurs de l'époque que  par la plupart des historiens français d'aujourd'hui afin de justifier l'injustifiable, dés lors qu'il s'agit de ce moment d'Histoire de France, socle de l'idéologie républicaine et démocratique.

 

C'est évidemment la loi du 22 prairial An II (1à juin 1794) qui donne  toute leur plénitude aux procédures terroristes.

Après avoir écarté Robespierre qui déclare avec un talent et une mauvaise foi diaboliques:

" Cette sévérité n'est redoutable que pour les conspirateurs, que pour les ennemis de la liberté".

les Conventionnels adoptent un texte parfaitement liberticide, en infraction totale avec les "immortels principes" de la Déclaration des Droits de 1789. Il simplifie et accélère les procédures: plus d'instruction, plus d'avocat, plus d'audition de témoins, juste des preuves contre les accusés. L'acte d'accusation sera dressé à partir de simples dénonciations...

Ainsi, les Français ont le triste privilège d'ouvrir le premier grand épisode de délations, dénonciations et autres mouchardages de toute leur Histoire. On sait qu'il refleurira sous Vichy puis, multiplié par la puissance 10 à la Libération.

 

Au total, entre mars et la fin de juillet 1794, un demi-million de personnes sont arrêtées et présentées aux comités de surveillance pour "incivisme" ou pire, pour "complots avec les ennemis de la République". Toutes les couches de la société sont concernées, des plus humbles aux plus riches, même si proportionnellement à leur nombre, les nobles, les grands bourgeois et les membres du clergé sont les plus touchés.

Il y a aussi des disparités régionales, beaucoup plus de paysans en Vendée, plus de bourgeois à Nantes, Lyon ou Nîmes...

 

 

Chouans devant tribunal

Prisonniers Chouans devant un tribunal révolutionnaire.

 

Mais pour les terroristes, l'élimination physique de leurs ennemis ne suffit pas: il faut les faire disparaître de la mémoire collective. Le populicide ne peut être efficace sans le mémoricide. On raye le nom d'une ville "aristocrate": Lyon, Ville affranchie; la Vendée, Vengé et la liste est longue...

Le jacobin Chalier (1747-1794)  fait disparaître les demeures des riches, détruisant pour toujours de magnifiques demeures ancestrales. Barère (1755-1841) et ses acolytes ordonnent la destruction de la Vendée. Ce révolutionnaire extrêmiste est mort dans son lit. Bien entendu,  la"destruction de l'inexplicable Vendée" réclamée par Barère forme à elle seule un pan immense, essentiel de la politique terroriste. Cet acharnement s'explique par le fait que les insoumis ne sont pas des aristocrates mais dans leur immense majorité des gens du peuple, des paysans surtout, ceux pour qui les révolutionnaires se sont démenés afin de les "libérer " de leur sort de "damnés de la terre". Les révolutionnaires voient dans ces soulèvements sporadiques puis de mieux en mieux organisés, une trahison, un camouflet insupportable à leurs utopies.

 

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France La Roche



Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein (1772-1794)par Pierre-Narcisse Guérin. 

Comme tous les chefs de la résistance à la tyrannie révolutionnaire, il est jeune, issu de la vieille petite noblesse terrienne, catholique fervent; mais au début, ce sont les paysans qui viennent chercher leurs chefs et les poussent à prendre le commandement.

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Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d'histoire de Cholet


 

France La RocheFrance VendeeCholetMoulin1794

Bataille de Cholet

 

Girardet - Déroute de Cholet

Déroute de Cholet par Girardet.

 

 

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La Mort de Henri de La Rochejaquelein, peinture de Alexandre Bloch.

 

 


 

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Louis-Marie de Lescure (1766-1793)

 

Embuscade de Chouans à la bataille de La Gravelle (1793)

Embuscade: ce que les soldats républicains (les Bleus) redoutent le plus.

Les Espagnols procèderont de la même façon -guerilla- contre les troupes d'occupation de Napoléon.

 

Jean Chouan 2

Jean Chouan (1757-1794) "Le menteur".

Une figure de légende...Bandit et héros de la Résistance à la tyrannie républicaine.

Portrait présumé de Jean Chouan par L. de Labarre, réalisé d'après témoignages.

 

 

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Portrait de Barère (1793-1794)

par Jean-Louis Laneuville: ces révolutionnaires affichent l'austérité de leurs "vertus".

Chapelle de La Madeleine à Malestroit

Chapelle de la Madeleine à Malestroit (Morbihan)

Dés le 19 mars 1793, soit une dizaine de jours après les premiers heurts entre paysans rétifs à la levée en masse  et gardes nationaux, (dans les Mauges, autour de Nantes, en Bretagne), la Convention décrète la peine de mort pour tout rebelle pris les armes à la main. Ce qui est courant en temps de guerre civile... Mais le 1er août, au vu du rapport du même Barère (1755-1841), la Convention décide de le suivre en adoptant sa motion, qui frappe de destruction  et de déportation les populations insurgées.

" Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées[...]les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits à l'intérieur...".

A l'intérieur?  Qu'est-ce-à dire? En fait, ils seront le plus souvent massacrés...


Sur le terrain, les représentants en mission (des noms de sinistre mémoire: Carrier, Francastel, Hertz, Merlin de Thionville), les généraux et les commissions militaires qui suivent l'armée procède de la manière la plus expéditive. Fusillades en masse, noyades, crémation de familles entières enfermées dans des églises, tortures et viols sur des fillettes devant les parents afin qu'ils donnent des lieux de cache. Puis, les méthodes viseront à tuer en masse au moindre coût. Des scientifiques seront invités à donner des avis et des conseils afin d'économiser les munitions...Pendant la Seconde Guerre mondiale les sections spécialisées qui suivent la Wermacht en territoires conquis, copieront ces méthodes françaises pour les nettoyages ethniques.

 
En cette fin de siècle, les bureaux révolutionnaires inventent le terme de "populicide". Ce système de dépopulation épouvante les Français habitant les régions soulevées. Mais en fait, la résistance s'en trouve raffermie quand de nombreux hommes ayant perdu femme et enfants, terre, bétail et ferme, n'ont finalement plus rien à perdre. Alors, le cycle infernal de la répression atteint son paroxisme. Derrière cette politique terroriste, il y a toute une bureaucratie de technocrates (militaires, financiers, avocats, politiciens) mais surtout, il y a Robespierre (1758-1794).

 

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Maximilien de Robespierre "l'Incorruptible": avocat, rendu névrotique par l'absence du père, il préfigure tous les politiciens à venir, amoureux de la Liberté, de l'Egalité et de la Raison qui n'hésitent pas à prendre des mesures criminelles mais légales pour faire triompher leur idéologie de la vertu.

Hier Lénine et Staline et aujourd'hui, nombre d'hommes et de femmes du monde politique, en France bien sûr et à l'étranger, se réclament de son héritage idéologique et des rues portent encore le nom de ce criminel...

 

 

Mais Robespierre n'est pas le seul. Après Thermidor, certains terroristes repentis qui veulent se couvrir afin de poursuivre leur carrière politique, feront croire que le seul responsable, c'était lui, lui qui donnait ses ordres criminels, fébrilement,hâtivement scribouillés, sur des petits bouts de papiers remis en mains propres et sans aucun contrôle, à des officiers de transmissions peu scrupuleux.(lire les dernières découvertes de Reynald Seicher dans les Archives militaires de Vincennes).

Les 9 et 10 Thermidor portent  à leur paroxisme les règlements de compte entre factions. Ils ne touchent que la nouvelle classe dirigeante et n'émeuvent guère les sans-culottes qui laissent faire une proscription particulièrement  sanglante puisque  71 "robespierristes sont guillotinés.

Sous la Convention thermidorienne, la violence prend une autre tournure: elle est moins celle du peuple urbain, même constitué en sections et qui avait connu son apogée en 1792, que celle des prétoriens entraînés par des ambitieux du faubourg Saint-Antoine, Jacques-François de Menou (1750-1810) le 23 mai 1795; le même, rejoint par Bonaparte et Murat, pour écraser les royalistes le 13 vendémiaire  (5 octobre 1795). Quant au Directoire, il peut être considéré comme une période de reflux de la violence révolutionnaire, avec juste cette conspiration des Egaux, aisément démantelée qui n'a pris une importance rétrospective qu'aux yeux des tenants du marxisme-léninisme.

En publiant "Des effets de la Terreur", en mai 1797,  Benjamin Constant (1767-1830) dresse, avec une fulgurante acuité intellectuelle et historique, le constat de son décés et surtout de son inanité.

 

 

Louis Charles of France

Louis-Charles de France, XVIIème du nom (1785-1795).

Arraché à sa famille, maltraité, isolé dans un cachot, les révolutionnaires le laissèrent crever comme un chien.

Ses souffrances et son sang ne cesseront de retomber sur la République française...

 

 


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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 17:28

 

nos enfants nous accuseront,0

 

...de les avoir empoisonnés...

 

SITE OFFICIEL

 

 

Nos enfants nous accuseront raconte la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui décide de faire passer la cantine scolaire au bio, conscient du danger sanitaire qui menace une jeune génération exposée aux 76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays.

 

Enfants, parents, enseignants, paysans, élus, scientifiques et chercheurs, livrent leurs sensations, leurs analyses, leurs angoisses, leur colère, le fruit de leurs travaux. Chacun raconte son expérience, dénonce les abus, pose les problèmes, mais tous proposent des solutions, à condition que les différents organes de décision prennent leurs responsabilités.

 

Ce documentaire a été salué par la presse engagée et a suscité de nombreux articles dans la presse généraliste.

Pendant que d'autres dénoncent l'esprit "catastrophiste" et peu "scientifique" de ce "documentaire"

 

 

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La courageuse initiative d'une municipalité du Gard, Barjac, qui décide d'introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération : l'empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays) et les dégâts occasionnés sur la santé publique. Un seul mot d'ordre : Ne pas seulement constater les ravages, mais trouver tout de suite les moyens d'agir, pour que, demain, nos enfants ne nous accusent pas.

