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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 07:10

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Le destin hors du commun de l'officier britannique T. E. Lawrence, qui mena la révolte arabe contre l'occupant turc au cours de la Première Guerre mondiale. Adapté des Sept Piliers de la sagesse, son récit autobiographique.

 

 

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Pendant la Première Guerre mondiale, l'officier de l'Empire britannique Thomas Edward Lawrence, en poste à la surveillance du canal de Suez, conseille les Arabes du commandant Fayçal Ibn Hussein en Syrie à se révolter contre les Turcs de l'Empire ottoman et à fonder une nation arabe indépendante moderne.

 

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Peter Seamus O'Toole, né le 2 août 1932 dans le Connemara, est un producteur, acteur de théâtre et de cinéma irlandais, considéré comme un « monstre sacré » du théâtre et du cinéma britanniques.

 

Si Lawrence d'Arabie a attiré un large public dès sa sortie, le long métrage a toutefois divisé les opinions. La nature du personnage de Lawrence, d'abord attachant avant de se faire plus trouble, en est la principale cause. Le scénariste Robert Bolt explique que ce double sentiment d'attraction/répulsion ressenti par le public est logique : "Lorsque les hommes font la guerre, leurs plus grandes qualités se retournent contre eux. Leurs vertus sont mises au service de la destruction et du carnage. En temps de guerre, nous n'avons pas besoin de chercher un vilain, les héros suffisent..."
Lawrence d'Arabie a raflé sept Oscars en 1963 : meilleur film pour Sam Spiegel, meilleure réalisation pour David Lean, meilleure photographie pour Freddie Young, meilleure direction artistique pour John Cox, John Stoll et Dario Simoni, meilleur montage pour Anne V. Coates, meilleur son pour John Cox et meilleure musique pour Maurice Jarre.

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Thomas Edward Lawrence naît en 1888 à Tremadoc, au pays de Galles.

C’est un enfant intrépide, courageux mais aussi parfois violent...

Plus que tout, il se sent blessé par sa naissance illégitime, qu’il a découverte à l’âge de 10 ans.

Son père, petit noble irlandais, s’était enfui avec la gouvernante de ses quatre premiers enfants. Thomas est donc un enfant adultérin qu’un lien très fort unira toujours à sa mère.

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Henry Scott Tuke (1858-1929) "The bathers" 1885.

 

Selon certains, il aurait combattu son homosexualité en menant une vie chaste, faite d’exercice physique, de travail et de sévérité morale.

Ce serait donc là l’une des clefs de sa personnalité.

 

 

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Photo de Montague Glover; "Two buddies"

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"Ralph" photo Montague Glover( 1930')

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Photo de Montague Glover "British soldier" (1930')

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   Lawrence fut un passionné de motos bolides; il y laissera la vie lors d'un banal accident.

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Et Thomas Edward Lawrence devint Lawrence d'Arabie...

 

Thomas Edward Lawrence est archéologue,écrivain, mais aussi...espion et officier Britannique. Il est né au pays de Galles en 1888 et est mort en 1935 dans le sud de l’Angleterre.

 

Fils d'un noble britannique, il fait ses études à Oxford et choisit d’étudier l’Archéologie et plus particulièrement l’archéologie médiévale. Il se passionne pour l’histoire des Croisades et part en France où il visite les châteaux forts puis se rend au Liban et en Syrie. Il apprend l’Arabe et apprend à connaitre le désert par coeur. Il participe ensuite aux fouilles de Karkemish près de Jerablus, au sud de l’actuelle Turquie avec Leonard Woolley. Sous couvert d’activités archéologiques, Woolley et Lawrence sont envoyés par l’armée britannique en mission de renseignements dans la péninsule du Sinaï. Lawrence visite notamment Aqaba et Pétra. Ils cartographient toute la région avec une précision jamais atteinte jusque là.

 

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Leonard & Thomas, "archéologues" en Irak

 

Entre temps, les Allemands et les Turcs entament la construction de la ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad qui permet de relier le nord de l’Europe au golfe persique par voie terrestre. Pour les Britanniques et les Français cette construction met en danger leur domination par le contrôle des mers et des routes commerciales, car il contourne l’Egypte et le canal de suez. De fait, c’est la route des indes (Londres-Suez) qui se voit mise en péril car plus longue et fastidieuse que Berlin-Bagdad. En outre, le fait que cette liaison passe hors contrôle maritime laisse la France et l’Angleterre en position de faiblesse face à l’Allemagne et l’Empire Ottoman.

 

C’est donc face à cette menace existencielle pour les intérêts des empires que Sir Lawrence va devoir devenir Lawrence d’Arabie.

 

Dans un lieu proche du site archéologique où ils mènent des « recherches », Lawrence et Woolley fomentent une révolte des employés locaux contre les Allemands construisant la ligne qui mène vers Bagdad. C’est une réussite, les Allemands et les Turcs sont mis en déroute, ceci mettant un terme à la progression des travaux.

 

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L'Empire ottoman en 1914: immense et "malade"

 

 

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Drei Kaiser Bund: l'alliance des Trois Empires

Ottoman, Allemand, Habsbourg.

 

 

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Le Sultan de la Subime Porte, Mehmet V (1844-1918)

Il s'éteindra en même temps que l'effondrement de son colossal Empire...

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Mehmet V acclamé par ses troupes en 1914.

 

 

 

Lawrence est choisi par les services secrets britanniques pour favoriser la révolte des Arabes contre l’Empire ottoman.

Grâce à son courage, à son héroïsme au combat et à ses talents de diplomate, il parvient à fédérer les tribus bédouines autour du chef de La Mecque, Hussein, et de son fils, l’émir Faysal.

 

Ensemble, ils mèneront contre les Turcs une guérilla incessante, faite d’opérations de harcèlement contre les trains militaires.

 

Lawrence et les Bédouins, incorporés dans l’armée du général Allenby, s’emparent d’Aqaba, au nord-est de la mer Rouge, en 1917.

Fait prisonnier par les Turcs, Lawrence se tait sous la torture (il sera sans doute violé par ses géoliers et en demeurera traumatisé à vie). Cependant, il  parvient à s’évader. Il conduira son armée jusqu’à Damas, qu’il prend en 1918.

 

 

 

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Fayçal ben Hussein el-Hachimi Eljai (arabe : فيصل بن الحسين الهاشمي en arabe) (20 mai 1885 – 8 septembre 1933), fils de Hussein ben Ali, chérif de La Mecque et roi du Hedjaz, fut le roi d'Irak Fayçal Ier d'Irak de 1921 à 1933, après avoir été roi de Syrie du 7 mars au 27 juillet 1920.

 

Lawrence apporte son soutien à Hussein pour constituer un grand royaume regroupant toutes les régions arabes du Moyen-Orient. Mais, en 1920, le traité de Sèvres entre les Alliés et la Turquie est une immense déception pour lui.

Il se sent trahi par la Grande-Bretagne, qui, en vertu de l’accord Sykes-Picot, a abandonné la Syrie et le Liban à la France.

 

C’est cependant grâce à l’aide de Lawrence que, en 1921, l’émir Faysal devient roi d’Iraq, et son frère Abdullah, émir de Transjordanie.

 

 

 

 

Une révolte Arabe « so British »...

 

Fort de ce succès, Il est nommé au Caire, où il travaille pour les services de renseignements militaires britanniques. Sa très bonne connaissance des Arabes en fait un agent de liaison idéal .Lawrence porte le costume arabe, monte à chameau, adopte nombre de coutumes locales .

 

En 1916, il est envoyé dans le désert afin de rendre compte de l’activité des mouvements nationalistes arabes et d’en prendre le contrôle. C’est ainsi que envoyé à la Mecque il recrute Fayçal ibn Hussein, fils d’Hussein ibn Ali (chérif de La Mecque) qui mène une guérilla contre les troupes de l’Empire Ottoman.

 

La contribution principale de Lawrence à l’effort britannique consiste à convaincre les Arabes de coordonner leurs efforts afin d’aider les intérêts britanniques. Il développe l’idée d’une révolte Arabe contre la domination turque. Pour cela, les Britanniques leur fournissent armes, l’entrainement ,argent et informations stratégiques. Il persuade notamment les Arabes de consolider leurs positions sur les côtes du Hedjaz, à Rabigh et Yenbo, et de ne pas chasser tout de suite les Ottomans de Médine, forçant ainsi les Turcs à conserver de nombreuses troupes pour protéger la ville. Les Arabes harcèlent le chemin de fer du Hedjaz qui approvisionne Médine, immobilisant davantage de troupes ottomanes pour protéger et réparer la voie et empêchant ainsi l’ennemi de disposer de renforts contre les Anglais dans le Sinaï puis en Palestine.

 

En 1917, après la prise d’El Ouedj, Lawrence réussit à acheter avec de l’or Anglais les forces de Auda Abu Tayi, chef des Howeitat, jusqu’alors au service des Ottomans, contre le port stratégique d’Aqaba, et en même temps le contrôle de la voie menant d’Aqaba à Maan où stationnait une importante garnison ottomane. L’idée de Lawrence a été de ne venir que par l’intérieur des terres, ce qui a créé la surprise, et une surprise totale. De fait, le 6 juillet 1917, Aqaba tombe aux mains des Arabes.

 

Un an plus tard, le 1er octobre 1918, les troupes de Lawrence participe à la prise de Damas, libérée par des troupes anglo-australiennes, après avoir aidé à remporter l’une des seules batailles rangées livrées par les Bédouins à Tafilah puis avoir talonné les colonnes turques en retraite.

 

 

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Les accords Sykes-Picot...au service de l'Empire britannique:

 

Les Turcs et les Allemands hors d’état de nuire, les discussions sur l’après guerre peuvent  commencer.

Lawrence ne soutenait pas le projet du chérif Hussein de La Mecque de créer un grand royaume arabe comprenant le Hedjaz, la Jordanie, l’Irak et la Syrie.

Pour lui, chacun de ces États devait être enfermé dans ses frontières propres : c’était l’intérêt des Britanniques de morceler le Moyen-Orient, même si, dans la logique de Lawrence, la Syrie devait acquérir une réelle indépendance.

Ainsi, tandis que les troupes de Bédouins sous le contrôle de T.E Lawrence sont encore entrain de combattre les turcs, les accords Sykes-Picot sont secrètement conclut entre la France et la grande Bretagne.

Il prévoit à terme un dépeçage du Moyen-Orient, c’est-à-dire l’espace compris entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer Rouge, l’océan Indien et la mer Caspienne, alors partie intégrante de l’Empire ottoman.

  Sykes_picot.jpg

Le Moyen-Orient est découpé, malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, en 5 zones :

 

zone bleue française, d’administration directe ;

 

zone arabe A, d’influence française;

 

zone rouge britannique,

 

zone arabe B sous influence britannique,

 

zone brune, d’administration internationale comprenant Saint-Jean-d’Acre, Haïfa et Jérusalem. La Grande-Bretagne obtiendra le contrôle des ports d’Haifa et d’Acre.

 

 

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Le 16 mai 1916, en pleine guerre mondiale, le Britannique sir Mark Sykes et le Français Georges Picot signent un accord qui prévoit le démantèlement de l'empire ottoman après la guerre et le partage du monde arabe entre les deux Alliés.

 

Par cet accord secret, mais qui sera dévoilé dès 1917, les Alliés violent outrageusement la promesse faite aux Arabes de leur offrir une indépendance complète en contrepartie de leur aide contre les Turcs, promesse dont le « colonel » Thomas Edward Lawrence, dit « Lawrence d'Arabie » s'était porté garant auprès de l'influent chérif de La Mecque, Hussein, et de son fils Fayçal.

 

Une bonne partie des soubresauts actuels du monde arabe résultent de l'application de cet accord.

 

 

sykespicot.jpgSir Mark Sikes et François-Georges Picot

 

Accords Sykes-Picot: entre complexité, intérêts stratégiques et fourberie:


En 1915, en même temps que des négociations sont entamées entre le chérif Hussein de La Mecque et la Grande-Bretagne, cette dernière négocie avec la France le partage des provinces arabes de l’Empire ottoman.

 

Les négociations commencent en novembre 1915 et sont menées par François Georges-Picot, ancien consul de France à Beyrouth et délégué à l’ambassade de France à Londres, et par sir Mark Sykes, parlementaire britannique et spécialiste de l’Empire ottoman. Pour la France, les négociations portent sur la Syrie naturelle, territoire s’étendant de la Cilicie au Sinaï, et du littoral méditerranéen à Mossoul. Sykes de son côté, et comme promis à Hussein de La Mecque, estime que la zone française ne peut s’étendre que sur la Syrie du nord, car les villes de Damas, Homs, Hama et Alep sont réservées à Hussein, et la Palestine à la Grande-Bretagne. La France se rend aux arguments britanniques concernant les quatre villes syriennes qui feront partie du royaume arabe, mais sur lequel la France aura une zone d’influence. En revanche, la France refuse que la Palestine soit sous domination britannique. Elle accepte néanmoins le principe de l’internationalisation de la Palestine.

 

Négociés par Sykes et Georges-Picot, les accords qui portent leurs noms font l’objet d’un échange de lettre entre l’ambassadeur de France à Londres Paul Cambon et le ministre britannique des Affaires étrangères sir Edward Grey. Après plusieurs propositions, un accord franco-britannique est trouvé : l’accord du 16 mai 1916 divise la Syrie et la Mésopotamie en cinq zones : une zone bleue (Syrie littorale et Cilicie) sur laquelle la France peut mettre en place un régime d’administration directe ou un protectorat ; une zone rouge (basse Mésopotamie) où la Grande-Bretagne a les mêmes possibilités ; une zone brune (Palestine) réservée à la France et à la Grande-Bretagne ; une zone A (Syrie intérieure) où la France aura une zone d’influence sur le royaume arabe de Hussein ; une zone B (Mésopotamie moyenne) où la Grande-Bretagne aura une zone d’influence sur le royaume arabe.

 

Ces accords, qui révèlent toute la complexité des relations franco-britanniques, ne font cependant l’unanimité ni parmi les Français ni parmi les Britanniques. Les Français relèvent en particulier les avantages considérables qu’en retire la Grande-Bretagne sur la Palestine, lui permettant notamment de sécuriser la route des Indes. Pour les Britanniques, les accords placent la France dans une position d’intruse : une Syrie française isolant en effet l’Egypte de la Mésopotamie, au lieu de créer un territoire commun sous influence britannique.

 

Bibliographie

Anne-Lucie CHAIGNE-OUDIN, La France et les rivalités occidentales au Levant, Syrie-Liban, 1918-1939, L’Harmattan, Paris, 2006, 328 pages.

Vincent CLOAREC, La France et la question de Syrie 1914-1918, CNRS Editions, Paris, 1998, 243 pages.

Nadia HAMOUR, « La mise en place des mandats au Moyen-Orient : une ‘’ malheureuse innovation de la paix’’ ? » in Moyen-Orient numéro un, août-septembre 2009, pages 88-92.

Henry LAURENS, La question de Palestine, Tome premier, 1799-1922, l’invention de la Terre sainte, Fayard, Paris, 1999, 719 pages.

 

 

 

 

Comme en Afrique, c’est grâce au morcellement résultant des tracés de l’accord Sykes-Picot que les populations locales sont divisées toujours à ce jour.

En d’autres termes, Sykes-Picot fût la création d’un jeu d’échec dont les pièces seront : l’Arabie Saoudite, la Syrie, le Liban, l’Irak,puis plus tard la Palestine,Israël et l’Iran.

Ainsi, depuis cette époque, le Moyen Orient reste déterminé par ce découpage géopolitique mis en place à la fin de la Première Guerre Mondiale, assurant aux puissances occidentales une domination de cette région stratégique pour leurs intérêts divers .

 

Pour ses services (et la trahison des Arabes qui l’ont soutenu comme s' il était leur chef), Lawrence d’Arabie sera décoré des plus hautes distinctions militaires Britanniques et Françaises.

 

Lawrence d’Arabie reste l’un des officiers les plus influents dans le développement d’une doctrine insurrectionnelle au XXe siècle et son exemple servira d’inspiration depuis lors jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Lawrence revient en Angleterre en 1922, auréolé d’un immense prestige militaire. Cependant, il est amer et déçu.

Churchill lui propose une carrière diplomatique qu’il refuse. Il se fait alors enrôler comme simple soldat dans la Royal Air Force sous le nom de Ross.

 En 1926, il publie Les Sept Piliers de la Sagesse. Le livre met en scène son personnage d’aventurier.

Ce livre est un témoignage sur la guerre et une fresque romanesque. C’est également l’autobiographie d’un homme qui ne croit plus en ses idéaux, déçu par la réalité politique.

 

Bien que très sollicité, notamment par l’écrivain et ami Henry Williamson, qui essaye de le convaincre de rencontrer Hitler, Lawrence semble détester cette auréole de héros qu’on lui impose.

 


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La mort de Lawrence d’Arabie. Un décès controversé...

 

Le colonel Lawrence quitte son régiment le 26 février 1935. Il doit alors affronter la vie de simple civil ce qui n’est pas facile pour un homme aux multiples exploits.

 

Retraité, il s’installe dans sa demeure de Clouds Hill. Encore jeune, il se sent dévalorisé par cette retraite anticipée.

 

Le 13 mai 1935, il quitte son domicile à moto pour poster des lettres. Au retour du village voisin, vers 11 h 20, il croise une fourgonnette noire et doit se rabattre brutalement. Il heurte alors la roue arrière de la bicyclette d’un jeune garçon. Ejecté, il est transporté à l’hôpital militaire de Bovington, où il meurt six jours plus tard à l’âge de 47 ans.

 

Les autorités britanniques cherchent à éviter toute publicité sur l’accident. Faute d’informations précises, les journaux colportent des rumeurs incroyables et non vérifiées. Il est vrai aussi que l’enquête menée par l’armée présente des zones d’ombre. Par exemple, plusieurs témoins affirment avoir vu une voiture noire mais il n’en est pas fait mention dans le rapport.

 

Des hypothèses surgissent alors :

Lawrence a été chargé de mener une mission ultrasecrète au Moyen-Orient

Il a été assassiné par les services secrets d’une puissance étrangère

Il s’est suicidé par déprime

Le suicide aurait pu être envisageable mais dans ce cas précis, il se trouve que Lawrence se préparait à recevoir Williamson le lendemain. Il avait passé une partie de la matinée à préparer avec sa cuisinière les détails du déjeuner.

