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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 14:06
LA REVOLUTION FRANCAISE
 

14 Juillet 1789
14 Juillet 2011
 
Commémoration


Revolution francaise affiche1
 


Le film monument en deux parties  (1ère partie de Robert Enrico) fut réalisé à l'occasion du bicentenaire de la Révolution Française de 1789.
C'est une fresque grandiose, avec un gros budget, d'excellents acteurs, censée faire l'éloge des grands idéaux de Liberté, d'’Égalité, de Fraternité.

Un vrai bon film de propagande!

La première partie "Les années lumière" évoque avec lyrisme, la fièvre occasionnée par les nouvelles idées qui animent les élites appelées à jouer un rôle majeur dans la transformation de la société.
Une société idéalisée et fantasmée par les philosophes des Lumières, où enfin, règneraient la justice et la paix...Une promesse de Bonheur aprés des siècles de tyrannie et d'opression...


la-revolution-francaise-affiche-8023



La deuxième partie: "Les années terribles" de Richard Heffron, décrit avec réalisme ce qui ne serait qu'un funeste "dérapage" sanglant: la Terreur .

Mais l'analyse des faits ainsi que les récents travaux (à partir de 1989) de jeunes historiens scrupuleux de vérité historique et dégagés de toute idéologie, démentent cette lecture partisane de cette terrifiante Révolution Française.
En réalité, la violence aveugle et paranoïaque  de la Révolution fut voulue par une minorité agissante qui n'avait aucun intérêt à un processus de réformes pacifiques commencé dès 1777 par un  Louis XVI rempli de bonnes intentions mais dénué d'une vision politique claire et maladivemetant. En outre, Louis est rapidement dépassé par la vitesse avec laquelle les évènements se succèdent...
Cette Révolution fut, dès son début, la victoire de la canaille sur les honnêtes gens, du mensonge sur la vérité, du crime et de la  violence sur la justice.
Les grandes étapes commencent par les rumeurs, les ragots et la désinformation qui naissent au sein même de la Cour divisée en clans, relayés à la ville dans les nombreux Salons avec plus ou moins d'élégance, cet art fameux et bien français de la "conversation", en réalité une arme de destruction massive des réputations... par la langue .
La première cible, la plus vulnérable, est la reine que l'on surnomme avec mépris "l'Autri-chienne".
M.Antoinette book
Marie-Antoinette (1755-1793), reine de France et de Navarre, archiduchesse d'Autriche et de Lorraine : son mariage avec le roi Louis XVI concrétise un renversement d'alliances diplomatiques en faveur d'un rapprochement avec Vienne au détriment de Berlin et de Londres.
Mais l'opinion publique, de plus en plus pesante dans la vie politique française, passé un moment de grâce, se retournera contre cette reine d'origine étrangère, d'une beauté rare, mais souvent désinvolte, sur qui se déversera une somme de libelles et de calomnies, imprimés à l'étranger( Amsterdam ) et introduits clandestinement en France. Marie-Antoinette trouvera certains de ces libelles mensongers et orduriers. jusque dans ses appartements privés.
Le point culminant des attaques que l'infortunée reine aura à affronter est " l'Affaire du Collier". Mal préparée, la défense de la Reine, imprudente et pourtant innocente dans cette cabale orchestrée par certains membres de la Cour, ne parviendra malheureusement pas à restaurer son image aux yeux du Peuple.
 
 
Ordre d'embastillement du Cardinal de Rohan, Grand Aumônier de France, prélat  débauché et stupide qui fut manipulé avec aisance pour perdre la reine. Toutes ces intrigues scandaleuses détruiront la dignité royale et feront le lit de la Révolution.
 

Livre-noir-Revolution.jpg
Cet ouvrage n'entend pas "noircir" des faits qui témoignent par eux-mêmes. Cette violence inouïe, dont les commanditaires  se réclamaient pourtant des Lumières, produisit une onde de choc telle qu'elle devait s'étendre sur plusieurs générations.

Il est toujours dans l'intérêt d'une nation et d'un régime politique de faire briller quelques mythes fondateurs mais dans l'intérêt de ceux qui ont pris le pouvoir, de masquer la violence et l'arbitraire sur lesquels ils ont assis leur domination qui, par certains aspects, dure encore aujourd'hui.
L'Histoire ne s'écrit pas comme la mythologie, et son exigence de vérité ne devrait pas s'encombrer de visées utilitaires et partisanes.
Heureusement, après plus de deux siècles de mensonges et d'endoctrinement, des historiens, des philosophes, des intellectuels appartenant à une nouvelle génération, fouillent les archives, font parler le passé et restaure la réalité qui fut bien plus complexe que l'on essaie de nous faire croire...



Tout commence avec la Réunion des Etats Généraux.

Courant janvier 1789 un règlement royal est adressé par le pouvoir aux agents du roi afin d'organiser les élections des députés aux Etats-Généraux.

Dans ce règlement, Louis XVI parle de "droits restitués à la Nation de consentir l'impôt, de la périodicité future des Etats, de l'établissement d'un budget, de la fin de l'arbitraire ministériel en matière de dépenses, de liberté individuelle, de constitution et surtout de l'égalité de tous devant l'impôt".

Le préambule de ce règlement laisse présager un règlement rapide et équitable des problèmes du royaume.

"(...) Sa Majesté (...) s'est déterminée à rassembler autour de sa demeure les Etats Généraux du royaume non pour gêner en aucune manière leurs délibérations, mais pour leur conserver le caractère le plus cher à son coeur, celui de conseil et d'ami.(...) Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nous aider à surmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons relativement à l'état de nos finances (...)"

La préparation des élections avait apaisé les campagnes. Il semble qu'il n'y est pas eu véritablement de campagne électorale de la part du pouvoir royal. Par contre à l'échelle régionale, il semble certain que des organisations aient agi en répandant des modèles de revendications et de doléances à travers le pays. Qui finança la diffusion de ces modèles ? Peut être le Duc d'Orléans ... ?

 

Les élections dans les différents ordres

Chaque ordre vote à part pour élire ses représentants lors d'assemblées de paroisses.

La noblesse vote au suffrage direct. La plupart des représentants élus de la noblesse est issue de la petite noblesse (200 députés) alors que la haute noblesse sera en minorité (70 députés dont le Duc d'Orléans)

Le corps électoral du clergé s'est vu grossi de la totalité des curés issus du Tiers-Etat, ce sont eux qui rendront les assemblées du clergé si houleuses de par leur opposition avec les prélats du haut clergé. Ces assemblées verront l'élection de 200 curés et de 91 prélats.

Le Tiers-Etat reçoit à peu près le suffrage universel puisque tout homme de 25 ans inscrit au rôle des impositions est appelé à voter. D'ailleurs, ce large scrutin du Tiers déconcerte et déplaît fort à certains bourgeois qui se seraient satisfaits d'un corps plus restreint. Dans la majeure partie du royaume, le vote final se fait en assemblées de bailliage au 2ème ou 3ème degré. La députation du Tiers-Etat sera composée de 578 représentants dont environ 200 hommes de loi, une centaine de négociants, banquiers et industriels, le reste étant composé de riches ruraux parmi lesquels une cinquantaine de grands propriétaires fonciers.

Pas un seul paysan pauvre ni artisan n'est représenté dans cette députation.

Les cahiers de doléances

Parallèlement à ces élections, de grands efforts de concertation et de rédaction sont accomplis dans tout le royaume pour apporter une réponse au roi sur les dysfonctionnements de son royaume et les doléances de ses sujets.

Dès janvier, dans toutes les paroisses de France, se rédigent les cahiers de paroisses qui, regroupés, mis en forme et résumés lors des assemblées de bailliage deviendront les cahiers de doléances avec lesquels les députés élus monteront à Versailles.


Bastille


Un mythe incontournable:14 Juillet 1789, la populace, -manipulée?- cédant à une peur panique contagieuse, s'élance à l'assaut d'une forteresse afin de se procurer des armes pour se défendre. La question de l'insurrection "spontanée" demeure. La nouvelle analyse des faits ferait plutôt penser à une vaste manipulation des masses.
La forteresse de la Bastille n'a pas été prise, elle s'est rendue.


La Bastille est en 1789, une fortification, un ensemble médiéval  imposant  qui protège la capitale à l'est.
C'est une prison d'’État presque vide qui n'abritait en Juillet 1789 que sept détenus: quatre faussaires, deux fous et le comte de Solages, seul à  avoir été emprisonné par Lettre de Cachet. C'était peu.
A la fin du XVIIIe siècle, le traitement des prisonniers à la Bastille était décent (bien plus que dans la plupart des prisons françaises d'aujourd'hui !).

Mais les révolutionnaires devaient en faire un lieu sordide, fabriquer un symbole de l'injustice. Dusaulx, comme Le Moniteur universel, dés l'été 1789, s'emploie à cette tâche: ayant fait une inspection de la forteresse pendant sa démolition, qui commence quelques jours après sa prise, il assure avoir découvert des "oubliettes" et des cachots: ce ne sont que des glacières et des latrines...





C'est aussi en Juillet 1789, que se met au point, après les tâtonnements des mois précédents, une véritable technique insurrectionnelle, celle des fameuses "journées révolutionnaires" qui sera systématiquement appliquée, en violation de la Déclaration des Droits de l'Homme, lors des massacres de Septembre 1792,  et du génocide vendéen.
Une technique qui implique le recours à  l'intimidation, la peur puis à la terreur par le meurtre et les massacres à grande échelle, comme ressort principal de l'action révolutionnaire.

Le gouverneur de la Bastille, qui s'était rendu, après avoir subi mille outrages, est assommé sur les marches de l'Hôtel de Ville; le Prévôt des marchands, Flesselles, a la tête fracassée avec la crosse d'un pistolet, les soldats royaux qui composaient la garnison de la Bastille sont tous massacrés par la populace alors qu'ils s'étaient rendus sans armes: ils étaient tous des soldats à la retraite et invalides . Les pillages de boutiques et de maisons ne se comptent plus... Tandis que les honnêtes gens se terrent chez eux. La machine révolutionnaire est en branle...

Durant cette journée du 14 Juillet 1789, on dénombre plus de 350 personnes tuées par la populace, Paris comptant à peu prés 700 000 habitants.
Il n'y aura aucunes arrestations...Le vide judiciaire traduit la vacance du pouvoir royal et encourage tous les criminels.





Mais la victoire de la canaille engage la révolution dans la voie de l'insurrection permanente.
Désormais, chaque fois que la légalité sera un obstacle à sa volonté, ou aux desseins de ceux qui la manipulent, la canaille (appelée Peuple par les manipulateurs) aura recours à l'insurrection, d'abord contre le roi, et , celui-ci éliminé, contre l'Assemblée soi-disant nationale elle-même...
 
 
Quelques révolutionnaires, pêle-mêle, des plus modérés aux plus fanatiques; ce sont souvent des orateurs remarquables aptes à enflammer les esprits...Tous hommes des Lumières, ils portent tous, à différents degrés, la lourde responsabilité des procés iniques,des massacres et des tueries qui caractérisent la Révolution française. Cette dernière servira de modèle et de légitimité à toutes les prochaines révolutions sanglantes de par le monde...,
 
 
France Mirabeau portrait 2

Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, plus communément appelé Mirabeau, né le 9 mars 1749 au Bignon-Mirabeau, mort le 2 avril 1791 à Paris, fut simultanément ou successivement un révolutionnaire français, ainsi qu’un écrivain, diplomate, franc-maçon, journaliste et homme politique français.

Surnommé « l'Orateur du peuple » et « la Torche de Provence », il reste le premier symbole de l’éloquence parlementaire en France.

Camille Desmoulins
Camille Desmoulins, né le 2 mars 1760 à Guise et mort guillotiné le 5 avril 1794 (16 germinal an II) à Paris, est un avocat, un journaliste et un révolutionnaire français.
Saint-Just
 
Les "purs" trouvent toujours sur leur chemin plus purs qu'eux qui les épurent...

Louis Antoine Léon de Saint-Just, né le 25 août 1767 à Decize, mort guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris, est un homme politique français de la Révolution française, un des plus jeunes élus à la Convention nationale, membre du groupe des Montagnards, soutien indéfectible de Robespierre avec qui il est emporté dans sa chute du 9 thermidor.

D'une éloquence remarquée, il se distingue par l'intransigeance de ses principes prônant l'égalité et la vertu ainsi que par l'efficacité de ses missions au cours desquelles il redresse la situation de l'armée du Rhin et participe à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Combattant politiquement les Girondins, les Hébertistes puis les Indulgents, il fait voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est notamment l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.

Un des multiples prébendiers de la Révolution qui permet à tous les opportunistes de s'enrichir tout en déclamant des hymnes à la vertu...

 

Georges Jacques Danton, né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube et mort le 5 avril 1794 (16 germinal an II) à Paris, est un avocat et un homme politique français.

Danton est une des figures emblématiques de la Révolution française, tout comme Mirabeau, avec qui il partage un prodigieux talent oratoire et un tempérament impétueux, avide de jouissances (les ennemis de la Révolution l'appellent « le Mirabeau du ruisseau »), ou comme Robespierre, à qui tout l’oppose, le style, le tempérament et le type de talent. Il incarne la « Patrie en danger » dans les heures tragiques de l’invasion d’août 1792, quand il s'efforce de fédérer contre l'ennemi toutes les énergies de la nation et d'user de tous les expédients : pour vaincre, dit-il, « il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! », et il n'hésite pas, par pragmatisme, à entamer des négociations secrètes avec les monarques coalisés pour négocier une paix rapide.

Comme pour Robespierre, il s’est vite constitué autour de sa personne une légende. Et s’est déchaînée entre historiens robespierristes et dantonistes une polémique idéologique et politique qui a culminé sous la IIIe République. Pour les premiers, Danton est un politicien sans scrupules, vénal, capable de trahir la Révolution ; pour les seconds, il est un ardent démocrate, un patriote indéfectible, un homme d’État généreux.

Maximilien Marie Isidore de Robespierre, ou Maximilien Robespierre, est un avocat et un homme politique français, né le 6 mai 1758 à Arras et mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris, place de la Révolution.

Aîné d'une fratrie de cinq enfants, il perd sa mère à l'âge de six ans. Puis son père abandonne ses enfants, et il est pris en charge par son grand-père maternel.

Après d'excellentes études au collège d'Arras et au collège Louis-le-Grand de Paris, licencié en droit, il devient avocat et s'inscrit en 1781 au Conseil provincial d'Artois, occupant même un temps la charge de juge au tribunal épiscopal.

Élu député du Tiers état aux États généraux de 1789, il devient bientôt l'une des principales figures des « démocrates » à l'Assemblée constituante, défendant l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou des comédiens, ainsi que le suffrage universel et l'égalité des droits, contre le marc d'argent. Il décide aussi de réglementer sévèrement la Bourse. Son intransigeance lui vaut bientôt d'être surnommé « l'Incorruptible ». Membre du club des Jacobins dès ses origines, il en est le plus illustre membre et l'une des figures de proue. Après la scission des Feuillants, il contribue à sa réorganisation et lui permet grandement de conserver le soutien de la plupart des sociétés affiliées de province.

Opposé à la guerre contre l'Autriche en 1792, il s'oppose à La Fayette et soutient la chute de la royauté. Membre de la commune insurrectionnelle de Paris, il est élu à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne et s'oppose à la Gironde. Après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793, il entre le 27 juillet 1793 au Comité de salut public, où il participe à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire et de la Terreur, dans un contexte de guerre extérieure contre les monarchies coalisées et de guerre civile (insurrections fédéralistes, guerre de Vendée…).

À la suite de la victoire des comités contre les factions au printemps 1794, il contribue à faire cesser la politique de déchristianisation et fait voter, en qualité de rapporteur, le décret du 18 floréal an II, par lequel « le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême, et l’immortalité de l’âme », et la loi de Prairial, dite de « Grande Terreur ».

Attaqué et isolé au sein de la Convention par d'anciens dantonistes et des envoyés en mission rappelés, mais aussi au sein du gouvernement révolutionnaire par le Comité de sûreté générale et des collègues du Comité de salut public, il prend la Convention à témoin de ces dissensions le 8 thermidor an II, mais ne parvient pas à imposer ses vues. Le lendemain, empêché de parler par ses ennemis, alliés pour la circonstance aux modérés de la Plaine, il est arrêté avec son frère Augustin et ses amis Couthon, Saint-Just et Le Bas. La Commune entre alors en insurrection et le fait libérer, mais il perd du temps, et la Convention le met hors-la-loi.

Dans la nuit, une colonne armée s'empare de l'hôtel de ville, où il se trouve avec ses partisans, et il est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Après vérification de son identité devant le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné dans l'après-midi du 10 thermidor avec 21 de ses partisans. Sa mort entraîne, dans les mois qui suivent, une « réaction thermidorienne », qui voit le démantèlement du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur.

L'une des principales figures de la Révolution française, il demeure aussi l'un des personnages les plus controversés de cette période.

et bien d'autres...
Tous ces "héros" ont leur nom gravés sur nos places, rues et avenues...