 

 

 

INTEROBJECTIFS

 

 

Jean-Paul Jaud est avant tout connu pour des réaisations de directs sur Canal +, notamment des matchs de foot. Il avait cependant déjà contribué à plusieurs sujets télévisuels sur l'environnement et la nature.

 

En fait, il s'agit véritablement d'une histoire personnelle.Le réalisateur Jean-Paul Jaud a décidé de réaliser ce documentaire alors qu'il souffrait d'un cancer du colon. En se renseignant sur les causes d'un tel cancer, il a découvert que la cause première était la présence de résidus toxiques dans notre alimentation. Indigné, il s'est alors mis en quête d'une vérité.

Et il a reçu un soutien à la mesure du sujet.


 

Le film a été projeté au marché du Festival de Cannes et parrainé par "monsieur Ushuaia", le militant écologiste Nicolas Hulot.

Mais le combat n'est pas limité à la "malbouffe".Le réalisateur a déclaré vouloir donner suite à son documentaire en allant plus loin dans son investigation, mais ici sur les produits ménagers et cosmétiques. "Nous sommes entourés, cernés de molécules chimiques. C'est une situation qui produit des morts !" déclare t-il.

 


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  Certes, nos enfants mangent globalement plus et de façon plus variée qu'il y a 150 ans; mais, sous nos yeux, ils ingurgitent des "bombes à retardement".

 

"Il est vrai qu’à bien y regarder, jamais l’humanité n’a été si proche d’une destruction aussi radicale. Au nom de nos enfants et de l’héritage “naturel” que nous leur laisserons, une vague de "Développement Durable" secoue les consciences.

Les jeunes s’investissent à fond tandis que les vieux s’en foutent. Eux, ils auront vu plus d’espèces vivantes que leurs descendants n’en verront jamais. Eux, ils sont à la retraite et désirent profiter de la vie au max car avant ce n’était pas le cas.

 

 


 

Les vieux et les quelques moins vieux, qui n’ont pas viré dans l’écologie depuis 20 ans, se foutent vraiment de ce qui se passe. Extérieurement, ils sont d’accord avec tout le monde mais rien au monde ne leur fera changer leur mode de vie.Ils en ont trop bavé avant, surtout s’ils viennent après la vague du papy-boom. Les autres en ont profité à mort et eux ils doivent se serrer la ceinture de nouveau. Alors ils se disent: "Après tout, je ne suis qu’un grain de sable et cela ne va pas changer grand chose".

 

 


 

 

D’un certain point de vue, ils ont raison mais d’un autre, ils ont tort. Alors on voyage en 4×4, en mobile-home, en avion et on consomme à fond comme n’importe quel touriste en mal de bien-être. Après tout c’est la vie !

 

Et puis, certains se rendent compte que les générations d’aujourd’hui sont plus malades, moins résistantes que les anciennes et que le monde est devenu une prison empoisonnée. Maintenant on parle de bio car tout est empoisonné !

 

Avant tout était bio, alors on n’en parlait pas vraiment. Maintenant, pour faire l’écolo de service ayant des principes de développement durable, il faut manger bio, mettre un récupérateur d’eau pluviale pour les salades et quelques cellules photovaltaique sur les loupiotes du jardin (pour faire beau la nuit !).

On se donne bonne conscience mais on n’éteint toujours pas les lumières. Les poubelles sont toujours aussi pleines. La climatisation est entrée dans la maison. Le frigo est plus grand, le congélateur aussi. Quand à la voiture, plus c’est gros mieux c’est !

 


 

 

On parle d’énergies renouvelables qui auront peine à juste couvrir l’augmentation de la consommation électrique. On est sincère, on a vraiment pris conscience du danger pour la planète mais elle est si grande, si vaste, si immense qu’il ne vaut même pas la peine de réduire véritablement son train de vie.

 

Son steack, ses hamburgers, ses produits laitiers, tout cela c’est normal sauf qu’en terme de poids, les vaches sur Terre pèsent plus que tous les humains réunis: 2,4 milliards de bovins pour assurer la bonne bouffe. A 650 kg en moyenne l’unité, on voit bien que l’humain n’est pas la race qui prédomine.

 

Rien qu’en Suisse, la première place pour la pollution en terme de gaz à effet de serre ne revient pas au parc automobile mais à celui des vaches qui broutent paisiblement ! Alors, les spécialistes rigolent un peu quand on leur dit qu’il faut baisser l’émission de CO2 pour les voitures! D’un côté on va gagner 10% tandis que l’autre on augmentera par 50% et plus en augmentant le nombre de vaches au mètre carré. Depuis que les chinois se sont convertis au yaourt, il y a pénurie de lait dans le monde. Même les allemands en 2008 commencent à grogner devant la montée des prix laitiers.

 

Derrière des marchés commerciaux anodins se cachent de véritables bombes à retardement écologiques. Mais cela on s’en fout parce que “business is business”. Aux politiciens d’organiser des Grenelles de l’Environnement pour amuser la galerie car le combat est vraiment ailleurs !

 

Je vous soumet donc une petite vidéo au titre évocateur “Nos enfants nous accuseront” (avec un t à la fin du verbe car "ils") où vous découvrirez que les générations futures sont mal barrées pour soi-disant trouver la solution qui sauvera la planète Terre.

 

 

 

 

 

Pour enfoncer le clou, voici un petit mémo sur notre alimentation industrielle. Voici la liste des produits classés par l’hôpital de Villejuif :

 

Les produits cancérigènes :

E 63, E 123, E 131, E 142, E 211, E 213, E 214, E 215, E 217, E230,

 

Les toxiques :

E 220, E 221, E 222, E 224, E 321, E 338, E311, E 312 (attaque le système nerveux);

E 330, E 339, E 340, E 341, E 407, E 450, E 461, E 463, E 465,

E 466 E 230, E 231, E 232, E 233 E 200 (suprime vitamine B12); E 320,

 

Les suspects :

E 102, E 110, E 120, E 124, E 125, E 141, E 150, E 171, E 172, E 173, E 240, E 241, E 477

 

Maintenant voyons quelques chiffres significatifs. Pour alimenter le bétail, la France dédie 35% de ses surfaces cultivables, les USA 57%, la Suisse 72 % et l’argentine 84 %. 45% des céréales produites dans le monde servent à nourrir le bétail.

Rien qu’en redistribuant cela aux humains, la famine disparaitrait totalement de la terre !

 

Pour fabriquer 1 calorie animale, 11 végétales auront été nécessaires ! La France importe 1/4 de sa production annuelle de céréales pour nourrir ses animaux car cela revient moins cher que d’utiliser les céréales locales. C’est une façon de dire que nous pillons les pays du tiers-monde pour manger notre steack.

 

L’Europe utilise 7 fois sa superficie agricole en terres du tiers-monde pour produire de quoi nourrir son bétail ! Voici un petit tableau évocateur :

 

 

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Si on mangeait tous comme des américains, 4 milliards d’êtres humains devraient mourir de faim ! Si on se met à manger à la japonaise, le monde mangerait à sa faim. Nous sommes en tant qu’européen entre les deux et cela indique que nous mangeons au détriment des autres…

 

Pour en savoir plus, je vous recommande ce petit pdf ” Quand la vache du riche affame le monde “. 5 pages de lecture pour bien comprendre qu’avec notre banal steack ou hamburger, on est loin d’être dans le développement durable !"

 

 

 

Laurent DUREAU

Pour aller sur son site c'est ici.

 

 


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Épandage de pesticides.
On ne peut plus réduire l'analyse de l'activité humaine à un seul de ses paramètres.
Or, l'idéologie des années 90 a réduit la vie, non seulement à l'économique vu sous le seul angle de la rentabilité financière: un réduction à l'intérieur de la réduction! Au final, nous nous retrouvons régis par une finance "devenue folle" (Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'Economie). Et cette situation se retourne contre l'économie elle-même. L'argent ne rend plus compte qu'à l'argent, il se déconnecte de l'économie réelle, tourne sur lui-même à une vitesse accélérée, et provoque des crises humaines, sociales, politiques et environnementales d'une gravité et d'une fréquence croissantes.
Si la croissance augmentait de 2 ou 3% chaque année, en 2050, nous n'aurions plus beaucoup de terrains à cultiver car, autour de chaque ville, il y aurait quatre autoroutes. Pour bien montrer les limites du concept de "croissance", on peut emprunter un exemple à Jean-Claude Thiers, une grande figure de l'écologie en Bretagne. En effet, selon lui, il y a un moyen de faire avancer la croissance d'un coup sec: il s'agit tout simplement de couper tous les arbres de nos forêts. La Chine est prête à acheter tout notre bois!
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D'abord, ce sera excellent pour notre commerce extérieur. Ensuite, nous ne serons plus en déficit. Enfin, nous pourrons embaucher et former des bûcherons. Nous aurons alors dopé la croissance de 2,5% par an en quatre ou cinq ans. Et le point de croissance qui manque sera trouvé!
Oui, seulement, aprés cela, nous n'aurons plus de forêts...
La croissance s'opère, en réalité, par la décroissance du patrimoine: l'expression "on crée des richesses" est très discutable. D'accord, on crée des richesses, mais on épuise inexorablement les réserves de la planète, on détruit le patrimoine. Il conviendrait, au contraire, de réhabiliter les valeurs patrimoniales, mises à mal par la recherche de la croissance.
Quant au fameux "développement durable", il n'est que l'extension du modèle occidentale à l'échelle mondial: il s'agit d'un modèle d'exploitation des ressources jusqu'à l'os. Si l'on veut du durable, il ne faut pas un type de développement unique, global, planétaire mais des modèles de développement locaux, viant à l'autosuffisance. La crise alimentaire actuelle montre bien la nécessité de redéfinir le développement. Un développement agricole durable dans les pays pauvres passerait par le retour aux cultures vivrières locales; au lieu de cela, l'économie "globale" occidentale leur a imposé la monoculture agro-industrielle d'exportation, en direction des pays riches. D'où la dépendance étroite  des pays pauvres vis-à-vis des cours des matières premières. Résultat: on se retrouve, en ce début de XXIème siècle avec des émeutes de la faim.
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Cartes des émeutes de la faim