Lawrence a joué un rôle incontestable dans l’histoire des relations entre l’Occident et le Moyen-Orient.

Il a rêvé d’une grande nation arabe, mais ce rêve s’est heurté aux ambitions coloniales de la Grande-Bretagne et de la France qui se sont partagé le Moyen-Orient.

 

Il était devenu un mythe pour toute une nouvelle génération en mal d’aventures. Personne, pas plus les médias que le public, ne pouvait admettre qu’un tel homme puisse mourir dans un banal accident de la route.

 

Pourtant, c’est bien le cas. Il n’y a nul mystère autour de sa mort. Mais, Lawrence d’Arabie restera encore pour très longtemps une figure légendaire et un héros est forcement auréolé d’un certain mystère.

 

V.Battaglia (24.04.2006)

 

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Dans l'attaque du train, le réalisateur montre un aspect dominant du caractère et des pratiques multiséculaires des Arabes: le pillage (razzias).
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Original de la Déclaration Balfour (2 novembre 1917) adressée à Lord Rothschild (appartenant à une puissante famille juive ennoblie).

Autres conséquences graves expliquant les tensions actuelles dans la région:la Déclaration Balfour et le projet d'une implantation juive en Palestine.
 
  

 

En 1878, à l’époque de la concurrence des grandes puissances coloniales pour le partage de l’Afrique, la France demanda à ce que la Grande-Bretagne donne son accord explicite pour que la Tunisie soit du lot de la France. Le Lord Salisbury, Ministre britannique des Affaires étrangères, aurait alors répondu : "Nous ne pouvons octroyer ce qui ne nous appartient pas".

 

  Dès l’accord Sykes-Picot de 1916 qui établit le partage des territoires arabo-musulmans entre la France et la Grande-Bretagne, cette dernière voulut s’attirer les grâces de l’Organisation Sioniste Mondiale présidée par Haïm Weizmann en lui promettant la création d’un foyer national juif en Palestine.

Le 2 novembre 1917, le Ministre britannique des Affaires étrangères, le Comte Arthur James Balfour envoie au Lord Rothschild, un leader du mouvement sioniste, une lettre dans laquelle il lui octroie ce qui ne lui appartient pas.

 

Cette lettre, qui sera plus tard connue sous le nom de Déclaration Balfour, est généralement considérée comme la première initiative officielle entreprise par l’Occident pour créer une entité juive sur la terre de Palestine.

 

 

Voici le texte de cette lettre :

 

[([/Foreign Office

 

Le 2 novembre 1917/]

 

Cher Lord Rothschild,

 

J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

 

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays.

 

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

 

Arthur James Balfour

 

La Déclaration Balfour a donc été officialisée presque un an jour pour jour avant la fin de la Première Guerre mondiale, avant même que l’Empire britannique n’occupe la Palestine, alors partie intégrante de l’Empire ottoman.

Les documents historiques montrent que l’objectif de la création d’un foyer juif en Palestine était de former une barrière géographique entre les Arabes d’Asie et les Arabes d’Afrique, et ce, dans le but d’affaiblir le front anti-colonialiste. Diviser pour mieux régner était en effet une stratégie dans laquelle excellait la diplomatie de Sa Majesté. D’autre part, en créant une entité judéo-occidentale en Palestine, c’était l’assurance d’avoir un poste avancé efficace pour contrôler les intérêts stratégiques de l’Empire britannique et garder la mainmise sur le canal de Suez.

 

palestinien et soldat israelien

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 17:11

Affiche-ludwig-le-crepuscule-des-dieux.jpg

 

Ce chef-d'oeuvre de Luchino Visconti sorti en France le 15 mars 1973, évoque avec beauté, finesse et fidélité historique, la vie extraordinaire et cependant tragique de Louis II de Bavière (1845-1886) autour duquel gravitent les personnages non moins extraordinaires d'Elizabeth, impératrice d'Autriche  (1837-1898) et du compositeur génial que fut  Richard Wagner (1813-1886).

Du grand Visconti qui n'a pas pris une ride; les chefs-d'oeuvre sont comme les dieux: immortels!

 

Intitulé Le Crépuscule des dieux à sa sortie en France en référence à l'opéra de Wagner, le film fut renommé par la suite Ludwig ou le Crépuscule des dieux pour éviter la confusion avec un film précédent de Luchino Visconti, Les Damnés (1969) dont le titre original est La caduta degli dei et le titre anglais The Damned (Götterdämmerung), respectivement titres italien et allemand de l'opéra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'univers baroque et fastueux de Louis II de Bavière.

 

En 1864, le jeune monarque est agé de 19 ans lorsqu'il monte sur le trône. Dédaignant la politique pour la musique, il rencontre Richard Wagner à qui il voue une admiration sans bornes. En 1867, conscient de son homosexualité refoulée et déçu par Wagner, il rompt ses fiançailles avec Sophie de Bavière. Son comportement inquiète le peuple ainsi que sa folie architecturale qui vide les coffres du trésor. Sa santé mentale empirant, on tente de le faire interner. Le 13 juin 1886, on retrouvera le roi et le docteur Gudden, noyés dans le lac de Berg.

 

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Louis II : un prince romantique épris de beauté, d'absolu et de grandeurs, égaré dans un monde qui se sécularise et se livre à l'esprit mesquin des petis  bourgeois...

 

Même s'il tournera deux autres films (Violence et passion et L'Innocent), cette fresque, projetée dans sa version intégrale de trois heures quarante, est le dernier grand Visconti.

Réalisée par amour pour Helmut Berger, bien sûr, qui, dirigé de main de maître, est inoubliable. Par amour de l'art, aussi, cette passion dévorante qui isole les êtres en eux-mêmes, les éloigne des autres, au point de les rendre haïssables aux médiocres. Ils sont, d'ailleurs, là, ces envieux, ces indignes, en longs plans fixes, ils témoignent devant nous - qui devenons, en quelque sorte, le tribunal de l'Histoire - de la folie du roi Ludwig...

visconti.gif


C'est que le temps a fui : Luchino Visconti (1906-1976) n'est plus le cinéaste nostalgique du Guépard qui éprouvait encore de l'espoir devant le triomphe de la beauté. Ici, on devine Ludwig perdant et perdu, dès qu'il affirme à son confesseur sa foi en l'art qui, dit-il, rendra son règne meilleur. Quelle douce folie ! Exalté, solitaire, homosexuel - différent, en somme, ce qui en fait un objet d'opprobre et de dérision - Ludwig se retrouve abandonné de tous. De Wagner, notamment, que Visconti dépeint comme un profiteur égoïste (ah, son terrifiant Noël bourgeois en famille !). Même Elisabeth d'Autriche (Romy Schneider, superbe) qui, elle aussi, « se défend des autres en les fuyant », trahit son cousin trop aimé en hurlant de rire devant les extravagants châteaux qu'il aura édifiés.

Tout empreint d'une douleur qui semble ne tarir jamais, le film cerne un double pourrissement : ce jeune roi qui se défait physiquement sous nos yeux. Et cette société en attente d'un suicide collectif de l'Europe en août 1914; et l'orgie triste des valets autour du souverain à bout de souffle évoque, évidemment, une future bacchanale bien plus sanglante : celle des Damnés.

 

 

 

Wappen_Deutsches_Reich_-_Konigreich_Bayern_-Grosses-.jpg
Ludwig II in kroningsmantel door Ferdinand von Piloty 1865
Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach (1845-1886)
Peinture de Ferdinand von Piloty (1865).
Le nouveau roi a 18 ans.
"Hélas que le monde est laid! Combien d'humains  sont des êtres misérables et décevants! Leur vie n'est rempli que de banalités quotidiennes. Puisse ce monde n'être plus qu'un souvenir!"
"Une grandiose folie"

On l'a prétendu fou- c'est pratique- mais c'était de beauté et poésie. Généreux mécène de Richard Wagner, bâtisseur de châteaux extraordinaires, ce roi charismatique était pourtant aimé de ses sujets...Cousin de l'impératrice Sissi, mécène de Wagner, hôte solitaire de châteaux démesurés et merveilleux qui accueillent aujourd'hui des millions de visiteurs. Louis II de Bavière demeure aux yeux de la postérité ce souverain fou. Au temps de l'industrialisation galopante,de la fortune des Krupp, des Rothchield, et de l'absoption du particularisme bavarois dans l'unité allemande, cet illustre représentant de l'une des plus anciennes dynasties européennes a vécu en décalage complet avec son époque. Au milieu d'un rêve peuplé de nymphes et de chevaliers errants, ce Wittelsbach est devenu la figure de proue d'un romantisme qui avait déjà déserté son siècle de fer, et d'une volonté farouche de réenchanter un monde marqué par le crépuscule des dieux...
Louis-II-ArbreGenealogique.png
Né le 25 août 1845 -fête de St Louis de France- Louis est le fils aîné de Maximilien de Wittelsbach et de Marie de Prusse; son père, un esprit consciencieux et rationnel, monte sur le trône de Bavière en 1848. Il succède à Louis Ier, un fameux mécène qui a fait de Munich "l'Athènes de l'Isar", et qui a abdiqué lorsque la pression populaire lui a reproché sa tapageuse liaison avec une aventurière de renom, Lola Montès. Sa mère est férue d'alpinisme et amoureuse de la nature; Louis héritera de cette passion que partage la plupart des Bavarois.
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Solitaire, beau, élégant, racé, extrêmement mélancolique, Louis II n'a que peu de contacts avec ses parents.
Tout le contraire des princes charmants à la Walt Disney...
Louis est élevé à la spartiate ,sans chaleur. Mais il est aussi l'objet d'une excessive flagornerie de la part de la Cour, ce qui développe en lui un profond orgueil  et une conscience aigüe de sa majesté. Peu attiré par les études, on le trouve souvent plongé dans ses rêveries. Au coeur des hautes cimes bavaroises, dans le château néogothique de Hohenschwangau, il est bercé par les légendes et l'univers onirique des mythes nordiques, comme ceux de Lohengrin ou des Nibelungen, et entretient  cet imaginaire en lisant Walter Scott (1771-1832) et Friedrich von Schiller (1759-1805).
 A la mort de son père en 1864, Louis qui n'a que 18 ans, n'est pas prêt à tenir les rênes du pouvoir. Mais s'il semble déjà tourmenté par le rêve éveillé  dans lequel il évolue, son indéniable charisme et sa beauté charment les Bavarois, qui placent beaucoup d'espoir dans son règne, à un moment où les tensions se multiplient en Allemagne...
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La Bavière occupe une place de choix dans la Confédération germanique, constituée depuis le Congrès de Vienne (1815) de prés de quarante États de second ordre. Ses choix politiques et diplomatiques sont donc susceptibles de peser dans le conflit latent qui oppose  l'Autriche à la Prusse. Dés son arrivée au pouvoir, Louis suit avecattention la crise liée  à la volonté de la Suède  d'intégrer le Holstein et le Schleswig, entraînant" la guerre des duchés". Celle-ci suscite l'alliance ponctuelle de Berlin et de Vienne et marque l'accroissement de l'influence de la famille des Hohenzollern en Allemagne. Les deux puissances se disputent alors ouvertement l'hégémonie sur cet espace en voie d'unification: donnera-t-elle lieu à la constitution d'une grande Allemagne, sousl'égide des Habsbourg, ou d'une petite Allemagne, sous la férule de Berlin? Traditionnellement, plus proche des premiers, Louis II honore ses engagements auprés de Vienne en accordant sa confiance au chancelier van der Pfordten, mais fait preuve dans le même temps d'un étonnant réalisme politique.
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Louis  est foncièrement anti-prussien et pressent la volonté d'hégémonie de Berlin sur les
États voisins dont la Bavière. Il est en outre sensible au particularisme bavarois mais néanmoins convaincu que seul Bismarck (1815-1898) parviendra à ses fins. Il a perçu, avant d'autres représentants de la vieille Allemagne, la force du mouvement national et pressenti  l'exclusion, à terme, de l'Autriche.
Lorsqu'éclate la guerre austro-prussienne (deutscher bruderkrieg) , en 1866, il mobilise sa piètre armée contre les Prussiens qui l'emportent aisément à Sadowa le 3 juillet 1866, mais en l'engageant  de façon mesurée dansles hostilités pour préserver la Bavière  de représailles ultérieures. Atravers la politique menée par son Chancelier, Hohenlohe, il usera quatre ans plus tard de la même politique de garanties, en engageant  la Bavière, et avec elle toute l'Allemagne du sud, dans la guerre contre la France. C'est lui qui sera, contraint et forcé,de proposer officiellement à son oncle Guillaume Ier, la couronne impériale, en échange du maintien  d'un certain nombre de prérogatives bavaroises (autonomie administratives, faveurs fiscales). Mais il refusera d'assister à la renaissance du Reich, dans la Galerie des Glaces à Versailles, aprés la terrible défaite de la France en 1871. L'entrée des troupes prussiennes à Munich sera pour lui, une humiliation  vécue comme un"vassal".
Otto von Bismarck 1815-98
Otto von Bismark: l'architecte d'une grande Allemagne unifiée.
Battle of Koniggratz by Georg Bleibtreu


Bataille de Sadowa (Königgrätz); huile sur toile  peinte par Georg Bleibtreu, 1869.
Cette guerre fut une catastrophe pour l'avenir d'une Bavière souveraine.
Sadowa1866
Sadowa Carl Rochling
ludwig affiche visage Sissi
Louis II continue alors de diriger ses États avec libéralisme. Mais avec le temps, il commence à se désintéresser de la politique et des activités parlementaires, en manifestant ouvertement son dédain pour la servilité des politiciens. En réalité, il s'ennuie profondément, construisant des palais vides ou organisant des représentations théâtrales où il est le seul spectateur. Il a peu d'intimes, l'amitié, comme l'amour, sont chez lui bien trop idéalisés pour résister à la fréquentation quotidienne d'êtres de chair et de sang qui ne peuvent apporter que déceptions et amertume. C'est ainsi qu'il faut comprendre, par la pureté des sentiments et/ou par son homosexualité, la rupture des fiançailles du "roi vierge"avec la princesse Sophie. Seule sa cousine, Sissi,  chez qui il retrouvait l'anticonformisme  et la poésie dont était dénué son entourage, "frappé d'aveuglement et rampant dans l'obscurité", semble avoir reçu ses confidences...


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Romy Schneider interprète avec talent une impératrice Sissi (1837-1898) mature et flamboyante mais aussi lucide...

Ludwig-et-Sssi.jpgEntre Louis et sa cousine la fantasque impératrice Elisabeth, naquit une profonde amitié que Visconti a choisi de transformer en amour pour les besoins romanesques de son film, en cédant aux fantasmes à la mode du public des années 70; mais historiquement, cela paraît tout simplement improbable...
 

Louis II éprouve de plus en plus un profond dégoût pour la réalité qui l'entoure et lui préfère, en guise d'échappatoire, le monde onirique et légendaire des chevaliers du Graaloules Walkyries, les décors de théâtre, pour lesquels il entretient une passion dévorante. Ses rêves ont pris vie en 1861 lors d'une représentation de Lohengrin et lui ont désigné son idole, un véritable père spirituel: Richard Wagner (1813-1883). Son premier geste royal, un mois après son couronnement, est de faire venir auprés de lui le musicien qui menait une vie de bohème proscrit -genre d'existence à la mode à cette époque-. Mais Wagner n'apas la vocation d'un vagabond et l'amitié passionelle de ce roi dépensier est pour lui une aubaine. Wagner peut enfin monter Le Vaisseau fantôme, Tannhaüser, Tristan et Isolde et se consacrer ardemment à la création de la Tétralogie. Le souverain veut offrir un écrin digne de  cette "musique de l'avenir" qui le transporte en faisant construire un théâtre dans Munich pour le compositeur. L'opinion publique -" cette stupide humanité"- s'y oppose.


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Richard Wagner (1813-1886)

 

"Je dois tout au roi; c'est le Ciel   qui m'a envoyé ce prince...Sans lui je ne serais rien...Je suis libre, je plane au-dessus de la vulgarité comme au-dessus des vastes nues...Je n'ai plus rien à faire qu'à achever mon oeuvre, à créer, à produire des choses parfaites !".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Salut à votre unique apothéose

Et que votre âme ait son fier cortège, or et fer,

Sur un air magnifique et joyeux de Wagner.


-Verlaine-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 18:58

 

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Dix huit millions de dollars. Trois cents techniciens. Soixante semaines de travail. Rien n'est trop beau pour Titanic, le film multi-oscarisé de James Cameron que le réalisateur a tenu à convertir en 3D pour nous faire revivre la même émotion quinze ans après sa première sortie en salles. Alors que le cinéaste vient tout juste de devenir le premier homme à explorer en solo le site maritime le plus profond du Pacifique connu à ce jour, la magie de son long-métrage paraît intacte. Après l'échec de Star Wars : Episode I - La Menace fantôme, Titanic 3D parviendra-t-il à faire taire les détracteurs de la technologie revenue à la mode depuis Avatar ?

 

 

 

 

"Voilà un film que l'on connaît et que l'on aime, mais que l'on va voir d'un oeil neuf, avec une nouvelle sensation de profondeur. Espérons que cela fera revenir les spectateurs dans les salles." Voilà en substance le message de James Cameron adressé à tous les fans de Titanic et à tous ceux qui découvriront l'oeuvre pour la première fois. Contrairement à George Lucas, le créateur de Terminator et Abyss a eu les moyens de son ambition...

 

 

 

 

"Titanic 3D : le film où chaque plan devient un effet visuel"

 

 C'est tout d'abord la clarté du film qui interpelle. Malgré les lunettes, l'équilibre de la palette colorimétrique et l'éclat général ne sont jamais pris en défaut par cette conversion hors normes, bien loin de la pâle copie du premier volet Jedi. La direction photographique de Russell Carpenter ne semble donc pas altérée après le passage du procédé 3D. On redécouvre Titanic avec la pleine mesure de ses partis pris esthétiques, de sa lumière impressionniste à ses clairs-obscurs terrifiants. Les puristes et autres fans de la première heure seront donc ravis de retrouver l'atmosphère et le charme du film originel, avec son affinage du grain et des contours qui rendrait jaloux un bon nombre de "nettoyage" pour la haute définition actuelle.