LOUIS XVI en majesté
Louis XVI en majesté, roi de France et de Navarre de 1774 (il n'avait que vingt ans) à 1792. Instruit et cultivé, pieux, ouvert au monde qui l'entoure et au foisonnement des progrès techniques, des nouvelles découvertes dans toutes les disciplines mais ne sortant que très peu de Versailles, il n'a pas la beauté et le charme de son grand-père le roi Louis XV. Il n'a pas de favorites ni de favoris, il est un époux fidèle, un père de famille attentionné et ne s'adonne pas aux  jeux de hasard. En revanche, il est, comme ses aïeux, passionné par la chasse à courre. Le roi Très Chrétien (très crétin pour une partie de la Cour) est sincèrement soucieux de mener à terme les réformes dont la France a besoin. La plupart des historiens s'accordent pour le qualifier de "faible". Etait-il vraiment faible? Oui et non. Oui, dans certains cas et avec certaines personnes comme Marie-Antoinette. En fait, il était certainement timide et mal à l'aise dans son rôle de roi bien que conscient de ses devoirs. Louis est un homme bon, mais indécis qui ne sait à qui se fier. Il veut sincèrement le "bonheur et le repos de ses peuples", comme on l'entendait à son époque. Il est conscient qu'il faut entreprendre des réformes importantes dans tous les domaines;il faut rénover, moderniser l'auguste monarchie française sans détruire ses fondations qui sont d'ordre divin. Le roi doit conserver ses pouvoirs et son autorité qu'il tient d'abord de Dieu.
En outre, Louis XVI est confronté à une cascade de problèmes et de scandales de tous ordres auxquels, non seulement il n'a pas été vraiment préparé mais aussi à leur nouveauté car un monde ancien s'en va pour laisser la place à un monde d'une nouveauté inouïe; le tout à une rapidité qui bouscule le vieux système monarchique. Autrement dit, la société civile évolue beaucoup plus vite que Versailles, cette "prison dorée" imaginée par Louis XIV pour surveiller sa noblesse,où les bruits des mouvements et des soubresauts du monde extérieur arrivent atténués...
Les réformes financières, économiques et fiscales semblent les plus urgentes mais Louis n'a pas de plans ni de projets. D'ailleurs, la situation est si complexe que personne ne sait par quoi commencer et les ministres se succèdent à une vitesse si rapide qu'aucun ne peut finir ce qu'il a commencé. Louis a du mal a faire confiance longtemps et à résister aux pressions des clans de la Cour qui font et défont les ministres. En revanche, il est clair pour le roi qu'il faut s'attaquer aux inégalités face aux impôts qui rentrent peu et mal et en particulier abolir les privilèges fiscaux, comme en Angleterre... Les premières tentatives se heurtent lamentablement  aux résistances des privilégiés en tous genres et en premier au clergé et surtout à la noblesse. En un sens, les nobles, en freinant et/ou en sabotant les tentatives de réformes qui les obligeraient sont les déclencheurs d'un  processus révolutionnaire que rien ni personne ne pourra arrêter.
France Penthièvre famille penthièvre JB charpentier

 

Une des familles aristocratiques les plus puissantes du siècle des Lumières: les Penthièvre à l'heure du chocolat.
Versailles nuages gris
Ciel de nuages gris au-dessus du palais de Versailles: l'orage gronde...Cette cage dorée imaginée par Louis XIV pour mieux contrôler sa noblesse s'avèrera un piège mortel pour la monarchie française...
Anne_Robert_Jacques_Turgot.jpg
Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne (1727-1781)
 
Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne, souvent appelé Turgot, né le 10 mai 1727 à Paris où il est mort le 18 mars 1781, est un homme politique et économiste français.

Les commentateurs décrivent Turgot comme un homme simple, honorable et droit, passionné de justice et de vérité : un idéaliste, ou « un doctrinaire » ; les termes « des droits naturels », « la loi naturelle », se trouvent fréquemment sous sa plume. Ses amis parlent de son charme et de sa gaieté dans les relations intimes, tandis qu'entouré d’étrangers, silencieux et maladroit, il donne une impression de réserve et de dédain. Ainsi ses amis comme ses ennemis s’accordent sur un point : sa brusquerie et son manque de tact dans les relations humaines ; August Oncken relève et souligne le ton de « maître d’école » de sa correspondance, même avec le roi.

Les jugements sont partagés à propos de ses qualités d’homme d’État, mais on considère généralement qu’il est à l’origine d’un grand nombre des réformes et des idées de la Révolution française. Souvent ce ne sont pas ses idées propres, mais on lui doit de les rendre publiques. Concernant ses qualités d’économiste, les avis sont aussi partagés. Oncken, pour prendre le plus négatif des avis, le voit comme un mauvais physiocrate et un penseur confus, tandis que Léon Say considère qu’il est le fondateur de l’économie politique moderne et que « bien qu’il ait échoué au XVIIIe siècle, il a triomphé au XIXe siècle ». Jugement partagé par Murray Rothbard, lequel y voit le plus grand économiste du XVIIIe siècle avec Cantillon et estime que, sur certains points, la théorie économique a perdu plusieurs dizaines d’années en ne s’inspirant pas de ses conceptions :

  • « c’était un génie unique, ce qu’il est quand même difficile de dire des Physiocrates. Sa compréhension de la théorie économique était incommensurablement supérieure à la leur, et la manière dont il traita le capital et l’intérêt est quasiment inégalée encore aujourd’hui. »

Pour Schumpeter, sa théorie de la formation des prix était

  • « presque irréprochable et, mis à part une formulation explicite du principe marginaliste, se trouve à une distance palpable de celle de Böhm-Bawerk. »

La théorie de l’épargne, de l’investissement et du capital était « la première analyse sérieuse de ces questions » et

  • « a tenu remarquablement longtemps. Il est douteux qu’Alfred Marshall soit parvenu à la dépasser, et certain que J.S. Mill ne l’a pas fait. Böhm-Bawerk y a sans doute ajouté une nouvelle branche mais, pour l’essentiel, il avait repris les propositions de Turgot. »
  • « La théorie de l’intérêt de Turgot est non seulement le plus grand exploit […] du XVIIIe siècle, mais elle préfigurait nettement une bonne partie des meilleures réflexions des dernières décennies du XIXe siècle. »

En somme,

  • « il n’y a pratiquement aucune erreur discernable dans ce tout premier traité de la valeur et de la distribution, traité dont la mode allait tellement se développer dans les dernières décennies du XIXe siècle. Ce n’est pas exagérer que de dire que l’analyse économique a pris un siècle pour se retrouver où elle aurait pu en être vingt ans après la publication du Traité de Turgot si son contenu avait été correctement compris et assimilé par une profession plus éveillée ».
 
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Jacques Necker (1732-1804); trois fois ministre des Finances, trois fois renvoyé...
L'histoire a retenu Turgot et Necker, mais il y en eut bien d'autres. En réalité, Louis XVI aurait un besoin urgent d'un génie qui prenne le gouvernement du royaume en mains. Malheureusement, l'époque n'est pas propice et contrairement à Louis XIV, Louis le Seizième ne dispose pas d'un Colbert.
 
execution Louis XVI


La Révolution française fut un long régicide: décapitation de Louis XVI le 21 Janvier 1793, après un procès sans honneur ni vérité. Les révolutionnaires les plus fanatiques ont réussi à se débarrasser du roi pour s'emparer totalement des pouvoirs et imposer leur dictature  "afin de sauver les acquis du Peuple et leurs Droits".

 

1789, la seule grande révolution:

Dans l'histoire du monde, il n'y eut jamais qu'une seule vraie, grande et totale révolution, celle qui a commencé en France en 1789 et n'a jamais vraiment cessé, en dépit du Consulat, de Napoléon et des diverses restaurations. Toutes les autres révolutions dans le monde ne sont que des imitations, hormis les "révolutions conservatrices". En comparaison, la révolution russe de 1917 fut à la fois beaucoup plus radicale, destructrice, meurtrière, et pourtant moins profonde. Sans doute l'explication est-elle que la révolution russe fut un accident (gigantesque) dû à une série de hasards historiques, en premier lieu la guerre de 1914. Mais il s'est bien agi d'un accident. Avec un tsar un peu moins défaillant, la Russie aurait vraisemblablement pu survivre jusqu'à la défaite allemande qui se serait produite plus tôt en 1918. C'était l'inquiétude des dirigeants français et américains, autour du président Wilson, qui s'inquiétaient d'une possible survie triomphale du régime tsariste.

 

" La Révolution était achevée lorsqu'elle éclata. C'est une erreur de croire qu'elle a renversé la monarchie; elle n'a fait qu'en disperser les ruines...".

 

 

Chateaubriand; 1819, De la Vendée.

 

 

 

Sociologie-des-revolutions.JPG 

 

  Après Taine ou Gaxotte, de nombreux historiens, Jean Tulard, François Furet, Denis Richet et Mona Ozouf, ont rapporté tous les éclairages nécessaires à l'interprétation de cet immense évènement. On pourrait aussi s'en rapporter à la très remarquable Sociologie des Révolutions publiée par Jules Monnerot chez Fayard en 1969.

 

  Louis Charles of France

 

  Louis XVII; fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette (1785-1795). Devenu roi de France & de Navarre à la mort de son père. Les révolutionnaires l'éliminèrent en le laissant crever dans un cachot. Derrière la vitrine des belles et grandes déclarations de principes: la barbarie. Les révolutionnaires, effrayés par l'ampleur de la résistance populaire à leur entreprise de démolitions, se laissent entraîner dans la folie meurtrière.

 

 

 

 

Jules Monnerot (1909-1985) qui consacra sa vie à la sociologie historique,  esprit libre doué d'une exceptionnelle précision analytique, définit la Révolution française comme un changement radical et violent de régime politique. Jusque-là, rien de nouveau. Mais il approfondit l'analyse en observant les changements profonds qui ont précédé 1789, changements sociaux dans la répartition de la richesse et dans la configuration des pouvoirs. En bref, depuis trois siècles, le développement de la navigation, les grandes inventions et l'expansion du commerce avaient fait apparaître en France de nouvelles "occupations dominantes": les occupations nées du commerce avaient grandi aux dépens des occupations traditionnelles des deux premiers ordres, le clergé et surtout la noblesse, entraînant d'importants changements dans les rapports sociaux. Cependant, en France, contrairement à la Grande-Bretagne,les institutions sociales et politiques n'avaient pas suivi ces transformations.

Bien au contraire: les anciennes oligarchies privilégiées s'étaient fermées, résistant à toutes les tentatives de réformes et Louis XVI (1754-1793) n'eut jamais assez de trempe pour les faire plier. Il imposa par exemple, pour ne pas contrarier "sa" noblesse, quatre quartiers de noblesse pour devenir officier dans l'armée (1781).La monarchie aurait pu prendre la tête des changements comme ailleurs en Europe, mais elle ne le fit pas; par faiblesse, naïveté, et  par un aveuglement certain.

Tout au long du XVIIIème siècle, les privilégiés agirent pour défendre leurs acquis. La réforme du ministre Maupeou (1714-1792) à l'encontre des parlements renvoyés par Louis XV à cause de leur obstruction aux réformes de modernisation de la justice, fut annulée par Louis XVI dès son accession au trône, sous le prétexte naïf qu'il fallait leur conserver leur place traditionnelle dans l'architecture de la monarchie française. Louis XVI s'imagina pouvoir les faire obéir par lit de justice mais c'est lui qui plia devant eux.

 

 

 Massacres de septembre 1792 au Châtelet à Paris.

 

Toutes les réformes ultérieures de Turgot, Necker et Calonne afin d'assainir les finances publiques, furent successivement abandonnées devant la résistance des privilégiés qui, par démagogie et une dose de cynisme, se faisaient passer pour les défenseurs des peuples contre les abus de la monarchie.Dans un pays riche, l’'État était menacé de banqueroute. 

Pour trouver une réponse, Louis XVI fut contraint de convoquer les États Généraux ( 5 mai 1789) mais sans avoir de stratégie possible. Il rappela aussi Necker, un protestant, qui s'était fait une réputation de magicien des finances. entre-temps, avaient progressé au sein du tiers-état l'idée de l'égalité civile et celle des droits individuels opposés à ceux des anciens ordres.

Les États-Généraux se réunirent à Versailles le 5 mai 1789 sous un ciel bleu printanier mais certains sentaient que quelque chose qui appartenait à l'immuable allait vaciller...

Louis XVI avait admis le principe du doublement du Tiers État. Ceux-ci étaient donc aussi nombreux que ceux des deux autres ordres réunis. Situation nouvelle dont les conséquences n'avaient pas été mesurées. Un premier évènement renversant se produisit le 17 juin quand le Tiers se proclama Assemblée nationale, puis, par le Serment du Jeu de paume (20 juin), il s'engagea, par un acte d'initiative inouï, à ne se séparer sans avoir donné une constitution à la France. On prenait exemple sur la récente révolution américaine, imprudemment soutenue par la monarchie française sous le prétexte d'affaiblir l'Angleterre. Mais tous les jeunes officiers qui avaient servi dans le corps expéditionnaire français en Amérique étaient revenus dans l'ancestral royaume des lys avec, dans la tête, des idées neuves et exotiques... Les jeunes esprits étaient en ébullition...

 

Devant les résistances rencontrées, inimaginables pour l'esprit de Louis XVI, celui-ci perdit pied. Il ne sut quel parti prendre; désirant conserver la paix et en même temps l'édifice monarchique dont il avait hérité avec ses prérogatives de monarque absolu de droit divin. Influencé par Marie-Antoinette et sa petite cour, il revint aux mesures de forces qu'il n'était plus en son pouvoir d'employer. Il assembla des régiments étrangers autour de Paris, ce qui parut une provocation, et il renvoya Necker sans ménagements le 11 juillet. Dés lors, l'épreuve de force était enclenchée...Le ministre s'était fait une réputation d'adversaire de la haute noblesse, ce qui le rendit populaire. On nage alors dans la démagogie. Le peuple est sacralisé par les révolutionnaires: ce n'est plus la plèbe ou la populace mais l'immense majorité des "honnêtes citoyens".

Le peuple est tout. Selon le nouveau discours, il est rendu à la vie après des siècles de servitudes. La production des richesses c'est Lui, les forces vives de la Nation et de l'Empire, c'est Lui, l'honnêteté, le courage, le goût du travail, c'est Lui. Encore un peu de temps encore,  et ce Peuple déifié deviendra dangereux pour ceux-là même qui l'avait hissé sur un piédestal jusque sur les autels ainsi profanés. Le Peuple redeviendra alors, ce qu'il n'a jamais cessé d'être: une multitude dangereuse, une masse incontrôlable, un torrent de violence déchaîné.

Le renvoi de Necker, ajouté à la disette qui sévissait à Paris à cause aussi, en partie, à la spéculation de quelques malins bien informés et bien introduits, l'action d'agitateurs rousseauistes, mit le feu aux poudres.

 Trahi de tous côtés, dés 1789, le roi n'est plus en sécurité; il ne peut affirmer sa souveraineté pour faire avancer ses réformes.

La sanglante émeute du 14 juillet fut la réponse de la rue. Aprés quoi, le malheureux Louis XVI qui ne comprenait toujours pas la situation, ne put jamais reprendre l'initiative, devenant le jouet d'évènements incontrôlables...

La fossilisation de la société avait opposé des obstacles à la circulation des nouvelles idées sociales (le Tiers). Cet immobilisme était cependant apparent, mais il avait provoqué la montée de rancœurs, de révoltes et d'espérances folles et aussi la convergence de mécontentements aussi contradictoires que ceux des parlements et du Tiers. C'est la logique de la plupart des révolutions. Pourtant, cela n'explique pas le cours particulier de la Révolution française, le rejet radical du passé, la "table rase"qui a tant stupéfait Edmund Burke (1729-1797), observateur précoce et perspicace de la "French revolution"... 

 

 

 

 

 

 

 

Edmund Burke; détail, (peinture de James Northcote).Un observateur au jour le jour de la Révolution française dont il a vite compris la radicalité.

Dés 1790, avec une perspicacité et une prémunition étonnantes, E.Burke peut annoncer les terribles conséquences de l'ouragan qu'il voit naître. Avant tous les autres témoins, il comprend les bouleversements; il en identifie les principes directeurs et en tire les les conclusions.

Deux principes essentiels retiennent sa critique: les "droits de l'homme" et le principe qui soumet la souveraineté à "la volonté générale". Il comprend que cette révolution, radicale dans ses principes, le sera aussi dans ses actes et qu'elle ne peut se comparer à la révolution anglaise du siècle précédent.

Il prend la plume pour alerter l'un de ses correspondants français; cette correspondance se transforme en un livre publié à Londres le 1er novembre 1790: Reflections on the Revolution in France. On le traduit aussitôt à Paris, on se l'arrache partout en Europe.

Burke réfute tout d'abord toute comparaison avec la Glorious Revolution  anglaise de 1688. Celle-ci a bien été une révolution, mais au sens astronomique du mot: retour d'un astre au point originel de son orbite, car ce fut une "révolution conservatrice" qui ne veut pas instaurer un régime nouveau mais marquer le retour de l'Angleterre à sa constitution naturelle, mettant fin aux divisions qui l'avaient déchirée depuis 1640, sous Cromwell (1599-1658) et sous les Stuart. Cette "révolution" de 1688  ne fonde nullement pour la nation anglaise le droit de choisir son roi. Le Bill of Rights de 1689 a valeur de constitution, liant indissolublement droits & libertés des sujets au principe de succession de la Couronne. On était donc aux antipodes de l'article 3 de la Déclaration des Droits d'août 1789:

" Le principe de toute souveraineté réside essentiellement  dans la nation": nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément". Selon ce principe, la "nation", c'est-à-dire la "volonté générale" de Rousseau, peut à son gré modifier la constitution, déposer le monarque ou même supprimer la monarchie, ce qui sera fait en 1792.

Burke s'élève violemment contre ce principe qu'il juge aberrant. Et il est loin d'être le seul, y compris parmi les acteurs du processus révolutionnaire français. Pour lui, une constitution ne peut être soumise aux variations et aux lubies de l'opinion. Si la Glorious Revolution est légitime, c'est parce-que, loin de rompre avec le passé, elle a assuré la continuité de l'histoire anglaise en restaurant des libertés historiquement acquises depuis la Grande Charte de 1215:
 " La politique permanente de ce royaume est de regarder nos franchises et nos droits les plus sacrés comme un héritage. Nous avons une couronne héréditaire, une pairie héréditaire et une Chambre des Communes et un peuple qui tiennent  par l'héritage d'une longue suite d'ancêtres, leurs privilèges, leurs franchises et leurs libertés".

Burke a vu d'emblée que le rejet du passé est caractéristique de la Révolution française.

 

 

 

 

 10 août 1792: prise des Tuileries, siège du pouvoir exécutif, ou ce qu'il en reste, par le "Peuple".

 

Mais pourquoi cette folie de "la table rase" s'est-elle manifestée en France et pas ailleurs?

C'est à cette question que répondront plus tard Tocqueville et Taine.

Alexis de Tocqueville (1805-1859), élu député de la Manche de 1839 à 1851, a effectué des recherches minutieuses dans les archives modernes, donnant naissance à un chef d'oeuvre publié en 1856: L'Ancien Régime et la Révolution. Il observe que l'Ancien Régime a semé à la fois la démocratie individualiste et l'aristocratie, comprise comme une caste fermée, jouissant de privilèges injustifiés.