 

Italie sixtine

Il est fréquent chez les militants écologistes de de condamner le christianisme qui serait à l'origine de l'opposition et du mépris de l'homme à l'égard de la nature. Or, cette accusation, martelée comme un slogan, est fausse. Elle  se base sur les premiers versets de la Genèse mais sortis de son contexte: " l'homme devra soumettre et dominer la terre" (I, 28). Mais lisons la Bible dans sa totalité en en saisissant l'esprit: que constate-t-on?. L'homme fait partie de la Création, mais Dieu la lui confie pour qu'il en soit le berger. Si le créateur fait l'homme, "à son image", donc différent en cela du reste de la Création, ce n'est pas pour qu'il la saccage. L'Ecriture est explicite à ce sujet. Pourquoi ne le sait-on pas? Parce-que les traductions classiques de l'hébreu au latin, puis du latin au français, ont durci le sens initial des versets en question. Replacés dans leur contexte, les deux verbes traduits par "dominer, soumettre" doivent être traduits et s'entendre par "être responsable de la Terre". Le jardinier domine le jardin, mais pas pour le détruire: pour le faire fleurir et fructifier! C'est en ce sens-là qu'il faut comprendre le verbe "dominer".

 

France Pierre & Gilles Le jardinier

 

Le jardinier domine le jardin non pour le saccager mais pour le protéger et le faire fructifier...


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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 19:56

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SUR LA ROUTE...1947

 

 

 

 

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Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise,un apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, un jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l'entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et... d'eux-mêmes.

 

SITE OFFICIEL

 

 


 

 

 

Sur la route (On the Road) est un road movie franco-canado-brésilien réalisé par Walter Salles, adapté du roman homonyme de Jack Kerouac, sorti en 2012.

 

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Sal Paradise, jeune écrivain new-yorkais, rencontre un ex-taulard au charme ravageur, Dean Moriarty, et leur entente est immédiate. Avec la femme de Dean, Marylou, ils partent tous trois vers l'Ouest, pour la vie libre dont ils rêvaient...

 

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Aprés des decennies de tentatives abandonnées, l'adaptation de Sur la Route de jack Kerouac (1922-1969), le roman culte de la beat generation, voit enfin le jour. C'est dire si l'envie de le découvrir est grande, d'autant que c'est un vrai cinéaste qui le réalise et qu'il partage pour ce livre la passion des fans de la première heure. Le Brésilien Walter Salles n'imaginait pas qu'il réaliserait un jour ce film; c'est le détenteur des droits, Francis F.Coppola, qui lui a confié le projet. Pour s'en rendre digne, Walles a refait lui-même l'expérience de la route de Kérouac.

 

 

 

 

 

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Le résultat au niveau de la restitution des années 40 à 60 est d'un assez bon niveau, avec les clubs de jazz, la route rectiligne au milieu du désert, les pueblos mexicains écrasés par un soleil blanc. Et puis, aussi, comme dans le roman,les scènes d'alcool, drogue & sexe; elles étouffent cependant la dimension lyrique et contemplative de la route, sans laquelle on ne peut comprendre sa fascination.

Les portraits des principaux protagonistes sont bons dont les noms fictifs cachent les héros réels de la Beat Generation Allen Ginsberg (Tom Surridge) ou Camille/Carolyn Cassidi (Kirsteen Dunst).

Mais, car il y a toujours un MAIS, il me semble que le couple principal, Dean Moriarty/Neal Cassidy & Marylou/Lunne Henderton, souffre de la fadeur de leurs interprètes et il est difficile de comprendre la fascination qu'exerce Moriarty, alors que tout est là...

 

 

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LA GENERATION DE L'APRES-GUERRE
USA Armistice 1945
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On-the-Road-2.jpgSegregation 1Boxing boy Vintage-Beefcake-vintage-beefcake-30287348-500-6Training to beat or to be beaten...

 

 

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After smoking a nylon fitted carpet...
and then his drawers:that's the best!

Beat generation

 

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Mouvement littéraire et culturel américain qui a regroupé durant les années 1950-1960 des jeunes, des écrivains (A. Ginsberg, J. Kerouac [Sur la route, 1957], W. Burroughs), des artistes peintres de l'Action Painting et un poète-éditeur (L. Ferlinghetti).

 

 

Le sens du mot beat est incertain : il peut signifier « battu », « vaincu » ou « battement » (par allusion au jazz), ou encore exprimer la « béatitude ». On retrouve cette racine dans beatnik (nik, gars) ; beat peut s'employer seul comme adjectif. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, jeunes écrivains groupés à San Francisco en 1950, se baptisèrent eux-mêmes la Beat generation, la génération vaincue, la génération du tempo.

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William Burroughs (1914-1997) à sa machine à écrire: ivre,il tua sa femme accidentellement en se prenant pour Guillaume Tell...

 


Pour comprendre ce mouvement et sa place dans l'avant-garde, il convient de rattacher sa révolte à une tradition libertaire et individualiste qui remonte au XIXe siècle américain, lorsque l'injustice de certaines lois, en contradiction avec l'idéal démocratique américain, suscita les violentes critiques de Henry Thoreau (1817-1862). Cet écrivain, qui appelait à la « désobéissance civile » et qui condamnait le code matérialiste d'un pays dont, par ailleurs, il chantait la grandeur, a été reconnu par les beatniks comme un précurseur.

L'Europe joue également un rôle majeur dans la genèse de ce mouvement. La « beat generation » lit avec ferveur William Blake (1757-1827), Antonin Artaud (1896-1948, en bas,à gauche), Henri Michaux (1899-1984), tandis qu'Aldous Huxley(1894-1963,à gauche) qui séjournait alors sur la côte Ouest, lui fait découvrir la pensée orientale et l'usage systématique et « métaphysique » des hallucinogènes.

Les beatniks admirent l'écrivain W. Burroughs, révolté et drogué, et Henry Miller (1891-1980), qui raille le « cauchemar climatisé » des États-Unis.


Henry MillerHenry Miller

 

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Cette double influence, européenne et américaine, explique l'ambivalence des rapports de la Beat generation avec son pays. D'une part, elle cherche à redécouvrir l'immense territoire américain, tel qu'il s'est offert aux premiers colons, à retourner aux sources de la liberté :

 


« Et j'attends que quelqu'un

découvre vraiment l'Amérique

et pleure…

et j'attends

que l'Aigle américain

déploie vraiment ses ailes

et se dresse et s'envole… »

écrit Ferlinghetti.

 


À bord d'une vieille voiture, souvent abandonnée à la fin du périple, ou en auto-stop, les poètes beat sillonnent les États, campant à l'écart des routes, couchant à la belle étoile. Jack Kerouac s'est fait le chantre de cette libre errance (Sur la route, 1957). D'autre part, cet amour du territoire américain s'accompagne de mépris pour le peuple qui a oublié sa liberté première, sacrifiée à l'argent et au confort. Le beatnik s'identifie parfois aux indigènes, et même à la faune, décimés par les colons :

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« Je serai moi-même

Libre, un génie embarrassant

Comme l'Indien, le bison… »

 

(Corso.)

 


Chez Allen Ginsberg (1926-1997), la critique se fait virulente. Dans son poème Howl (1955), lu d'abord en public, il attaque avec une violence forcenée les institutions et le conformisme américains.

 

Darryl-Powers-vintage-beefcake-30812821-387-576.jpgDarryl Powers ou le consumérisme éperdu.

(yum-yum!It makes you hungry!

but not angry!)

 

 

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Extrait au hasard:

"who let themselves be fucked in the ass by saintly motorcyclists, and screamed with joy"

 

 

USA pub insurances

 

 

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Cependant, la Beat generation ne s'est pas engagée politiquement. Son refus du mode de vie américain se manifeste par l'adoption d'un spiritualisme naïvement inspiré du bouddhisme. Le beatnik veut être, en même temps qu'un vagabond fuyant son état civil, « un futur Bouddha (Instrument du réveil) et un futur héros du paradis » (Kerouac).

Il est un « clochard céleste ». Mais ce déraciné volontaire peut, tel Kerouac à la recherche de ses ancêtres celtes (Satori à Paris, 1966), tel Ginsberg célébrant sa mère juive (Kaddish, 1961), être habité par la nostalgie d'une origine.

 

 


 

 

La poésie beat, très peu littéraire, est faite pour la lecture à haute voix. Les oral messages de Ferlinghetti sont « des poèmes conçus spécialement pour accompagnement de jazz ».

 


 

 

 

L'écriture beat, indisciplinée, ne marque aucun choix dans le flux de sensations qu'elle tend à épouser dans sa totalité. La prose de Kerouac, également destinée à la lecture publique, se modèle, au fil de la plume, sur l'errance et les repos du beatnik, usant d'un rythme de jazz, du ton ample de l'hymne ou de la forme relâchée de la conversation.

 

 


 

 

Devenus rapidement riches et célèbres, les poètes de la Beat generation, qui, selon eux, ne furent jamais des révolutionnaires, n'en continuent pas moins à manifester, publiquement ou dans leurs écrits, leur refus de la politique et du mode de vie américains.

 

Woodstock redmond crowd

 

Woodstock (15-17 août 1969)

 

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Bob (Zimmerman) Dylan en 1963.

 

 

 

 

 

 

L'influence de la Beat generation reste immense aux États-Unis, dans la naissance et le développement du mouvement hippy, notamment. De nombreuses chansons de Bob Dylan et le film Easy Rider (1968), par exemple, se réfèrent à la mythologie beat, qui a également suscité l'émulation dans une fraction de la jeunesse européenne.