La conversion 3D de TItanic impressionne surtout par sa capacité à sublimer chaque détail. L'image sans relief de l'oeuvre première acquiert une profondeur magnifiquement fabriquée par l'équipe de James Cameron. Il faut dire que la mise en scène du cinéaste, riche d'arrière-plans denses et souvent en mouvement, convient parfaitement à l'effet de modelage de chaque élément du plan. Les scènes de dîner dans les décors luxueux et du naufrage du paquebot à la verticale justifient à elles seules de revoir le film. L'équilibre de profondeur trouvé lors de ses séquences est bluffant de justesse, entre le passage des serveurs dans la salle ou la chute des passagers dans le vide. Pour James Cameron, il ne suffit pas de donner du volume : il faut doser chaque déplacement d'objets dans le plan pour trouver la juste harmonie. C'est pour cela que Titanic 3D évite tout effet tape à l'oeil et honore chaque plan comme un effet visuel à part entière.

Enfin, au-delà de l'aspect purement technique, la construction rythmique de Titanic reste un modèle d'écriture et de narration. En plus d'être un génie des nouvelles technologies liées à l'image, James Cameron est un des meilleurs conteurs de l'histoire du cinéma. Un artiste qui a suffisamment de respect pour le public pour lui raconter une nouvelle fois ce récit intemporel avec des nouveaux moyens de communication qui subliment un peu plus son oeuvre. A revoir sans hésiter dans les salles le 4 avril.

in Excessif.

 

 

 


 


Pauline C. est allée voir Titanic 3D… et elle vous explique POURQUOI il faut aller voir ce film revival au cinéma, là maintenant, tout de suite.

 

"Énorme pompe à fric ou révolution technologique : au sujet de Titanic 3D, les avis divergent. Et dix verges,… bref. J’en vois parmi vous qui hésitent, qui tournicotent, qui s’interrogent, qui se triturent les méninges, prêtes à demander conseil à un ami, à un collègue ou à un banquier (oui, le cinéma aujourd’hui, c’est du luxe mon bon monsieur), à l’affût du moindre signe du destin qui répondrait à la question qui vous taraude : « bon, j’y vais ou pas ? » N’attendez pas l’intervention divine, je vais vous expliquer, moi…

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La première chose à dire c’est que même en 3D ils ont pas été foutu de voir l’iceberg. C’est dommage, ça aurait sans doute évité à une nouvelle génération de midinettes quinze ans de thérapie à cause d’un adolescent aux cheveux gras et à la coupe ringarde. Non, réellement, la coupe au bol, même à la fin des années 90 c’était complètement out. Bon, après, on leur pardonne, c’est vrai que Titanic sans l’Iceberg, ça n’a pas vraiment d’intérêt. Et puis, entre nous, la 3D apporte pas vraiment grand-chose sauf dans quelques scènes où elle magnifie la profondeur du champ, du coup, on pardonne doublement à Captain Igloo d’être rentré dans un bout de banquise.

 

Une 3D pas vraiment convaincante, néanmoins à la hauteur de celle utilisée dans des films récents et qui est plus que satisfaisante dans certaines séquences, notamment à la fin où l’impression de nager parmi les cadavres congelés est bien présente. Et pour le coup, le plus, c’est qu’on apprécie la prouesse technique. Rappelons quand-même qu’à l’origine, les scènes n’ont pas été filmées avec les caméras que l’on utilise de nos jours pour faire de la 3D les doigts dans le nez et que l’effet a été rajouté en post-prod de façon numérique. Un travail de précision qui a rassemblé 300 experts et 18 millions d’euros pendant plus d’un an.

 

Pour celles nées avant 1990 qui ont connu toute l’effervescence de Titanic à sa sortie, sachez que c’est toujours le même film, quinze ans après. Cela dit en quinze ans, les choses ont changé. Le temps a passé, les gens ont évolué. Nous en premier. A l’image de Britney Spears qui a eu le temps, pendant cette décennie et demi, de sombrer jusqu’au plus profond des abysses du star system et de remonter jusqu’à la lumière des projecteurs, on a fait notre petit chemin dans le cycle de la vie, tout ça. On a grandi, on a découvert des choses.

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Aller voir Titanic 3D c’est un peu donner rendez-vous à son passé, lui jeter un regard attendri et se rendre compte qu’au fond, il est toujours partie inhérente de nous. Je dis pas ça parce que mon but dans la vie est toujours d’épouser Leonardo Di Caprio quand il était jeune. Mauvaise langue.

 

Mais assez discuté, maintenant, il est temps de sortir des arguments percutants. À la question « pourquoi faut-il aller voir Titanic en 3D ? » je vous sers deux réponses.

 

1. Parce que Jack Dawson sur grand écran.

2. Parce que Jack Dawson sur grand écran, en 3D.

 

Pour celles qui sont nées après 1990, je vais accompagner ces arguments percutants d’images percutantes :

 

Pourquoi faut il aller voir Titanic 3D ? jack dawson1

 

Et puis :

 

Pourquoi faut il aller voir Titanic 3D ? jack dawson2

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À imaginer sur presque toute la largeur de votre champ de vision.

 

Voilà. Je sais pas vous, mais j’ai comme une envie d’acheter des tonnes de magazines et de les feuilleter à l’affût de jolies images de ces mirettes pour en couvrir les murs de ma chambre.

 

En fait pas exactement, James Cameron a fait en sorte de changer une image qui montre la voute céleste lors du naufrage, les étoiles n’étaient pas dans la bonne disposition".

in Mad'moizelle.com

 

 

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Tout le monde connaît la tragique histoire du Titanic, ce superbe transatlantique, magnifique paquebot, prestige du savoir-faire  britannique,  prodige des dernières techniques les plus modernes, cet "insubmersible, que même Dieu ne pourrait faire couler" et... qui devint le plus célèbre naufrage de l'Histoire.

 

Titanic before departure Southampton

 

 

Titanic, Southampton, 48 hours before departure! Au tout début du XXème siècle, seules des monarchies, l'Allemagne et la Grande-Bretagne,  sont capables de concevoir et construire des paquebots aussi modernes.

La IIIème République française, bourgeoise,mesquine et revancharde devra attendre...

 

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Et tout le monde connaît le film de James Cameron (1998), le plus grand succès du cinéma en France. Mais personne ne l'avait vu en relief: c'est presque un nouveau film!

James Cameron est, parmi les cinéastes, le plus grand passionné de relief. Il a contribué à l'élaboration de la caméra révolutionnaire avec laquelle il a tourné Avatar. Faute de pouvoir refaire Titanic ainsi-d'autant que les acteurs n'ont plus leur merveilleuse jeunesse d'il y a quinze ans!-, le projet est né de transformer le film original en film en relief.

La technique existait déjà, mais appliquée d'habitude mécaniquement, en laissant tourner les logiciels, pour un résultat décevant. La nouveauté, ici, est que le maître d'oeuvre de l'op"ération est le réalisateur du film lui-même, qui a  exercé l'oeil du maître sur chaque détail ("Comment faire avec ces fleurs du premier plan qui, en 3D, vont attirer le regard au détriment des spectateurs?).

295 000 images ont ainsi été passées à la loupe: " Habituellement, explique Mike Hedayati, l'un des deux superviseurs, un artiste travaille deux jours sur un plan. Sur Titanic,, c'était de deux à trois semaines". 300 personnes ont collaboré pendant un an sur ce projet, dont le coût équivaut à celui d'une grande production européenne!

Cameron qui est un homme profond (il est descendu le 25 mars en bathiscaphe au point le plus bas des océans!), donne des raisons profondes de ce projet:" Proposer le film dans son nouveau format pour le centenaire du naufrage (14 avril 1912) faisait sens pour moi".

Convaincu qu'un film  est fait pour le grand écran, il se dit  "excessivement heureux que Titanic revienne dans les salles, là où[ ...] toutes les émotions les plus profondes peuvent être partagées par tous les gens réunis au même moment".

Vous n'avez jamais vu Titanic aussi beau; si comme moi vous aimez le cinéma grand, très grand spectacle, vous allez découvrir que c'est un chef-d'oeuvre du 7ème Art!

 

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Quelques petits anachronismes sont, sans vouloir être mesquin, à relever:

 

Jack prétend avoir patiné sur le lac de Wissota. Or ce lac artificiel n'a été créé que quelques années après 1912.

La pièce que Rose donne à Jack quand il s'apprête à la dessiner porte le profil de Franklin Delanoe Roosevelt, président américain de 1933 à 1945.

Cependant, Titanic mérita les meilleurs récompenses:

 

Oscars 23 mars 1998


 

Titanic totalisa quatorze nominations, ex-aequo avec Eve de Joseph L. Mankiewicz (1950), et récolta onze Oscars, égalant ainsi le record détenu par Ben-Hur (1959, William Wyler). Il remporta les statuettes du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleure Musique, Meilleure Chanson, Meilleure Photographie, Meilleur Montage, Meilleurs Costumes, Meilleurs Décors, Meilleurs Effets Spéciaux, Meilleur Son et Meilleur Montage Sonore.

A l'inverse de Kate Winslet, Leonardo DiCaprio ne fut même pas nommé -quelle injustice car il crève l'écran, par sa jolie gueule mais aussi et surtout par son talent!-.


A night to remember...


Comme en littérature, un film, et même un chef-d'oeuvre n'est pas créé "ex-nihilo", mais est le fruit d'une histoire du 7ème Art:

 

Plusieurs scènes du film sont très proches de certaines tournées en 1958 par Roy Ward Baker pour son film A Night to Remember. Parmi elles, la scène où Thomas Andrews déclare à Bruce Ismay que le bateau coulera "c'est une certitude mathématique", Thomas Andrews prévenant un passager dans le Grand Escalier que le paquebot va couler (dans Titanic il s'agit de Rose), Thomas Andrews encore regardant désespéré la peinture du Titanic, le groupe de musiciens se séparant puis se reformant après que l'un d'entre eux se soit mis à jouer Plus près de toi mon Dieu et le plan sur Bruce Ismay alors que le Titanic sombre en arrière plan.

 

 


 


Sauvés des eaux!Oui, mais selon la classe...

 


 

705 passagers sur 2243 furent sauvés. Survécurent 60% des 1ère classe, 44% des 2ème et 25% des 3ème. Tout comme les canots, il n'y avait pas non plus assez de gilets de sauvetage qui étaient au nombre de 1178.

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Les musiciens de l'orchestre du Titanic qui jouèrent jusqu'à la fin du naufrage afin de "dédramatiser" la situation à laquelle personne n'avait osé penser...

 

 


Conte irlandais

C'est souvent dans les moments clés de notre existence et surtout au moment de la mort, que nos racines les plus profondes resurgissent, prouvant leur sens le plus profond dans nos existences.

Ainsi, dans l'histoire qu'elle raconte à ses deux enfants alors qu'ils sont cernés par les eaux, une mère évoque le pays de Tir na nog qui est dans le folklore irlandais le pays de la jeunesse et de la beauté éternelle.

Témoignage

 

James Cameron se servit des nombreux témoignages rapportés par les survivants pour illustrer son propos. Parmi eux la phrase qu'a dite un père à ses deux filles embarquées sur un canot : "On se dit au revoir pour un petit moment... juste un petit moment".

 

Les merveilleux dessins de Jack...

 

Tous les dessins de Jack ont été dessinés par James Cameron. Ce sont d'ailleurs ses mains que l'on voit en train de dessiner Rose. Cette scène fut la première que James Cameron donna à jouer à ses deux interprètes afin de briser la glace entre eux. Il voulait de même toucher au plus près l'émotion que Jack pouvait ressentir devant Rose dénudée. Il y réussit si bien que Leonardo DiCaprio se trompa dans son texte et dit "Allongez-vous sur le lit... je veux dire, le sofa". C'est la prise que l'on voit dans le film.


L'enfant à la toupie qui tourne, comme la vie...

 

La scène où l'on voit un enfant jouer à la toupie avec son père a été tournée d'après une image prise par un photographe descendu lors de l'escale en Irlande. Le père et l'enfant en question survécurent au naufrage, mais l'enfant mourut quelques années plus tard dans un accident de voiture.

 


Kate, Leo et le scénario: des idées géniales survenues sur le moment!

 

James Cameron laissa Leonardo DiCaprio et Kate Winslet improviser la scène où Rose remercie Jack : "C'est une scène très complexe. Nous avons passé deux ou trois jours à improviser, à travailler sur cette scène par tous les bouts avant que je la reécrive en prenant en compte leur contribution." (Première n°250).

Le réalisateur crédite aussi son actrice de sa réplique "Jack, c'est ici qu'on s'est rencontrés", qu'elle prononce peu avant le naufrage final. Elle suggéra également de cracher au visage de Cal plutôt que de le piquer avec son épingle à cheveux.

 


Une suite royale pour un naufrage: so chic!

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La suite B52, 54 et 56 réservée par Cal existait vraiment. Elle avait été louée en réalité par un milliardaire new-yorkais nommé J. P. Morgan qui annula peu de temps avant le départ. C'est le patron de la White Star Line Bruce Ismay (interprété dans le film par Jonathan Hyde), qui l'occupa finalement.

 

 

 

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Le grand escalier du Titanic, définitivement perdu, fut copié sur celui de l'Olympic (ci-dessus)

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"Le Café parisien"

 

 

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La salle de Gym

 

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Les chiens du Titanic: la Poméranie est plus forte!

 

Le loulou de Poméranie que possède Rose âgée, était la race d'un des trois chiens qui survécurent à la catastrophe. L'une des scènes coupées montrait comment un passager délivra les animaux du chenil alors que le bateau coulait.


Les bonnes manières

 

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Les acteurs et les figurants suivirent des cours tenus par Lynne Hockney (qui est aussi le chorégraphe du film) pour apprendre à se comporter comme en 1912. Hockney produisit également une cassette vidéo intitulée Titanic Etiquette : A Time Traveler's Guide et diffusée sans arrêt durant le tournage au département costumes.

 

 

My heart will go on

 


 

 

James Cameron ne voulait pas de chanson. Mais James Horner était certain de son fait avec le titre My heart will go on, écrit par Will Jennings sur le thème principal. Il enregistra donc en secret une maquette avec Céline Dion qui conquit finalement le réalisateur. La chanson remporta l'Oscar et reste à ce jour le single le plus vendu au monde.

Le choix du compositeur s'avéra problématique: James Cameron voulait d'abord Enya pour composer la bande originale, mais elle déclina la proposition. Se tournant finalement vers James Horner, c'est le compositeur lui-même qui décida d'écrire dans le style de la chanteuse irlandaise. Enya composa entre autres les chansons de Horizons lointains (1992, Ron Howard) et du Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau (2001, Peter Jackson).


Comme un écho du passé...

 

L'acteur Bernard Fox, qui joue le rôle du colonel Archibald Gracie dans Titanic, était Frederick Fleet dans A Night to Remember (1958, Roy Ward Baker). Il n'avait pas été crédité au générique. David Warner (Lovejoy dans le film) avait déjà été à bord du fameux paquebot à l'occasion du téléfilm SOS Titanic (1979).

Gloria Stuart commença sa carrière en 1932 dans Tête brûlée de John Ford et joua notamment dans L' Homme invisible (1933, James Whale). Au cours du film, Rose se traite elle-même de "pauvre petite fille riche". Pauvre petite fille (1936, Irving Cummings) est également le titre d'un film avec Gloria Stuart.


Le casting idéal n'est pas toujours celui auquel on avait pensé...

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Pour le rôle de Leonardo DiCaprio dans Titanic, James Cameron pensa d'abord à Matthew McConaughey et Chris O'Donnell. Mais ils les trouvaient trop vieux pour incarner Jack qui est âgé de 20 ans. Même préoccupation pour Rose qui a 17 ans dans le film. Avant de céder aux insistances de Kate Winslet qui était certaine de tenir le rôle de sa vie, James Cameron avait envisagé d'engager Gwyneth Paltrow, Claire Danes ou encore Gabrielle Anwar. Michael Biehn faillit jouer le rôle de Cal. Habitué du réalisateur, il avait joué dans Terminator (1984) et Terminator 2 (1991), Aliens (1986) et Abyss (1989).

 

Un vrai Dawson

 

Après avoir trouvé le nom de ses personnages, James Cameron découvrit un J. Dawson (James Dawson) parmi le personnel d'ingénierie tué dans le naufrage. Il est enterré à Halifax en Nouvelle Ecosse.


La durée du tournage et un budget titanesque

 

Le tournage a duré 160 jours étalés sur huit mois de juillet 1996 à mars 1997. A la fin, James Cameron avait de quoi projeter douze jours non-stop de pellicule.


 

 

Au vu des proportions prises par le budget, James Cameron renonça à son salaire (qui s'élevait à 8 millions de $) ainsi qu'à son pourcentage sur les recettes. Mais il se rattrapa largement grâce à ses revenus de producteur ! La Paramount paya 65 milllions de $ sur les 200 que coûta le film mais refusa d'en assumer les dépassements que la Fox prit finalement en charge. La campagne publicitaire coûta à elle-seule 80 millions de $ et les effets spéciaux 30 millions.

Dans la salle des machines

 

On n'a construit qu'une moitié de la salle des machines et reflété le reste dans des miroirs.

 


Le souci du détail

 

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Le salon de lecture

 

 

Les objets du décor furent minutieusement reconstitués au plus près de la réalité, et parfois même par les compagnies d'origine qui fournirent le Titanic, comme pour la moquette et les canots de sauvetage. James Cameron a également travaillé à partir du livre de Ken Marshall et Don Lynch Titanic : an illustrated history, sorti en 1992. Les deux spécialistes ont d'ailleurs participé au travail de reconstitution.

 


Le départ inversé

 

 

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"Vanité des vanités, tout est vanité!".

 

 

Réputé insubmersible, le Titanic fut une merveille de luxe et de technologie. Il concentre à son bord un échantillon du type de société et de civilisation occidentales de l'époque: industrialisation, apogée d'une bourgeoisie d'affaire omnipotente, montée d'une classe ouvrière de plus en plus militante, début du déclin de la religion chrétienne au profit d'une foi totale et aveugle dans les progrés technologiques. Désormais, l'homme croit se sauver par les arts et la technologie: Dieu est mort!

L'industrie de guerre et la vanité des élites conjuguées aux nationalismes exacerbés conduiront à la déflagration d'août 1914 et au suicide collectif de l'Europe: désormais, ce sont les Etats-Unis d'Amérique qui domineront le monde...