 

Article rédigé à partir de différents articles de Wikipedia, de différents travaux d'historiens:
Louis XVI, le roi bienfaisant,de Jean de Vigueurie,éditions du Rocher, 2003.
La révolution française, de Furet et Richet, éditions Marabout, 1973.
 

 

 

 

 


 

LA REVOLUTION FRANCAISE
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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 18:41

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Juillet 1789, à Versailles.

 

 

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Le château de Versailles, siège de la plus illustre monarchie du monde, se vide peu à peu de ses habitants, à la suite de la montée des périls et des évènements gravissimes qui se sont déroulés à Paris où la populace, le 14 juillet, a attaqué la Bastille, massacré ses occupants ainsi que certains notables parisiens.

La famille royale prend conscience de la gravité des évènements qui se précipitent, depuis la Réunion des États Généraux au mois de mai ...

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Mais auprès de la reine Marie-Antoinette (1755-1793), sa lectrice, Sidonie Laborde, pense naïvement que rien ne peut lui arriver. Pourtant, les dépêches, les compte-rendus écrits et verbaux qui arrivent les uns après les autres au château, sont de plus en plus alarmistes. Cependant, le roi, frappé par le deuil récent du dauphin, semble incapable de prendre les mesures nécessaires au rétablissement de l'ordre monarchique à Paris, deuxième capitale du royaume.

Tout le monde retient son souffle...Dans une atmosphère de fin d'un monde.

 


 

Il y a deux films distincts dans cette somptueuse adaptation du roman de Chantal Thomas (Points Seuil): d'une part, la reconstitution historique, splendide, qui égale les meilleurs films du genre, même si l'artifice est rendu facile par les décors réels du château.

Mais Benoît Jacquot nous fait voir les parties du plus beau palais d'Europe-et pour moi, du monde- où vivaient les domestiques et certains courtisans, pas mieux logés que ceux qui les servaient: des coursives étroites, sombres et sales, donnant accès aux appartements exigus et bas de plafond.

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C'est le Versailles de la jeune lectrice, quand elle n'est pas prés de la reine, par les yeux de qui nous vivons toute l'histoire: les trois jours qui ont vu le château se vider, les nobles s'habillant en domestiques pour ne pas être reconnus et tenter de fuir la France, pour sauver leur tête.

Il est fascinant de sentir comment  l'Histoire avec un grand H existe aussi dans de très petites choses, incomprises de ses auteurs comme de ses victimes.

Et puis, dans ce film qui se veut historique, il y a bien sûr, la marque de notre temps: celle d'un réalisateur fervent lecteur de Sade qui se plaît à pervertir et salir sciemment  l'image d'une reine martyre, avec une complaisance de voyeur, faisant de Marie-Antoinette, une lesbienne plus ou moins refoulée; c'est méconnaître le personnage qui en juillet 1789 est une mère éplorée et se révélera une épouse exemplaire en force de caractère et fidélité à un Louis XVI pris dans la tourmente et trahi de toutes parts. Il s'agit donc de la part de ce réalisateur d'un parti pris puisqu'il pouvait prendre conseil auprès d'historiens dignes de ce nom pour corriger son point de vue...

Entre la Marie-Antoinette de la petite Coppola et celle ici dépeinte par un petit Jacquot, il reste heureusement, dans l'Histoire de la monarchie française et dans nos coeurs, le souvenir inaltérable d'une reine de France qui mourut avec une grande dignité.

 

 


Comme d'habitude, la diction des acteurs et actrices est d'une médiocrité affligeante; cela vient sans nul doute, du fait que la plupart d'entre eux ne sont guère passés par la dure et exigeante école du théâtre et encore moins, cela va sans dire, par la Comédie Française.

Ce défaut, majeur, des acteurs français actuels, ne se retrouve que rarement chez les comédiens britanniques, pour qui le théâtre est au départ, un passage plus désiré qu'obligé  pour se distinguer auprès d' un public somme toute, bien plus exigeant que le public français.

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Cette promiscuité publique entre la reine et une servante est tout simplement anachronique...

 

 

 

 

Certes, il y a les costumes et les perruques mais ils ne suffisent pas à transmettre justement un contexte historique et les psychologies souvent complexes, de personnages dont la renommée a été galvaudée par les manuels d'Histoire de la République, véritables machines à endoctriner les jeunes esprits de façon à couper le peuple français de son amour pour la monarchie.

Contrairement aux fantasmes du réalisateur Benoît Jacquot, la Marie-Antoinette de l'été 1789 n'est plus la jeune et ravissante archiduchesse qui arrive de Vienne pour s'installer dans le royaume des Lys et devenir reine de France et de Navarre en 1774. C'est une mère de famille qui s'inquiète pour l'avenir de la dynastie et donc de ses enfants. Elle pleure son fils aîné qui est mort, dans des souffrances épouvantables, d'une maladie incurable, le 14 juin au château de Meudon.

 

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Mariantoinette-en-rouge---enfants.jpgDu mariage de Louis XVI avec Marie-Antoinette naquirent quatre enfants; deux fils, Louis-Joseph (1781-1789), Louis-Charles (1785-1795) qui devient roi à la mort de son frère aîné et deux filles: Marie-Thérèse Charlotte , future duchesse d'Angoulême et Sophie- Hélène Béatrice, morte en bas âge. Sur le tableau ci-dessus, Louis-Joseph montre le berceau vide de sa petite soeur Sophie-Hélène.


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En juillet 89, la jeune et frivole Marie-Antoinette est devenue une femme d'âge mûr pour son époque,( 34 ans), une épouse et surtout une mère qui a mûri et qui se dévoue à l'éducation de ses chers enfants dont l'un, l'héritier du trône vient de mourir, le 14 juin. L'attention et l'amour que portent le couple royal à leurs enfants est pour l'époque relativement nouveau dans le milieu des princes. Louis et Marie-Antoinette sont en quelque sorte des précurseurs en la matière. Par ailleurs, déjà salie par l'affaire du collier, des libelles infâmes et des calomnies odieuses fabriqués par les révolutionnaires et même par certains membres jaloux de la haute aristocratie, la reine ne se rend plus à Paris, pas même pour l'opéra ou le théâtre dont elle raffole pourtant. C'est une femme qui s'est repliée sur sa famille et se délasse mélancoliquement dans le tout nouveau Hameau de la Reine conçu et construit par l'architecte Mique de 1784 à 1786, selon le nouveau goût pour la campagne à la suite des écrits de J.J Rousseau..

 

 

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Seuls les intimes de la reine Marie-Antoinette sont autorisés à accéder au hameau, incontestable marque de faveur, ce qui ne manque pas d'alimenter les rumeurs sur ce qui se déroule au sein de ce domaine. Le comte de Vaudreuil, le baron de Besenval, la comtesse de Polignac avec sa fille Aglaë de Guiche et sa belle-sœur Diane, et le comte d'Esterhazy sont de ceux-là. Le prince de Ligne ne manque pas une occasion de visiter le hameau ou, pour le moins, de se tenir informé des nouvelles du lieu. La reine apprécie la compagnie de sa belle-sœur, Madame Élisabeth, et de la princesse de Chimay. Madame Campan, première femme de chambre, et la comtesse d'Ossun, dame d'atours, accompagnent la Reine en toutes occasions. On est loin des préséances en usage au château : « Je n'y tiens point de cour, j'y vis en particulière », affirme la reine.

Les enfants profitent aussi de cette relative simplicité : même Madame Royale (Marie-Thérèse), jugée par sa mère trop imbue de son rang, est envoyée ramasser avec les autres enfants du hameau les œufs du poulailler, dans un joli panier enrubanné.

 

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Les invitées se doivent d'être en tenue légère, robe claire de percale, fichu de gaze ou chapeau de paille. Cette nouvelle mode, qui choque certains, est imaginée par Marie-Antoinette, jamais à cours d'idées en la matière et sa couturière et complice Rose Bertin.


On y joue au billard ou au trictrac, on se promène dans les jardins le long de l'étang. On danse aussi sur la pelouse, gavottes et contredanses, au son d'un petit orchestre. La reine, pour oublier les libelles qu'elle trouve parfois sur ses meubles, aime chanter et jouer du clavecin devant ses proches. Il est rare que le roi Louis XVI se rende au hameau, la liberté de ton n'en est donc que plus aisée : les repas sont plus légers et plus simples qu'au château et on s'y amuse pendant qu'à quelques pas de là, dans un château vide de toute animation de cour, la noblesse entretient haines et jalousies. Ces collations se terminent généralement par une visite à la laiterie pour y déguster des fromages parfois mêlés de fruits rouges récemment cueillis. On se plaît d'ailleurs à côtoyer les « petites gens », à les voir vaquer à leurs occupations et on s'intéresse même à leur sort.

 

De temps à autre, la reine s'éclipse vers son boudoir au bras du comte de Fersen. Mais c'est l'après-midi du 5 octobre 1789 que, mandée par un messager du roi alors qu'elle se trouve dans sa grotte, elle jette un dernier regard vers son hameau qu'elle ne reverra plus.

 

 

 

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L'entourage de la reine s'est donc considérablement restreint et ce dés les années 84-85.


Marie-Antoinette se méfiant des ragots d'une cour qui, quelques années plus tôt, l'encensait, n'accepte à ses côtés que quelques dames dont la fidélité inébranlable lui est acquise comme par exemple la princesse de Lamballe, la comtesse de Polignac, la charmante et talentueuse  Elisabeth Vigée-Lebrun, sa portraitiste officielle qui finira par émigrer bientôt.

L'affaire du collier (1785) qui fut catastrophique pour la réputation de la reine, puisque le Parlement de Paris a "blanchi" le cardinal de Rohan, infligeant un camouflet à la souveraine,  est encore dans les esprits les plus malveillants. Les bals parés et masqués qui, au début du règne, étaient régulièrement organisés comme un rituel festif et sacré en rythmant la vie de la Cour de France,  sont plus rares  et la reine ne mise plus, comme auparavant, des sommes considérables aux jeux. Le déficit atteint, dés le milieu des années 1780, des proportions inquiétantes mais relativement moins que celles de la dette publique actuelle. A la suite de l'aide apportée aux insurgeants américains, le Trésor est vide, les impôts qui n'ont pas augmenté, rentrent mal et sont mal répartis, contrairement à l'Angleterre où depuis longtemps la noblesse est imposée.


Quelles sont les origines financières de la Révolution?

Malgré certains atouts de la gestion publique en France et notamment des atouts mis en oeuvre au temps de Colbert, ces derniers se révèlent inaptes à encadrer l'affairisme installé au coeur de l'Etat. En insistant sur les rapports sociopolitiques qui lient l'administration monarchique à ses intermédiaires financiers, Marie-Laure Legay, historienne, dans son dernier ouvrage La banqueroute de l'Etat royal ,éd. EHESS; 2012, éclaire d'un jour nouveau les paradoxes d'une gestion organisée à partir de recettes centralisées et de dépenses insuffisamment contrôlées, paradoxes sur lesquels les réformes du XVIIIe siècle ne revinrent pas. L'une des faiblesses de l'Etat royal se dévoile ainsi au lecteur: la défaillance de son contrôle financier, c'est-à-dire du contrôle de l'Etat sur lui-même.

Les aménagements techniques de la seconde moitié du siècle se révéleront trop tardifs et les réformes politiques, de Laverdy à Necker, bien trop frileuses pour satisfaire une opinion qui réclamait des comptes.

France buste Louis XVI-copie-1

Sur le plan conjugal, le couple Louis XVI-Marie-Antoinette s'est consolidé. Contrairement aux rumeurs et calomnies, Marie-Antoinette demeure fidèle à son royal époux qu'elle apprend à respecter et à aimer; elle a pénétré et reconnu son intelligence, malgré ses maladresses et son manque de charisme, sa droiture et somme toute son courage. Par ailleurs, les historiens n'ont aucun élément leur permettant de penser qu'elle fut la maîtresse du séduisant comte Axel de Fersen. Ce dernier fut sans nul doute amoureux de la reine, comme de nombreux jeunes hommes de la Cour; Marie-Antoinette fut-elle aussi amoureuse du beau suédois? Peut-être? Mais elle fut toujours très consciente de son devoir d'épouse et de reine et, même si cela peut paraître aujourd'hui excentrique et improbable, Marie-Antoinette en tant que princesse catholique eut une conscience aiguë du péché mortel; et l'adultère en était un de taille. Sans compter les risques que cela pouvait nuire à la majesté du souverain. Autant le peuple pouvait admettre que le roi eut des favorites, autant une reine adultère aurait fragilisé le règne tout entier. En conséquence, il est fort  probable que, malgré les tentations, Marie-Antoinette fut assez forte pour ne pas succomber. En fut-elle frustrée? Tout renoncement implique une blessure...

 

 

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France Sade Juliette06Les gravures pornographiques imprimées en Hollande,inspirées par le marquis de Sade sont régulièrement saisies par la censure, en vain...

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Quant à des tendances homosexuelles? N'en parlons même pas tant cette pratique déviante était jugée à la Cour, pourtant réputée tolérante, comme démoniaque...L'esprit des Lumières et des libertins n'avait pas la force d'attraction qu'on lui prête aujourd'hui, encore moins sur la famille royale; la Régence, assurée par le libertin Philippe d'Orléans, et le règne du séduisant et royal coureur de jupons Louis XV sont déjà loins. L'éducation de Louis XVI, sans être rigide, fut des plus solides dans le domaine de la morale et des moeurs chrétiennes et il en fut de même pour celle que certains esprits étriqués surnommaient avec mépris "l'Autrichienne".

 

 

 

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L'époque révolutionnaire commence pour Marie-Antoinette sous des signes effrayants.

 

Son fils aîné agonise, conscient, le corps douloureux, déformé par un mal incurable. Un déchaînement de libelles, un raz-de-marée de haine émanant de milieux politiques hostiles, répondent à son besoin de popularité qui  s'est tari, asséché par la bêtise et la méchanceté de ses détracteurs dont elle connaît la capacité de nuisance. La plupart  sont des nobles de nom mais non de coeur...Il y a la bourgeoisie d'affaires des grandes villes qui la considère comme un parasite oisif qui suce l'argent des caisses d'un Trésor déjà vide: elle qui fait travailler des milliers d'artistes et d'artisans grâce à ses commandes de luxe est qualifiée de"Madame Déficit".

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5 mai 1789: Réunion des États-Généraux; il faut créer de nouveaux impôts pour renflouer le Trésor. Dés lors, tout va aller très vite: le processus révolutionnaire s'emballe...

 

Et pourtant, Marie-Antoinette, hors sa douleur maternelle, n'a pas vraiment encore le sentiment de vivre une tragédie, mais plutôt d'être confrontée à un défi qui va la projeter dans une aventure captivante. Les traits essentiels de son caractère, la passion du mouvement, le goût de la nouveauté, le désir de ne pas se laisser flouer par la médiocrité, la soif de bonheur pour elle-même et les autres ne sont point changés; mais les circonstances les ont en quelque sorte sublimés.Coquette et séductrice, elle ne l'est plus avec les galants de la Cour qui d'ailleurs commencent à fuir. Elle se sert de ses atouts pour tenter de séduire et convaincre des hommes nouveaux: Mirabeau, intelligent, rusé, vénal et très laid. Elle parvient à le rallier à la cause monarchique; mais il mourra subitement en juin 91. Plus tard, elle réussira, pour un moment, à adoucir le terrible Barnave.

Bastille.jpgParis,14 juillet 1789: dans la chaleur caniculaire,la populace moutonnière cédant à la panique, à la recherche d'armes pour soi-disant, se défendre, attaque plusieurs bâtiments royaux qu'ils saccagent, puis donne l'assaut à la forteresse-prison de la Bastille. Cet évènement d'une violence vertigineuse qui est devenu un symbole majeur républicain qui servira d'exemple à  toutes les révolutions populaires en France et dans le monde. Ce qui en dit long sur les fondements des "valeurs républicaines et démocratiques".

 

Puis, au fil des mois, usée par la douleur, les cheveux blanchis, la reine déchue est encore plus belle et majestueuse; tout le sang des Habsbourg qui coule en elle, s'aristocratise encore davantage.

Cernée dans le palais des Tuileries dans la nuit fatidique du  4 Août 1792, où la populace donne les derniers coups à la plus illustre monarchie du monde, enfermée dans la prison du Temple, isolée et gardée jour et nuit dans un cachot de la Conciergerie, elle suscite encore d'extraordinaires dévouements. En fait, à aucun moment elle ne renonce. Avant d'aller au supplice, elle fait encore preuve de coquetterie:sa dernière robe est simple, digne, élégante.

Enfin, sa bienveillance ne cède pas sous les coups des mauvais traitements et des humiliations que les révolutionnaires lui font subir: jamais, le roi et la reine de France n'ont employé la force contre leurs ennemis de l'intérieur, les pires, ne serait-ce que pour se défendre...

Auraient-ils dû?

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 17:09

 

 

 

  Italie pinturicchio resurrection 93-94

 

 

 

Borgia

 

  Alexandre VI Borgia (1431-1503)

 

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L’accession au pouvoir du cardinal catalan Rodrigue Borgia et de son clan, qui s’efforcèrent d’instaurer une dynastie pour exercer leur domination sur le monde.

Bien qu’étant un homme de foi, Rodrigue était aussi esclave des plaisirs charnels. Il devait non seulement déjouer les complots et les conspirations de ses collègues cardinaux et des représentants des grands pouvoirs, mais aussi mener une lutte pour contenir les rivalités qui menaçaient de déchirer sa famille.

Sur le plan des ventes internationales, la série a subi la concurrence directe de The Borgias, une autre série télévisée sur le même thème créée pour la chaîne américaine Showtime.

Le tournage de la série s'est déroulé en République tchèque aux Barrandov Studios à Prague.

La série est produite par Atlantique Productions, une filiale de Lagardère Entertainment, pour Canal + en association avec EOS Entertainment et ETIC Films.

La distribution internationale est assurée par Beta Film GmbH.

 

 

 

 

 

 

 

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Les Borgia envahissent l'écran.