I-am-Bored.jpg
onusida.jpgEt vint celui qui devait venir: le SIDA.
"Que faisiez-vous au temps chaud?
Vous chantiez? J'en suis fort aise! Et bien, dansez maintenant!"
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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:53

 

 

 

...Elle n'est pas morte Adèle!?!?...

 

 

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En cette année 1912, Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, est prête à tout pour arriver à ses fins, y compris débarquer en Égypte et se retrouver aux prises avec des momies en tout genre. Au même moment à Paris, c'est la panique ! Un œuf de ptérodactyle, vieux de 136 millions d'années, a mystérieusement éclos sur une étagère du Jardin des Plantes, et l'oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Pas de quoi déstabiliser Adèle Blanc-Sec, dont les aventures révèlent bien d'autres surprises extraordinaires...Et j'ai revu à la TV cet excellent film avec beaucoup de plaisir!

 

 

 

 


 

Le film est l'adaptation de la célèbre BD de Jacques Tardi, publiée pour la première fois en 1976 et qui relate les aventures d'une journaliste intrépide dans le Paris de la Belle Epoque. Luc Besson a décidé de mettre en scène deux des neuf albums dans Adèle Blanc-Sec et prévoit de décliner la saga en trois volets:

" J’ai écrit une première adaptation en m’efforçant de rester très fidèle à la BD, à l’univers de Jacques Tardi, aux caractéristiques profondes du personnage d’Adèle Blanc-Sec. C’est avec une angoisse non dissimulée que j’ai remis mon script à Tardi ! C’était angoissant dans la mesure où il est un auteur de BD et que je m’étais approprié son personnage en l’adaptant. Et puis j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il a lu le script et il m’a dit… : « Voilà c’est super ! ».

 


 

 

Il reconnaissait complètement sa BD, complètement son personnage et en même temps il découvrait l’adaptation cinématographique de sa BD et pas une simple transposition de sa BD en images. C’est cela qui l’a vraiment séduit. La seule modification qu’il m’ait demandée est de changer le prénom d’un des personnages."

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Quelle frimousse et... quel (sale) caractère!

 

 

C'est le premier grand rôle incarné par Louise Bourgoin, ancienne miss météo de Canal+, au cinéma, puisqu'elle incarne l'héroïne éponyme du film. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Luc Besson lance la carrière d'une actrice au cinéma, on pense notamment à Anne Parillaud dans Nikita ou encore Milla Jovovich dans Le Cinquième élément.

Pour interpréter Adèle Blanc-Sec, le réalisateur dit avoir hésité entre quatre actrices françaises, dont Sylvie Testud, qui a elle-même incarné une héroïne de BD, le personnage de Calamity Jane dans Lucky Luke aux côtés de Jean Dujardin. Luc Besson raconte sa rencontre avec Louise Bourgoin :

 

 

C'est-y- pas mignons tous les deux?!

 

"Cela faisait pas mal de temps que j’observais Louise Bourgoin, la Miss Météo fantasque de Canal + que l’on connaît puis tête d’affiche au côté de Luchini dans le film d’Anne Fontaine. Le fait qu’elle soit capable d’interpréter toutes sortes de personnages différents m’a séduit car cette aptitude là est rare. Son talent est parfaitement adapté au rôle d’Adèle pour lequel elle doit avoir une quinzaine de déguisements. Nous nous sommes rencontrés, elle m’a plu tout de suite, j’étais sûr que c’était elle Adèle. Louise est une personne très ouverte, toujours sur le coup, capable de passer du chaud au froid en un clin d’oeil tout comme le personnage d’Adèle en moins folle… Elle est une jeune femme extrêmement sérieuse sur qui l’on peut compter. Avec Adèle c’est un peu plus compliqué parce qu’elle poursuit sa route et rien ne peut l’arrêter ! Sur le tournage, l’équipe avait surnommé Louise « la comptable » parce qu’elle passait son temps à vérifier les raccords, les nombres de plans, elle savait tout. Notre collaboration a été une vraie révélation."

 


 

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’essentiel du tournage s'est fait en studio. Les décors ont nécessité près de huit mois de préparation et ont été développés sur près de 800 m2, comprenant des reconstitutions de lieux historiques tels que le Louvre ou encore la grande pyramide d’Egypte.

 

 

Rondelles de Mort-Adèle ?
Perspicace Adèle! Voila une Française qui ne risque pas de se faire niquab!


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"C'est une longue histoire. En fait, je suis tombé amoureux de son personnage il y a une dizaine d'années. J'avais essayé de contacter Tardi une première fois mais malheureusement il voulait faire Adèle avec un autre metteur en scène. Sur le moment, j’étais un peu triste mais comme c’était un « grand » réalisateur, j’ai trouvé cela bien et lui ai souhaité bon courage. J’ai attendu avec impatience un film qui n’est jamais venu. Au bout de trois ou quatre ans, j’ai rappelé Tardi qui m’a dit être très fâché contre ce metteur en scène, contre le cinéma tout entier. Bref, il ne voulait plus entendre parler de rien. J’ai dû le convaincre de revoir sa position. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Il a fallu lui redonner confiance, montrer patte blanche et attendre encore un an pour récupérer les droits que son agent avait cédés à quelqu’un d’autre. Après six années d’attente et de négociations, Tardi a fini par accepter de me céder les droits de son Adèle."

 

 


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Ce n'est pas la première fois que l'acteur Mathieu Amalric joue les méchants; on a pu le voir notamment dans Quantum Of Solace en 2008, face à James Bond joué par Daniel Craig. Luc Besson explique les raisons pour lesquelles il l'a choisi pour incarner le redoutable Dieuleveult:

" Mathieu Amalric est l’un des premiers acteurs que j’ai choisi sur Adèle. J’aime beaucoup Mathieu, aussi bien l’homme que l’acteur, l’un des plus doués de sa génération, capable de se métamorphoser d’une manière incroyable. Sa performance dans Le Scaphandre et le papillon est prodigieuse ! J’ai donc vu Mathieu pour lui proposer le rôle de Dieuleveult. Il m’a dit qu’il avait décidé de ne plus faire l’acteur, qu’il se consacrait à la mise en scène. Et puis en fait, je l’ai eu aux sentiments et avec l’aide de ses enfants. Il est rentré chez lui et je crois qu’il en a parlé à son fils qui lui a dit : « Mais tu es fou, Tardi, Adèle Blanc-Sec c'est génial, il faut que tu le fasses ! ». Il m’a rappelé pour me dire qu’il ferait une exception pour Adèle. Voilà pour la petite histoire et ce tournage a été un réel plaisir. Maintenant, quand on découvre le personnage de Dieuleveult dans le film, je pense que si on ne sait pas que c’est Mathieu qui interprète ce rôle, c’est impossible de le reconnaître, sa physionomie a changé, même son timbre de voix est modifié. C’est une composition totale et assez exceptionnelle du personnage...

 

 


Pour camper Caponi, Gilles Lellouche dont la rencontre avec Luc Besson date de 2003 sur le tournage de son premier court métrage Pourkoi... passkeu, a dû prendre un peu de poids.

"Je ne lui ai pas demandé de prendre trente kilos en deux mois comme Scorsese l’a exigé de De Niro pour Raging Bull, nous lui avons simplement mis des coussins un peu partout ", précise le cinéaste. Il ajoute: " Il a un comique de situation en permanence, il est toujours un peu décalé. C’est l’un des personnages charnière de l’histoire et c’est un bon contre poids au personnage de Louise et à son enquête."

Luc Besson a travaillé sur Adèle Blanc-Sec avec d'anciens collaborateurs à la technique, s'entourant de Thierry Arbogast à la lumière, avec qui il travaille depuis Nikita, mais aussi d'Olivier Beriot pour les costumes avec qui il a notamment travaillé sur la trilogie Arthur.

Pour les décors qui occupent une place prépondérante, le réalisateur a fait appel à Hugues Tissandier (Jeanne d'Arc, la trilogie Arthur ):

"Nous avons travaillé, comme à chaque fois, sur des maquettes de décors assez petites. Le fait de préparer sur des volumes réduits permet de mieux définir les angles de la caméra. On s’aperçoit rapidement si les plafonds sont trop hauts, trop bas, les murs trop loin les uns des autres. Hugues utilise à présent le numérique pour préparer et pré-visualiser ses décors. Cela me permet de m’y balader virtuellement, de définir les axes de tournage, d’affiner mes choix de focales très en amont. Nous faisons aussi des économies grâce à cette nouvelle technologie dans la mesure où nous réduisons la construction des décors à ce qui sera filmé. Notre travail de recherche a été facilité par l’abondance de documents sur l’Egypte et par la collaboration précieuse de Tardi qui nous a ouvert sa bibliothèque personnelle. Jacques possède un appartement rempli d’ouvrages et de documents d’époque et Hugues a passé beaucoup de temps avec lui. Je crois que Tardi a été assez impressionné par la qualité de notre travail si j’en juge par sa réaction lorsqu’il a découvert l’appartement d’Adèle. C’était une scène très émouvante. Jacques arrive sur le décor et pénètre dans l’appartement d’Adèle qu’il a donc dessiné et tout à coup, Adèle / Louise en costume vert avec son chapeau à plumes vient à sa rencontre et lui tend un livre d’Adèle qu’elle venait de lui dédicacer. C’était vraiment un beau moment."

 

 

 


"Comme quoi l'argent ne fait pas toujours le bonheur Aziz..."

dixit Adèle.