 

Lors du départ de Southampton, le Titanic a  été accosté à bâbord. Mais le bateau fut seulement reconstitué à tribord. C'est en inversant la pellicule que James Cameron donne à l'écran l'illusion du côté droit. Cela impliqua au moment du tournage d'avoir brodé les inscriptions sur les casquettes, ou encore d'avoir peint les enseignes, à l'envers. Quelques erreurs permettent de s'en rendre compte. Par exemple, lors de l'ouverture en noir et blanc, la manivelle de l'appareil du cameraman est à gauche, alors qu'elles étaient toutes à droite à l'époque.

 

Les effets spéciaux furent produits par Digital Domain, les mêmes studios qui ressuscitèrent les dinosaures de Jurassic Park (1993, Steven Spielberg). Ils travaillèrent notamment les plans où le Titanic se brise en deux et les plans d'ensemble du bateau, générant par ordinateur océan, fumées de cheminée et personnages.

 


La renaissance du Titanic

 

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La construction du décor débuta à Rosarito Beach au Mexique le 31 mai 1996 (soit 85 ans jour pour jour après la mise à la mer du paquebot) et nécessita trois mois de travail.

Pour des raisons essentiellement économiques, le bateau, les canots, les fenêtres furent réalisés à 90% de leur taille originelle. Le plateau, construit dans un bassin sur vérins hydrauliques pouvant contenir 65 millions de litres d'eau, faisait notamment face au vent pour que la fumée ou les cheveux des personnages aillent dans le bon sens. Une grue de 55m devait permettre à James Cameron de réaliser ses impossibles travellings le long de la coque. Différentes maquettes sont venues compléter l'ouvrage principal.

Lorsque, dans les premiers temps de la préparation, James Cameron partit faire des prises de vues d'icebergs en Nouvelle Ecosse, il prétendit travailler sur un projet appelé Planet Ice.

 

 

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Les plans de l'épave

 

Lorsque James Cameron entama ses plongées dans l'Atlantique en septembre 1995, il trouva l'expérience de voir l'épave du Titanic tellement forte émotionnellement qu'il décida d'inclure de véritables vues dans son projet. Mais il ne voulait pas se contenter de filmer la carcasse de l'intérieur d'un sous-marin, comme il avait été fait pour le documentaire d'IMAX Titanica (1992). Mike Cameron, le frère de James, développa donc avec Panavision une caméra capable de supporter la pression existante à près de 4000m de profondeur, soit 2000kg au cm². La caméra ne pouvait contenir que des bobines de douze minutes et chaque plongée prenait deux heures. Douze plongées eurent lieu en tout, et les deux dernières servirent à envoyer la caméra, installée dans un mini sous-marin télécommandé, à l'intérieur même de l'épave. Un décor sur plateau immergé fut construit pour compléter les prises de vues.

 


Comment l'idée vint à Cameron

 

"Quand j'ai fait des recherches pour Abyss (1989), j'ai été fasciné par la technologie utilisée pour explorer l'épave du Titanic. J'aimais beaucoup A Night to Remember (1958, Roy Ward Baker) et Titanic (1953, Jean Negulesco), mais je me suis demandé si on ne pourrait pas intégrer dans un film ce qu'on sait maintenant de ce qui s'est passé cette nuit-là et créer une histoire qui ferait des allers et retours entre présent et passé. J'avais aussi envie de raconter une histoire d'amour. J'avais essayé dans Abyss, mais sans faire passer l'histoire d'amour avant le récit de science-fiction. Quand ces deux idées se sont combinées, tout m'a semblé se mettre en place." Première n°250

 


Le roi du box-office

 

Titanic fut un véritable raz-de-marée lors de sa sortie en battant les records d'entrées dans plus de 50 pays, et règne encore à ce jour en tête du box-office mondial avec plus de 1,835 milliard de $ de recettes. Il fut le premier film à dépasser la barre du milliard de $. Il est actuellement le n°1 en France avec plus de 20 millions d'entrées, n°1 aux Etats-Unis avec plus de 600 millions de $ et n°1 en Grande-Bretagne avec près de 69 millions de £.

 

Anecdotes lues sur Allociné.

 

 

 

Angleterre Armoiries Tudor

 

 

 

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Lion et roses des Tudors

 

 

 

 

Armoiries de Grande- Bretagne

 

 

 

Armoiries Prusse

Aigle impérial de Prusse

 

Allemagne Guillaume II kaiser

 

L'Empereur Guillaume II; durant son règne (1888-1918), l'Allemagne devint une puissance industrielle majeure en Europe dotée de lois à la pointe du progrés social et devançant même la République française.

Allemagne Industrie schichau-werft1

Chantier naval allemand; 1900.

Usine Krupp (ci-dessous).

 

 

Allemagne Industrie usine Krupp 1900

 

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Armoiries de la famille von Richthofen (le baron rouge)

 

  Allemagne manfred & buddies

Manfred von Richthofen & buddies:l'exemple type de l'aristocrate prussien qui n'a pas honte de ses origines ni jeté son esprit chevalresque aux orties.

 

 

allemagne Berlin 1900

 

Berlin, 1900.

Armoiries Russie-copie-1

 

 

Aigles impériaux de Russie

 

 

UNE EUROPE MONARCHIQUE

 

 

Russie Nicolas II

 

Nicolas II Alexandrovitch, tsar de Russie(1894-1917); avec l'aide de son Premier ministre Stolypine, il modernisa la Russie qui devint une puissance de premier plan en Europe sur le point de devancer les Etats-Unis.

 

Russie Archi duchesses

 

Les archiduchesses de Russie: d'une beauté solaire, très cultivée, la famille impériale russe sera massacrée par la barbarie communiste sur ordre de Lénine en juillet 1918.

 

Russie avec cousins anglais

Avec un cousin anglais...

 

Russie Famille impériale

En famille...

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Le tsarevitch Aleksei

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Russie coeur russe brodé-copie-1

 

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Princesse Zinaida Yusopova


 

 

 

 

 

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Surprise ! Avant 1914, l’Europe la plus moderne est faite de monarchies soutenues par des aristocraties dynamiques.


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Le roi Edouard VII et la reine Mary

 

 

 

Londres, 20 mai 1910.

 


Ils sont tous venus, pour enterrer Edouard VII. Celui qui fut si longtemps Prince de Galles, le prince des plaisirs de la vie parisienne n’aura régné que neuf ans, assez pour être l’instigateur de l’Entente Cordiale en 1904.

Deux millions de personnes sont sur les trottoirs de la capitale de l’Empire britannique dont neuf rois ; au premier rang, son neveu Guillaume II, l’Empereur d’Allemagne. Toutes les têtes couronnées d’Europe qui n’ont pu ou n’ont pas voulu venir sont représentées au plus haut niveau : le tsar a envoyé son frère Michel et l’Empereur d’Autriche son héritier, François-Ferdinand dont l’assassinat, quatre ans plus tard, déclenchera l’effroyable Première Guerre Mondiale. Très loin derrière, comme venant d’une autre planète en formation, le représentant des Etats-Unis, l’ancien président Théodore Roosevelt ; le protocole lui fait partager avec le ministre des Affaires étrangères français, qui représente ici la République, la huitième voiture seulement, juste derrière le prince chinois Tsai Tao, mais à plusieurs rangs des princes et ducs représentent la Hollande, la Suède ou encore le Japon.

 

 

Armoiries Victoria Angleterre

Armoiries de la reine Victoria


Et pourtant, nous sommes ici dans la moins autocratique des monarchies. C’est une fête de familles en quelque sorte, un de ces évènements hautement symboliques et rituels qui viennent jalonner l’union toujours mystérieuse d’un peuple et de celui qui le conduit.

On aurait pu citer d’autres cérémonies du même ordre, on aurait eu à peu de choses prés, les mêmes rôles principaux, tous nobles, et les mêmes figurants roturiers. Jubilés, couronnements, mariages…Dans toutes ces cérémonies, les manteaux et les chapeaux melons des officiels français ou des représentants des rares démocraties ont l’air plus mesquins que modernes à côté des casques d’apparat et des grands uniformes couverts de décoration.

Ils sont surtout bien solitaires, en ces années qui précèdent 1914, car cette visibilité chamarrée de la noblesse recouvre une aveuglante réalité : à l’exception notable de la France, plus d’un siècle après la Révolution française, l’Europe tout entière apparaît comme un vaste monde n’ayant pas eu nullement besoin de rompre avec l’Ancien Régime pour entrer avec vigueur dans la modernité.

 

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Certes, de l’autocratisme russe à la monarchie anglaise, il y a plus que des nuances…

Mais il est intéressant d’y regarder de plus prés : contrairement à la propagande soviétique longtemps en vigueur, y compris en France, la Russie des tsars est, en 1914, loin d’être aussi arriérée qu’on ne le croit ; à la veille de la Grande Guerre, la Russie n’est ni dramatiquement en retard, ni soumise à un régime totalitaire. C’est une puissance montante dans tous les domaines et en plein essor ! Démographique d’abord, qui occupe –déjà- la 5ème place dans le monde pour la production économique et…la toute première pour le développement industriel, battant tous les records mondiaux avec une croissance moyenne de 10%/an entre 1898 et 1914!

 

 

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Autre paysage en Grande-Bretagne : la seconde révolution de 1688 a chassé l’autocratie avec les Stuart et proclamé le caractère constitutionnel de la monarchie. La nouvelle génération qui accède aux affaires et va dominer la vie politique anglaise pendant une vingtaine d’années au tournant du siècle, sous la direction des conservateurs et des libéraux unionistes, a pour chefs des membres éminents de l’aristocratie : Lord Salisbury, puis son neveu Arthur Balfour, ou encore Lord Randolph Churchill (le père de Winston). Ce dernier a épousé une riche américaine, bien représentatif en cela d’une aristocratie dont les grands domaines ne rapportent plus autant qu’ils coûtent et qui doit désormais, pour maintenir ses revenus et son rang, prendre des participations industrielles et bancaires et se montrer accueillante aux hommes d’affaires, vite anoblis à leur tour afin de légitimer leur conversion, contribuant ainsi à faire de la Chambre des Lords la forteresse des grandes affaires.

 

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Les deux jubilés de la reine Victoria ont été les manifestations triomphales de la puissance anglaise. Le loyalisme populaire rejoint le nationalisme et trouve sa pleine expression dans l’œuvre de Kipling. Pourtant, si la flotte commerciale anglaise reste bien la première du monde et permet au royaume, avec le revenu des capitaux placés à l’étranger, d’importer plus qu’il n’exporte, le pays est en train de perdre sa primauté industrielle. Avant même la fin du siècle, l’Allemagne produit davantage d’acier que l’Angleterre et construit une impressionnante flotte de guerre lourde de menaces…

A la veille de 1914, la France fait figure d’exception et non de règle : en cause, la Révolution de 1789 qui a détruit son aristocratie, brisée son élan économique et sa flotte, amorcés sous les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Les guerres napoléoniennes furent une série de catastrophes masquées par les ors de victoires passagères et illusoires, meurtrières surtout, dont il ne restera rien en 1815, si ce n’est des millions de jeunes hommes tués sur les champs de batailles et, sauf rares exceptions –comme la Suède- qui confirment la règle, l’amertume de peuples occupés par les armées de Napoléon.

 

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Leyendecker

 


En 1914, si toute l’Europe est constituées de monarchies, celles-ci sont bel et bien tournées vers l’avenir et la modernité, bien davantage que la France, dotée in extremis d’une IIIème République à l’esprit revanchard et mesquin. Partout en Europe, les noblesses de sang sont actives, modernes, conservant leurs deux fonctions essentielles : commander dans l’ordre politique et demeurer un modèle dans l’ordre éthique et esthétique. Sans doute, une cause principale réside-t-elle dans le fait que les élites aristocratiques européennes n’ont pas été, comme en France, castrées d’abord par le centralisme et la politique de Cour de Louis XIV, puis évincées progressivement du pouvoir et de l’autorité morale. Ni en Angleterre, ni en Autriche-Hongrie, ni surtout dans l’Allemagne wilhelmienne la noblesse et les élites qui s’y rattachent ne correspondent à l’image « fin de siècle » et décadente que donne Marcel Proust dans A la recherche du temps perdu.

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L'Adriatic, 1907.

 

Partout en Europe, au contraire, les noblesses de sang sont actives, modernes, conservant avec un certain panache fait de tradition et d’avant-gardisme, leurs places et rôles, le tout sans complexes. Elles semblent réussir ce difficile équilibre entre maintien des traditions et nécessaire circulation des élites. Car les nouvelles catégories sociales nées de la révolution industrielle, haute et même moyenne bourgeoisies, loin de se rebeller contre la noblesse héréditaire comme l’avait fait la bourgeoisie française de 1789, au contraire, l’admirent, la soutiennent et ne songent qu’à l’imiter et la rejoindre à la faveur de mariages mixtes. La bourgeoisie allemande, dans son immense majorité est monarchiste. Comme Thomas Mann, celui que l’on découvre dans les Considérations d’un apolitique, qui défend d’un même élan l’Allemagne et sa culture et les idées monarchiques :

« Je ne veux pas le bazar du parlementarisme et des partis ; je veux la monarchie ! »

Thomas Mann

 

 

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Vaterland, 1913

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En 1863, c'est-à-dire avant son unité, l'Allemagne est déjà capable de construire des transatlantiques.

 


De même l’économiste Werner Sombart oppose-t-il la mentalité héroïque de l’Allemagne aux idéaux des boutiquiers, fils de la Révolution française ; c’est d’ailleurs le titre de l’ouvrage qu’il publie en 1915, Händler und Helden , Héros et Commerçants. D’autres penseurs voient dans la mentalité de petits rentiers qui a submergé la France l’origine de sa décadence. Ainsi, le Suédois Rudolph Kjellèn, l’inventeur en 1900 du mot « géopolitique ; dans la droite ligne de Nietzshe, il montre combien les principes d’égalité, figés en dogme, aboutissent au nivellement et à la médiocrité. Dénonçant les « slogans usés de la révolution française », c’est au contraire dans « l’ordre allemand » qu’il discerne le principe de l’avenir.

 

 

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Eichorst; tranchée en 1918.

 


Mais, comme le Titanic fut englouti dans les profondeurs de l’océan, tout ce monde sera englouti par l’apocalypse de la Première Guerre Mondiale…

 

 


 

 

 

 


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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 12:02

 

 

THE UNTOUCHABLES

 


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Chicago, début des années 30...

 

 

 

 

 

Pour coincer Al Capone, caïd intouchable dans Chicago, eliot Ness s'adjoint les services d'une poignée d'hommes intègres.Eliot, Jimmy, Georges et Oscar parviennent à décider l'un des lieutenants d'Al Capone à témoigner contre son chef.

 

 

 

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Un scénario captivant, une superbe interprétation (Robert De Niro est un Al Capone plus vrai que nature) et la maîtrise du grand Brian De Palma.
Au sein d'un ensemble constamment tendu et vibrant -où l'hémoglobine coule abondamment-, plusieurs scènes sont restées célèbres comme la mort de Malone, la police montée canadienne, le landau qui dévale les escaliers -façon Potemkine- et surtout, l'arrestation du comptable dans la gare. Cette scène d'anthologie, modèle de mise en scène et de montage est une citation du Cuirassé Potemkine digne de son prestigieux modèles.
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À Chicago en 1930, le truand Al Capone règne en maître sur la ville alors en pleine Prohibition. Le policier Eliot Ness constitue une équipe de quelques hommes intègres et désireux comme lui de faire respecter la loi.

 


 

 

Le script de David mamet est basé sur The Untouchables, les mémoires d'Eliot Ness, publiées en 1957, avec l'aide d'Oscar Fraley. L’œuvre avait déjà été adapté dans la série Les Incorruptibles à la fin des années 50.

 

Brian De Palma avait déjà dirigé Robert De Niro dans Greetings (1968), The Wedding Party (1969) et Hi, Mom! (1970). Il voulait absolument le comédien pour le rôle de Capone. Mais à cette période, De Niro s'est plus ou moins éloigné du cinéma et se concentre sur le théâtre.

Les producteurs poussent alors le réalisateur à choisir un autre comédien. Bob Hoskins est alors engagé. Mais De Niro accepte finalement le rôle et réussit à convaincre les producteurs en se grimant en Capone. Il remplace alors Bob Hoskins, qui reçoit un dédommagement de 200 000 dollars  .

Le comédien s’implique ensuite de tout cœur dans son personnage : il se rend en Italie, se nourrit uniquement de plats locaux, prend 12 kilos en cinq semaines, ne fait appel à aucun maquillage, se rase le front pour lui ressembler, retrouve les tailleurs de costumes de Capone et leur commande des vêtements sur mesure identiques à ceux du truand  .

Ce film révèle au grand public Andy Garcia et est considéré comme le premier blockbuster de Kevin Costner. Le rôle d'Eliot Ness avait pourtant été proposé d'abord à Mel Gibson, Harrison Ford et William Hurt, qui ont refusé  .


Le personnage d'Oscar Wallace, interprété par Charles Martin Smith, est librement inspiré par celui de frank J. Wilson , un ex-comptable devenu agent du service des impôts, qui fut un élément décisif dans la chute de Capone en parvenant à le condamner pour fraude fiscale.

 

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Récompenses :


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Nominations :


 

 

 

La scène du landau.

 

 

 

 

 

 

 

De Palma a bien traduit cinématographiquement le potentiel littéraire du scénario, en imprimant son style: précis, violent, sophistiqué et intensément dramatique.

Il utilise tout au long du film une alternance de plongées / contre-plongées. Ce système traduit habituellement un rapport bien-mal ou dominant-dominé mais le cinéaste s'amuse à l'inverser pour brouiller notre vision des personnages. Il utilise également un système particulier nommé demi-bonnette(ou double focale), qui permet de faire le point sur deux endroits de l'image en même temps, en général à l'arrière et au premier plan.

Ici De Palma l'utilise dans des plans qui permettent de voir l'expression de deux personnages qui s'affrontent dans les scènes de choix décisifs (exemple Malone et Ness à l'église).

Une analyse figurative du film peut aussi s'intéresser à l'utilisation que De Palma fait du sang et de la couleur rouge qui va de la simple trace à la flaque.