 

La guerre des Borgia aura-t-elle lieu ?  Deux énormes sagas historiques autour de la légende noire du pape Alexandre VI et de ses enfants, César et Lucrèce, durant la Renaissance (que de nombreux historiens renomment « la Rechute »), se disputent les écrans.

Canal + diffuse à partir du 10 octobre 2011 une grande série internationale de 12 épisodes, portée par l’Américain Tom Fontana (créateur de la série Oz, diffusée en France sur M6), avec John Doman dans le rôle-titre. Tandis que The Borgias, la série de Neil Jordan et Michael Hirst (créateur de la série The Tudors) avec Jeremy Irons, continue à tracer sa route sur Internet après avoir réuni des millions de téléspectateurs aux Etats-Unis et au Canada en avril, sur la chaîne câblée Showtime.

Campagnes publicitaires massives, slogan au goût douteux : « Borgia, n’ayez pas foi en eux », (nous  plongeons dans l’Amérique profonde made in WASP& USA), et decorum de carnaval pour la soirée de lancement des initiés (fausses nones en porte-jarretelles, serveurs en col romain et hostie en chocolat sur le buffet), la chaîne cryptée n’a lésiné ni sur les moyens ni le mauvais goût le plus people.

 

 

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Son western rococo, bourré de sexe et de violence, est pourtant affreusement répétitif et ennuyeux. Sans reprendre à son compte tous les mensonges colportés sur les Borgia, il porte sur eux, en permanence, un regard déplacé (en-dessous de la soutane, bien sûr).

Que les Borgia n’aient pas été des saints est un fait. Mais cela n’en fait pas pour autant de vulgaires mafieux à la tête  d’une multinationale du stupre. Cela justifie moins encore qu’on plaque sur eux une vision fantasmée de l’Histoire, reflétant surtout une vision bien hypocrite de la morale (on se pourlèche des prétendus vices que l’on pourfend).

Les ficelles sont énormes, surtout à notre époque où le cynisme et la corruption à l'échelle planétaire d’une partie non négligeable des « élites » donne la nausée…

Derrière le côté grand barnum, c’est l'Eglise catholique qui est évidemment attaquée. Mais réfléchissons cinq minutes : qu’une telle institution, vieille de deux millénaires, perdure avec tant de dynamisme et une telle capacité à se régénérer, malgré la faiblesse des hommes, cela dérange. On le comprend aisément.

 


 

  Quelques clichés passés au crible de l'Histoire.

 

Alexandre VI était une personnalité arriviste et intrigante.


Vrai et faux: Vice chancelier de l'Eglise romaine sous le pontificat de son oncle, le pape Calixte III Borgia (1455-1458), le cardinal Borgia connaissait tous les  rouages du Vatican, ce qui facilita son accession au trône de Pierre, par ailleurs objet de toutes les manoeuvres politiques. L'habileté et "l'arrivisme" étaient de mise, là où l'influence d'Etats étrangers se cachait derrière les cardinaux.

Acheta-t-il son élection comme le laissent penser les dons munificents distribués au titre du "joyeux avènement"? Pour Guy Le Thiec, aucun doute: la nomination du cardinal Ascanio Sforza au titre de vice-chancelier en est une preuve éclatante. D'aprés le Pr Soranzo, cité par l'académicien Marcel Brion dans son ouvrage réédité "Les Borgia", éditions Tallandier, collection "Texto", il n'est pas permis de parler de simonie (achat et vente de biens spirituels). Le cardinal aragonais Borgia aurait été choisi pour faire barrage à la Maison de France, revendiquant le trône de naples. Ce qui n'empêcha pas Charles VIII de lancer ses troupes à l'assaut de l'Italie.

 

 

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Le beau Stanley Weber dans le rôle de César Borgia, le fils d'Alexandre VI.

Il fit assassiner Alfonse d'Aragon, son beau-frère.

 

 

Il défendit les intérêts de sa famille au détriment de l'Eglise.

Faux: La version la plus couramment admise par les Historiens est que le pape Alexandre VI n'oublia jamais les intérêts de sa famille, mais tout en défendant ceux de l'Eglise. Exemple, selon Guy Le Thiec, professeur d'Histoire moderne à la Sorbonne: "Il chercha à constituer un Etat territorial pour la papauté, en l'élevant au rang de principauté, ce qui était une des conditions de survie de l'Eglise dans l'Europe des guerres d'Italie, et il en confia la défense à son propre fils César".

Jacques Heers, médiéviste, ajoute: " Oui, il plaça des membres de safamille à des postes stratégiques, comme il était coutume à l'époque, ni plus ni moins, et comme beaucoup avant lui, notamment des personnages d'une grande probité, tel Sixte IV, qui favorisa ses neveux; seul moyen de contrecarrer la puissance des nobles de Rome".

 

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Antoniani Romano: l'Annonciation (1495)

 

Alexandre VI mit en péril la foi catholique.

Faux: "Il fut un défenseur absolu du dogme" Jacques Heers. Ce que confirme Guy Le Thiec: "Les quatre siècles précédents furent suffisamment marqués par les schismes et les hérésies pour qu'heureusement le pape n'en crée pas de nouveaux".

Alexandre VI organisa avec succés le grand jubilé de 1500, il déploie avec faste une liturgie récemment rénovée, avec l'aide de son cérémoniaire Johannes Burkhard. Il commande de nouveaux missels richement enluminés. Lors du concile de Ségovie, où il préconise une sorte de réforme de l'Eglise d'Espagne, il prononce une très belle exhortation sur le rôle du prêtre.

Dans le conflit qui l'oppose au rigoriste Savonarole (1452-1498), maître de Florence, il reste de marbre, tente les réconciliations, avant de se résoudre à le faire juger par un tribunal ecclésiastique, qui excommuniera le moine dominicain.

En 1493, il promulgue une bulle (un décret) qui départage le Nouveau Monde entre le Portugal et l'Espagne, selon la vision de l'époque: il appartient à la papauté de réaliser le partage du monde en raison de la suprématie encore incontestée de la papauté, et pour oeuvrer à l'évangélisation.

 

Alexandre VI entretint une liaison incestueuse avec sa fille Lucrèce Borgia.

 

 

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 Suzanne et les vieillards

 

Faux : Aucune preuve de liaison incestueuse; très improbable. Quoiqu'il en soit, le chef de l'Eglise fut un piètre exemple pour les familles princières qui utilisaient leurs progénitures comme monnaie d'échange pour nouer d'avantageuses alliances comme il était coutume à l'époque.

La malheureuse Lucrèce fut mariée trois fois: la première à l'âge de 13 ans avec Giovanni Sforza; la deuxième avec Alphonse d'Aragon, exécuté par les hommes de main de son frère César; la troisième avec le duc de Ferrare, Alphonse d'Este, dont elle eut sept enfants.

D'une grande culture, comme tous les Borgia, polyglotte, jetée très tôt dans l'arène politique, Lucrèce mourut à 39 ans après être entrée dans le tiers ordre franciscain.

Sa personnalité complexe continue à faire couler beaucoup d'encre bien qu'il existe peu de document sur elle.

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Alexandre Borgia fut un pape mécène.

Le pontificat d’Alexandre VI Borgia

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Alexandre VI représenté dans une peinture (détail) de Pinturrichio (1494) Résurrection.

 

 


Alexandre VI Borgia (1431-1503) monte sur le trône de Pierre en 1492, une année au cours de laquelle se multiplient des événements historiques lourds de conséquences. En Italie, la mort de Laurent le Magnifique (1449-1492) ouvre une période d’instabilité à Florence, où Jérôme Savonarole, devenu prieur du couvent dominicain San Marco, a déjà entamé ses cycles de prédications. Dans le reste de l’Europe, la prise de Grenade met fin à la présence arabe en Espagne, achevant la Reconquista séculaire de la péninsule Ibérique. Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille peuvent impérieusement nouer une alliance avec Maximilien de Habsbourg qui aboutira, en 1496, au mariage de Jeanne la Folle et de Philippe le Beau et, partant, à la réunion des dominations espagnoles et impériales dans les mains de leur héritier, le futur Charles Quint. L’expédition de Christophe Colomb accoste sur les rivages du Nouveau Monde et, entre autres conséquences, offre à l’Église l’occasion de projeter une campagne de christianisation massive. Alexandre VI en profite pour renforcer le rôle supranational de l’évêque de Rome (ainsi que ses liens personnels avec la couronne aragonaise), en ratifiant, par les bulles du 4 mai 1493 et du 7 juin 1494, les traités qui délimitent les territoires du continent américain que coloniseront l’Espagne et le Portugal. Les années 1490 – la crise est dans l’air – sont marquées par un profond bouleversement de l’équilibre politique italien. A Milan, après la mort de Gian Galeazzo Sforza en 1494, Ludovic le More (1452-1508) assume officiellement un pouvoir qu’il détenait de fait depuis près de quinze ans. Appelant la France à son aide, il provoque l’invasion de l’Italie par Charles VIII et son armée (1494-1495). Pierre de Médicis (1472-1503) est contraint de quitter Florence, déchirée par des luttes intestines et par les violentes diatribes antipapales de Savonarole condamné à mort, le frère dominicain est brûlé vif sur la place de la Signoria en 1498. A la fin du siècle, la modification des alliances incite Louis XII de France à venir à son tour en Italie, où il chasse Ludovic le More et occupe le duché de Milan dont il prolonge de quelque temps la lente agonie. La Romagne, les Marches et l’Ombrie sont dévastées par les entreprises belliqueuses, velléitaires et sanglantes, de César Borgia. A Pérouse et à Bologne, le pouvoir des Baglioni et des Bentivoglio court à sa perte. Venise, qui regarde désormais vers l’Occident, tente en vain de conquérir les territoires de la Maison d’Este.

Alexandre VI Borgia, anonyme allemand, XVIe siècle, (Dijon, Musée des Beaux-Arts)

La production artistique à Rome durant cette période comprend des épisodes éclatants dans les domaines de la sculpture et de l’architecture, au nombre desquels le Tombeau de Sixte IV et le Tombeau d’Innocent VIII réalisés en bronze par Pollaiolo, les interventions, dans les deux disciplines, du Lombard Andrea Bregno à Santa Maria del Popolo, le palais de la Chancellerie voulu par le cardinal Raffaele Riario ou la Pietà de Michel-Ange. Les passages par Rome de Mantegna (1431-1506) (dont les fresques réalisées au palais du Belvédère sont détruites au XVIIIe siècle, pour faire place au Museo Pio-Clementino), et de Filippino Lippi. La suprématie à Rome de Pinturicchio, durant une assez longue période, attestée par les travaux et l’importance des commandes. Et, avec lui, des peintres comme Jacopo Ripanda, ou Pier Matteo d’Amelia, puis un bon groupe d’artistes, mais surtout des œuvres, détruites, falsifiées, recouvertes d’enduit, reléguées aux marges de la mémoire et de la visibilité. Alors que Rome est de plus en plus une étape obligée dans la formation d’un artiste, on ne sait pas toujours si ces séjours n’ont été que des occasions d’études ou si les peintres de passage ont laissé quelque travail dans la ville. Tel est le cas, entre autres, d’Amico Aspertini qui, âgé de 20 ans à peine, arrive à Rome au début de 1496, à la suite de son père, Giovanni Antonio.

La Philosophie, 1484-1493, bronze, Antonio del Pollaiolo, (Vatican, basilique de saint Pierre, tombeau de Sixte IV). L’animation de personnages de Pollaiuolo et la tension de la décoration évoquent le style de son rival, Verrocchio (1435-1488). Ayant lui-même pratiqué la dissection de cadavres, Antonio Pollaiuolo (1432-1498) a accordé une attention aux muscles et aux veines, aux gestes et à tous les mouvements du corps qui affichent le fonctionnement naturel de corps humain.

Pinturicchio (1454-1513) à Rome

Pinturicchio fait ses débuts à Rome sous la direction de son maître Pérugin avec la décoration de la chapelle Sixtine, (même si nous n’avons, jusqu’à présent, aucune information certaine sur des relations réelles entre les deux artistes) est indéniable que le style du Pérugin est un élément fondamental de la formation de Pinturicchio. La référence de Vasari (1511-1574) à une activité romaine du peintre à l’époque de Sixte IV demeure valable, que Pinturicchio soit ou non intervenu directement dans la chapelle vaticane. Le pape Della Rovere n’était probablement pas étranger au premier travail autonome de l’artiste : la décoration de la chapelle Bufalini dans l’église Santa Maria in Aracoeli, que l’on situe généralement vers 1482-1485, nonobstant le manque de documents spécifiques. Le commanditaire des travaux est le juriste et homme politique ombrien Niccolò di Manno Bufalini, originaire de Città di Castello, depuis longtemps au service de la cour papale et que cette initiative conforte dans son ascension sociale. Les fresques représentent des scènes de la Vie de saint Bernardin de Sienne le titulaire de la chapelle. Niccolò Bufalini rend ainsi hommage à un célèbre saint contemporain, avec lequel il semble que sa famille ait eu quelque contact, des décennies auparavant. Mais surtout il réalise un vieux projet des franciscains de Santa Maria in Aracoeli : honorer leur frère Bernardin.

 

 

 

 


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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 18:11
HORS-LA-LOI
(fellagha)

"Je ne mourrai pas pour la patrie algérienne, parce-que cette patrie n'existe pas. j'ai interrogé l'histoire, j'ai interrogé les vivants et les morts: personne ne m'en a parlé...".
Ferhat Abbas (1899-1985), homme politique algérien.
(1936)





A partir du 8 mai 1945 en Algérie et en France.
L'histoire mouvementée de trois frères, Algériens, dont les destins se confondent avec le destin tragique de l'Algérie française...

Le film ouvre une page d'Histoire jusqu'ici ignorée du cinéma. Bouchareb tente de fabriquer des héros de cinéma "retro", en usant d'un style vieillot qui ôte à l'histoire de sa vérité et de son intérêt, sans éviter le ridicule.

Jamel Debbouze. StudioCanal

"Que d'histoires pour un mauvais film!".
Eric Zemmour
(journaliste)

Sous le couvert d'un film de gangsters dans le genre de "Borsalino", il s'agit de fabriquer un film de propagande conforme à la vérité historique d'un pouvoir algérien corrompu, confronté à l'impopularité, aux pénuries et  à l'islamisme. Alors, soixante ans après l'indépendance, à qui la faute?
Comme tous les pouvoirs aux abois, les dirigeants algériens détournent le mécontentement de leurs populations vers un bouc émissaire idéal: la colonisation. Ce stratagème est appuyé sur la mémoire d'un passé miné par des silences, des non-dits et des mensonges des deux côtés de la Méditerranée.

 Le Septième Art se prêtant merveilleusement à la falsification historique, se serait dommage de s'en priver.
Et Rachid Boucharef ne s'en prive pas; c'est son droit. Mais c'est aussi notre devoir de spectateur de conserver l'esprit critique .

 Ce n'est donc pas un hasard si "Hors-la-loi" a été financé par l'État algérien mais aussi co-financé par l'État français, tiraillé entre un esprit de repentance malsain, le "devoir de mémoire", la pensée unique et l'esprit critique uniformisé et à sens unique.
Le résultat est que le film, en ravivant des blessures que beaucoup aimeraient voir disparaître, mécontente bien sûr les Pieds-noirs, les Harkis et les nombreux Algériens qui ne se réclament pas du FLN, lequel a éliminé impitoyablement tout ses concurrents nationalistes pour imposer sa dictature.



"On doit veiller, au nom de la défense de la mémoire, à ne pas cautionner ce film".
Hubert Falco
(Secrétaire d'État aux Anciens Combattants)

"Contrairement à ce que disent les historiens dans le journal Le Monde du 5 mai 2010, il ne s'agit pas d'une guerre de mémoires mais d'erreurs historiques grossières, conformes à la vérité historique du pouvoir algérien".

Maurice Faivre
(général et historien, spécialiste de l'Afrique du Nord)

Se voulant une apologie du FLN en lutte contre la France (1954-1962), le nouveau film de Rachid Bouchareb n'a pas été primé à Cannes. Bien avant sa sortie en salle (2 septembre 2010), il a même provoqué des réactions plutôt inattendues. Le film s'ouvre sur une évocation truquée des émeutes de Sétif, le 8 mai 1945, enjeu politique majeur pour le pouvoir algérien.
Pour tout comprendre, il faudra se reporter au livre du Dr Roger Vétillard: " Mai 1945 en Algérie... La révolte et sa répression de Sétif, à Kerrata et Guelma"; éditions de Paris, 2008, 592p., 39 Euros.
Né à Sétif en 1945, devenu médecin à Toulouse, le Dr R. Vétillard a mené une vaste enquête, bénéficiant de très nombreux témoignages et documents. Son livre constitue la seule synthèse complète sur le sujet. Il a obtenu le Prix Cornevin de l'Académie des Sciences & de l'Outre-mer. Il fera l'objet d'une nouvelle édition augmentée en oct. 2010.
Une Fondation fut créée pour exiger de la France qu'elle se reconnaisse coupable d'un "crime contre l'humanité", selon un schéma devenu classique.

Bernard Blancan. StudioCanal

L'Histoire à bout portant
Les retombées de Hors la loi:

En France, cette stratégie s'est heurtée de façon imprévue à la mobilisation opiniâtre des associations de Rapatriés mais aussi, fait plus surprenant, à l'exaspération de l'opinion publique (les sondages à ce sujet n'ont pas été publiés) désormais très inquiète quant à l'impact de l'islamisme en Europe: échecs patents du processus d'intégration, charia finacière, minarets, polygamie, mariages forcés, arnaques aux allocations, insultes contre les "céfrans",affaire du voile, burqua, repli communautaire, insurrections dans les banlieues avec utilisation d'armes de guerre contre les forces de l'ordre et les pompiers, trafic de drogues, vandalisme et agressions dans et à proximité des établissements scolaires contre les enseignants et les élèves...
Par ailleurs, la majorité sarkoziste exprime son inquiétude après les régionales de 2010... A l'initiative de Thierry Mariani, cinq députés UMP ont ainsi déposé un Projet de Loi (enregistré le 29 avril 2010 à la présidence de l'Assemblée Nationale) réclamant "la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, victimes de crimes contre l'humanité, depuis le 19 mars 1962, du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique".
En outre, le Service historique du Ministère de la Défense a rendu un verdict concis et sans appel au sujet de Hors la loi:
" Le réalisateur veut faire croire au spectateur que, le 8 mai 1945 à Sétif, des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens. Or, ce jour-là, c'est exactement le contraire qui s'est produit".