 

Tardi raconte que le personnage d'Adèle Blanc-Sec lui est venu en tête avant tout parce qu'il n'y avait pratiquement que des héros masculins dans l'univers de la bande dessinée, hormis quelques exceptions comme Barbarella, dans un registre érotique, ou encore Bécassine. Il raconte ainsi comment il a construit le personnage de femme émancipée et moderne qu'est son Adèle:

 

"J’ai par ailleurs toujours été très intéressé par le roman-feuilleton dont la grande époque se situe à la fin du XIXe, début du XXe siècle. Un des plus célèbres romans-littéraires parus en 1910 est Arsène Lupin par exemple. Du coup, j’ai décidé que mon héroïne serait contemporaine de ces années là. La question était aussi de savoir ce qu’elle allait bien pouvoir faire comme métier (...) elle pouvait faire le même métier que moi et transposer en 1910, elle serait feuilletoniste. On la voit de temps en temps sur sa machine à écrire, on la voit chez son éditeur, elle en parle et même si, au bout du compte on la voit très peu travailler, cela nous donne une indication sur son style et son niveau de vie. Elle n’est pas une grande bourgeoise, elle travaille, c’est une femme émancipée, une femme résolument moderne qui n’a pas du tout la mentalité des femmes de cette époque. Enfin, il me fallait un décor de base. J’utilise les lieux de Paris car j’aime les dessiner. J’aime beaucoup les musées car ils m’inspirent et en particulier le jardin des plantes avec sa verrière, ses vitrines et tout le bazar scientifique qu’il renferme. Dès lors, j’avais mon personnage et le point de départ d’une histoire : le jardin des plantes et bien avant Jurassic Park et Indiana Jones je précise, un œuf de ptérodactyle vieux de 136 millions d’années qui allait éclore et semer la terreur sur le Paris de 1900."

 

 

Cela faisait dix ans que Luc Besson souhaitait acquérir les droits d'adaptation de la bande dessinée de Tardi. A l'époque, ils avaient été cédés à un réalisateur de renom mais le projet n’a jamais vu le jour. Lorsque le réalisateur a appris que les droits étaient de nouveau disponibles, il a immédiatement proposé de les racheter.

 

 

 


 

"L’Adèle de Luc est un peu moins antipathique que dans la bande dessinée. Elle est plus humaine, elle a une vraie sensibilité. Au fil de l’histoire, on se rend compte qu’il y a des choses qui la blessent, qu’Adèle a des failles qu’elle essaye évidemment de dissimuler. Elle est opiniâtre, effrontée, touchante, franche et elle a beaucoup d’humour. C'est une sorte d'Indiana Jones au féminin. Tout au long du scénario, elle vit des aventures rocambolesques comme chevaucher un ptérodactyle, réveiller des momies, naviguer sur le Nil dans un sarcophage, sauver le Président de la République et traverse des moments plus intimes, plus émouvants, avec sa sœur notamment. C’est agréable de jouer une héroïne aussi physique et aussi courageuse. C’est rare dans ce genre de cinéma. Les femmes sont plus souvent les faire-valoir des hommes. Elles répondent à des stéréotypes, elles sont les passe-plats du rôle principal qui est la plupart du temps masculin. Dans le film de Luc, il y a une héroïne qui contrôle l’histoire du début à la fin. C’est un vrai beau rôle !"

 

 


 

 

Tardi avoue s'être inspiré de Fritz Lang pour le côté fantastique de son œuvre ainsi que de Jules Verne pour son côté " bricolage et inventions", ce qui explique une ambiance poético-scientifique, ainsi que "des histoires délirantes qui ne tiennent pas debout mais dans lesquelles on se laisse embarquer de manière presque enfantine".

La productrice Virginie Besson-Silla, explique la nécessité pour Besson et elle-même d'impliquer Tardi dans le processus d'écriture du scénario afin de rester davantage en cohérence avec sa bande-dessinée:

" Luc avait son idée en tête de l’adaptation et des éléments cinématographiques qui se devaient d’exister dans le film. Néanmoins, il tenait à ne pas dénaturer l’oeuvre de Tardi avec qui nous avons organisé quelques séances de travail, la question étant de savoir ce que Tardi voulait voir à l’image. Cela étant, Luc voulait aussi étoffer le personnage d’Adèle et la rendre plus émouvante. C’est une des raisons pour laquelle il a intégré le personnage d’Agathe, la soeur d’Adèle. L’écriture a été assez rapide, il faut dire que Luc avait ce projet en tête depuis dix ans ! Tardi a aimé le scénario dès la première lecture. C’était essentiel pour nous qu’il ne se sente pas trahi et qu’on ne dénature pas son oeuvre".

 

Le dessinateur a été également sollicité durant le tournage du film :

"Dès la préparation, Hugues Tissandier, le chef décorateur, et Olivier Beriot, le créateur des costumes, sont allés chez Tardi pour consulter ses archives et s’imprégner de son univers. Pendant le tournage, Tardi est venu régulièrement voir les décors qui se montaient et nous donner ses remarques".

De la BD au film

L'adaptation d'une bande dessinée au cinéma est un pas de géant qui exige de faire des choix. La productrice Virginie Besson-Silla, revient sur la façon dont l'adaptation des aventures d'Adèle a été abordée: "Je pense qu’au départ, il est essentiel de jauger les éléments qui nous font aimer la bande dessinée et qui la rendent unique. Il faut ensuite élaborer la structure narrative d’un long métrage et déterminer toutes les scènes de la bande dessinée que l’on veut garder. Pour Adèle, nous nous sommes attachés à conserver les personnages de la bande dessinée avec leurs physionomies tellement particulières, les décors incroyables, l’ambiance et nous avons pioché dans différents albums.…".

 

 

 


Elle en a dressé des plus coriaces, Mam'zel Adèle!!

 

 

 

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Le chalet du cycle au Bois de Boulogne vers 1900, peinture de Jean Beraud; musée Carnavalet, Paris.

 

AH! LA BELLE EPOQUE!

(1890-1910)

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Il existe deux images de la Belle Époque: celle qu'ont forgée les souvenirs idéalisés des Français après la boucherie de la Grande Guerre; celle que nous impose la vérité de l'Histoire.

1900, c'est Maxim's, l'Exposition Universelle,  la paix depuis trente ans, les flonflons des Polkas, la première ligne du métro, la rente à 3,5% la douceur de vivre et une certaine insouciance procurée par les progrès des techniques et des sciences, l'homme qui peut finalement se passer de Dieu...

L'autre Belle Époque, celle de l'histoire, ne lui ressemble que de fort loin.

C'est l'Affaire Dreyfus qui divise encore plus les Français, dont beaucoup sont royalistes de coeur, l'Etat qui se dégrade dans le laisser-aller, l'amertume  et l'humiliation après la défaite de 1871, une Alsace-Lorraine annexée par une Allemagne puissante, fière  et prestigieuse. En attendant la revanche, on regarde vers d'autres horizons: l'Afrique, l'Asie où la France veut se tailler un Empire colonial.

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Et si une partie de la jeunesse dorée, poétique et rêveuse, fait ses délices de ce qu'il est convenu d'appeler "l'esprit fin de siècle" ("Nous nous regardions mourir soignant notre attitude"), toute une jeunesse s'élance à l'assaut de la planète...La deuxième Révolution industrielle donne du travail à des ouvriers et ouvrières qui ne partent jamais en vacances et n'ont qu'un jour de repos dans la semaine. Enfin, la Belle Époque, c'est aussi la confirmation du combat pour la justice sociale, inscrit dans le cadre du triomphe de la bourgeoisie, celle-là même qui fit la Révolution de 1789 mais qui peine toujours à partager le produit de la richesse et à payer l'impôt sur leurs revenus souvent colossaux.

Au service de la grande et petite bourgeoisie, la police doit affronter un nouvel et redoutable adversaire: l'anarchiste. Les meurtres et les attentats en milieu urbain sont sa spécialité...

 

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Les laveuses; Abram Jefimowitsch Archipow (1862-1930) Russie, 1901.

Cette peinture montre le labeur harassant et sous-payé de certaines femmes en milieu urbain,  à la Belle Époque en Russie; mais la même scène aurait pu se rencontrer en France

où la durée maximale de travail des adolescents de treize à dix huit ans et des femmes est ramenée à partir du 2 novembre 1892 de douze à onze heures  par jour. Les femmes et les adolescents devront, en outre, disposer d'un jour de repos par semaine.

 

 

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Sous-titre: "L'Apache est la plaie de Paris: plus de 30 000 rôdeurs contre 8000 sergents de ville".

 

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Un des premiers attentats anarchistes en 1891: il vise le commissariat de police de la rue des Bons-Enfants à Paris.

Les forces de l'ordre républicain sont sur les dents...

 


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Après la courte période de calme qui suit les élections de 1889, le scandale de Panama et les attentats anarchistes dominent la vie du pays de 1892 à 1894...

 

"Dieu, c'est le Mal; la propriété, c'est le vol!".

Et par comble de malheur, Caponi aime les oeufs durs...

 

L'idéologie anarchiste, internationaliste, issue du socialisme avec Joseph Proud'hon (1809-1865) est contenue dans ce slogan qui condamne les deux fondements de la société du XIXème siècle.

Cette idéologie nihiliste eut pour théoriciens les russes Bakounine et Tropotkine puis les Français Elisée ReclusMalatesta ou Jean Grave. Dés 1876, les anarchistes prônent " la propagande par le fait"; puisque la société est décidément bien mal construite, ils vont procéder à coups de "reprises individuelles", c'est-à-dire en volant et en tuant. La misère persistante, le conservatisme "petit bourgeois" de la IIIème République et ses scandales politico-financiers expliquent la vague d'attentats anarchistes contre les biens et contre les personnes, que connaît la France dans les années 1892-1894. Puis, dès 1895, s'opère un chagement: l'engagement dans les syndicats et le militantisme auprés des "travailleurs", ceux qui ne vivent pas de leurs rentes.

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Le président Sadi Carnot et le tsar Alexandre III scelleront par une poignée de main historique l'accord signé en décembre 1893 entre la France et la Russie.

Les deux chefs d'Etat mourront assassinés...

 

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Le pont Alexandre III à Paris est inauguré par le tsar Nicolas II en 1896.