 


USA-Incorruptibles-Costner-plaque.jpg Kevin Costner est Eliot Ness.
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 Chicago, dans les années 20 et 30, au temps de la prohibition : l’interdiction de vendre et de consommer de l’alcool aux Etats-Unis. La ville est contrôlée par le gangster Al Capone, dit Scarface, qui dirige le trafic d’alcool, le jeu et la prostitution. Un agent fédéral de la brigade financière, Eliot Ness, est chargé de faire respecter la loi et de l’arrêter. La première descente menée dans un entrepôt de la mafia est un fiasco, mais Ness recrute trois hommes intègres. L’équipe est bientôt surnommée par la presse,

les « incorruptibles ».

Ce film sorti en 1987 et mené de main de maître, s’inspire de faits réels. Robert de Niro n’hésitera pas à grossir de quinze kilos pour incarner Al Capone.

En janvier 1919, le 18ème amendement à la Constitution instaure la prohibition aux États-Unis.Le résultat ne se fait pas attendre: marché noir, contrebande, corruption jusqu'aux sommets de la hiérarchie policière.

 

Produit de consommation courante, l'alcool n'est plus disponible que par le biais de la contrebande. De puissants réseaux mafieux voient alors le jour. A Chicago, le plus important d'entre eux est dirigé par Al Capone. A 30 ans, sa fortune personnelle est considérable et il règne sur un empire du crime. Rien ne semble pouvoir l'inquiéter. Ni ses anciens rivaux, assassinés ou très affaiblis, ni les représentants de l'ordre, corrompus ou dépourvus de moyens pour lutter contre lui.

 

 

 

 

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L'avenir s'annonce radieux ! Mais Capone ignore qu'Eliot Ness et ses incorruptibles commencent à fourbir leurs armes contre lui... En octobre 1932, le verdict tombe : condamné pour fraude fiscale, Al Capone devra purger onze années de prison et payer 80 000 dollars d'amendes. Dans l'imaginaire collectif, Eliot Ness est l'homme qui, à la tête des incorruptibles, a permis la chute d'Al Capone.

 

Comme leurs noms, leurs destins sont inséparables.

 

Liés dans l'Histoire, Hélène Harter nous montre qu'ils sont aussi le miroir de l'Amérique du tournant des années 1930 et des forces contradictoires qui la traversent.

Les incorruptibles contre Al Capone.

Hélène Harter

 

 

 

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PROHIBITION 1919-1933

Par le XVIIIe amendement à la Constitution, ratifié en janvier 1919, la prohibition est instaurée aux États-Unis. Désormais, il est interdit de fabriquer, de vendre et d'acheter sur le territoire fédéral toutes les boissons qui contiennent plus de 0,5 p. 100 d'alcool.

La campagne prohibitionniste remonte au milieu du xixe siècle, lorsque l'État du Massachusetts décida que le rhum ne devait être vendu qu'en grosses quantités pour éviter que le peuple ne s'enivre. De cette époque date la création du Prohibition Party (1869), le plus ancien des petits partis américains en activité de nos jours, qui lors des élections présidentielles de 1888 et 1892 obtint jusqu'à 2,2  p. 100 des suffrages ; depuis 1900, il n'a plus guère d'activité qu'à l'échelon local.

 

 

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Mais c'est au début du xxe siècle que les prohibitionnistes deviennent particulièrement actifs.

Ce sont alors des progressistes, des ligues chrétiennes pour la tempérance : combattre l'ivrognerie, lutter contre les injustices sociales et la corruption politique, voilà leur programme. Une Amérique saine reviendra, croient-ils, à ses traditions démocratiques : si les influences étrangères sont néfastes, il conviendra de limiter strictement l'immigration, qui porte en elle les germes de destruction de la société américaine.

 

Plusieurs États, notamment dans l'Ouest, suivent ces conseils avant 1914 et interdisent, à l'intérieur de leurs frontières, la consommation d'alcool. Pour que la mesure soit efficace, il faut que l'Union passe tout entière dans le camp de la prohibition. L'amendement à la Constitution offre la solution légale : son adoption est favorisée par l'esprit né de la guerre. Une évolution, toutefois, se manifeste. Les prohibitionnistes sont, après 1920, plus ruraux que citadins, plus sudistes que nordistes et se regroupent dans l'Anti-Saloon League. S'ils veulent toujours rendre la société américaine plus morale, ils soulignent en même temps que l'interdiction fera augmenter la productivité.

 

 

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Prohibition raid 1927.

 

 

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Mais l'alcool coule à flots dans les tripots clandestins contrôlés par les mafias italiennes et irlandaises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                                                                                                                                                                            Croquis de Donald Denton (1929) " smoking on a sofa".

 

 

 

 

 

 

 

 

Al Capone: le mafieux le plus célèbre de l'Histoire.

 

 

 

 

 

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Ness est né à Chicago de parents protestants norvégiens, Peter et Emma Ness.

 

 

 

Il fit ses études à l'Université de Chicago, dont il sortit en 1925 diplômé de droit et d'économie. Ness commença sa carrière comme enquêteur pour la Retail Credit Co. (compagnie de crédit) d'Atlanta. Nommé dans le secteur de Chicago, il fut chargé d'un travail de second plan. Il retourna alors à l'Université, où il se consacra à la criminologie.
En 1926, son beau-frère, Alexander Jamie, un agent du FBI, réussit à le convaincre d'entrer dans les forces de l'ordre. En 1927, Eliot Ness rejoignit donc le département du Trésor, travaillant conjointement avec le bureau de la prohibition de Chicago.

À la suite de l'élection de Herbert Hoover comme président, Andrew Mellon fut chargé de faire tomber Al Capone. Le gouvernement fédéral envisageait le problème sous deux angles : la lutte contre l'évasion fiscale, et le respect du Volstead Act (interdiction de vendre de l'alcool). Ness fut chargé de ce dernier aspect, en devant démanteler les distilleries clandestines et les routes d'approvisionnement de Capone.

Permis d'Eliot Ness.


Face à la corruption des forces de l'ordre, Ness monta un groupe d'hommes de confiance issu des services du Trésor. D'abord de cinquante, celui-ci fut réduit à quinze, puis à neuf membres. Les raids contre les distilleries et les brasseries commencèrent immédiatement; en six mois, Ness déclara avoir détruit pour 1 million de dollars de produits illégaux.

Une tentative de Capone pour acheter les agents de Ness fut utilisée par celui-ci à des fins de publicité, la presse faisant ses titres de ces Untouchables (incorruptibles). Il fut alors la cible de nombreuses tentatives de meurtre, l'un de ses amis étant même abattu.

Les efforts de son équipe eurent une sérieuse influence sur le déclin des affaires de Capone, bien que ce furent ses fraudes fiscales qui le trahirent. Dans un certain nombre de grands procès fédéraux en 1931, Capone fut accusé de vingt-deux cas de fraudes fiscales et d'environ cinq mille violations du Volstead Act. Le 17 octobre 1931, il fut condamné à 11 années de prison, qu'il purgea dès 1932, à la suite de son appel.


Ness fut promu chef du bureau de la prohibition de l'Ohio en 1934. En 1935, avec la fin de la prohibition, il devint directeur de la sécurité publique de Cleveland. Il y mena une campagne de lutte contre la corruption dans les services de police et de secours, ainsi que contre le jeu. Il échoua cependant à arrêter le "Cleveland Torso Murderer", tueur en série qui fit trembler la région au milieu des années trente, ce qui lui fut vivement reproché par le député Martin L. Sweendy , adversaire du maire de Cleveland (Ness suspecta fortement le cousin de ce député, le Dr. Francis E. Sweeney, d'être le tueur en série mais ne réussit pas à réunir les preuves nécessaires) et contribua à la fin d'une carrière honorable à Cleveland.

 

Il dut quitter ses fonctions en 1942, à la suite d'un accident de circulation dû à... l'alcool  .

 

 


 

Ness partit alors pour Washington DC où il travailla pour le gouvernement fédéral. Il démissionna en 1944 pour devenir président d'une société de sécurité, Diebold Corporation, basée dans l'Ohio.

Il tenta sans succès de devenir maire de Cleveland en 1947, et dut quitter ses fonctions à Diebold la même année. Il en vint finalement à travailler pour la North Ridge Industrial, à Coudersport en Pennsylvanie. Son livre, The Untouchables  , fut publié en 1957, peu après son décès, dû à une crise cardiaque.

 

Eliot Ness fut marié trois fois, divorcé deux, il eut un enfant, par adoption. Il est enterré dans le cimetière de Lakeview à cleveland.

 

 


Eliot Ness dans la culture populaire:

 

 

 

 

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Portrait avec autographe d'Eliot Ness.

 

 

 


De nombreuses adaptations de sa vie ont fleuri, tant au cinéma qu'à la télévision, centrées sur ses activités durant la prohibition.

 

 

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La première célèbre fut la série télévisée Les Incorruptibles avec Robert Stack.

 


Le film de Brian De Palma, The Untouchables, avec Kevin Costner dans le rôle de Ness, fut même oscarisé.


Eliot Ness fut également le personnage du Torso de Brian Michael Bendis. Il a aussi inspiré le personnage de Rex Banner dans l'épisode Homer, le baron de la bière (saison 8) des Simpson.

 

Ness est le sujet d’une série de nouvelles par Max Allan Collins et apparaît également comme petit rôle dans la nouvelle de Collins « La route de la perdition ».

 

Dr.Dre évoque Eliot Ness dans la chanson California Love avec 2 Pac, ainsi que Lil' Wayne dans son rap Too comfortable, Lauryn Hill des Fugees le souligne également dans le morceau Ready or Not?, Eric B & Rakim dans leur rap Juice et Mc Solar dans le morceau Gangster moderne ainsi que les Svinkels dans la chanson « Prohibition » et Fitzroy dans « En Manque de héros ».

Le groupe de rap " Ministère A.M.E.R. " et notamment Stomy Bugsy le cite dans le titre Les rates aiment les lascars dans les années 1990.

 

 

 


 


Il y a également un magasin de sandwich dans le Fort Collins, Colorado, juste en dehors du campus de l’Université du Colorado nommé « Eliot Mess » en son honneur.


Un jeu vidéo pour le parc de divertissements de Nintendo basé sur le film « The Untouchables- Les Incorruptibles » a été commercialisé en 1990 sous le même nom. Il fait également une apparition comme personnages non jouable dans le jeu vidéo Shadow Hearts : From the New World.

 

 

 

 



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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 06:48

MORT A VENISE

 

 

 

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Adapté du roman éponyme de Thomas Mann.

 

à Venise, 1911...

 

Dans l'hôtel de luxe où il loge, Gustav von Aschenbach, compositeur vieillissant, meurtri par le décès de son unique et jeune enfant, malade, déchu et traversant une période de crise existentielle, en villégiature (très librement inspiré de Gustav Mahler), est troublé par un jeune adolescent androgyne, Tadzio, issu d'une famille de la haute société polonaise, qui semble incarner l'idéal de beauté éthérée à laquelle il a désespérément tenté de donner expression dans ses créations.

Ce déconcertant garçon ayant, par des regards croisés, pris conscience de sa fascination, l'artiste rêve de l'aborder, et en vient à remettre en question les certitudes de sa vie tout entière.

Dans une ville qu'il sait en proie à une épidémie de choléra cachée par les autorités qui ne tiennent pas à ce que les touristes partent, Aschenbach, au lieu de fuir, s'enfonce dans la déchéance (songeant à alerter la famille du jeune Polonais), puis meurt sur la plage du Lido après avoir une dernière fois contemplé Tadzio, son bien-aimé à qui il n'aura jamais osé parler...

 

 

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Le film que je vis à sa sortie, seul et en secret, à l'insu de mes parents, me bouleversa alors que j'étais adolescent. Il est une très intelligente adaptation de la nouvelle de l'écrivain autrichien Thomas Mann (1913).

Mais Visconti transforme ce petit chef d'oeuvre initial de la littérature de langue allemande du début du XXème siècle, en faisant d'Aschenbach un musicien et non un écrivain, en introduisant des flash-backs venus d'une autre oeuvre de Mann, Le Docteur Faustus, ainsi que, bien évidemment, des éléments de son imaginaire personnel liés à ses origines aristocratiques et italiennes.

Le rapport de ce film, comme de toute l'oeuvre de Visconti, avec À la recherche du Temps perdu, de Marcel Proust, est frappant. L'Hôtel des Bains du Lido rappelle le Grand-Hôtel de Balbec, les fards d'Aschenbach rappellent ceux du baron de Charlus, sa mort celle de Bergotte...

La présence obsédante de la musique de Gustav Mahler (1860-1911), en particulier le superbe et mélancolique adagio de la Symphonie n°5, est le changement le plus remarquable qu'apporte Visconti à l’œuvre de Mann.

Il y a un léger infléchissement du sens, du texte au film : la nouvelle de Mann dit le conflit, dans l'Art, entre Dionysos et Apollon ; le film de Visconti insiste plus sur la révélation d'un "trop-tard", c'est-à-dire sur le conflit, proprement cinématographique, de la Beauté et du Temps. On peut aussi voir dans ce film une dimension sociale : ce sont les rapports de classes de l'époque qui se laissent voir dans la confrontation entre la clientèle de l'hôtel, le personnel et les Vénitiens.

 

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"Qui a contemplé de ses yeux la Beauté, est déjà voué à la Mort..".

Thomas Mann.

L'artiste vieillissant était venu se ressourcer dans l'antique Cité des Doges, ancienne puissance commerciale et maritime, riche, splendide, majestueuse et fière. Il y rencontrera, dans la chaleur malsaine d'un des derniers été de paix, la beauté et la mort,sous les traits charmants  d'un éphèbe d'une beauté troublante qui l'ébranlera jusqu'au plus profond de lui-même. Une passion l'envahira, lui procurant des sentiments troubles, une brûlure douloureuse et enivrante,étrangère, inconnue jusqu'alors; une morsure dans l'âme. Mortelle... 

 

Alfried : "La Beauté naît, selon toi, de tes seules facultés spirituelles ?"
Aschenbach : "Nieras-tu que le Génie de l'Artiste puisse la créer ?"
Alfried : "Oui, c'est le pouvoir que je lui dénie."
Aschenbach : "D'après toi notre labeur d'artiste..."
Alfried : "Ton labeur ! La Beauté fruit du labeur ! Quelle illusion ! Non ! La Beauté jaillit d'un éclair et ne doit rien aux cogitations de l'artiste ni à sa présomption !"

 

 

 

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Adaptation austère et contemplative de la nouvelle « la Mort à Venise » de Thomas Mann, Mort à Venise (Prix du 25ème Anniversaire du Festival de Cannes) figure bien souvent comme le testament de Luchino Visconti puisqu'il laisse transparaître toutes les obsessions et préoccupations, développées de façon très aboutie, de ce cinéaste, véritable artiste de génie, personnage de fascination et de scandale pour ses moeurs et son goût raffiné de la décadence. Mort à Venise, incompris par certains à son époque (... et actuellement toujours), a d'ailleurs été l'objet d'une polémique pour la pédophilie qu'il expose. Certes l'histoire laisse suggérer un peu cet aspect là du film mais les réflexions que mettent en place ce chef d'oeuvre cinématographique balaye rapidement cette idée.

 

 

 

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 Luchino Visconti, 1936.

La morgue aristocratique d'un membre d'une des plus anciennes familles de la noblesse italienne, dissimule en fait une angoisse obsessionnelle provoquée par la révélation du "trop tard".

 

Paradoxalement, même s'il s'agit d'une adaptation cinématographique, Mort à Venise est quelque peu autobiographique ou du moins en fait un film très personnel car cette œuvre place la figure de l'artiste comme l'élément central du film, autour duquel gravite plusieurs thèmes en relation avec l'Art ainsi que la Beauté, la fuite du Temps et la Mort qui rattrape le personnage principal, Aschenbach, tout comme il semble rattraper Visconti qui mourra cinq ans après la réalisation de son chef-d'oeuvre ultime et absolu.

 

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Par un jeu subtil de séduction et d'espièglerie, Tadzio chamboule le coeur et l'esprit de l'artiste qu'est Aschenbach, (magnifiquement joué par Dirck Bogarde). Ce jeu, presqu'innocent (?) mais cruel, se révèlera fatal pour cet homme malade qui aura chercher toute sa vie, dans une tension tragique, l'expression la plus sublime de la Beauté, de la Jeunesse et de l'Amour, sans pouvoir les étreindre...

 

 

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 Tadzio (Bjorn Andresen).

 

 

 

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« Dans une histoire comme Mort à Venise, une histoire de regards, le zoom m'aidait beaucoup pour donner cette impression que le regard s'approche d'un être, d'une personne... C'est la nécessité à un certain moment de m'approcher un peu de quelque chose. Au lieu de couper et de m'approcher comme on faisait d'habitude, comme la technique vous l'imposait. C'est plus pratique de faire ainsi.  Plus « pratique » et bien sûr aussi, plus sensé.

Le zoom qui présente le personnage principal au début du film permet véritablement de découvrir Aschenbach et d'entrer dans l'histoire : le zoom l'isole peu à peu de son environnement (sur le pont du bateau), et l'effet indique d'emblée la solitude et l'isolement du personnage. L'effet de zoom permet encore de donner l'impression de plonger dans une intériorité : c'est par un zoom que l'on pénètre dans les pensées et souvenirs d'Aschenbach, lorsqu'il est attablé au restaurant, non loin de Tadzio : le zoom prépare à la fois la voix off (le souvenir d'une discussion sur la beauté) et le flash-back qui suit.

Enfin, le zoom est sans doute le moyen le plus adéquat de décrire le regard d'Aschenbach sur Tadzio : il n'y a jamais de contact véritable entre eux, et ce n'est qu'en concentrant, en focalisant son regard sur le jeune adolescent que le musicien se rapproche de lui. Le zoom peut ici apparaître comme une métaphore de la fascination : comme le remarque Dominique Villain, « le zoom aspire son objet plus qu'il ne s'avance vers lui ».

Luchino Visconti; (L'oeil à la caméra).

La proximité de Tadzio n'est permise que par cette aspiration, cette concentration du regard retranscrite par le zoom.

 

La solitude d'Aschenbach enferme son regard sur Tadzio, inaccessible et idéalisé.


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La métamorphose trompeuse d'Aschenbach en ce qu'il méprisait il n'y a pas si longtemps: le "vieux-beau". Cette transformation comico-pathétique reflète la toilette du mort.

 

 

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En proie à l'ennui, figé comme une statue grecque, l'adolescent fascine.