1939-1940: la puissance coloniale à genoux.

Exode mai juin 40

Exode des populations civiles belges, luxembourgeoises et françaises, épouvantées par l'avance irrésistible des armées allemandes.
Mitraillés par l'aviation allemande relayée au sud de la Loire par l'aviation italienne afin de faire le plus de victimes possibles, de pousser les populations au désespoir et d'acculer les politiques à demander l'armistice.
  Les responsables militaires leur avaient tellement répétés depuis vingt ans que l'armée française était la meilleure du monde qu'ils avaient fini par le croire.
 Ce fut donc un traumatisme lorsque,
se battant bravement, les armées françaises furent écrasées, face à un ennemi implacable.




France Occupation rue Fg St Honoré



La cuisante défaite de juin 1940 et l'effondrement de la IIIème République en quelques semaines, auront un retentissement dans tout l'Empire colonial où de nombreux indigènes ont été enrôlés pour se battre sur le théâtre des opérations européen .
Ils furent nombreux à verser leur sang...Les prisonniers seront éliminés en priorité par les Allemands.


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8 mai 1945.
Jubilation!



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 Dans tous les Empires coloniaux (français, britanniques, belges, néerlandais), les nationalistes s'insurgent plus ou moins violemment contre la puissance de tutelle, soutenus par les États-Unis et l'URSS, lesquels conservent en revanche jalousement et âprement leurs propres "colonies", parfois bien au-delà de leur zone géographique d'influence.

Sétif, 8 mai 1945: jour de liesse, jour de deuil.



  La version officielle

Lors d'une manifestation, un jeune scout musulman qui brandissait un drapeau indépendantiste et le maire de la ville qui tentait vainement de s'interposer,sont froidement abattus par un policier. Ces meurtres, loin d'effrayer les manifestants, vont déclencher la colère de la foule: une centaine de Pieds-noirs sont massacrés; la répression immédiate des autorités coloniales est féroce: les historiens les plus objectifs avancent le nombre effarant de 10 000 morts côté algériens.






Dés lors, l'engrenage de la violence est enclenché.
De 1945 à 1958, les hommes politiques qui organisent la répression en Algérie sont, en majorité, de gauche.


Les nationalistes algériens comprennent qu'ils devront se battre à mort pour arracher l'indépendance de l'Algérie à une France figurant parmi les vainqueurs des nazis, mais profondément blessée et humiliée par sa défaite de 1940.
 L' ancienne puissance se crispe alors sur ses prérogatives et choisit de montrer aux indigènes de son Empire, par la violence, qu'elle est encore maîtresse du jeu colonial; ce qu'elle n'a plus les moyens d'être.


Ainsi, dans tout l'Empire, les extrémistes de tous bords, feront parler les armes, entre deux négociations sans issues.

En Indochine aussi, l'armée française tire sur des civils, les habitants du port de Haïphong (avant-port de Hanoï) sont bombardés par la marine française.

19 décembre 1946: Attentats meurtriers à Hanoï: 300 civils européens, dont une centaine d'enfants, sont massacrés ou portés disparus, par le Vietminh (communistes vietnamiens dirigés par Ho Chi Minh), avec la complicité des troupes japonaises.

23 novembre 1946:bombardement de la ville de Haïphong (Viet-Nam) par la marine française: 6000 morts.

29 novembre 1947:répression d'une insurrection nationaliste à Madagascar: 30 000 morts.

Les yeux ouverts:

A Paris, les hommes politiques, la plupart de gauche ou gaullistes, anciens résistants contre "la barbarie nazie", laissent faire ou cautionnent les massacres, le plus souvent aveugles, perpétrés contre les populations indigènes par des militaires français ou des milices européennes d'auto-défense.
Aux yeux des colonisés, la République et ses idéaux humanistes ne sont plus crédibles, d'autant que les réformes les plus attendues tardent à venir ou sont superficielles.
Soutenue par l'URSS et les pays arabes, la Chine communiste à partir de 1949, la rébellion s'organise dans tout l'Empire et se radicalise; les rebelles, issus de tous les milieux, y compris les plus éduqués à l'occidentale,  se fondent dans les populations rurales et urbaines et frappent aux moments et lieux où on ne les attend pas.

Alger bressonAlgerie-Journal-54-terrorisme-Depeche-quotidienne.jpgLa Toussaint rouge

1er novembre 1954: Attentats terroristes et massacres d'Européens simultanés dans tous les départements de l'Algérie.


Tous les hommes politiques qui organisent  la répression sont, en majorité, de gauche, dont un certain François Mitterrand, ministre de l'Intérieur.

"L'Algérie c'est la France!, les départements de l'Algérie sont des départements de la République française[...]
Tous ceux qui essayeront, d'une manière ou d'une autre, de créer le désordre et qui tendront à la sécession seront frappés par tous les moyens mis à notre disposition par la loi[...].Si l'intégration consiste à étendre autant qu'il est possible et raisonnable, dans les trois départements algériens, les institutions de la métropole, s'il est également juste et raisonnable de réserver des institutions spécialisées, si l'on peut admettre que, ici et là, les traditions, les habitudes, les façons de penser obligent à constater les différences d'évolution, il n'est pas possible, il n'est pas admissible, il ne sera jamais retenu par le gouvernement qu'à l'intérieur de chacune de ces institutions il y ait des citoyens inégaux[...] La politique d'intégration du gouvernement ne serait pas comprise, s'il ne s'y ajoutait la volonté ferme et entière, dans le domaine économique et social comme dans le domaine administratif, d'offrir des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol algérien".

Discours de F.Mitterand, ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale du 12 novembre 1954.
(extrait)


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8 mai 1954: massacre de 17 jeunes appelés tombés dans une embuscade dans les gorges de Palestro: leurs corps sont retrouvés affreusement mutilés; ils étaient en Algérie depuis une semaine.
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Les rebelles torturent le jeune medecin auxiliaire, Maurice Feignon, au fer rouge et au liquide bouillant avant de l'égorgé.

 

Le 18 mai 1956, de jeunes appelés du 11/9e RIC tombent dans une embuscade. Submergés par un ennemi supérieur en nombre, plusieurs d'entres eux résisteront avant de tomber - blessés mais vivants - entre les mains de leurs tortionnaires.

 

Quand le lieutenant Poinsignon, lieutenant commandant la 6è compagnie du 11/9e RIC, arrivera sur les lieux, il découvrira une véritable boucherie : " On s'était acharné avec une incroyable sauvagerie " Chargé, le 20 mai, d'identifier les dépouilles des malheureux, il aura le plus grand mal à reconnaître les restes des hommes qu'il avait sous ses ordres.

 

"Ce que nous avons vu était tel que j'ai demandé par écrit un examen médico-légal pour déterminer les causes de la mort et si les mutilations avaient précédé ou suivi celle-ci. Je n'en ai jamais connu les résultats ; je n'ai même jamais su si cette autopsie avait bien été faite…. Torturés à mort, les jeunes soldats ont eu les yeux crevés… Les corps ont été vidés de leurs entrailles et bourrés de cailloux. Le FLN leur ont zébré les pieds à coups de couteau et leur ont coupé les testicules….".

 

 




Dans un paysage majestueux,marqué par l'oeuvre coloniale de la France, leurs jeunes vies furent saccagées...


"Ce fut un étrange voyage, pour beaucoup le premier grand voyage de leur vie, au pays des filles voilées et cachées, l'horizon hostile et splendide et nous, le fusil à l'épaule et la grenade à la ceinture.
Nous avons tous, je crois, passionnément aimé et détesté ce pays [...]
Cette population algérienne, par ses moeurs, ses comportements, sa culture, restait totalement impénétrable aux jeunes appelés Français de 1956-1962. Eux se sentaient parfaitement innocents d'une guerre qu'ils détestaient".

Témoignage d'Armand Frémont dans La Guerre d'Algérie et les Français, Fayard-1990.





5 juillet 1962: massacres de milliers d'Européens à Oran, en dépit des accords de paix.




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DISPARUS
Le rapt des Européens est une spécialité des Arabes depuis la nuit des temps.

 Une des rares photos prise lors d'une rafle de Pieds Noirs à Oran en juillet 62: la plupart seront assassinés.
L'armée française a reçu l'ordre de ne pas intervenir.
Terroriser les Européens pour provoquer leur exode massif. Tel est le but des enlèvements.
Le 19 mars 1962; l'Algérie, traumatisée par huit années d'une guerre cruelle, apprend la proclamation d'un cessez-le-feu. Les opérations que le gouvernement du général De Gaulle mène avec succès contre le FLN prennent fin. Depuis l'automne 1961, le noyau dur des partisans de l'Algérie française est clandestinement regroupé dans l'Organisation de l'armée secrète, l'OAS. Celle-ci mène son combat en usant de méthodes violentes; elle tient le cessez-le-feu pour nul et non avenu et continue la lutte en multipliant les attentats.
C'est le chaos...
L'OAS qui n'accepte pas les Accords d'Evian se livre à des attentats dont la violence culmine le 2 mai 1962 sur le port d'Alger. L'explosion d'une voiture piégée y fait 62 morts parmi les dockers musulmans. De son côté, le FLN est entré, depuis le 17 avril, dans un cycle de représailles sur fond de lutte pour la prise du pouvoir. Un des épisodes les moins connus en est l'enlèvement de plusieurs milliers de Français d'Algérie dans l'indifférence de l'opinion publique de l'époque et des autorités françaises.
Il s'agit pour le FLN d'opérer une véritable purification ethnique.
Au lendemain des Accords d'Evian, le gouvernement français et le FLN se sont rapprochés, unis par une hostilité commune à l'Armée secrète qui les porte à vouloir casser le soutien qu'elle reçoit de la masse européenne.
Démoraliser cette population devient un objectif de la stratégie anti OAS. Dans ce domaine, le FLN estime que le gouvernement français n'est pas assez pugnace. Une vague d'enlèvements d'Européens dont les Arabes sont les spécialistes depuis la nuit des temps, se déclenche le 17 avril 1962.Elle touche simultanément l'Oranie, la Mitidja et la région algéroise, ce qui porte à penser qu'elle répond à un mot d'ordre concerté. Ces enlèvements frappent très rapidement des centaines de personnes; ils sont l'oeuvre de commandos du FLN fortement retranchés dans les quartiers musulmans d'Alger, d'Oran et des agglomérations de l'intérieur où l'armée française a reçu l'ordre de ne plus patrouiller.

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Depuis 1830, l'oeuvre de la France en Algérie fut considérable.

"Alger la blanche" dans les années 50...
Il y a surtout le bruit, les odeurs et les parfums, la lumière et tout prêt la mer puis derrière, les montagnes enneigées où l'on pouvait skier...
Une insouciance, un rêve à tout jamais brisé.
Cependant, les cartes postales ne montrent jamais la misère...


Alger amiraute
L'Amirauté


Colonies médecine

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5 juillet 1962: Indépendance de l'Algérie.
L'exode de près d'un million de Français nés en Algérie, terrorisés par les attentats, les enlèvements, les assassinats en pleine rue; une véritable chasse aux Européens sans défense a déclenché un vent de panique général.




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Un adieu dans la douleur: quitter à tout jamais sa terre natale chérie.


Il reste les souvenirs...
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Toute une vie dans deux valises.
Il a fallu abandonner les morts dans des cimetières qui seront  profanés et saccagés.


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"Les hommes de gauche ont  le monopole du coeur" (?).

Rejetés de toutes parts, les rapatriés d'Algérie sont indésirables en France.
Les archives de l'État civil sont restées en Algérie: les Pieds-noirs n'ont plus d'identité administrative.
Sur les quais à Marseille, les militants communistes les accueillent avec des pancartes:
"Colons à la mer!".
Il y a longtemps que les grands propriétaires terriens ont quitté l'Algérie en vendant leurs terres au meilleur prix, ils sont partis corps et biens depuis 1958 voire même depuis 1956.
Dans leur immense majorité, les rapatriés de 1962 sont des Pieds noirs de condition modeste.
 

1954-1962

Une guerre cruelle.

Longtemps, les textes officiels ont refusé la qualification de "guerre" pour ce qui s'est produit en Algérie de 1954 à 1962.
On parlait des "évènements", de la "rébellion" ou des "opérations de maintien de l'ordre". Mais les mots sont comme les images, ce n'est pas en les changeant que la réalité change car, en Histoire,les faits sont têtus.
Par son vote du 10 juin 1999, l'Assemblée nationale a enfin officialisé l'expression "guerre d'Algérie".Certes, ce fut une petite guerre, sans aucune comparaison avec les grandes guerres mondiales; ce fut une guerre révolutionnaire dont l'enjeu n'était pas la conquête du territoire mais celle des esprits.
Et tout porte à penser qu'elle se poursuit...


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L'Algérie algérienne demeure en proie à la violence, à l'islamisme, à la corruption, aux pénuries et à la dictature. Une petite partie de la population profite des richesses, tandis que la jeunesse est en proie au chômage et doit s'expatrier chez l'ex-colonisateur pour trouver du travail. Et la Chine, un nouveau colonisateur, s'implante. Cette humiliation nourrit toutes les rancoeurs...

"Les pays du Maghreb central n'ont pas su démontrer leur capacité à créer les conditions d'un développement pérenne ...Malgré les fortes recettes générées par le pétrole, la situation économique et financière de l'Algérie demeure très fragile tant en raison du poids des hydrocarbures dans l'économie algérienne que des effets déstructurants de la longue transition libérale...
Générant 96% des recettes à l'exportation, 60% des recettes du Trésor et prés d'un tiers du PIB, le secteur des hydrocarbures démontre, une nouvelle fois, le caractère rentier et dépendant de l'économie algérienne. L'exploitation du pétrole et du gaz a permis l'essor puis la survie d'une économie socialiste pendant plus de vingt ans et demeure au cœur de la structure économique...
Mais la situation sociale est devenue extrêmement préoccupante après 1986. Selon l'Office national de la statistique, le taux de chômage serait de 23,7% en 2003, il double pratiquement durant la période 1994-1999 en devenant un phénomène structurel: 40% des ménages sont affectés par le perte d'un emploi. Durant cette période, les inégalités se sont creusées: prés de 14 millions d'Algériens en 2001, soit 40% de la population, sont considérés comme vivant en dessous du seuil de pauvreté". 


Saïd Haddad, "Le Maghreb", Questions internationales, n°10 nov.-déc. 2004.

La richesse de l'Algérie: sa jeunesse.





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Harraga: la version algérienne des boat people vietnamien.
S'embarquer sur des coquilles de noix et fuir la misère au péril de sa vie.

En France, le nombre de jeunes Algériens en situation irrégulière est estimé à plus de 350 000.
(chiffre officiel)

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Gendarmes algériens repêchant le corps d'un jeune homme qui s'est noyé en tentant de fuir l'Algérie de Bouteflika; certains de ces jeunes  sont diplômés.




 
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Et en plus, il vient se faire soigner en France...
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Les désillusions de la jeunesse algérienne.

"Ce quarantième anniversaire de l'indépendance ne soulève dans l'ensemble qu'indifférence en Algérie. Dans ce pays où 70% de la population a moins de 30 ans, les préoccupations de la vie quotidienne l'emportent sur tout le reste...
Quand ils ont l'opportunité, c'est en France que la majorité des Algériens tentent leur chance. Pour presque tous, la guerre de libération est une page tournée, et l'ancienne puissance colonisatrice n'inspire ni haine ni ressentiment, bien au contraire.
Entre la génération de ceux qui ont fait la guerre et les moins de 30 ans, les rapports sont en revanche souvent tendus. Les jeunes accusent leurs aînés d'avoir accaparé le pouvoir à leur profit depuis 1962, d'avoir fait de mauvais choix, en particulier celui du socialisme, et de leur léguer un pays en ruine.
"On a créé des héros et des mythes, et qu'est-ce-que ça a donné? Une tromperie...La révolution, ça a constitué un excellent fond de commerce; en Algérie, il y a deux catégories de personnes: les nantis et les laissés pour compte. Cela valait le coup de faire la guerre de libération, nos parents y tenaient, et nous aussi d'ailleurs, nous l'aurions voulue, cette liberté; le drame, c'est que quarante ans aprés, nous ne sommes toujours pas des citoyens et les militaires tiennent le pays".
Nadia 23 ans.

F. Baugé, "Jeunes, nombreux et frustrés".
Le Monde-20 juin 2002.




"Islamiser la modernité et non moderniser l'islam!".
(Slogan du FIS -Parti islamiste- pour les élections législatives de décembre 1991)




Le chômage des jeunes diplômés dépasse les 13% (chiffre officiel).
Les jeunes Algériennes sont souvent déterminées à faire évoluer la société: elles choisissent souvent les études de Droit pour devenir avocate.
"La femme est l'avenir de l'homme".




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"Il n'y a pas d'emploi en Algérie, il y a de la patience...".


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Villiers-le-Bel; émeutes 2005-07: amertume, rancoeur, défiliation; rejets...
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Arrivés en France, le chômage et la crise du logement oblige les jeunes  à se serrer les coudes...


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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 19:49
 


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21 Janvier 1793: les révolutionnaires les plus extrêmistes ont réussi à faire voter la mort du roi qui devenait gênant.
Le roi vivant, doté de tous pouvoirs qui  lui sont conférés, la politique de la Terreur ne peut être mise en oeuvre car le roi est un modéré et ses pouvoirs encadrés par la Constitution représentent une entrave à tous les aventuriers de la politique, utopistes fanatiques, illuminésen tous genres, doués d'une capacité de nuisance inouïe, qui ont intérêt à déclencher le chaos pour installer leur dictature; et cela, sans consulter le peuple qui dans son immense majorité, comme le roi, aspire à des réformes mais non à la guerre civile.

PARIS 1793

Danton est inquiet de la tournure sanguinaire que prend la révolution et cherche à fléchir le cours des évènements...


Oui, tu t'es trompé...!
 