 

L'Alliance franco-russe: la petite  III ème République s'allie avec le géant de  l'Autocratie.

 

Surprise! Avant 1914, l'Europe la plus moderne est constituées de monarchies soutenues par des aristocraties dynamiques...

 

La convention militaire est signée le 17 août 1892; elle équivaut à une alliance encore secrète qui stipule que les deux pays se soutiendront mutuellement en cas d'attaque de l'Allemagne qui s'est dangereusement rapprochée de l'Autriche-Hongrie. Il y a désormais deux blocs d'alliance en Europe: tout est prêt pour la déflagration de 1914...

Pendant des decennies, la propagande soviétique a déformé la réalité de la Russie prérévolutionnaire, proclamant sa prétendue arriération économique et sociale. Un examen rigoureux des faits et des statistiques confirme au contraire ce que les analystes impartiaux savaient dés l'époque de Boris Souvarine (1895-1984; historien, essayiste, journaliste russe): loin d'être un pays  retardé ou totalitaire, la Russie à la veille de 1914 est depuis dix ans un pays en plein essor: démographique d'abord mais qui occupe déjà la cinquième place dans le monde pour la production économique et la première pour la production industrielle, battant tous les records mondiaux avec une croissance moyenne de 10% par an entre 1898 et 1913, ce qui explique les tensions sociales dans cet immense empire. La production d'acier est multipliée par cinq et les chemins de fer connaissent une progression titanesque aboutissant à 70 000 kms de voies dés 1914: le spectaculaire transsibérien est achevé en 1902.

Le servage est aboli (3 mars 1861) avant l'esclavage dans le sud des Etats-Unis où il faudra pour cela cinq années de guerre civile impitoyable.

Ce dynamisme s'accompagne d'une extraordinaire effervescence intellectuelle et artistique. Pendant que l'Occident émerveillé  découvre avec retard  les immenses génies de la seconde moitié du XIXème  siècle, Dostoïvski, Tchaïkovski ou Rimsi-Korsakov, une autre génération est déjà à l'oeuvre: celle des Scriabine et des Stravinski, des Biély, Blok, Bounine, Brioussov ou Andreiev, dont la "modernité" ne le cède en rien à celle  de la France, et qui vaudra à cette époque l'appellation d' "âge d'argent"...

 

 

 

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  28 juin 1894, le président de la République Sadi Carnot est assassiné à Lyon par un anarchiste italien.


D'autres attentats sont perpétrés : le 12 février 1894, une nouvelle bombeest lancée au Café Terminusde la Gare St Lazare à Paris, faisant de nombreuses victimes.

Le 24 juin suivant, le Président de la République Sadi Carnot -celui qui avait signé l'Accord franco-russe- arrive à Lyon pour inaugurer les fêtes de l'Exposition du Parc de la Tête-d'Or; à 9h du soir, se rendant à une représentation de gala, il traverse la ville en voiture, lorsqu'il est poignardépar un anarchiste italien de vingt et un ans, Jeronimo Caserio. Ce dernier voulait venger l'exécution de Vaillant, un autre anarchiste qui avait lancé une bombe à la Chambre des Députés.

Le 25 juin est un jour de deuil mais aussi de colère dans tout le pays où quelques excités pillent les boutiques italiennes.

A la suite de ces attentats, les forces de police sont considérablement renforcées...

 

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Les Français (et les Françaises) des années 1890 découvrent les joies du sport; cette mode vient d'Angleterre où les jeunes aristocrates, étudiants dans les plus prestigieuses universités, s'affrontent au rugby, au football au polo, à la boxe anglaise et au tennis.

C'est alors que les premières compétitions sportives sont organisées sur le modèle anglais. La grande bourgeoisie et l'aristocratie européennes sont passionnées de tennis, d'équitation, de golf ou d'escrime avec des variantes selon les pays: en France les jeunes gens pratiquent la boxe française ou savate; mais un des sports préféré est la bicyclette...

 

Dés 1880, un élève de l'Ecole alsacienne , Jean Charcot, crée avec quelques camarades une société de football; des élèves du Lycée Condorcet , de l'Ecole Monge et du Collège Rollin fondent, en 1882, le Racing Club, Société de course à pied.Deux ans plus tard, les Lycéens de St Louis  les imitent avec le Stade français.Les deux sociétés athlétiques s'unissent en 1887 dans l'union française des sports athlétiques, présidée par le baron  Pierre de Coubertin (1863-1937).

Dés 1888, Coubertin songe à remettre à l'honneur la compétition internationale des Jeux Olympiques. En 1894, lors d'un congrés à la Sorbonne, il réunit les représentants de quatorze nations. La décision officielle du rétablissement des jeux est adoptée; il est précisé qu'ils auront lieu en Grèce pour renouer symboliquement avec la tradition. Grâce à une souscription publique publique et avec l'aide d'un riche grec, Averof, le stade Périclès est reconstruit en 1895 et accueille dés l'année suivante les premiers Jeux olympiques modernes.

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USA leyend man & girl driving a skying machine

Leyendecker, 1910; USA.

 

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Taking the count,Thomas Eakins (1844-1916); England.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Le boxeur triste" de Konstantin Somov, 1916; Russie.

 

 

 

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Leyendecker, 1907;USA.

 

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Affiche de Toulouse-Lautrec pour les cycles Michaël; 1896.

 

 

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Course du Mont Ventoux (Vaucluse); France, 1900.

 

Premiers internationaux de France de tennis en 1891; premier Championat de Rugby en 1892; de Football en 1894; première course de ski féminin dans les Alpes en 1893... Le sport connaît un essor sans précédent au cours de la décennie 1890.

De nouvelles "machines" apparaissent : la bicyclette, mise en vogue dans tous les milieux par les compétitions. De nouveaux journaux s'en font l'écho: Le Vélo qui devient L'Auto-Vélo, puis L'Auto, dont le directeur Henri Desgrange, est à l'origine, en 1903, du premier Tour de France, compétition rapidement populaire. Bientôt, Paris compte quatre vélodromes: Parc des Princes, Vélodrome d'Hiver, Buffalo et piste d'été de Vincennes.

Des courses automobiles sont organisées: Paris-Versailles en 1886, Paris-Rouen en 1894, Paris-Bordeaux-paris en 1895; très suivies, elles montrent les progrés en matière de vitesse: en 1900, Charron atteint 60 km/h de moyenne sur Paris-Lyon, en 1901, Fournier, 90 km/h sur Paris-Bordeaux.

Les Européens en général et les Français en particulier se passionnent enfin pour l'aviation naissante et les exploits de Louis Blériot ou de Roland Garros.

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Louis Blériot (1872-1936); ingénieur "touche-à-tout" comme il y en avait tant à cette époque: il améliore les automobiles, les bicyclettes, les avions...

 

 

 

La Grande-Bretagne et l'Allemagne se disputent la suprématie maritime dans les domaines civils et militaires; pour satisfaire une clientèle de voyageurs de plus en plus  exigeants, ce sont les seules puissances industrielles capables de rivaliser en gigantisme, en rapidité et en confort luxueux pour atteindre l'Amérique.

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"Bremen", Allemagne; 1910

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Riesendampfer VATERLAND 1913"Vaterland" , Allemagne;1913

 


Adriatic (1907)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Adriatic"; GB, 1907

 

 

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"Le Café parisien" à bord du Titanic.

 

Titanic before departure Southampton

 

"Titanic", GB; 1912

 

Mademoiselle Blanc-Sec s'embarqua sur le Titanic: elle est morte Adèle?!?!

 


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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 07:31

 

 

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UNE LEGENDE ALLEMANDE

 

 

-SITE OFFICIEL-

 

 

 

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Le réalisateur, Uwe Boll, ancien boxeur,  nous raconte la vie et la carrière de ce boxeur allemand qui fut une idole à son époque, l'entre-deux guerre, en Allemagne. Il fut célèbre grace à son talent mais aussi parce-qu'il ne fut pas à la botte des Nazis: son entraîneur était juif et Schmeling prit des risques certains à cacher deux enfants juifs. En conséquence, le cinéma allemand peut s'emparer de cette figure emblématique, exemplaire et méritoire d'un Allemand qui aurait pu profiter des gratifications du Nazisme mais au lieu de cla, resta prudent et s'en tînt à une ligne de conduite quasi héroïque.
La séance de psychothérapie peut commencer...
Le film débute sur la période de la vie de Max Schmeling qui, pour autant, ira se battre pour défendre non le régime politique du IIIème Reich,  mais tout simplement sa patrie, comme la plupart des Allemands..
Pour interpréter le rôle de ce champion de la boxe allemande, il fallait un autre champion allemand: c'est Henry Maske, d'un incroyable talent. Par ailleurs, l'atmosphère de l'époque est bien restituée, surtout la période où les Nationaux-socialistes arrivent au pouvoir: atmosphère lourde et oppressante de rigueur, comme si la République de Weimar avait enfin offert enfin aux Allemands la paix et la sérénité, comme si le nouveau régime n'avait pas été absolument et légalement  appelé par un peuple allemand traumatisé par la défaite de 1918, affamé, fatigué et humilié par le Traité de Versailles, inquiet par la menace communiste, le chômage, l'arrogance des Alliés, pour redonner un nouveau souffle à la  puissance allemande et lui restituer la place qu'elle n'aurait jamais dû perdre.

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Max Schmeling German Movie Premiere

Published: Sep 30 2010 by: ProBoxing-Fans.com

 

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The premiere of the hotly-anticipated “Max Schmeling” movie was a huge success yesterday night in Berlin where 800 guests, including many VIPs, athletes and famous actors, enjoyed the first screening. Directed by Uwe Boll, the movie about the eventful life of one of Germany´s biggest sporting heroes received a loud ovation. One legend was impersonated by another one, with former IBF Light-Heavyweight Champion Henry Maske playing Schmeling. “Max Schmeling would have liked the movie,” Maske said. “In 2002 there was the first idea about a movie and Max spontaneously said that I should play his role. That is what happened now and it was a lot of fun.”