Il existe chez Visconti une rigueur maniériste qui, comme chez Hitchcock ou De Palma, équivaut à un langage cinématographique. Panoramiques et zooms ne font dans cette séquence que renforcer l'impact émotionnel du musicien face à la beauté du jeune homme. Les panoramiques se confondent alors à une certaine subjectivité du regard. Leur multiplication, associée aux zooms incessants, échappe à toute logique rationnelle. Visconti dépasse les limites de l'espace et renforce l'aspect sinueux du film.

En intérieur comme en extérieur, Mort à Venise est un parcours sans fin, physique et spirituel qui ne s'effectue que par le regard, qu'il soit celui des personnages ou celui de la caméra.

 

 

 

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 Silvana Mangano incarne la mère de Tadzio. Hiératique, angoissée...L'esthétique et le maniérisme de l'art de Visconti s'exprime pleinement dans ce rôle qui restitue l'état d'esprit de la haute société européenne de ce début de XXème siècle avec ses codes de conduite: retenue, pudeur, par lesquels cette caste entend se distinguer des parvenus.

Épouse d'un haut fonctionnaire particulièrement occupé par ses fonctions, (selon une indiscrétion d'un maître d'hôtel),absent dans l'histoire;  cette absence du père renforce la solitude de toute la famille et en particulier celle de l'adolescent cerné par des femmes (la mère, la gouvernante et les trois soeurs)... 

 

 

 

 

 

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Les solitudes de Gustav et de Tadzio s'aditionnent mais n'arrivent jamais à se compléter, malgré ou à cause de leurs désirs inachevés. Les interdits et les non-dits sont trop forts; seuls les yeux, "fenêtres de l'âme" parviennent parfois, en de précieux instants, furtivement, à exprimer l'indicible...

 


 

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Les moments où Tadzio sort de son cercle de femmes, qui ne sont jamais très éloignées, pour retrouver quelques jeunes gens de son âge, offrent à Gustav des scènes de jeux sur la plage de séduction-répulsion qui l'émeuvent et le blessent.  Le renvoient-elles à sa propre adolescence? A ce temps privilégié de l'insouciance apparente et des premiers émois?

 

 

 

 

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Faut-il alerter et provoquer le départ de l'être chéri ou bien se taire et prolonger le temps qui s'enfuit?

Venise la légendaire, lieu de villégiature de la haute société cosmopolite, est devenue un piège où souffle le siroco, vent chaud et fétide où se propagent les miasmes pestilentiels du Choléra qui dans le film, personnifie le spectre de la guerre qui approche et dispersera bientôt tout ce beau monde insouciant... 

 

 

 

 

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Gustav se surprend à suivre Tadzio dans le dédale des rues de Venise où l'étendue et la gravité de l'épidémie de choléra, symboles de la terrifiante apocalypse de 14-18 qui s'approche, se révèlent au grand jour malgré le silence des autorités et la censure de la presse. Par ce comportement suspect et inquiétant, il révèle à lui-même sa déchéance et sa misère, son désespoir aussi et la décadence où le conduit sa quête éperdue.

 

 

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Epuisé, Gustav von Aschenbach ("Ruisseau de cendres") meurt seul dans une chaise longue, sur une plage déjà désertée, en contemplant Tadzio qui traîne sa solitude. Le corps du musicien est rapidement emporté comme un sac lourdement rempli de rêves inavoués, afin de ne pas choquer les quelques clients de l'hôtel qui se sont attardés avant le coucher du soleil...

 

 

 

Tiraillé entre ses origines sociales ( très ancienne noblesse italienne) et la mode du "bourgeois gauchisant" qui sévissait avec tyrannie dans les milieux artistiques après 1945, la décadence de la haute société fut un leitmotiv dans la filmographie de Luchino Visconti.

 

« On m'a souvent traité de décadent. J'ai de la décadence une opinion très favorable, comme l'avait par exemple Thomas Mann. Je suis imbu de cette décadence. Mann est un décadent de culture germanique, moi de culture italienne. Ce qui m'a toujours intéressé, c'est l'examen d'une société malade. »

Luchino Visconti


 

Après le cataclysme de la Première Guerre Mondiale (quelques cinq millions de morts), l'Italie exsangue, comme la plupart des pays d'Europe,  ira puiser des forces neuves dans un mouvement de jeunes soldats humiliés, dont les mots d'ordre seront: force,courage, virilité, patrie,modernité, dynamisme,vitesse, futur!

 

 


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Une des statues ornant le Stade Marmi; Rome (1930)

"Force, virilité, courage, patrie, dynamisme, vitesse, futur!"

Les deux conséquences immédiates du suicide collectif de 14-18 furent le bolchévisme en Russie et le fascisme en Italie.

Les villes de l'Italie du Nord (industrielles) passent à l'émeute. Partout, on fait la chasse aux officiers, symboles de la guerre et de l'ordre ancien. On les tabasse dans les rues, on crache sur leurs insignes et leurs décorations, on leur cloue les épaulettes sur les épaules pour leur apprendre à narguer le peuple; on les tue ici et là...

Beaucoup prennent la fuite, se mettent en civil, se font oublier. Mais, contre toute attente, une poignée réagit:

" A moi, camarade! Formons les rangs!".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ils sortent leurs lourds pistolets encore maculés de la boue des tranchées et tirent dans le tas...

 

A Milan, ils s'unissent en squaddra ( escouades). On les appellera les Squadristes. Beaucoup sont d'anciens Arditi, ces hommes des troupes d'assaut constituées en 1917. Leur légende a commencé dans des corps à corps à la grenade, sur le front de la Piave, aprés le désastre de Caporetto. On les reconnaît à leur uniforme spécial orné d'emblêmes noirs, couteau à la ceinture. Sur leurs fanions et le bandage de leurs blessures (membres amputés, défigurés...), ils inscrivent une devise qui en dit long sur leur philosophie expéditive:

" Me ne frego!"

(Je m'en fous!)

 

 

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Milan 23 mars 1919; dans une petite salle enfumée, ils sont venus applaudir un homme qui sait les mots pour leur parler, Benito Mussolini.

 Il est le chef de la fraction la plus dure du parti socialiste en 1910. Devant la guerre, il a réagi de façon inattendue: alors que Lénine avait flairé dans le pacifisme un levier formidable pour jeter par terre le tsarisme, Mussolini a fait le choix opposé. Se souvenant du Risogimiento (Renaissance ou Résurrection; mouvement ayant conduit à l'unité italienne), il croit que de la guerre surgira une nouvelle Italie. Troquant l'internationalisme contre le nationalisme, il est devenu le champion de l'intervention italienne en 1915. On le chasse du parti.

Tant mieux, il pressent qu'un nouveau destin l'appelle!

Sous le chapeau emplumé des bersaglieri, il va se battre contre les Autrichiens. Grièvement blessé, il continue la lutte, la plume au poing, noicissant de son écriture les articles incendiaires de son nouveau journal nationaliste et socialiste Il Popolo d'Italia.  

Voilà l'homme qui lance l'appel, le 23 mars 1919, pour la création des "Faisceaux de Combat". On y trouve d'anciens Arditi mêlés à d'ex-socialistes, partisans comme lui de l'intervention italienne en 1915. Squadristes et Arditi participent à l'aventure de Fiume derrière Gabriele d'Annunzio, le poète guerrier délirant et admirable qui a joué sa vie plusieurs fois pendant la guerre. Benito Mussolini est un peu son ministre de la propagande.

 

 

 

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Vitorio Pisani "Squadristi" 1922.
 
 
Avec ses pistolets, ses triques, ses poignards, le squadrisme végète longtemps...
Et soudain, c'est l'envolée au début 1921, aprés la fin de l'aventure de Fiume, en riposte à la vague de violence des  Rouges qui a déferlé sur l'Italie. Partout on fait appel aux guerriers humiliés. Devant la démission de l'Etat, ils sont l'Etat. Les coopératives socialistes saccagées seront le prix à payer pour les crachats sur leurs médailles militaires.
Le Squadrisme constitue l'aile militaire autonome du premier fascisme. A l'origine, celui-ci n'est pas un parti, mais un anti-parti sur lequel Mussolini n'exerce qu'une autorité très vague grâce à son journal et son indéniable talent de tribun.
La montée des fascistes en 1921 et 1922 est la rançon de l'erreur des communistes italiens, sectaires dans leurs attitudes et anarchiques dans leurs méthodes.
Face aux Rouges, le pragmatisme est la règle de Mussolini. Toute l'Italie historique fera bientôt front  avec lui  contre les marxistes. Le pays sent que son principe politique consiste à sauver du passé tout ce qui est solide et honorable pour en faire le socle de l'avenir.
Voilà comment, le 28 octobre 1922, devant l'incapacité du vieux système libéral, le roi Victor-Emmanuel III fait appel au chef du fascisme pour diriger un gouvernement de salut public.
 

 

Réaliste, le Duce se garde d'abuser de sa victoire. Hormis les Communistes, que ses Squadristes pourchassent à coups de gourdins, il est prêt à toutes les alliances, obtenant le ralliement rapides des syndicalistes et de la classe ouvrière. Il invente un nouveau type de pouvoir reposant sur le parti, les syndicats et l'Etat.

Du jour au lendemain, saisie par l'ardeur énergique des fascistes, l'Italie semble transformée.  Les trains arrivent à l'heure, la corruption qui s'était installée dans tous les rouages de l'Etat est impitoyablement combattue et disparaît rapidement; forcés de négocier, le patronat et les syndicats concluent des accords qui perdurent. Les grands chantiers de l'Etat font baisser le chômage.

Toute l'Europe regarde, surprise et intéressée; parmi de nombreux autres responsables politiques, Winston Churchill ne cache nullement son admiration face au "miracle italien".

Le fascisme est né d'abord et avant tout du creuset de la Première Guerre Mondiale. Au sortir de cette forge, rougeoyante de feu, de courage et de sang, un certain nombre de jeunes hommes avaient été changés à jamais. Ceux-là voulurent transposer dans la paix les valeurs de la guerre qui étaient devenus les leurs.

 

 

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Vitorio Pisani; le bataillon de Marine "San Marco" part à l'assaut!

 

Les circonstances exceptionnelles traversées par l'Italie leur permirent quelques temps de réaliser leurs rêves. Au regard de l'histoire, ils apparaissent comme la revanche inattendue d'un type humain que l'économie marchande avait relégué dans une position sociale subalterne et méprisée.

La filiation-réaction du communisme et du fascisme éclate dans la chronologie. Lénine prend le pouvoir en 1917, Mussolini en 1922. Cinq années séparent les deux évènements. La révolution bolchévique est à l'origine d'une réaction  en chaîne qui provoque la naissance du fascisme italien et aussi du national-socialisme allemand. Mais ce sont des réactions en forme de ripostes de type révolutionnaire qui ont pour instrument la mobilisation des masses autour de l'espérance d'une société nouvelle et meilleure. Aussi sont-elles à l'origine de régimes inédits. C'est ce qui les différencie des mouvements et des régimes réactionnaires ou conservateurs qui veulent restaurer un ordre social ancien excluant les masses populaires de la vie politique.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 



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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 19:24
THE TREE OF LIFE
Jessica Chastain & Brad Pitt. EuropaCorp Distribution

"Si tu n'aimes pas, ta vie passera en un éclair...".
EuropaCorp Distribution
Un oratorio filmique sans équivalent.

>SITE OFFICIEL<

 

 

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Palme d'Or

Au sein d'une sélection  plus relevée que les années précédentes, mais encore souvent marquée par le mal et la mort, The Tree of life, de Terence Malick, est un chant de vie sublime.

Aux États-Unis, Texas;  années 50- 60, apogée de la puissante Amérique...




The Tree of life devait être présenté au Festival de Cannes l'an dernier, mais son réalisateur l'a remis en chantier, l'estimant imparfait. Un an d'attente encore, imposé par ce cinéaste perfectionniste et discret.
Terrence Malik, modèle de  cinéaste absolu, indépendant et inclassable, par certains comparé à Stanley Kubrick, a assez de talent pour s'imposer à l'industrie du cinéma au lieu d'en être l'instrument.
Son art s'appelle " le Septième Art".
Pourtant, à Cannes, d’après certains témoignages, son film
fut aussi hué qu'acclamé et déclencha même une vague de vociférations haineuses inouïes !

Terrence Malick est philosophe de formation, traducteur de Heidegger(philosophe allemand 1889-1976). Il faut le savoir avant d'aller voir cette œuvre cinématographique qui n'est pas hermétique mais simplement géniale et authentiquement originale, ouverte à tous ceux qui ont su garder ouverte leur intelligence du coeur.

Brad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp Distribution
Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution
Les films de Terrence Malik sont construits comme des temples: on n'y entre pas comme dans un supermarché; il y a des niveaux à franchir, des degrés, des marches. Un rythme initiatique qui ralentissent le pas et mettent votre esprit au bon rythme... Biblique. Le procédé n'est pas rare dans le cinéma américain car compris d'un public familier de la Bible, contrairement au public français, devenu en quelques années, fièrement ignare dans ce domaine.


"Où étais-tu quand je fondais la Terre? Dis-le, si tu as de l'intelligence. Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu? Ou qui a étendu sur elle le cordeau? Sur quoi ses bases sont-elles appuyées? Ou qui en a posé la pierre angulaire, alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie?"

Livre de Job (38,4) où Dieu reprend l'homme qui s'est plaint...


Le sens de cette citation apparaît lentement à mesure que se déroule ce long film (2h20). Celui-ci est fragmenté en une multiplicité innombrable de plans, d'une beauté virtuose éblouissante, où les acteurs se font entendre presque uniquement  en voix off, vous parlant à l'oreille. Le tout baignant dans une musique "cosmique": Berlioz, Tavener, Preisner et les partitions originales du génial Alexandre Desplat...

Le film se déroule à deux époques, entre lesquelles on saute sans préavis: un peu de nos jours, où le héros, Jack (Sean Penn), a la soixantaine; beaucoup dans les années 50-60, où il vit dans une famille américaine classique, avec deux autres frères, subissant  la dureté de leur père (extraordinaire Brad Pitt), mais protégé par la douceur de leur mère (Jessica Chastain).
Dès le début, on apprend qu'un des frères est mort, vraisemblablement à la guerre (Corée, Viet Nam ?) . Cette mort "injuste" arrache des cris de douleur et de révolte à la mère. Au bout du désespoir, elle en vient à appeler la mort sur elle.
Alors le film change de dimension...

Jessica Chastain. EuropaCorp Distribution
Jessica Chastain, bouleversante de féminité, c'est-à-dire de tendresse, de douceur et de force.


Brad Pitt. EuropaCorp Distribution


Le père, (Brad Pitt):confondant force, fermeté et dureté, il finira par perdre l'essentiel.

Sean Penn. EuropaCorp Distribution
Un fils (Sean Penn), comme le rescapé d'un naufrage...

Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp Distribution


Soudain, surgissent des images inouïes...

 

On reste stupéfait devant ces compositions, évoquant le début de l'univers et de la vie, jusqu'à l'apparition des dinosaures, car on a du mal à comprendre leur présence et qu'elles peuvent apparaître comme une faute de goût, un anachronisme gratuit et donc superflues, au milieu des images d'une famille américaine idéale des années 50-60...
Mais qui donnera des leçons d'intelligence, de talent et de goût à un artiste comme Terrence Malick?
Brad Pitt. EuropaCorp DistributionJessica Chastain. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionJessica Chastain. EuropaCorp Distribution
Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionBrad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionJessica Chastain. EuropaCorp DistributionUSA-pub-insurances.jpg
Jessica Chastain & Brad Pitt. EuropaCorp DistributionJessica Chastain. EuropaCorp DistributionBrad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp Distribution
Jessica Chastain & Brad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt. EuropaCorp DistributionBrad Pitt & Jessica Chastain. EuropaCorp Distributioncosmos-151-20VIE-20COSMOS-2017ANNEESLUMIERES-20HUBBLES.jpg
Aprés ces images de Genèse, débute le coeur du film qui correspond à l'âge de rebellion de Jack (12 ans) contre son père, tyrannique et pourtant aimant. Jack, qui a appris à l'école qu'il fallait suivre la voie de la grâce et non celle de la nature. La grâce, à ses yeux, c'est sa mère, admirablement belle, douce et humble; la nature, c'est son père, brutalement autoritaire.
L'arbre de vie se retrouve ici: c'est celui que plante le père dans le jardin, mais aussi et surtout celui qui pousse ses branches en nous à travers les racines que sont nos aïeux. mais des branches se brisent, mystère du mal. C'est la souffrance de la mère qui a perdu son enfant; c'est celle de Jack et de ses frères qui ont perdu leur insouciance devant les colères d'un père rempli de frustrations et d'amertumes suscitées par des échecs passés, dont las ambitions ont été déçues et qui se trouve rejeté au bord du rêve  des WASP (white anglo-saxon protestant).
Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp DistributionSean Penn. EuropaCorp Distribution Vient le temps du grand cri immémorial de l'homme meurtri invectivant Dieu, puis des interrogations : Dieu peut-il reprendre ce qu'Il a donné avec tant d'Amour?
 Enfin, vient le temps du pardon et de la paix ...
 
 
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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 19:48

Les liaisons dangereuses

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d'aprés le roman épistolaire et sulfureux, paru en 1782, du dangereux Monsieur Choderlos de Laclos,(1741-1803) par ailleurs mari exemplaire, bon père et respectable général d'artillerie.

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Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr


Trés chère amie, apprenez que les paroles s'envolent mais que les écrits demeurent...


A Paris, sous le règne de notre Bien-Aimé roy, Louis le Quinzième, au temps des philosophes des Lumières, des salons,des dévots, des libertinages, des intrigues & des conspirations d'alcove...

La perfide marquise de Merteuil demanda instamment à son ancien amant, Monsieur le vicomte de Valmont, de séduire la très jolie jeune fille de sa cousine, Madame de Volanges dont certains esprits avisés disaient qu'elle était un peu sotte. Elle voulait ainsi s'amuser à se venger d'un autre ancien amant,d'un âge mûr maintenant, à qui  on avait promis en mariage la jeune Cécile de Volanges.

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 "Votre prude est dévote, et de cette dévotion qui condamne à une éternelle enfance; les prudes n'offrent que des demi-jouissances. Cet entier abandon de soi-même, ce délire de la volupté où le plaisir s'épure par son excés, ces biens de l'amour, ne sont pas connus d'elles. Croyez-moi, quand une femme s'est encroûtée à ce point, il faut l'abandonner à son sort; ce ne sera jamais qu'une espèce".