La religion  républicaine a  ses saints et Danton en fait partie: il fut canonisé en tant que martyr...
En France, on ne compte plus les rues, les places, les statues à la gloire de Danton!.

Mais la légende dorée ne résiste pas aux faits qui sont naturellement têtus.
Danton, ce "modéré" selon l'hagiographie officielle, mit en branle, avec son  talent de tribun propre à enflammer les foules, une machine
à tuer infernale qui finira par se retourner contre ses inventeurs... .

chouans
La résistance contre la dictature révolutionnaire parisienne fut farouche et ses origines furent essentiellement populaires et paysannes...

Le modèle sera repris par tous les révolutionnaires des XIXème et XXème siècles: la Commune (1871), la Révolution mexicaine (1911), la Révolution bolchévique (1917), la Révolution espagnole (1931), le Stalinisme, le Nazisme...



LES PREBENDIERS DE L'AN II

Mais il y a un Danton méconnu, qu'aucun cinéaste n'a dépeint : "Danton le Magouilleur".

"L'argent sale" fut un des moteurs de la Révolution. Il enrichit la plus grande partie du personnel politique, opportunistes surgis de l'ombre...

Tous les révolutionnaires, ces amoureux farouches de la justice, de la Liberté et de l'Egalité, ces amis du Peuple, furent corrompus à des degrés différents.

Georges_Danton.jpg


Le cas de corruption le plus exemplaire demeure celui de Danton.
Soudoyé par la Cour dès le début de la Révolution, il amassa à la faveur de celle-ci une fortune considérable, résultat de ses multiples escroqueries et compromissions.
Danton mangea à tous les rateliers, son appétit étant insatiable: payé par l'Angleterre, acheté par l'Espagne pour intervenir à la fin du procès de Louis XVI, enrichi à la faveur de sa mission en Belgique, lié à toutes les crapules qui spéculaient sur les fournitures aux armées, profitant de la disparition des autorités royales de contrôle, payé pour faire bénéficier de sa protection les "suspects" de l'été 1792, il a "touché" de partout, pour mettre sa position de pouvoir, son talent oratoire et son incontestable popularité au service des uns et des autres.

Quand, le 11 vendémiaire an IV, les assemblées décidèrent de réhabiliter les victimes des terroristes, elles rendirent hommage à la mémoire des Girondins et de Camille Desmoulins, mais "oublièrent" Danton, Basire, Delaunay, Chabot et Fabre d'Eglantine.
Danton fut quand même glorifié en 1885 comme "l'ancêtre de Gambetta"...

Danton ne possèdait en 1789 que sa charge d'avocat aux conseils, achetée à crédit en 1787, pour soixante huit mille livres.
Quand, du fait de l'abolition de la vénalité des offices, elle fut liquidée en octobre 1791, l'Etat reconnut lui devoir soixante neuf mille livres, ce qui signifie que sa dette était éteinte. Or les historiens ont la preuve qu'en quatre ans, il n'avait eu à traiter que vingt deux affaires!



Danton est, grâce à Mirabeau, administrateur du département de Paris à partir de la fin de 1790, mais cette fonction n'est pas rétribuée. En décembre 1791, il est substitut du procureur de la Commune de Paris, mais cela ne lui rapporte que six mille livres par an. Il n'est ministre que du 10 août au 5 septembre 1792 et sera député à la Convention pendant dix neuf mois.
En aucun cas, les ressources liées à ces diverses activités ne peuvent donc expliquer la fortune qu'il a accumulée.

Si l'on néglige les prête-noms que Danton a utilisés pour de nombreux achats, il possède une centaine d'hectares dans l'Aube, quatre maisons, et fait verser une rente à sa mère et à sa nourrice.
En outre, à l'heure où les honnêtes gens manquent de tout, souffrent de la faim, du froid et vivent dans la peur sous un régime devenu paranoïaque, Danton achète au comptant des biens qui pourraient être payés en douze annuités.
Lors de son passage à la Commission exécutive, après le 10 août, il est clair qu'il a largement puisé, avec son secrétaire Fabre d'Eglantine, dans les fonds secrets mis à sa disposition et ce n'est qu'après beaucoup d'hésitations que ses collègues du ministère, Roland, Monge et Lebrun accepteront de l'innocenter (lui et Servan, ministre de la Guerre) des accusations lancées contre lui par Cambon...

On pourrait prolonger, après Thermidor, la liste des escroqueries, des scandales et autres turpitudes pécuniaires qui marquèrent la glorieuse Révolution française dont les cinq Républiques sont issues.
Faute d'avoir su pratiquer les vertus romaines qu'ils prétendaient imiter, les hommes de la Révolution nous apparaissent aujourd'hui, grâce aux travaux d'historiens libres, comme un ramassis d'aventuriers cyniques et avides dont bien peu eurent le souci de l'Etat et du service de la nation...

Il reste à la "mémoire" républicaine beaucoup de ménage à faire à propos de ces heures si honteuses de notre Histoire.


Version officielle doctement énoncée par un grand historien (Jean Tulard) qui ne nous explique cependant pas comment les pyromanes s'improvisent soudainement pompiers.



 

Danton après sa mort est toujours vivant:

On peut tous se demander ce que Georges Jacques Danton est devenu après le 5 avril 1794 !

Et bien il reste assez populaire.

Il a donné son nom à plusieurs rues (à Paris, Lyon, Toulon, Rennes, Montrouge... ), à une place dans sa ville natale : Arcis.

Il a aussi donné son nom à une station de Tramway parisienne.

C'est aussi le titre d'une chanson de Michel Sardou ou encore d'un film Andrzej Wajda avec Gérard Depardieu dans le rôle principal.

Et sa statue dréssée en juillet 1791 est toujours en place au carrefour de l'Odéon à Paris.

 

 

 

Portraits d'assassins :

 

Les terroristes appartiennent tous à la même génération, "éclairée" par les idées des Lumières, finalement "illuminés jusqu'à  la folie meurtrière. Ayant semé le vent, ils seront emportés par la tempête révolutionnaire. Ils serviront de modèles à tous les révolutionnaires et à toutes les terreurs à venir et sur tous les continents: Russie, Chine, Mexique, Espagne...


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Fouquier-Tinville (1746-1795)

Desmoulins (1760-1794)
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Carrier (1756-1794)

 

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Couthon (1755-1794)

 

 

 

 

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Marat (1743-1793)

 

 

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Brissot (1754-1793)

 

 

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Hébert (1757-1794)

 

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Saint Just (1767-1794)

 

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Robespierre (1758-1794)

 

 

 

 

"On ne fait d'omelettes sans casser des oeufs"

 

Quand on scrute les différents bilans de cette Révolution, force est de constater que la casse ne se limita pas seulement aux oeufs mais à tout le poulailler; et qu'en outre on tua la poule aux oeufs d'or que fut la magnifique monarchie française.

 

Bilan démographique:


Deux millions de morts; tel semble être, aux seuls dépens de la France, le coût des guerres de la Révolution et de l'Empire. Deux millions de jeunes Français, tombent sans postérité. Leur disparition, et du même coup celle de leur descendance s'ils étaient restés en vie, pèseront sur toute la démographie du siècle, et l'appauvriront. Les crimes de la Révolution française profiteront à tout le monde anglo-saxon...

Deux millions: c'est à peu prés autant que ce coûteront ensemble à la France les deux conflits les plus meurtriers de l'Histoire, ceux de 1914 et de 1940. Mais le sacrifice est plus lourd quand il frappe un peuple de 27 millions d'âmes que s'il se rapporte à  40 millions de citoyens.

L'historien Reynald Seycher, spécialiste des guerres de Vendée, ose écrire dans sa thèse, en 1985, le mot"génocide".  A la veille de la célébration en grande pompe, de la Révolution française, cela fait scandale...


 

 

 

19 mars 1793: à Paris, face aux multiples  soulèvements populaires, la Convention aux abois décrète la peine de mort, dans les 24 heures, pour tous les contre-révolutionnaires.

 

Révolution menacée soulèvements anti révolutionnaires

 

 

 

Les terroristes révolutionnaires sont qualifiés aussi de "purs". Ils  ont une mission: purifier la Nation, faire naître "l'homme révolutionnaire". En conséquence, tous les autres doivent mourir...

 

Cette logique implacable des idéologues de la Révolution française, serareprise par d'autres "purs":

 

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Lénine

 

URSS aff Staline ns aimons le plus

Staline

 

Allemagne Adolf nuremberg Card 1934

 

Hitler

Drapeau Japon Naval Ensign of Japan

 

Japon Hirohito1932 il a 31a en uniforme de Commandant du Qu

 

Empereur Hiro Hito

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1937: massacres de Nankin par les troupes japonaises.

 

chine nanjing-massacre

 

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Mao

 

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Pol Pot

 


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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 11:27

 


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"Les vices sont sans conséquences, le ridicule tue!"
Festival de Cannes 1996

Nommé Film d'ouverture Patrice Leconte

Nommé Palme d'Or Patrice Leconte

Nommé Grand Prix Patrice Leconte

Nommé Prix du Jury Patrice Leconte

Nommé Prix de la mise en scène Patrice Leconte

Nommé Prix du Jury Oecuménique Patrice Leconte

Nommé Prix Spécial du Jury Patrice Leconte

 

A travers les aventures de Grégoire Ponceludon de Malavoy, issu d'une famille d'ancienne noblesse tombée dans la précarite, une étude de la cour de Louis XVI et ses antichambres à Versailles en 1780, ou déjà la spiritualité avait pour ennemi mortel le ridicule.
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Louis XVI (1754-1793)

Vous avez dit "étude"? Voila un film qui accumule les clichés sur Louis XVI et la cour.
Le royaume de France est le plus riche et le plus peuplé d'Europe; le niveau et la qualité de vie y sont supérieurs à tous les autres pays. Louis XV et son petit-fils Louis XVI tentent de moderniser l'Etat malgré les pesanteurs et toutes  les entraves des privilégiés, c'est-à-dire des Parlements.
Mais la noblesse ne paie pas assez d'impôts...
Pourtant, les famines ont disparues et grâce aux Greniers d'Abondance et à l'action des Intendants, les crises frumentaires sont, dans l'ensemble, évitées ou adoucies.



Armoiries France royaleArmes de France



Les réformes ont été engagées dès 1771 afin de moderniser la plus vieille monarchie d'Europe. Mais elles sont freinées voire bloquées par les Privilégiés (noblesse de robe et haut clergé).
En outre, Louis a commis l'erreur de rappeler le Parlement, exilé par son prédecesseur pour cause de conservatisme.
Or, ces Messieurs du Parlement (les robins) bloquent tout, les grands seigneurs relèvent la tête et rêvent de reprendre la place qu'ils avaient avant le règne de Louis XIV.
 
Versailles nuages gris
La cour de Louis XVI, comme toutes les cours d'Europe est divisée en clans : le clan de la reine, de ses frères, des grands seigneurs qui l'entourent... Cette société est la plus raffinée d'Europe et la plus éclairée, mais Versailles, prison dorée pour la noblesse, a peu à peu  coupé le lien qui existait entre le roi et ses sujets .


France Louis XVILouis n'a pas de maîtresses: ridicule!

Louis est pieux: ridicule!
 
Louis n'est pas dépensier: ridicule!

Louis est honnête: ridicule!

Louis est cultivé et instruit: ridicule!

Louis fait construire la plus puissante marine du monde après l'Angleterre: ridicule!

Louis finance des expéditions scientifiques au-delà des mers: ridicule!

Louis noue des relations diplomatiques avec des souverains en Afrique et en Asie: ridicule!
Louis est pacifique: ridicule!

Versailles entree
 Louis a une sainte horreur des libertinages, des dépravé(es), des scandaleux(ses), des médisants et des comploteurs. En tant que Chef de la Maison de France, il sait qui fait ou dit quoi : Louis est patient mais ceux qui ne respectent pas les règles de la bienséance sont exilés sur leur terre ou enfermés, sur demande de leur famille par Lettre de Cachet.
Autrement dit, la cour de Louis XVI est loin d'être exclusivement peuplée de nobles hautains, à l'esprit cynique, persifleur, méprisant et décadent.
Ceux-là savent se tenir à l'écart du roi et de la reine en peuplant les Salons parisiens où ils peuvent, en privé mais sans se priver, insulter  la reine, surnommée"l'Autrichienne", la Catin, ou le roi, le "Falot cocu" et se repaître de gravures licencieuses, imprimées en Hollande , introduite en France clandestinement et abondamment distribuée à grand frais par les affidés du duc d'Orléans, le cousin franc-maçon et frustré-jaloux ...Jusqu'à devenir régicide et finir lui aussi comme ses amis, guillotiné par ses anciens complices...
France pierre-et-gilles Louis XV
Quand les libertins, pervers narcissiques enragent et complotent, le trône de France est en danger...
marie antoinette fans
Cette société raffinée, cultivée , dominée par les femmes d'esprit finira dans la terreur et dans le sang. Louis le Bienfaisant mourra saintement et les Français seront traînés comme de la chair à canon dans des guerres interminables pour la gloire d'un seul homme.


Bastille


"Les vices ont toujours de lourdes conséquences et aujourd'hui le ridicule ne tue plus..."

grande peur gr

La geande peur de 1788 enflamme les esprits et les bourgs.execution Louis XVI

Ils firent décapiter le roi pacifique, ils héritèrent d'un Empereur guerrier...
 


Napoléon Ingres


 
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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 10:56
LA REVOLUTION FRANCAISE

14 Juillet 1789
14 Juillet 2011







Le film monument en deux parties  de Robert Enrico fut réalisé à l'occasion du bicentenaire de la Révolution Française de 1789.
C'est une fresque grandiose, avec un gros budget, d'excellents acteurs, censée faire l'éloge des grands idéaux de Liberté, d’Égalité, de Fraternité.

Un vrai film de propagande!

La première partie "Les années lumière" évoque avec lyrisme, la fièvre occasionnée par les nouvelles idées qui animent les élites appelées à jouer un rôle majeur dans la transformation de la société.






La deuxième partie: "Les années terribles" décrit ce qui ne serait qu'un funeste "dérapage" sanglant: la Terreur .

Mais l'analyse des faits ainsi que les récents travaux de jeunes historiens scrupuleux de vérité historique, démentent cette lecture partisane de cette terrifiante Révolution Française.
En réalité, la violence aveugle de la Révolution fut voulue par une minorité agissante qui n'avait aucun intérêt à un processus de réformes pacifiques commencé dès 1777 par un  Louis XVI rempli de bonnes intentions mais dénué d'une vision politique claire.
Cette Révolution fut, dès son début, la victoire de la canaille sur les honnêtes gens, du mensonge sur la vérité, du crime et de la  violence sur la justice.

Je vous conseille la lecture d'un ouvrage très intéressant, qui vient de paraître, sans trop de publicité car trop dérangeant pour les bien-pensants.





Cet ouvrage n'entend pas "noircir" des faits qui témoignent par eux-mêmes. Cette violence inouïe, qui pourtant se réclamait des Lumières, produisit une onde de choc telle qu'elle devait s'étendre sur plusieurs générations.

Il est toujours dans l'intérêt d'une nation de faire briller quelques mythes fondateurs et dans l'intérêt de ceux qui ont pris le pouvoir de masquer la violence et l'arbitraire sur lesquels ils ont assis leur domination qui dure encore aujourd'hui.
Mais l'histoire ne s'écrit pas comme la mythologie, et son exigence de vérité ne devrait pas s'encombrer de visées utilitaires et partisanes.
Heureusement, après plus de deux siècles de mensonges et d'endoctrinement, des historiens, des philosophes, des intellectuels appartenant à une nouvelle génération, fouillent les archives et font parler le passé...







14 Juillet 1789
La forteresse de la Bastille n'a pas été prise, elle s'est rendue.


La Bastille est en 1789, une fortification, un ensemble imposant  qui protège la capitale à l'est.
C'est une prison d’État presque vide qui n'abritait en Juillet 1789 que sept détenus: quatre faussaires, deux fous et le comte de Solages, seul à  avoir été emprisonné par Lettre de Cachet. C'était peu.
A la fin du XVIIIe siècle, le traitement des prisonniers à la Bastille était décent (bien plus que dans la plupart des prisons françaises d'aujourd'hui !).
Mais les révolutionnaires devaient en faire un lieu sordide, symbole de l'injustice. Dusaulx, comme Le Moniteur universel, dés l'été 1789, s'emploie à cette tâche: ayant fait une inspection de la forteresse pendant sa démolition, qui commence quelques jours après sa prise, il assure avoir découvert des "oubliettes" et des cachots: ce ne sont que des glacières et des latrines...




C'est aussi en Juillet 1789, que se met au point, après les tâtonnements des mois précédents, une véritable technique insurrectionnelle, celle des fameuses "journées révolutionnaires" qui sera systématiquement appliquée, en violation de la Déclaration des Droits de l'Homme, lors des massacres de Septembre 1792,  et du génocide vendéen.
Une technique qui implique le recours à  l'intimidation,la peur puis à la terreur par le meurtre et les massacres à grande échelle, comme ressort principal de l'action révolutionnaire.

Le gouverneur de la Bastille, qui s'était rendu, après avoir subi mille outrages, est assommé sur les marches de l'Hôtel de Ville; le Prévôt des marchands, Flesselles, a la tête fracassée avec la crosse d'un pistolet, les soldats royaux qui composaient la garnison de la Bastille sont tous massacrés par la populace alors qu'ils s'étaient rendus sans armes: ils étaient tous des soldats à la retraite et invalides . Les pillages de boutiques et de maisons ne se comptent plus... Tandis que les honnêtes gens se terrent chez eux.

Durant cette journée du 14 Juillet 1789, on dénombre plus de 350 personnes tuées par la populace, Paris comptant à peu prés 700 000 habitants.

Il n'y aura aucunes arrestations...Le vide judiciaire traduit la vacance du pouvoir royal et encourage tous les criminels.





Mais la victoire de la canaille engage la révolution dans la voie de l'insurrection permanente.
Désormais, chaque fois que la légalité sera un obstacle à sa volonté, ou aux desseins de ceux qui la manipulent, la canaille (appelée Peuple par les manipulateurs) aura recours à l'insurrection, d'abord contre le roi, et , celui-ci éliminé, contre l'Assemblée soi-disant nationale elle-même...