 

 


Maske Henry

 

 

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With Maske starring in his first-ever movie role, Team Sauerland was further represented by cruiserweight hopeful Yoan Pablo Hernandez, who played Joe Louis, Super Six contender Arthur Abraham (Richard Vogt), European Cruiserweight Champion Alexander Frenkel (Young Stribling) and Enad Licina (Jack Sharkey). Just as in real life, Ulli Wegner and Manfred Wolke had coaching roles. Top actors such as Heino Ferch (Max Machon) and Susanne Wuest (Anny Ondra) completed the star-studded line-up – in the movie and on the red carpet in Berlin yesterday. Also attending the premiere were WBO Cruiserweight Champion Marco Huck and WBA/WBC/WBO Female Welterweight Champion Cecilia Braekhus.

 

 

 

 

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Max Schmeling en 1928: il a à peine vingt trois ans et déjà la volonté de devenir un grand champion; dans deux ans, il sera champion du monde...

 

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"Zu dem grossen Box-Weltmeisterschaftskampf in Amerika! Max Schmeling bei der Arbeit am schweren Sandsack".

 

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En 1930, il est reçu en héros par les officiels de la ville de Berlin après avoir battu l'Américain Jack Sharkey le 12 juin. M.Schmeling devient alors Champion du monde dans la catégorie  poids lourds; il perdra ce titre deux ans plus tard, à nouveau face à Jack Sharkey.

Max Schmeling est un boxeur allemand né le 28 septembre 1905 à Klein Luckow (Mecklembourg-Poméranie occidentale) et mort le 2 février 2005 à Wenzendorf (Basse-Saxe). Il fut champion du monde poids lourds entre 1930 et 1932.

 

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Max Schmeling face à Joe Louis( 6 juin 1936); le "Bombardier brun" fut mis KO par le colosse allemand à la 12ème reprise.

 

 

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D'une beauté sculpturale, Max Schmeling devient l'archétype de l'Allemand idéal; le grand artiste Josef Thorak (1889-1952) l'immortalise alors en sculptant son buste. Le visage du champion devient vite un modèle pour le nouvel esthétisme officiel des régimes autoritaires des années 30-40 qui remplace le très tendance art "dégénéré" des années précédentes, fort apprécié par une bourgeoisie "enjuivée, bolchévique " et "anti-allemande".

 

 

Allemagne otto dix rue de prague 1930

 

Exemple d'art" dégénéré"; une vision de la vie objectivement mortifère:

 Otto Dix (1891-1869), " Rue de Prague" 1930.

 

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Egon Schiele (1890-1918); Autoportrait  nu, 1910 .

La majorité des Allemands ne se reconnaissaient pas dans ce type d'art et accueillit avec soulagement son bannissement.

 

 

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Sculpture d'Arno Breker  "Grace" (1938)

Les nouveaux  régimes autoritaires (Italie, Allemagne...) instaurent un retour aux racines et aux canons esthétiques  gréco-latins et germaniques de l'Occident.

La virilité, la féminité et la force sont exaltées...

 

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Josef Thorak (1889-1952) , "Kameraden"; 1937.

 

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Statues décorant le Stade de Marmi à Rome (1930)

 

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hitlerjugend

 

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Indéniablement, une immense partie de la jeune génération, née juste après 1918, fut séduite par le dynamisme et l'esthétisme du IIIème Reich dont les dirigeants comprirent très tôt que la force de la nouvelle Allemagne résidait dans sa jeunesse.

Cette dernière fut strictement encadrée au sein des établissements scolaires, de la Hitlerjungend, des mouvements universitaires et ouvriers qui privilégièrent la vie en plein air. Le résultat fut rapide: chute de la délinquance, de l'alcoolisme, des maladies chroniques comme la tuberculose; en outre, la jeunesse eut un but et un projet précis dans leur vie:

"Deutchland über alles"

 

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Hitler et Goebels, génial ministre de la Propagande et ami de Schmeling, signant des autographes aux patineurs de l'équipe canadienne pendant les JO 1936.

 

 

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Arrivée de la flamme olympique à Berlin

 

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Allemagne Berlin 36

 

 

 

Les JO de Berlin consacrèrent le retour de l'Allemagne dans le concert des grandes Nations européennes. C'est par le sport et la Hitlerjungend (Jeunesse hitlérienne) que le nouveau régime entendait "fortifier la jeunesse allemande en l'arrachant au confort bourgeois des démocraties décadentes".

 

 

 

 

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Très séduisant, Marlene Dietrich fut une de ses premières admiratrices...

 


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Mari de la star de cinéma Anny Ondra (1902-1987), il est le premier boxeur européen sacré champion du monde poids lourds le 12 juin 1930 après avoir battu l'américain Jack Sharkey.

 

Schmeling perd son titre aux points face au même Sharkey deux ans plus tard mais bat le boxeur noir américain Joe Louis le 6 juin 1936, mis à terre à la 4e reprise, puis KO au 12e round.

 

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The Baseball Stadium

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Lors du combat revanche organisé le 22 juin 1938 au Yankee Stadium (NY city), Louis gagne par KO technique au 1er round4. Max Schmeling dira plus tard :

« Après cette défaite, je n'existais plus pour Hitler, mon nom avait disparu des journaux. »

 

 

 

Que racontent les speakers japonais? Que Schmeling était un artiste!
22 juin 1938: Joe Louis/ Max Schmeling; défaite de M.Schmeling au Yankee Stadium en 2mn45.

 


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A New York, 1938.

(Wm. C. Greene, World Telegram staff photographer)

 

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1940

 

 

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Jeune parachutiste des Fallschirmjäger; troupes d'élite qui surgissent dans le ciel bleu de la Belgique, de la Hollande et de la France en mai-juin 1940...Les démocraties sont terrifiées.

 

 


Combattant héroïque des Fallschirmjäger (parachutistes de la Luftwaffe) pendant la Seconde Guerre mondiale, ses succès sont largement exploités par le régime nazi même s'il n'en est pas un sympathisant, bien qu'il ait été un ami de la famille Goebbels. Néanmoins, son entraîneur était juif et il avait caché deux enfants juifs chez lui lors de la nuit de cristal, enfants qu'il aidera à quitter ensuite le pays.

Après la guerre, il multiplie les opérations de relations publiques avec les forces américaines. Il se reconvertit avec son épouse dans l’élevage de poules et de visons près de Hambourg. Par la suite, il devient l'ami de Joe Louis. Il paye d'ailleurs plusieurs opérations de Louis et participe à ses frais d'enterrement.

 

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• Max Schmeling est élu boxeur de l'année en 1930 par Ring Magazine.

• Schmeling - Risko est élu combat de l'année en 1929.

• Schmeling - Stribling est élu combat de l'année en 1931.

• Baer - Schmeling est élu combat de l'année en 1933.

• Schmeling - Louis est élu combat de l'année en 1936.

• Il est membre de l'International Boxing Hall of Fame depuis 1992.

 

 

 

Max Schmeling/Steve Baer; 06/08/1933: Schmeling est sur la défensive...

 

 

Joe Louis/Max Schmeling: 02/08/1936
Max Schmeling/Steve Hamas

 

 

 

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Couverture du magazine sportif "RING", 1er n° en 1922; d'abord spécialisé dans la boxe & le catch; mais cette dernière discipline fut abandonnée car elle paraissait par les puristes comme étant "folklorique".

Le magazine a élu Schmeling boxeur de l'année 1930.

Schmeling/Louis est élu combat de l'année 1936.

 


 

 

 

GRANDEUR & DECADENCE DES BOXEURS

 

 

 

 

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Joe Louis (photographed by van Verten). Champion du monde entre 1937 et 1949.

Surnommé "Le Bombardier brun"; Max Schmeling se lia d'amitié fidèle avec son ex-adversaire: plus tard Schmeling l'aida à payer des interventions chirurgicales urgentes .

1918-1981

 

 

 

En amateur, Joe Louis remporta 43 de ses 50 combats par KO. Il devient boxeur professionnel en 1934 après s'être imposé aux Golden Gloves dans la catégorie mi-lourds.

 

Le « Bombardier brun » fut champion du monde des lourds entre 1937 et 1949. Il devint champion du monde le 22 juin 1937 à Chicago. Il resta invaincu jusqu'en 1949. Au cours des vingt-cinq combats qu'il disputa pour défendre son titre, seulement trois allèrent à la limite.

 

Sa carrière fut mise en veilleuse au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le sergent Joe Louis effectua pendant le conflit 96 exhibitions devant plus de 2 millions de soldats américains.

 

Joe Louis ne compte que trois défaites au cours de sa carrière. La première eut lieu le 6 juin 1936 face à l'Allemand Max Schmeling par KO à la 12e reprise.

La revanche entre Louis et Schmeling se tint le 22 juin 1938, et le Bombardier brun imposa sa loi à l'icône du régime nazi (qui devint plus tard son ami, payant d'ailleurs plusieurs de ses opérations et participant aussi à ses frais d'enterrement). Devant 80 000 spectateurs au Yankee Stadium, Louis terrassa le colosse Schmeling en deux minutes et quatre secondes. Il ouvrit la voie aux sportifs noirs au même titre qu'un Jesse Owens.

 


 


 Les deux autres défaites de Louis eurent lieu à l'occasion d'une tentative de come-back au début des années 1950. Il s'incline en 15 rounds face à Ezzard Charles4 puis face à Rocky Marciano, le 26 octobre 1951, par KO au 8e round au Madison Square Garden.

Joe Louis compte ainsi 3 défaites pour 65 (ou 68 ou 69 selon les sources) combats disputés chez les professionnels, dont 54 gagnés par KO.

 

Il fut désigné boxeur du siècle en 1981.