Au début, Valmont refusa cette proposition: celle qu'il choisit plutôt de séduire était, vous allez sourire, la prude Madame de Tourvel qui séjournait justement, le hasard faisant bien les situations, chez la tante de M. le vicomte,une dame fort dévote, et cela pendant un voyage de son mari en une lointaine province pour ses affaires de justice...

Mais ayant découvert que Madame de Volanges avait écrit en secret à Madame de Tourvel afin de lui faire savoir le libertin qu'il était, Valmont changea brusquement d'avis et décida de suivre le projet de la marquise de Merteuil.

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Ainsi, le vicomte et la marquise unissant leur perfidie, profitèrent du fait que la jeune Cécile était amoureuse de son maître de musique, le jeune, le séduisant, le naïf Chevalier Danceny. Hélas, ce brave damoiseau n'était pas, aux yeux de la mère, assez digne, comprenez fortuné, pour devenir un prétendant.


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Chez sa tante, Valmont séduisit facilement Cécile qui devint enceinte de ses oeuvres, mais une fausse couche providentielle évita le scandale.

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Le vicomte revint alors auprés de la femme qu'il convoitait principalement. C'était là un tout autre gibier... Il mit en place une stratégie diabolique de séduction qui reposait sur son apparente conversion à des moeurs et un genre de vie plus sages et propices à plaire à la très vertueuse Madame de Tourvel.


Et son jeu ne tarda pas à séduire la dame...

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Madame de Tourvel finit donc par céder aux avances infatigables de Valmont; cette faiblesse lui coûtera fort cher...


Cependant, tel fut pris qui croyait prendre. Contre toute attente, Monsieur le vicomte tomba profondément amoureux de sa "proie". Il était si bel et bien piégé qu'il ne put dissimuler ses sentiments très longtemps à la marquise qui, piquée au vif, obligea le piteux Valmont à  rompre incontinent avec Madame de Tourvel...Sachez aussi, qu'une sorte d'accord avait été conclu auparavent, entre Madame de Merteuil et Monsieur de Valmont, à savoir qu'elle avait promis à ce dernier, une nuit avec elle s'il réussissait à séduire cette pauvre Madame de Tourvel. Valmont exigea donc son dû, mais l'intraitable marquise refusa net avant que le vicomte ne rompît complètement avec sa très chère conquête. Et le faible Valmont accepta cette affreuse exigeance. Suivant avec aveuglement son orgueil, plutôt que ses sentiments les plus sincères,il rompit si cruellement sa liaison avec la dame de son coeur qu'elle en tomba malade.

 "Le parti le plus difficile ou le plus gai est toujours celui que je prends; et je ne me refuse pas une bonne action, pourvu qu'elle m'exerce ou m'amuse".

 

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Valmont, meurtri par cette rupture, se sentant coupable d'un acte odieux, nourrissant à son propre égard un dégoût violent qui remuait le peu de conscience qu'il lui restait,retourna alors auprés de Madame de Merteuil qui, en attendant, avait pris comme amant le joli Danceny. Valmont exigea immédiatement  sa "récompense". Mais la marquise refusa et ce casus belli fut le prétexte à une déclaration de guerre entre eux.

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"Cher vicomte,en vérité, plus je vais, plus je suis tentée de croire qu'il n'y a que vous et moi dans le monde qui valions quelque chose".

-Méfiez-vous, très chère, des idées plaisantes ou bizarres qui vous viennent trop facilement. Songez que, dans la carrière que vous poursuivez, l'esprit ne suffit pas, qu'une seule imprudence devient un mal sans remède.

-Ecoutez, et ne me confondez pas, vicomte, avec les autres femmes".


Madame la marquise, utilisa encore son inépuisable venin pour révéler à Danceny que Valmont avait séduit Cécile de Volange. Dans un sursaut pour laver son honneur, le jeune chevalier provoqua le marquis en duel qui, pourtant fine lame réputée mais las et n'ayant plus le goût de vivre, se laissa mortellement touché.

Mais avant de mourir, il eût le temps de supplier Danceny, selon son ultime volonté, de rendre visite à Madame de Tourvel dans le couvent où elle se mourait, et de l'assurer de son ardent amour. Il eût soin aussi, de remettre au jeune homme, une collection de lettres écrites par la marquise de Merteuil... 

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Après avoir entendu le message de Valmont de la bouche du chevalier d'Anceny, Madame de Tourvel rendit son dernier soupir et, ayant quitté ce bas monde,retrouva enfin  la paix au Ciel à laquelle elle aspirait tant depuis toujours...

Danceny décida alors de publier les lettres de Madame de Merteuil qui de ce fait, furent lues et relues, circulant dans tous les hôtels parisiens et même, dit-on, jusqu'à Versailles où l'on fut scandalisé...

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Madame de Pompadour & autres favorites de Louis le Quinzième...Cette époque fut le règne des femmes auquel mit fin la Révolution puis Napoléon.


 

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Madame Anne-Henriette de France par Nattier Une des filles de Louis XV et de la reine Marie Leszinzka. Elles seront les plus farouches adversaires du courant libertin et des philosophies des Lumières qui se développent dans le royaume de France et en Europe en sapant les bases de l'auguste monarchie française.

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Versailles

Capitale mondiale du bon goût


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France-place-Louis-XV.jpgParis;Place Louis le Quinzième

 



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Madame de Merteuil qui se rendit, comme à son habitude, un soir à l'opéra, dut essuyer l'affront public d'être huée par toute l'assistance. Cette humiliation lui porta, dit-on, un coup mortel...Elle qui se disait née pour venger son sexe et maîtriser l'autre, décrivant dans ces lettres empoisonnées, son long apprentissage d'observation, de ruse, de prudence, sa volonté de savoir pour déjouer tous les pièges masculins...La marquise de Merteuil voulait opposer l'esprit contre la "niaiserie" prétendant, triste vision de l'univers qui l'entourait, que le monde était une comédie d'ignorance et d'hypocrisie. Elle écrivit avec orgueil: " Mes pricipes sont le fruit de mes profondes réflexions; je les ai créées, et je peux dire que je suis mon ouvrage".


 

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Dans le roman, le visage de Madame de Merteuil resta pour toujours défiguré par une de ces affreuses maladies honteuses et la sombre destinée de Mademoiselle de Volanges et du chevalier Danceny ne furent pas dans ce film, évoqués...


"Ce livre, s'il brûle, ne peut brûler qu'à la manière de la glace; ici, comme dans la vie,la palme de la perversité reste à la femme".

Charles Baudelaire, à propos des Liaisons dangereuses, dans un dix neuvième siècle où la Révolution a repris violemment aux femmes le pouvoir qu'elle semblait détenir tout au long du siècle précédent, pour le confier et pour longtemps encore, aux hommes les plus machistes .


 

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"Tous les hommes d'intrigue, dans les conceptions dramatiques et dans le monde, sont dans un mouvement perpétuel; ils ont l'oreille fine, le pied léger et au besoin la main adroite. Celui-ci voit tout s'agiter, a tout prévu avant la crise, et dans la crise même voit plutôt ce qu'il a opéré, que la manière dont il a opéré".

 


Choderlos de Laclos (1741-1806)

 

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Fragonnart, Baiser volé 

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  le loquet.

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 Jeune fille jouant avec son caniche

 

 

 

France-pierre-et-gilles-Louis-XV.jpg Photo Pierre & Gilles

Gravure illustrant "Juliette" du marquis de Sade: ce genre d'ouvrage censuré, circulait dans toute l'Europe sous le manteau, dans les milieux libertins.

 

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Les "Liaisons" au cinéma:

 

C'est Roger Vadim qui signe en 1959, la première adaptation cinématographique des "Liaisons dangereuses" avec Jeanne Moreau (Mme de Merteuil), Gérard Philippe (Valmont), Annette Vadim (Mme de Tourvel et des dialogues de Roger Vaillant. Un procés fut intenté et c'est l'avocat François Mitterrand qui défendit Roger Vadim.

 

En 1989, Milos Forman nous offre un "Valmont"  très aseptisé formule côte est-Nouvelle-Angleterre,dans une adaptation signée Jean-Claude Carrière, avec Colin Firth(Valmont), Annette Bening (Mme de merteuil) et Meg Tillyv (Mme de Tourvel).

Enfin, en 1999, dans "Sexe intentions", c'est Roger Kumble qui nous offre le plaisir d'une adaptation très originale des "Liaisons", transposée à Manhattan, avec Ryan Philippe (Sebastian Valmont) , Sarah Michelle  Gellar (kathryn Merteuil) et Reese Whiterspoon (Annette Hargrove).

 

 


 



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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 18:54

AUTANT EN EMPORTE LE VENT

D'après le célèbre roman de Margaret Mitchell

"GONE WITH THE WIND"

 

 

 

 

Collection Christophe L.

 

8 Février 1861

Montgomery (Alabama, USA).

Sept États du sud des États-Unis proclament leur indépendance et s'unissent au sein d'une nouvelle "Confédération des États d'Amérique". Ils rejoignent ainsi la Caroline du Sud qui avait proclamé son indépendance dès le 20 Décembre 1860, suite à l'élection d'Abraham Lincoln, un anti-esclavagiste convaincu.

22 Février 1861

La Confédération se donne pour Président Jefferson Davis et pour capitale Richmond (Virginie).

La Sécession est consommée; dès lors, la guerre entre le Nord et le Sud est inévitable...

 

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Scarlett O'hara est une belle jeune fille, fière, volontaire et ...insouciante appartenant à la haute société du Sud et dont la famille, d'origine irlandaise, possède une grande plantation de coton "TARA".

Courtisée par tous les bons partis du pays, Scarlett  n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes... Mais celui-ci est promis à sa cousine, la vertueuse Mélanie Hamilton. Scarlett cherche à tout prix à le séduire mais à la réception de la propriété des Douze Chênes, elle retient l'attention du séduisant et cynique Rhett Butler, à la réputation sulfureuse...

La guerre de Sécession éclate... Personne ou presque ne peut imaginer qu'elle sera, comme toutes les guerres civiles, longue et impitoyable.

Ashley avance son mariage avec Mélanie, et Scarlett, pour le rendre jaloux, épouse Charles Hamilton, le frère de Mélanie.

Devenue veuve, Scarlett finit par se laisser séduire et épouser Rhett Butler...

 

 

 

 

A star is born:Vivian Leigh, une inconnue, fut choisie parmi les plus grandes stars pour incarner Scarlett: un choix heureux.

Autant en emporte le vent: un roman de mille pages. Et un film mythique. Un succés qui allait battre, dés sa présentation publique, le 15 décembre 1939 au Grand Théâtre d'Atlanta, tous les records de recette et rester en tête du box- office pendant vingt ans!

Il ne se fit pas sans douleur. Si, dès le début , David O. Selznick, décida que le rôle de Retth Butler imposait Clark Gabble, il eut beaucoup plus de mal à choisir l'actrice qui incarnerait Scarlett O'Hara. Toutes les stars de l'époque furent finalement écartées. Selznick interviewa 1400 candidates. Il fit tourner à 90 d'entre elles des bouts d'essai et Vivian Leigh s'imposa. Scarlett c'était elle; ce ne pouvait être qu'elle et personne d'autre.

Le tournage débuta le 26 janvier 1939 avec d'énormes moyens, des équipes travaillant 16 heures par jour et 6 jours par semaine. Des agences capables de fournir 2500 figurants en moins de vint quatre heures et, quand il en manquait , de "fabriquer" 1000 mannequins pour figurer les blessés.

La première du film eut lieu à Atlanta, ville martyre de la guerre de Sécession, le 15 décembre 1939. Ce jour-là fut déclaré férié par le maire. Les billets, vendus 1,5$, une somme déjà importante pour l'époque, se revendirent plus de 200$ au marché noir. En 1940, Le film raflait dix Oscars.

Avec son roman, Margaret Mitchell avait donné au Sud son Illiade; avec son film, Selznick l'inscrivait dans la légende des siècles... Son oeuvre littéraire et le film qui en fut tiré ont vengé la Confédération pour l'éternité. 

 

 

 

 

 

 

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Margaret Mitchell ou la revanche du Vieux Sud

 

 

 

 

Ne pas se fier aux apparences qui peuvent être trompeuses.Sous son air bien sage, un caractère bien trempé; à l'âge de quinze ans elle écrit:" Si j'étais un garçon, j'essaierais West Point, si j'étais capable d'y entrer; ou je serais boxeur professionnel. N'importe, pourvu que ça donne le frisson".

Avant de publier Autant en emporte le vent et de connaître un succés planétaire, Margaret Mitchell avait eu une jeunesse agitée, faisant notamment scandale à Atlanta (Géorgie) en dansant le Charleston, une danse pratiquée à l'origine par les Noirs. Mais toute sa vie, cette belle du Sud, dixie jusqu'à la moelle, n'en fut pas à un paradoxe prés...

Margaret Mitchell est née en 1900 à Atlanta. Sa mère était une suffragiste fréquentable; son père un avocat célèbre. Elle sera bercée toute son enfance par des histoires de la terrible Guerre de Sécession. Elle apprend à lire en apprenant par coeur le nom des généraux sudistes ainsi que le nom des batailles gagnées ou perdues. Et le martyre d'Atlanta, incendiée jusqu'au ras du sol en 1864.

Elle s'en souviendra quand elle écrira Gone with the Wind soixante-dix ans plus tard...

Quand elle emmène la petite Margaret en promenade, sa maman lui fait visiter le comté de Clayton, à une heure de route d'Atlanta. C'est là que ses arrière-grands-parents maternels possédaient la "Fitzgerald Farm" dont elle s'inspirera beaucoup pour camper Tara, la plantation de Scarlett O'Hara. Au cours de la promenade, on lui fait admirer les belles maisons à colonnes doriques qui avaient échappées à la jalousie furieuse des Yankees...

Un jour, la petite Margaret déclare abruptement à sa mère qu'elle n'aime pas l'arithmétique et qu'elle ne veut plus retourner à l'école. "Vraiment?" répondit sa mère qui lui administre une bonne fessée. Puis, elle fait atteler et emmène sa fillette à Jonesboro (comté de Clayton) devant une plantation ruinée:

" Regarde bien, Margaret. Autrefois, des gens fortunés habitaient ici. Ils n'ont pas su faire face. Regarde maintenant cette autre maison. Elle se tient toujours debout, fière et droite comme ses occupants. N'oublie jamais ça! Le monde dans lequel vivaient ces gens était semblable au tien aujourd'hui. Ce monde s'est dérobé sous leurs pieds et un jour viendra où le tien aussi se dérobera. Que Dieu te protège si tu n'as pas une arme pour te défendre. L'éducation, voilà ton arme!".

 

 

 

  La leçon a porté. Elle devient une bonne élève. Mais pas seulement...

 

 


 

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  Après un mariage raté suivi d'un divorce en 1924, elle est engagée comme journaliste par L'Atlanta Journal. Elle signe ses articles Peggy Mitchell, mais tout se sait. Scandale! Dans son milieu, une femme ne travaille pas. Elle multiplie les articles, les interviews, les billets, les critiques littéraires.

Quatre ans plus tard elle démissionne et épouse son second mari John Robert Marsh directeur d'une importante agence de publicité. C'est lui qui l'encouragera à écrire un "vrai roman".

Dans la solitude de sa chambre, elle noircit, de 1926 à 1929, des pages et des pages. Au total mille pages et un titre: Gone with the Wind.

 

     Publié par le Macmillan Publishing Company en 1936, le livre recevra le Prix Pulitzer en 1937 et sera comparé au Guerre et Paix de Léon Tolstoï.  Comparée au grand Tolstoï!

En fait Margaret est effrayée par le succés phénoménal de son livre. Elle fuit la célébrité. Elle dira, peu de temps aprés la publication : " Si mon roman se vend à mille exemplaires, j'en serai satisfaite". Il s'en vendra des millions.

En outre, son livre ne lui vaut pas que des amis...

Si on admire dans le Nord son "impressionnante architecture", on se plaît aussi et surtout à dénoncer le caractère "trop sudiste" de l'histoire et, particulièrement, le traitement partisan de la "Reconstruction". Or, les détracteurs semblent oublier que Margaret Mitchell est profondément et viscéralement amoureuse du Sud, sa terre natale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Margaret Mitchell s'engagera comme infirmière dans la Croix Rouge américaine et sera nommée "citoyenne d'honneur" de Vimoutiers, en France, en 1949, pour avoir permis à cette ville d'obtenir une aide substancielle des Etats-Unis. Puis le destin la rattrappera le 16 août 1949 alors qu'elle traverse la rue devant chez elle, elle est renversée et tuée par une automobile lancée à grande vitesse.

"Si ce roman a un thème, c'est celui de la survie. Pourquoi certaines personnes sont-elles capables de surmonter les catastrophes quand d'autres, apparemment aussi capables, fortes, courageuses, ne le sont pas? C'est le cas pour chaque épreuve. Certains survivent, d'autres pas. De telles qualités particulières, certains en jouissent qui frayent leur chemin triomphalement quand d'autres en manquent et s'écroulent. Je sais seulement que ces "survivants" appellent ça de la "débrouillardise". Aussi ai-je voulu écrire l'histoire de ceux qui sont débrouillards et celle ceux qui ne le sont pas".

Margaret Mitchell

 

Vivien Leigh. Collection Christophe L.

 

 

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Fleur de camélia, emblème du Sud...Si belle, si élégante, si fragile; propre à susciter toutes les jalousies des philosophes.

 

 

 

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"Scarlett O'Hara  n'était pas belle, mais peu d'hommes s'en rendait compte quand ils tombaient sous son charme comme ce fut le cas pour les jumeaux Tarleton. Son visage reflétait un délicat mélange: les traits de sa mère, une aristocrate de la côte, d'ascendance française, et ceux, plus lourds et plus colorés, de son père, d'ascendance irlandaise. Mais c'était un visage qui retenait l'attention, un menton pointu, des mâchoires carrées. Ses yeux étaient vert pâle avec une touche de couleur noisette (...) Au-dessus de ses yeux, des sourcils noirs, plantés haut, traçant une ligne oblique sur sa peau blanc magnolia, cette peau si prisée des femmes du Sud et préservée avec des bonnets des voiles et des gants, du chaud soleil de Géorgie".