Les révolutionnaires sont parfois des tribuns remarquables, aptes à enflammer les esprits.




Les révolutionnaires aiment les décrets-lois





La Révolution française fut un long régicide: décapitation de Louis XVI le 21 Janvier 1793, après un procès sans honneur ni vérité.

1789, la seule grande révolution:

Dans l'histoire du monde, il n'y eut jamais qu'une seule vraie, grande et totale révolution, celle qui a commencé en France en 1789 et n'a jamais vraiment cessé, en dépit du Consulat, de Napoléon et des diverses restaurations. Toutes les autres révolutions dans le monde ne sont que des imitations, hormis les "révolutions conservatrices". En comparaison, la révolution russe de 1917 fut à la fois beaucoup plus radicale, destructrice, meurtrière, et pourtant moins profonde. Sans doute l'explication est-elle que la révolution russe fut un accident (gigantesque) dû à une série de hasards historiques, en premier lieu la guerre de 1914. Mais il s'est bien agi d'un accident. Avec un tsar un peu moins défaillant, la Russie aurait vraisemblablement pu survivre jusqu'à la défaite allemande qui se serait produite plus tôt en 1918. C'était l'inquiétude des dirigeants français et américains, autour du président Wilson, qui s'inquiétaient d'une possible survie triomphale du régime tsariste.

" La Révolution était achevée lorsqu'elle éclata. C'est une erreur de croire qu'elle a renversé la monarchie; elle n'a fait qu'en disperser les ruines...".

Chateaubriand; 1819, De la Vendée.

Une lente évolution avait créé de longue date dans le puissant royaume de France une situation fatale. Après Taine ou Gaxotte, de nombreux historiens, Jean Tulard, François Furet, Denis Richet et Mona Ozouf, ont rapporté tous les éclairages nécessaires à l'interprétation de cet immense évènement. On pourrait aussi s'en rapporter à la très remarquable Sociologie des Révolutions publiée par Jules Monnerot chez Fayard en 1969.

 Louis XVII; fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette (1785-1795). Devenu roi de France & de Navarre à la mort de son père. Les révolutionnaires l'éliminèrent en le laissant crever dans un cachot. Derrière la vitrine des belles et grandes déclarations de principes: la barbarie.

Jules Monnerot (1909-1985) qui consacra sa vie à la sociologie historique,  esprit libre doué d'une exceptionnelle précision analytique, définit la Révolution française comme un changement radical et violent de régime politique. Jusque-là, rien de nouveau. Mais il approfondit l'analyse en observant les changements profonds qui ont précédé 1789, changements sociaux dans la répartition de la richesse et dans la configuration des pouvoirs. En bref, depuis trois siècles, le développement de la navigation, les grandes inventions et l'expansion du commerce avaient fait apparaître en France de nouvelles "occupations dominantes": les occupations nées du commerce avaient grandi aux dépens des occupations traditionnelles des deux premiers ordres, le clergé et surtout la noblesse, entraînant d'importants changements dans les rapports sociaux. Cependant, en France, contrairement à la Grande-Bretagne,les institutions sociales et politiques n'avaient pas suivi ces transformations.

Bien au contraire: les anciennes oligarchies privilégiées s'étaient fermées, résistant à toutes les tentatives de réformes et Louis XVI (1754-1793) n'eut jamais assez de trempe pour les faire plier. Il imposa par exemple, pour ne pas contrarier "sa" noblesse, quatre quartiers de noblesse pour devenir officier dans l'armée (1781).La monarchie aurait pu prendre la tête des changements comme ailleurs en Europe, mais elle ne le fit pas; par faiblesse, naïveté, et  par un aveuglement certain.

Tout au long du XVIIIème siècle, les privilégiés agirent pour défendre leurs acquis. La réforme du ministre Maupeou (1714-1792) à l'encontre des parlements renvoyés par Louis XV à cause de leur obstruction aux réformes de modernisation de la justice, fut annulée par Louis XVI dès son accession au trône, sous le prétexte naïf qu'il fallait leur conserver leur place traditionnelle dans l'architecture de la monarchie française. Louis XVI s'imagina pouvoir les faire obéir par lit de justice mais c'est lui qui plia devant eux.

La famille Penthièvre ou "La Tasse de chocolat", peint par Jean-Baptiste Charpentier en 1768, on y voit une des familles les plus puissantes de France: Louis Jean Marie Bourbon, duc de Penthièvre, assis de trois-quart, Louis Alexandre Prince de Lamballe, assis avec Marie-Thérèse Louise, Princesse de Lamballe et son chien ainsi que Louise Marie Adélaïde de Bourbon Penthièvre.

Toutes les réformes ultérieures de Turgot, Necker et Calonne afin d'assainir les finances publiques, furent successivement abandonnées devant la résistance des privilégiés qui, par démagogie et une dose de cynisme, se faisaient passer pour les défenseurs des peuples contre les abus de la monarchie.Dans un pays riche, l’État était menacé de banqueroute. Pour trouver une réponse, Louis XVI fut contraint de convoquer les États Généraux ( 5 mai 1789) mais sans avoir de stratégie possible. Il rappela aussi Necker, un protestant, qui s'était fait une réputation de magicien des finances. entre-temps, avaient progressé au sein du tiers-état l'idée de l'égalité civile et celle des droits individuels opposés à ceux des anciens ordres.

Les États-Généraux se réunirent à Versailles le 5 mai 1789 sous un ciel bleu printanier mais certains sentaient que quelque chose qui appartenait à l'immuable allait vaciller...

Louis XVI avait admis le principe du doublement du Tiers État. Ceux-ci étaient donc aussi nombreux que ceux des deux autres ordres réunis. Situation nouvelle dont les conséquences n'avaient pas été mesurées. Un premier évènement renversant se produisit le 17 juin quand le Tiers se proclama Assemblée nationale, puis, par le Serment du Jeu de paume (20 juin), il s'engagea, par un acte d'initiative inouï, à ne se séparer sans avoir donné une constitution à la France. On prenait exemple sur la récente révolution américaine, imprudemment soutenue par la monarchie française sous le prétexte d'affaiblir l'Angleterre. Mais tous les jeunes officiers qui avaient servi dans le corps expéditionnaire français en Amérique étaient revenus dans l'ancestral royaume des lys avec, dans la tête, des idées neuves et exotiques... Les jeunes esprits étaient en ébullition...

Devant les résistances rencontrées, inimaginables pour l'esprit de Louis XVI, celui-ci perdit pied. Il ne sut quel parti prendre; désirant conserver la paix et en même temps l'édifice monarchique dont il avait hérité avec ses prérogatives de monarque absolu de droit divin. Influencé par Marie-Antoinette et sa petite cour, il revint aux mesures de forces qu'il n'était plus en son pouvoir d'employer. Il assembla des régiments étrangers autour de Paris, ce qui parut une provocation, et il renvoya Necker sans ménagements le 11 juillet. Dés lors, l'épreuve de force était enclenchée...Le ministre s'était fait une réputation d'adversaire de la haute noblesse, ce qui le rendit populaire. On nage alors dans la démagogie. Le peuple est sacralisé par les révolutionnaires: ce n'est plus la plèbe ou la populace mais l'immense majorité des "honnêtes citoyens".

Le peuple est tout. Selon le nouveau discours, il est rendu à la vie après des siècles de servitudes. La production des richesses c'est Lui, les forces vives de la Nation et de l'Empire, c'est Lui, l'honnêteté, le courage, le goût du travail, c'est Lui. Encore un peu de temps encore,  et ce Peuple déifié deviendra dangereux pour ceux-là même qui l'avait hissé sur un piédestal jusque sur les autels ainsi profanés. Le Peuple redeviendra alors, ce qu'il n'a jamais cessé d'être: une multitude dangereuse, une masse incontrôlable, un torrent de violence déchaîné.

Le renvoi de Necker, ajouté à la disette qui sévissait à Paris à cause aussi, en partie, à la spéculation de quelques malins bien informés et bien introduits, l'action d'agitateurs rousseauistes, mit le feu aux poudres.

 Trahi de tous côtés, dés 1789, le roi n'est plus en sécurité; il ne peut affirmer sa souveraineté pour faire avancer ses réformes.

La sanglante émeute du 14 juillet fut la réponse de la rue. Aprés quoi, le malheureux Louis XVI qui ne comprenait toujours pas la situation, ne put jamais reprendre l'initiative, devenant le jouet d'évènements incontrôlables...

La fossilisation de la société avait opposé des obstacles à la circulation des nouvelles idées sociales (le Tiers). Cet immobilisme était cependant apparent, mais il avait provoqué la montée de rancœurs, de révoltes et d'espérances folles et aussi la convergence de mécontentements aussi contradictoires que ceux des parlements et du Tiers. C'est la logique de la plupart des révolutions. Pourtant, cela n'explique pas le cours particulier de la Révolution française, le rejet radical du passé, la "table rase"qui a tant stupéfait Edmund Burke (1729-1797), observateur précoce et perspicace de la "French revolution"... 

Edmund Burke; détail, (peinture de James Northcote).Un observateur au jour le jour de la Révolution française dont il a vite compris la radicalité.

Dés 1790, avec une perspicacité et une prémunition étonnantes, E.Burke peut annoncer les terribles conséquences de l'ouragan qu'il voit naître. Avant tous les autres témoins, il comprend les bouleversements; il en identifie les principes directeurs et en tire les les conclusions.

Deux principes essentiels retiennent sa critique: les "droits de l'homme" et le principe qui soumet la souveraineté à "la volonté générale". Il comprend que cette révolution, radicale dans ses principes, le sera aussi dans ses actes et qu'elle ne peut se comparer à la révolution anglaise du siècle précédent.

Il prend la plume pour alerter l'un de ses correspondants français; cette correspondance se transforme en un livre publié à Londres le 1er novembre 1790: Reflections on the Revolution in France. On le traduit aussitôt à Paris, on se l'arrache partout en Europe.

Burke réfute tout d'abord toute comparaison avec la Glorious Revolution  anglaise de 1688. Celle-ci a bien été une révolution, mais au sens astronomique du mot: retour d'un astre au point originel de son orbite, car ce fut une "révolution conservatrice" qui ne veut pas instaurer un régime nouveau mais marquer le retour de l'Angleterre à sa constitution naturelle, mettant fin aux divisions qui l'avaient déchirée depuis 1640, sous Cromwell (1599-1658) et sous les Stuart. Cette "révolution" de 1688  ne fonde nullement pour la nation anglaise le droit de choisir son roi. Le Bill of Rights de 1689 a valeur de constitution, liant indissolublement droits & libertés des sujets au principe de succession de la Couronne. On était donc aux antipodes de l'article 3 de la Déclaration des Droits d'août 1789:

" Le principe de toute souveraineté réside essentiellement  dans la nation": nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément". Selon ce principe, la "nation", c'est-à-dire la "volonté générale" de Rousseau, peut à son gré modifier la constitution, déposer le monarque ou même supprimer la monarchie, ce qui sera fait en 1792.

Burke s'élève violemment contre ce principe qu'il juge aberrant. Et il est loin d'être le seul, y compris parmi les acteurs du processus révolutionnaire français. Pour lui, une constitution ne peut être soumise aux variations et aux lubies de l'opinion. Si la Glorious Revolution est légitime, c'est parce-que, loin de rompre avec le passé, elle a assuré la continuité de l'histoire anglaise en restaurant des libertés historiquement acquises depuis la Grande Charte de 1215:
 " La politique permanente de ce royaume est de regarder nos franchises et nos droits les plus sacrés comme un héritage. Nous avons une couronne héréditaire, une pairie héréditaire et une Chambre des Communes et un peuple qui tiennent  par l'héritage d'une longue suite d'ancêtres, leurs privilèges, leurs franchises et leurs libertés".

Burke a vu d'emblée que le rejet du passé est caractéristique de la Révolution française.

La Déclaration des Droits de l'Homme de 1789: les belles déclarations de principes n'empêchent jamais le cynisme, la barbarie et la terreur...

Mais pourquoi cette folie de "la table rase" s'est-elle manifestée en France et pas ailleurs?

C'est à cette question que répondront plus tard Tocqueville et Taine.

Alexis de Tocqueville (1805-1859), élu député de la Manche de 1839 à 1851, a effectué des recherches minutieuses dans les archives modernes, donnant naissance à un chef d'oeuvre publié en 1856: L'Ancien Régime et la Révolution. Il observe que l'Ancien Régime a semé à la fois la démocratie individualiste et l'aristocratie, comprise comme une caste fermée, jouissant de privilèges injustifiés.

(à suivre...)



 

 



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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 10:08
MON COLONEL

Algérie, fin des années 50.

Pathé Distribution


Les réalisateurs Laurent Herbier et Costa-Gavras se sont surpassés, mettant tous leurs talents à défigurer la vérité historique.



Robinson Stévenin et Olivier Gourmet. Pathé Distribution

C'est un film-mensonges contre l'
Algérie française et surtout les Pieds-Noirs dans ce qu'ils avaient de plus typique et de plus attachant: leur mode de vie, leurs coutumes, leur art de vivre et d'aimer cette terre qu'ils avaient mis en valeur de générations en générations et qui tombe en ruines depuis le 19 mars 1962...


Rappelons au passage que l'Algérie est une création de la France.
Avant 1830, ce territoire et les tribus qui l'habitent sont sous la tutelle de l'Empire Ottoman qui peine à contrôler les bandes de pirates et autres brigands qui rançonnent, pillent et prennent des otages,  faisant de la Méditerranée un espace dangereux.



                                   Le duc d'Aumale
(1822-1897)





Armoiries du duc d'Aumale





Reddition d'Abdel Kadder au duc d'Aumale
(23 décembre 1847)




ALBUM PHOTOS

Dans tous les domaines, l'œuvre de la France en Algérie fut magnifique.


Le monument de Sidi-Brahim d'Oran fut élevé en 1898 à la mémoire du 8e Bataillon de Chasseurs d'Orléans et du 2e Hussards qui, du 22 au 26 septembre 1845, résistèrent héroïquement à 5 à 6000 guerriers de l'Emir Abd-el-Kader. Repoussant tous les ultimatums, ils périrent plutôt que de se rendre, au marabout de Sidi-Brahim, entre Oujda et Djemaâ-Ghazouet (qui devint Nemours).





Alger 1950











Bresson






Horloge




Rampes





Laferrière





Opéra




Monument aux Morts




Maison Blanche






Place d'Isly





Alger, mars 1949.


Un jeune couple de Pieds Noirs "ordinaires"; comme eux, ils sont des millions à être nés en Algérie sans être de riches colons.




Ce film très partisan de Costa Gavras a été tourné en grande partie en Algérie (Constantine et Sétif). Matériellement et complètement pris en charge par le gouvernement de M.Bouteflika (c'est trés étonnant!).

Encore plus surprenant de voir Charles Aznavour se commettre dans cette oeuvre de propagande grossière.
Selon certaines informations, de nombreux acteurs sollicités ont refusé les rôles proposés.
C'est donc que le sens de l'honneur n'a pas totalement déserté le cinéma français.

Il est aisé, aujourd'hui à des intellectuels de gauche de dénoncer une politique et une guerre qui furent menées en majeure partie par des socialistes...
L'œuvre de la France en Algérie fut magnifique, nonobstant quelques erreurs et quelques fautes dont nous n'avons aucune raison d'avoir honte; bien au contraire, les faits le démontrent année après années...
Quant à l'utilisation des interrogatoires "musclés" ou de la torture par l'armée, elle fut le seul moyen peu glorieux, certes, mais redoutablement efficace pour éradiquer le terrorisme et sauver des milliers de vies innocentes.



TEMOIGNAGES



"En un petit siècle, à force de bras, les colons européens ont, d'un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l'amour pouvait oser un tel défi... Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus pieds-noirs ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants!"

Boualem Sansal


"A son indépendance, nul pays extèrieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d'une infrastructure aussi développée que celle de l'Algérie" ."



A LIRE...








Depuis son indépendance, l'Algérie est dirigée par des Généraux qui maintiennent le pays dans la guerre civile et la misère. Mais comment fonctionne et perdure ce pouvoir ? Arrêté et torturé en Algérie pour avoir créé un syndicat étudiant libre dans les années 1980, accusé d'islamisme et souvent inquiété depuis, Lyes Laribi a été confronté de près à la Sécurité Militaire, la police politique de l'État.






Massacre du 11 janvier 1992
A qui profite le crime?



L'auteur dresse l'historique des querelles internes entre le clan du général Zeroual et celui du général Nezzar : coups d'État, combines économiques, crimes politiques qui s'étendent de 1962 à 1999... Aujourd'hui, Lyes Laribi décèle derrière le gouvernement de l'actuel président, Abdelaziz Bouteflika, la main-mise d'un troisième clan de Généraux, prolongement de ces nomenklaturas corrompues.

Cette courageuse enquête de l'auteur de Dans les geôles de Nezzar est une critique inédite et passionnée de l'histoire récente de l'Algérie. Une invitation à rendre au peuple algérien la confiance et la parole qui leur ont été confisquées.


***

Quarante ans après son indépendance chèrement acquise, l'Algérie n'arrive pas à trouver sa voie. La situation politique est bloquée. La démocratie reste une chimère. L'économie est dans l'impasse. Pour l'auteur de ce livre, la raison est que depuis 1958, le pouvoir a été trusté par les militaires. Lyes Laribi explique comment quelques personnes ont fait main basse sur le pouvoir en Algérie et tracent les lignes rouges à ne pas dépasser par leurs vitrines légales, à savoir le Président de la république, les chefs du gouvernement, les ministres et les juges...

De façon implacable et méthodique, l'auteur décrit la véritable nature du pouvoir algérien depuis l'indépendance. Il montre quels liens lient ces généraux. Comment s'articulent autour d'eux les clientèles civiles et militaires. Comment sont réglés les conflits entre ces hommes. Pourquoi les généraux font le jeu des islamistes.