 

La ville de Détroit, où Louis habita la plupart du temps, a construit un mémorial en son honneur. Une salle omnisports, qui accueille aujourd'hui l'équipe de la Ligue Nationale de Hockey des Red Wings de Détroit, la Joe Louis Arena, porte aussi son nom.

 

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Jack Sharkey (Juozas Zukauskas)

1902-1994

 

 

Il devient champion du monde des poids lourds le 21 juin 1932 après avoir battu Max Schmeling mais perd sa ceinture l'année suivante par KO au 6e round face au géant italien Primo Carnera.

Jack Sharkey est élu boxeur de l'année en 1932 par Ring Magazine.

Il est membre de l'International Boxing Hall of Fame depuis 1994.

 

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Primo Carnera (1906-1967) devient champion du monde des poids lourds le 29 juin 1933, après sa victoire par KO contre Jack Sharkey qui l'avait auparavant battu en 1931.

Certains observateurs argueront que le combat était arrangé et que Sharkey avait été payé pour s'écrouler (chose que Sharkey démentira toujours). Ce titre achève la consécration du géant italien qui devient une idole dans son pays. Une idole bien vite récupérée par le régime fasciste de Benito Mussolini et la Mafia. Bien qu'obligé par contrat de défendre son titre au Madison Square Garden, il défendra une première fois son titre contre l'espagnol Paulino Uzcudun à Rome, sous les yeux du Duce. Carnera perdra son titre l'année suivante lors de sa troisième défense face à l'américain Max Baer.

 

Max Baer infligera une véritable correction au géant italien. Bien que plus petit et plus léger, Baer enverra Carnera au tapis à 11 reprises et remportera les 11 rounds. Deux ans plus tard, il revient pour affronter Joe Louis, le tout nouveau champion du monde. Il est mis KO en six rounds. À partir de là, sa carrière décline. Sa santé est fragilisée: diabétique, on doit lui enlever un rein en 1938. En 1944, il abandonne définitivement la boxe.

 

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Max Baer at Speculator, NY city, 1935; photographed by Stephania Puchlick.

 


 

 

Max Baer (1909-1959); en 1930, il s'impose comme meilleur boxeur de Californie en ajoutant 8 autres succès à son palmarès malgré deux autres revers.

Le 25 août à San Francisco il affronte le vétéran Frankie Campbell qui meurt au 5e round suite aux séquelles de ses précédents combats. Baer est acquitté par un tribunal pour homicide involontaire. Affecté au point d'en faire des cauchemars, le boxeur prendra en charge financièrement la famille du défunt. En revanche les organisateurs peu scrupuleux cacheront au public que Campbell souffrait d'une tumeur au cerveau et donneront toute la responsabilité de sa mort à Baer faisant de lui un "tueur du ring".

 

Sa réputation faite, Baer se rend dans les grandes villes de l'est des États-Unis où sont organisées les principales rencontres de boxe. Toujours traumatisé par la mort de son adversaire, il ne peut se résoudre à combattre en imposant son punch, son principal avantage et perd aux points 4 de ses 6 combats suivants contre les meilleurs boxeurs mondiaux: Ernie Schaaf, Tommy Loughran (champion des mi-lourds), Johnny Risko et Paolino Uzcudun.

 

Sa tournée dans cette région des États-Unis est un échec, Baer redevient un boxeur de second plan et retourne dans son fief d'Oakland.

De l'été 1931 à fin 1932, il se reprend et revient patiemment parmi les meilleurs mondiaux, il prend sa revanche contre Johnny Risko et Ernie Schaaf, puis bat King Levinsky et Gerald Griffith.

 

En 1933 il n'effectue qu'un seul combat (mais de taille) contre l'ancien champion du monde, l’allemand Max Schmeling. Max Baer gagne par KO au 10e round contre le meilleur boxeur d'Allemagne et sa prestation est reconnue comme combat de l'année. En attendant d'affronter le champion du monde en juin 1934 (le tenant du titre est à cette époque obligé d'affronter le challenger n°1 en juin de chaque année), Baer fait 14 exhibitions pendant l'année 1933 dont 3 contre l'ancien champion du monde Jack Dempsey

 

Le 14 juin 1934 au Madison Square Garden de New York, Max Baer se retrouve face au champion du monde italien Primo Carnera. La victoire semble acquise au champion doté d'un physique gigantesque en avance sur son époque. Baer parait faible en comparaison, pourtant dans les premiers rounds il envoie Carnera plusieurs fois à terre, imposant son punch à un adversaire qui malgré son avantage physique n'a pas le menton très solide. Carnera n'hésite pas à s'accrocher à Baer et à l'entraîner dans ses chutes. Après ce début spectaculaire et inattendu, Baer choisit de faire durer le combat, puis malmène sévèrement le champion dans les 10 et 11e rounds où Carnera retourne plusieurs fois au sol avant que l'arbitre ne mette fin à son calvaire.

 

Après cette victoire, Baer est devenu un champion à qui on ne peut opposer raisonnablement d'adversaire. Trop sur de lui, il se complait dans la facilité et parcours l'Amérique en une dizaine d'exhibition facile avant de défendre son titre en juin 1935 contre un adversaire qui semble peu dangereux: James J. Braddock.

 

Le 13 juin, le champion remonte sur le ring du Madison Square Garden. Face à Braddock actif et volontaire, il se montre provocant et hésitant. Il manque de mettre Braddock KO dans les 7e et 8e round mais perd la plupart des reprises sans jamais être réellement en danger. Braddock achève sa victoire en remportant haut la main la dernière reprise, sa meilleure de tout le combat. Baer s'illustre ainsi comme l'un de ces nombreux champions qui savent s'emparer d'un titre mais ne savent pas le conserver et le défendre efficacement.


En septembre 1935, Baer affronte l'étoile montante Joe Louis et à la stupéfaction générale, il est mis KO par le boxeur noir.

 

Le champion déchu de 27 ans ne cherche même pas à remonter au sommet de la catégorie et se contente de passer l'année 1936 à battre 25 faire-valoirs dans des combats en 6 rounds.

 

C'est en 1937 qu'il affronte à nouveau un adversaire de valeur: Tommy Farr. Il perd aux points mais gagne le combat revanche l'année suivante.

De 1939 à 1941, le boxeur californien ne fait aucun combat notable à part une victoire contre Tony Galento et perd par deux fois contre Lou Nova. Baer prend sa retraite et meurt d'une crise cardiaque en 1959.


Avec 71 victoires (53 KO) et 13 défaites (5 KO), Baer s'affirme comme l'un des meilleurs puncheurs des années 1930 et fait partie du club très fermé des champions possédant plus de 50 KO à leur actif. Il a battu les meilleurs de l'époque: Schaaf, Schmelling, Carnera mais la plupart de ses victoires ont été accomplies contre des adversaires trop faciles pour lui.

 

S'appuyant sur son punch et des enchainements de droites puissantes, il négligeait sa mobilité et sa défense. Son grand nombre de défaites est surtout dû à son manque de sérieux sur le ring, toujours provocant il perdait des rounds inutilement. Peu assidu à l'entraînement, gérant sa carrière avec maladresse, Baer a souvent hésité entre la boxe et le cinéma (il a obtenu quelques premiers rôles dont un film de boxe en 1933).

 

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Finalement, par sa probité et son professionnalisme, Max Schmeling demeure un exemple dans le monde de la boxe des turbulentes années 30.

 

 

 

 

 

 

BOXING & ART

 

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Konstantin Somov; sad boxer, 1916.

 

 

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Fletcher Martin, USA; Trouble in Frisco, 1935.

 

 


 

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Dessin & peinture de Robert Riggs (1896-1970) 


 

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Fletcher Martin; A lad from the fleet, 1935.

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Fletcher Martin, Cut man; USA, 1948

 

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Michael Tsakountatis, Greece.Boxers faces; 2007.Grece-Michael-Tsakountakis--Boxer--2007.jpg

 

USA-Beard_Two_Boxers_60x36.jpgBeard; Two boxers, 2006.

 

 


 

 

 

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Georges Carpentier par André Noyer, 1924

 

 

 

 

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Two boxers in the dark; NY City.1907

 

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George Welsey,USA. Dempsey & Fripo -The Dempsey Roll-; 1924.

 

 

 

Jack Dempsey; USA (1895-1983). Il est l'inventeur d'un mouvement utilisé par les meilleurs boxeurs par la suite et qui portera son nom : le « Dempsey roll » (Roulement de Dempsey). Il représente un mouvement « de roulement » exigeant une vitesse et une force considérables au niveau des membres inférieurs. Cette technique commence par une série de mouvements d'esquives. Pendant cette étape, la tête se déplace en un modèle proche d'un huit horizontal. En accélérant son mouvement, le boxeur avance. Une fois proche de l'adversaire, le combattant pousse avec ses jambes et utilise l'élan créé par le mouvement de balancier pour envoyer ses coups, souvent des crochets puissants et précis, au corps et au visage tout en se balançant, toujours dans le sens du « huit horizontal » pour maintenir l'élan et pour éviter les coups. Cependant, la montée verticale (aux extrémités du huit horizontal) est prévisible rendant le Dempsey Roll vulnérable aux contres précis et aux poussés adverses.

 

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George Bellows,USA. Stag at Sharkey's; 1909.

 

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Thomas Eakins (1844-1916), USA, Taking the count.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Boxing at the Young Men's Christian Association Camp, 1937, Minnesota, USA; MHS Photograph Collections 

 

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Boys boxing, England; 1926

 

 

 

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USA, Boxing boy; Beefcake Magazine, 1949 

 

 


 


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Boys boxing, David Bromley, oil & embroidery on canvas, Mossgreen Galery, South Yarra; Australia.

 

 

 

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Repton Boys  Boxing Club; England

 

 

 

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Boxing boy, Velvet Machine Magazine; photo by Thomas Lohr, 2010

 


 

 

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Ireland; Danny O'Connors, 2003.

 

 

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