Attentat suicide contre le siège de l'ONU à Alger (1997)


Le livre est ainsi divisé en quatre parties :

L'assassinat des personnages historiques de la guerre d'indépendance, de Abane Ramdane à Mohamed Boudiaf ;

les multiples coups d'Etat qui ont jalonné l'histoire de l'Algérie indépendante,

la politique économique et les différents réseaux criminels,

et enfin les forces en présence, à savoir les personnages clés du pouvoir actuel qui préparent l'après-Bouteflika.

Lyes Laribi, auteur des « Geôles de Nezzar » (Paris-Méditerranée éditions, 2002) a séjourné dans les prisons et les camps de concentration algériens pendant deux ans, pour avoir participé à la création du premier syndicat étudiant libre d'Algérie.
Lyes Laribi avait porté plainte contre le général Nezzar, ministre de la Défense à l'époque des faits et principal responsable de la répression et des actes de barbarie. Ingénieur en hydraulique, il vit aujourd'hui en France.
 



 


 







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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 16:57

AMEN



Le Vatican; les années 40.

Le film "Amen" ( mot hébreux qui veut dire:"c'est sûr!") et son affiche insultante pour les Catholiques, dissimule un mensonge éhonté concernant une période douloureuse de l'Histoire récente.

Le talent incontestable de Costa Gavras aggrave et amplifie ce mensonge qui consiste à semer le doute.

Selon le film, le chef de l'Église catholique, le Pape Pie XII,

n'aurait (presque) rien fait pour s'opposer aux Nazis, en particulier dans leurs entreprises d'élimination des Juifs.




En tant que Nonce apostolique à Berlin (ambassadeur du Vatican), le futur Pie XII ne se faisait aucune illusion sur Adolf Hitler et le Parti nazi dont l'idéologie était incompatible avec la doctrine catholique..


Or, les faits historiques sont têtus et contredisent clairement les thèses du film de Costa Gavras:

Dès 1937, le Vatican condamne le nazisme dans l'encyclique "Mit Brenender Sorge" (version officielle en Allemand) dont le maître d'œuvre n'était autre que le Cardinal Pacelli, futur Pie XII alors Secrétaire d'État de Pie XI (Premier Ministre en quelque sorte) et ancien Nonce Apostolique à Berlin. Il faut également savoir que cette encyclique a été lue dans toutes les églises du Reich le dimanche des Rameaux 1937.

 

* Le 6 mars 1939, après l'élection de Pie XII au Souverain Pontificat, l'éditorialiste du Palestine Post (Jérusalem) écrit : "Pie XII a clairement montré qu'il avait l'intention de poursuivre la tâche de son prédécesseur en faveur de la liberté et de la paix (...) Nous nous souvenons du rôle qu'il a joué (Pacelli) dans les récentes déclarations papales contre les pernicieuses théories racistes et certains aspects des totalitarismes".

 

* Le 10 mars 1939, le Jewish Chronicle (Londres), cite le discours antinazi du Pape à Lourdes (avril 1935) et les réaction hostiles de la presse nazie en réaction à son élection. Il écrit : "Il est intéressant de se souvenir que le 22 janvier 1939, le Völkischer Beobachter a publié une photo montrant le Cardinal Pacelli et d'autres représentants de l'Eglise sous le titre :"Les agitateurs du Vatican contre le fascisme et le national-socialisme".

 

* Le 28 octobre 1939, Pie XII publie sa première encyclique "Summi Pontificatus" dans laquelle il rappelle que tous les hommes ont même origine, même nature, même fin surnaturelle, même Rédempteur, même mission. Le totalitarisme de l'État y est dénoncé sans ambages, et l'encyclique se termine sur un hommage à la Pologne, écrasée sous la botte nazie depuis le 1er septembre, et qui vit "une véritable hora tenebrarum, où l'esprit de la violence et de la discorde verse sur l'humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom".


La chapelle Sixtine au Vatican.

Le Pape constate aussi amèrement que tous ses efforts, ses discours et ses interventions auprès des responsables politiques internationaux n'ont pas réussi à endiguer l'expansion de Hitler.

 

* Le 24 novembre 1938, le journal des S.S., "Das schwarze Korps", écrit que le cardinal Eugenio Pacelli s'est allié "à la cause de l'internationale juive et franc-maçonne" (sic).

 

* Hitler estime, quant à lui, que le Vatican est " le pire foyer de résistance " à ses plans.

 

* Pendant la guerre, Pie XII ne cesse encore de dénoncer la persécution des Juifs.

Dans son radio-message de Noël 1942, il plaide pour les "centaines de milliers de personnes innocentes qui, par le seul fait de leur nation ou de leur race, ont été vouées à la mort par une progressive extermination". Réaction des services de sécurité du Reich :

"Il [le Pape] accuse virtuellement le peuple allemand d'injustice envers les Juifs et il se fait le porte-parole des Juifs, criminels de guerre".




Derrière des termes que certains trouvent trop mesurés, la pensée est claire et la condamnation sans appel. Personne, à commencer par la communauté juive, ne pense que des déclarations plus fracassantes changeraient la situation et sauveraient des vies humaines.

A Münster, Mgr von Galen, opposant implacable au régime en place se voit supplier en 1941 par les représentants de la communauté juive de renoncer à un de ses discours dans lequel il dénonçait le racisme et le sort fait aux Juifs, et cela pour éviter que le dit discours ne se retourne contre eux:

(cf les représailles massives en Hollande après la déclaration des évêques).

 

* Des instructions ont été envoyées par le Vatican aux Églises nationales, les pressant d'intervenir pour sauver les Juifs avec tous les moyens dont elles disposaient (cf "Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale"), publiés entre 1965 et 1981 à la demande du Pape Paul VI.

 

* Pie XII donne lui-même l'exemple.

En 1943, le commandant des S.S. de Rome ordonne au chef de la communauté israélite de fournir 50 kg d'or dans les 24 heures sous peine de déportation des Juifs. La collecte n'ayant réuni que 35 kg d'or, le Grand Rabbin de Rome reçoit du pape Pie XII les 15 kg manquants.

 

* Pinhas Lapid, ancien consul d'Israël à Milan, après une enquête dans toute l'Europe, écrivait : "L'Église catholique, sous le pontificat de Pie XII, fut l'instrument qui sauva au moins 700 000, mais probablement jusqu'à 860 000 Juifs d'une mort certaine de la main des nazis". Il comprend très mal qu'on s'en prenne à Pie XII en 1963 (date de la sortie de la pièce "Le Vicaire" de Hochhuth dont s'inspire le film "Amen"), alors que Pie XII avait reçu les hommages les plus significatifs du milieu juif lui-même.

En France, sous le Régime de Vichy,les premières voix à s'élever publiquement contre les lois antisémites sont des évêques et des prêtres catholiques, en particulier Mgr Saliège, évêque de Toulouse.

Mais n'oublions pas tous les Français "ordinaires" qui, en particulier dans les campagnes, cachèrent, au péril de leur vie, des familles et surtout des enfants juifs.

Ces Français étaient, dans ces années 40, pour la plupart, non pas musulmans, non pas bouddhistes, mais Chrétiens et Catholiques.

Enfin, cette réalité dérangeante pour la plupart de mes contemporains: sous l'Occupation, la grande majorité des Français se désintéressaient du sort fait aux Juifs, tout obsédés qu'ils étaient à se ravitailler, à manger au moins un repas par jour, à envoyer et recevoir des nouvelles des prisonniers, à se chauffer et, si possible, se changer les idées en allant au music-hall et surtout, surtout, aller au... cinéma.

 

* Le Grand Rabbin de Rome pendant la guerre, Israël Zolli (1881-1956), s'est converti au catholicisme après la guerre, et a choisi pour nom de baptême Eugenio, en hommage au pape Pie XII, Eugenio Pacelli?


 

*Au décès de Pie XII, le 9 Octobre 1958, Golda Meir, ministre Israëlien des Affaires Etrangères s'exprimait en ces termes : "Nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes" ?

 

* Peu après la guerre, Albert Einstein déclare que : "l'Église catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la liberté ".

 

* Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient, au nom de la United Jewish Appeal, exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur.

 

*Il est facile de multiplier à l'envie la liste des faits plaidant en faveur de Pie XII.

Ceux qui voudraient plus de détails peuvent se reporter à l'excellent numéro de "Histoire du Christianisme Magazine" n°7 de mai 2001 (éditions CLD BP 203 - 37172 Chambray-lès-Tours cedex, le n° 13,5 ), spécialement consacré à ce dossier, ainsi qu'au n° 12 de mars 2002 qui répond directement au film.

Ceux qui veulent encore plus de détails et de faits indiscutables pourront lire le livre référence de Pierre Blet, dernier survivant de la Commission qui a épluché toutes les archives du Vatican sur la période de la guerre, intitulé "Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale dans les archives Vaticanes" (Perrin 1999), résumé des travaux minutieux de ladite Commission, publiés en douze gros volumes entre 1965 et 1981.



En revanche, il serait intéressant de se pencher sur les connivences entre certains leaders du monde arabo musulman et le IIIème Reich, en particulier le Grand Muphti de Jérusalem. Cela ferait un beau film historico-repentant...!

Et aussi, très intéressant d'analyser les votes aux élections de 1932-33 qui ont porté le Parti National Socialiste à la victoire; en particulier d'observer et comparer les votes des régions à majorité catholiques avec celles à majorité protestante.

Qui a voté massivement pour quel Parti? Les archives existent et ont été épluchées par certains historiens courageux...

Et aussi, très intéressant d'analyser les positions du Parti Communiste français depuis les années 20 jusqu'en 1941 par rapport au Nazisme...

© Renn Productions - Mathieu Kassovitz. Pathé Distribution

Il est facile d'accuser à tort et à travers.

Mais qu'ont fait les grandes puissances avant et pendant la guerre pour sauver les Juifs d'Europe alors qu'Hitler et ses sbires avaient, dès la fin des années 20, clairement annoncé leurs criminelles intentions ?

Auraient-elles mieux fait qu'un petit État sans armées dans une Europe déchristianisée?


Quels sont les gouvernements qui ont tout mis en œuvre pour  sauver les Juifs d'Europe en 1939 alors que depuis 1933 toutes les démocraties étaient frappées de léthargies face à l'Allemagne nazie ?




Et si Costa-Gavras usait de son talent pour tourner un film sur la tragique épopée du paquebot Saint-Louis?




Le "Saint Louis" sous bonne escorte à l'entrée du port de la Havane.

(à suivre...)

 


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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 20:17

MARIE ANTOINETTE

16 Octobre 1793:

Marie-Antoinette, reine de France & de Navarre, est guillotinée à Paris place de la Révolution (ex place Louis XV),après un procès sans honneur ni vérité,

Jusqu'au bout, elle fera preuve d'un courage et d'une dignité exemplaire...





Voici l’exemple type du film mensonge...

Versailles; règne de Louis XVI (1774-1792).

La reine Marie-Antoinette est, dans ce film, salie par un cinéma qui est dévoyé.

Le septième Art peut être une arme de propagande redoutable; nous le savions déjà. Il peut salir la mémoire de personnages historiques, d'autant plus de nos jours étant donné l'effondrement de la culture générale et des connaissances historiques de la part du plus grand nombre...

Oui, Marie-Antoinette commis des erreurs et même quelques fautes!

Non, la reine Marie-Antoinette n'était pas celle qui est décrite dans ce film qui impose une vision "kitch-people-bling-bling" à une catégorie de jeunes spectateurs très perméables à ce genre nouveau de la vulgarisation de l'Histoire.

Il faut être instruit et cultivé pour voir ce film à un second degré; or ces qualités sont celles-là mêmes qui manquent le plus au grand public d'aujourd'hui!
En outre, les erreurs historiques s'accumulent dans les moindres détails: par exemple, la reine est montrée commettant un adultère avec le Comte Axel de Fersen ce qui, historiquement n'est pas prouvé, ou  buvant et rebuvant du champagne.Or, Marie-Antoinette n'aimait pas cette nouvelle boisson à la mode; elle préférait les jus de fruits et l'eau pétillante des sources de Ville d'Avray.






Les historiens ont épluché les dépenses somptuaires de cette reine: rien de scandaleux par rapport aux usages de l'époque dans d'autres pays. En outre, l'argent était puisé dans les caisses de la famille royale alimentées par le Domaine royal et non dans le Trésor royal( nous dirions aujourd'hui Trésor public).
En revanche, les présidents de la Vème République, depuis 1981, ont, sans vergogne, battu tous les records de dépenses  et la dette publique de la France est aujourd'hui exorbitante. Alors qu'il existe des organismes de contrôle, l'État français vit au-dessus de ses moyens et se voit rappeler à l'ordre par Bruxelles.L'humiliation ne semble pas provoquer de remous dans la conscience des politiciens.
Je pourrais continuer longtemps...






Pavillon de Musique à Versailles

L'actrice choisie, Kirsten Dunst, par ailleurs pleine de talent, n'a rien de l'élégance racée et aristocratique de cette reine d'origine autrichienne; cette actrice a le regard et les attitudes d'une soubrette ou d'une courtisane.


Sony Pictures Entertainment

Une actrice qui a des airs de soubrette pour plaire à un public vulgaire, inculte et suffisant...


Mais pourquoi avoir fait un film à gros budget sur cette reine?



Parce qu' il y a sa fin tragique: sa vie débute comme un conte de fées et se termine dans les fosses communes de la Révolution française.
 A travers ce film, la reine Marie Antoinette a été instrumentalisée comme un simple produit commercial, à l'américaine.Et pour cela, il fallait la caricaturer donc la salir ( sans trop en avoir l'air) en la jetant en pâture à un public ignare, vulgaire et vaniteux.
Et puis, Marie-Antoinette demeure dans l'inconscient collectif comme le symbole de la beauté et de l'innocence saccagées par la bêtise et la méchanceté de la Révolution française, de toutes les révolutions qui permettent au "Peuple"d'usurper le pouvoir.

La réalisatrice Sofia Coppola a fait le choix de ne montrer qu'une partie de la vie de Marie-Antoinette. Or, comme tous les choix, celui-ci n'est pas dû au hasard et n'est pas innocent.
Amputer l'histoire d'une vie c'est comme sortir une phrase de son contexte pour lui faire dire ce que l'on veut lui faire dire: c'est une forme de malhonnêteté intellectuelle et de manipulation .
La vie de Marie-Antoinette comme toute vie a une histoire qu'il faut connaître dans sa globalité pour connaître le "moi" profond d'une personne. Un historien digne de ce nom sait cela, mais chacun de nous aussi.
Notre vie est un livre qui ne se ferme qu'à notre mort et la façon dont nous allons vers la mort est aussi importante que notre façon de vivre; et "aller à la mort" c'est vivre.
Parfois, à notre insu, notre vie ne s'arrête pas à notre mort.
Certains nous enterrent et d'autres nous déterrent.
Les cinéastes qui abordent un personnage historique ne font que cela. Leur engagement moral est donc puissant.







Je conseille de lire le livre d'Evelyn Lever sur Marie-Antoinette. Cette historienne a très bien décrit le personnage: l'Archiduchesse d'Autriche et de Lorraine, fille de l'Impératrice Marie-Thérèse, la reine de France, l'épouse, la mère de quatre enfants .

Admirez ce portrait de la reine Marie-Antoinette peint en 1786 par Madame Elisabeth Vigée -Lebrun, amie intime de la reine .






Madame de Polignac, une amie fidèle de la reine.





La Princesse de Lamballe;
elle resta fidèle à la reine jusqu'au bout et fut massacrée dans sa cellule le 3 septembre 1793 par la populace révolutionnaire.
Elle fut l'une des plus belles femmes du royaume...
Un boucher lui découpa la tête pour la planter sur une pique et exhibée à Marie-Antoinette à travers les barreaux de sa prison...




"Peu avant le 10 août 1792, Marie-Antoinette confiait à Fersen le pressentiment qu'elle serait bientôt libre et heureuse...
Mais quand l'infortunée Reine entre au Temple le 13 août 1792, elle est déjà dans l'antichambre de la mort.
Après avoir subi de terribles épreuves, malade (certainement un cancer de l'utérus), la mort de Louis XVI à qui elle était bien plus attachée qu'elle ne le croyait, la cruelle captivité, la séparation d'avec son fils, elle sera transférée à la Conciergerie dont elle ne sortira que pour être jugée par des fanatiques et conduite à l'échafaud.
En effet, après la mort de Louis XVI, la pauvre Reine et son petit garçon de huit ans, héritier de la Couronne de France, gênaient tout le monde: les Conventionnels qui les considéraient comme seul prétexte de la guerre civile dans l'Ouest, Monsieur, frère du défunt Roi, qui s'était proclamé Régent et désirait ardemment devenir Louis XVIII, certains hommes politiques comme le comte Mercy-Argenteau (ancien ambassadeur d'Autriche) qui estimaient que la pauvre femme deviendrait embarrassante en cas de rétablissement de la monarchie...
C'est cette dernière année de sa vie, qui ressemble à un long cauchemar, que Paul et Pierette Girault de Coursac, historiens, spécialistes de Louis XVI et de Marie-Antoinette, se sont efforcés de reconstituer au moyen de journaux de l'époque et des documents dont le texte a survécu aux incendies des Tuileries de 1871, en laissant de côté la mauvaise littérature née à partir du Directoire et les témoignages fabriqués après coup.
Ils n'ont même pas voulu, comme on le fait trop souvent dans un souci de pudeur ou pour ménager la "sensibilité" du lecteur, jeter un voile sur l'épisode atroce de la déposition du dauphin contre sa mère (une pratique inaugurée par les Révolutionnaires français et imitée par les Révolutionnaires du monde entier).
Mais comme il arrive toujours quand on préfère la réalité aux "pieuses" légendes, il s'est avéré que cette réalité dépassait de beaucoup la fiction, qu'elle éclairait la figure de Marie-Antoinette d'une lumière autrement belle et émouvante, et permettait de mesurer combien la jeune femme s'était transformée dans le creuset de la douleur, et quelle extraordinaire progression avait subi son caractère et sa manière de penser.
La Reine tragique qui meurt sur la place de la Révolution (de la "Concorde") le 16 octobre 1793, au terme de cette bouleversante évolution, n'a plus rien à voir avec la jeune femme égoïste et personnelle du printemps de 1792, qui réclamait avec tant d'ardeur et à l'insu du Roi le Manifeste de Brunswick".




(à suivre...)


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