 

 

 

 

 

 

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Carte des États confédérés du Sud: l'éternel conflit Nord/Sud.

Deux nations opposées:

 Derrière l'argument passionnel de l'esclavage, les vraies raisons du conflit sont historiques, économiques et culturelles. Deux mondes, deux civilisations qui finissent par s'affronter pour exister pleinement.

Le Sud sera assassiné par le Nord.

 


"Il n'y a pas sur terre deux nations, il n'y en a jamais eu deux qui fussent séparées d'une manière plus distincte et hostile que nous[...] Ni Carthage, ni Rome, ni la France et l'Angleterre, à aucun moment".

 

H.Hammond, Gouverneur de la Caroline du Sud; 1847.

 


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Voici cent quarante six ans, le 9 avril 1865, aprés quatre années d'une guerre impitoyable où, plusieurs fois, il faillit l'emporter malgré sa grande infériorité matérielle, le général Robert E.Lee (1807-1870), généralissime des armées confédérées, se vit contraint de capituler. La guerre de Sécession qui avait commencée en avril 1861 prenait fin, au moins sur le terrain militaire...

Cette guerre qu'au Nord on appelle civil war (guerre civile) et au Sud war between the States (guerre entre les Etats) avait duré quatre ans.

Ce fut le conflit le plus meurtrier de toute l'histoire américaine. Les pertes furent supérieures d'un tiers à celles de l'Amérique durant la Seconde Guerre mondiale, pour une population sept fois moins nombreuse. 

Le Sud, moins peuplé que la Suisse d'aujourd'hui, succomba finalement sous le nombre et sous l'écrasante supériorité matérielle du Nord, après avoir remporté d'innombrables batailles. Sa défaite n'entraîna pas seulement la destruction de son indépendance politique et économique, mais celle aussi de sa civilisation.

 

 

 

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Une guerre moderne; une guerre civile impitoyable.

 

 

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  Un passage très impressionnant du film: les soldats blessés, allongés à même le sol, dans la gare d'Atlanta, ville martyr. Les spectateurs européens qui ne découvrirent le film qu'à partir de 1945, eurent la douleur de comparer le carnage de la guerre américaine à celle qui venaient de se terminer en Europe.

 

 

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Le président Abraham Lincoln (1809-1865): toute la rigueur et la sévérité conjuguée à l'humanisme des Pères fondateurs se lisent sur ce visage. C'est lui qui déclencha le processus de guerre totale aux États du Sud, au nom de la puissance du Nord. Il sera assassiné.

Au seuil de la cinquantaine, ce morose avocat puritain de l'Illinois n'avait connu de succès, ni dans sa profession ni dans son ménage ni en politique. Membre des Whigs (libéraux), il a rempli un mandat à la Chambre des Représentants, puis s'est fait battre.

Personne n'aurait misé sur son avenir. avec son air triste et sa redingote noire d'employé des pompes-funèbres, il inspirait la pitié. On ne lui connaissait  qu'un seul don, celui de polémiquer contre les sudistes.

Tout va changer pour lui quand le violent conflit politique né en 1854 autour de la création du Kansas, nouvel État de l'Ouest ouvert à l'esclavage, lui offre la chance de sa vie. Ses prêches vont  l'imposer d'emblée à la tête du nouveau parti Républicain qui le fait élire  en 1860 à la présidence des États-Unis. L'élection de celui qu'on surnomme au Dixiland (le Sud) "the black republican", provoque la sécession des États du Sud. Lincoln répliquera par la guerre.

 


 

 

 

 

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Le Président Jefferson Davis (1808-1889).

Président de la Confédération des États sudistes de 1861 à 1865. Ancien officier général distingué durant la guerre contre le Mexique (1848), puis sénateur du Missippi, il s'est fait remarquer par ses plaidoyers en faveur du Sud. Secrétaire d'Etat à la Guerre de l'Union de 1853 à 1857, il est d'abord hostile à la sécession. Mais dés qu'il en épouse la cause face à la volonté de guerre du Nord, il en devient le symbole vivant. Ses pouvoirs sont  beaucoup plus limités que ceux de Lincoln.

En dehors de la Virginie qui accepte une mobilisation totale, il lui faut compter avec les particularismes de chaque Etat confédéré qui freine constamment  une politique de guerre efficace.En plus de son handicap industriel, le Sud cumule des freins institutionnels...

 

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Le général E.Robert Lee (1807-1870), chef des Armées du Sud: un militaire valeureux qui sut allier élégance et compétences.

Les historiens américains voient en lui le plus grand tacticien du XIXe siècle, doublé d'un grand stratège. doué d'un sens extraordinaire du terrain et d'une grande rapidité de décision, il est constamment victorieux-sauf à Gettysburg- contre des forces supérieures aux siennes.

Durant le conflit, il introduit plusieurs innovation touchant à l'emploi tactique de l'artillerie et de la cavalerie, ainsi qu'à l'usage des tranchées. Son seul défaut, peut-être, est de trop s'en remettre à ses subordonnés pour l'exécution de ses ordres, sa courtoisie lui interdisant d'intervenir pour leur forcer la main. On pense à Longstreet lors de la bataille de Gettysburg. En avril 1861, lorsque commence la guerre, sa carrière est déjà prestigieuse. Malgré son hostilité à la sécession et à l'esclavage, il démissionne de l'armée des États-Unis dés lors où sa patrie, la Virginie, est attaquée par le Nord.

Il accepte le commandement de l'armée de Virginie sur le principal théâtre d'opération de la guerre. Il sera fait généralissime en février 1865, alors que le Sud est déjà virtuellement vaincu.

 

 

 

 

USA-Sherman-1820-84-copie-1.jpgLe général William T. Sherman (1820-1884). Bras doit du général nordiste Ulysses S.Grant; il lui succède dans l'Ouest en 1863.

Sherman est une brute: sa campagne de dévastation de la Géorgie lui vaudra d'être honni par les Sudistes, jusquà aujourd'hui. Il deviendra commandant en chef de l'armée des États-Unis à partir de 1869, à l'époque des guerres indiennes et sera un des génocidaires des Indiens.

 

 

 

 

 

 

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Miss Scarlett (Vivien Leigh), issue d'une riche famille d'origine irlandaise et sa femme de chambre, noire comme il se doit, ayant, comme ses ancêtres capturés en Afrique, le statut d'esclave. Mais derrière ces positions sociales et culturelles très marquées, il faut aussi tenir compte de certaines  nuances: comme dans l'Antiquité gréco-romaine, les esclaves noirs faisaient partie de la famille (la Maisonnée) qu'ils servaient et  aussi difficile qu'il soit pour nous à le comprendre, leurs conditions de vie n'étaient pas systématiquement infernales. Néanmoins, leur statut d'esclave était en soi scandaleux d'un point de vue moral, surtout à une époque où, dans la Russie d'Alexandre II, le servage est aboli à partir de 1861.

La belle et vertueuse Mélanie Hamilton( l'immense actrice Olivia de Haviland), en robe d'apparat, cousine de Scarlett: toute la beauté, la noblesse et la fierté du Sud...

 

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Bien souvent, à l'intérieur d'un ensemble géographique unifié administrativement, les différences du relief et du climat finissent par façonner les mentalités.

En Amérique du Nord, les hasards de l'histoire de la colonisation européenne, portaient les germes de différences socio-culturelles très fortes.

Le 13 mai 1607, le capitaine John Smith aborde avec cent trois compagnons dans la baie de Chesepeake, en Virginie. Nanti d'instructions de la Compagnie de Londres, il édifie un fort qu'il baptise  Jamestown, en l'honneur de James Ier Stuart. Cette prise de possession fonde la première colonie anglo-saxonne d'Amérique treize ans avant l'arrivée des " Pères pèlerins" du Mayflower. Après avoir été déroutés par une tempête, ceux-ci abordent en effet plus tard au nord sur la côte froide du cap Cod. Le hasard voulut que se développent ainsi deux colonies différentes, séparées par une véritable frontière climatique et par la frontière de deux cultures distinctes.

Marquées par le courant froid du Labrador, le climat et le sol du Nord n'offrent aux émigrants que le nécessaire pour leur famille. Le moment venu, ils seront tentés par les perspectives plus alléchantes du négoce  et de l'industrie...

Inversement, dans les chaudes colonies méridionales, les planteurs pourront s'adonner aux cultures exotiques intensives: tabac,riz, canne à sucre et coton qui façonneront leur existence.

 

 

 

 

 

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A cette césure géographique s'ajoute une nette différence de peuplement. Contrairement aux puritains fanatiques de religion protestante débarqués du Mayflower et qui viennent de fonder aux Amériques la nouvelle Sion de leurs rêves, les colons de Virginie se soucient beaucoup moins d'utopie religieuse et politique. Ils viennent tout simplement chercher fortune et une vie plus prometteuse que celle de l'Angleterre surpeuplée. La culture intensive du tabac dont la consommation augmente et ses fructueux bénéfices leur conviennent parfaitement. Cependant, elle exige une main d'œuvre importante... Or, les Indiens se refusent à travailler la terre. Quant à les réduire en esclavage, cela s'avère impossible car ils préfèrent se laisser mourir.

La solution, scandaleuse à nos yeux mais normale à cette époque dite "moderne" est apportée en 1629. Cette année-là, le secrétaire de l'Assemblée de Virginie note dans le Journal de la colonie:" Un bâtiment hollandais nous a livré vingt  Noirs d'Afrique". L'arrivée de ces premiers esclaves inaugure une histoire tragique dont l'Amérique n'a pas fini de payer les funestes conséquences.

 


 Esclave-CottonSlaves-1861-Smith.jpg Esclaves au travail dans une plantation de coton (1861).

 

 

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Groupe d'esclaves échappés (mai-juin 1862).

 

 

 


 

 

 

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  Esclaves en Virginie vers 1679.

 

 

 

 

 

 

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Armoieries de la Compagnie des Indes spécialisée dans le commerce du "Bois d'ébène".

 

 

 

 

   L''importation du "Bois d'ébène" (bel euphémisme pour qualifier les esclaves noirs) qui fait la fortune de Nantes, est lente jusqu'aux dernières années du XVIIIème siècle. Mais tout changera lorsque les armateurs du Nord auront évalué les énormes bénéfices à tirer de cet odieux trafic. L'or étouffera tous les scrupules... Les négriers puritains oublieront vite leurs beaux principes religieux; et le syllogisme calviniste a réponse à tout: le Seigneur bénit la richesse. La traite est un moyen rapide de s'enrichir. Donc, le Seigneur bénit la traite.

En 1770, Rhode Island compte 170 bateaux négriers. Ce sont les ports de la Nouvelle Angleterre (côte Nord-est) qui assurent de loin les plus gros trafics, avec en tête Newport, Providence, New Bedford, puis New York et Boston.

Deux cultures, deux économies et deux sociétés que tout oppose se développe au Nord et au Sud: les émigrants de la Nouvelle-Angleterre vivent pratiquement en autarcie. A l'inverse, les planteurs de Virginie ne peuvent se passer d'échanges. Ils vendent leurs balles de tabac aux navires de Londres, puis à ceux de New-York, et leur achète des vivres, des meubles, et des objets manufacturés. L'exploitation du sol est leur seule source de profit. Ainsi se confirme au Sud une culture aristocratique et agraire, en opposition au mode de vie égalitaire et individualiste du Nord.

 

 

 

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Local où dormaient les esclaves de G.Washington, premier Président des Etats-Unis.

 

Les esclaves sont logés dans une partie du domaine auquel ils appartiennent, éloignée de la maison des maîtres (sur cette peinture, au fond). Ils sont logés, nourris, évangélisés et pour certains, alphabétisés dans le seul but de lire la Bible où ils apprendront que "tous les hommes sont enfants de Dieu". Mais, c'est dans l'Ancien Testament qu'ils apprendront en les chantant, les magnifiques Psaumes liés au malheur du peuple juif , comme eux captif, déporté, soumis à l'esclavage par les Babyloniens et cependant confiants dans la Miséricorde de Dieu.

 

 

 

 

 carte-du-commerce-triangulaire Carte du commerce triangulaire au XVIIIe.

 

 

"Le Yankee et le Virginien sont deux êtres fort dissemblables... Ce sont les mêmes hommes qui se sont coupés la gorge en Angleterre sous le nom de "Cavaliers" et de "Têtes rondes". En Amérique, où il n'existe pas de pouvoir modérateur, ils se fussent dévorés, comme jadis dans la mère patrie, si la Providence ne les eût jetés l'un au Midi et l'autre au Nord...".

Michel Chevalier in Lettres sur l'Amérique du Nord; publiées dans la Revue des Deux Mondes; 1836.

 

 

 

 

"L'Américain du Sud est plus spontané, plus spirituel, plus ouvert, plus généreux, plus intellectuel et plus brillant. L'Américain du Nord est plus actif, plus raisonnable et plus habile. L'un a les goûts, les préjugés, les faiblesses et les grandeurs de toutes les aristocraties. L'autre, les qualités et les défauts qui caractérisent la classe moyenne".

Alexis de Tocqueville; 1831

 

 

 

 

 USA Louisiana Plantation House Bainbridge family

Louisiane: demeure et domaine de la famille Bainbridge. Après la défaite du Sud, les armées nordistes déferlèrent et incendièrent tout sur leur passage.

 

 

 

 

autant-en-emporte-le-vent-15.jpg

 

 

 

Le meurtre d'une nation...

 

autant-en-emporte-Tara-ruins.JPG

 

Tara en ruines...Il faudra repartir à zéro.


 

 

USA Guerre de Sécession Petit Tambour


 Carte-cotton-map.jpg

Au début du XIXème siècle, le formidable développement de la culture du coton, dû à l'invention de l'égreneuse, stimule toute l'économie du Sud. On crée un vaste système de transport fluvial pour conduire les balles de coton jusqu'aux ports d'embarquement à destination de l'industrie de tissage qui explose en Europe et surtout en Angleterre.

Les chemins de fer apparaissent au Sud vers 1830. Ils étendent leurs rails plus vite que dans le Nord. Le Sud va-t-il cesser d'être une nation exclusivement agricole, va-t-il s'engager dans la voie de l'industrialisation? Des audacieux se lancent dans l'aventure, mais le Nord réagit car l'industrialisation du Sud serait un danger pour son économie. Ce réflexe protectionniste prouverait à lui seul que les hommes d'affaires nord-américains n'ont pas une vision globale des États-Unis mais bien au contraire, considèrent le Sud comme un État à part. Pis, comme une menace. Le Nord utilise le Sud comme une colonie. Il lui achète des produits agricoles, des matières premières et lui fournit en échange des produits manufacturés, en prélevant au passage de substantiels bénéfices financiers grâce à des taux de crédit exorbitants.

Pour briser la menace, les industriels du Nord dont le pouvoir financier et économique est très lié avec le pouvoir politique, pratiquent un dumping qui cassera l'industrie naissante du Sud. A partir de 1850, on enregistre une série de faillites retentissantes.

" Le Sud est pour le Nord la plus belle colonie qu'aucun pays ait jamais possédé".

Barnwell Rethtt; in The Monitor, Charleston, 1851.

Grâce au coton, les États du Sud fournissent les trois quarts des exportations de l'Union. Logiquement, ils devraient en tirer une richesse confortable. Pourtant, c'est le Nord qui fait les plus gros bénéfices, parce qu'il contrôle les importations et les exportations. Les firmes du Nord achètent le coton aux planteurs pour le revendre à l'Angleterre et à l'Europe. Cependant, ce sont les banquiers du Nord qui escomptent les traites reçues en paiement. Ce sont les commissionnaires du Nord qui font les avances à des taux très élevés. Ce sont les armateurs du Nord qui transportent  le coton et ramènent le fret en retour. C'est par New-York  qu'arrivent les marchandises européennes destinées au Sud.

 

 

 

 

 

 

 Esclaves-US-1830.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 USA Junius Brutus Stearns - George Washington as Farmer at

 

 

 

   Georges Washington (1732-1799), peinture de Junius Brutus Stearns: entouré de ses esclaves dans une atmosphère bon enfant. Héros de la guerre d'Indépendance contre l'Angleterre (1776-1781) et premier Président des États-Unis (intronisé le 4 mars 1789), on voit  le grand Républicain, épris des philosophies humanistes des Lumières ici, dans sa propriété de Mount Vernon, résidence typique d'un planteur de tabac virginien du XVIIIème siècle. Au siècle suivant, le général E.Lee épousa la fille de son héritier. Le domaine du Mount Vernon lui fut confisqué au lendemain de la guerre. Il constitue aujourd'hui le parc national d'Arlington.

Les tarifs douaniers qu'impose le Nord pour protéger ses manufactures contre la concurrence européenne ne profitent quà lui et ne coûtent qu'au  Sud. Il ne fait aucun doute que cet état de sujétion où ils sont tombés est le fruit d'un complot ourdi par les rapaces affairistes yankees.

 

 

 

 

 

 

 

 USA Etats-Unis aigle rapace

 

 

 


Aigle ou plutôt pirargue américain, symbole de la puissante et insatiable rapacité des États-Unis

 

Les Sudistes se vengent en écoutant avec une oreille de plus en plus attentive ceux qui préconisent un retrait de l'Union. Ce rêve de sécession se nourrit d'une rancoeur d'autant plus forte que les Sudistes sont convaincus de la supériorité de leur société. Celle-ci leur paraît directement menacée. Diminué économiquement par rapport au Nord, le Sud l'est aussi politiquement et démographiquement. Les immigrants venus d'Europe affluent vers le Nord et les territoires encore "vierges" du Nord-est, mais ils se détournent du Sud où ils s'imaginent qu'ils auront à affronter la concurrence servile. Au recensement de 1840, pour la première fois, la population blanche du Sud est moins nombreuse que celle du Nord.

Le Sud sent échapper la position dominante qu'il avait toujours tenue dans le gouvernement de l'Union depuis l'Indépendance. 


 

 

 

 

USA-Bombardment_of_Fort_Sumter.jpg
Quand la milice de Caroline du Sud oblige le fort Sumter à capituler le 14 avril 1861, personne ne soupçonne que les États du Nord et du Sud viennent de s'engager dans une guerre moderne, longue et sans merci dont l'entité américaine sortira transformée. Cette guerre annonce la Grande Guerre de 14-18.
Aprés la victoire du Nord, tout commence par la mort du vieux Sud. Puis viendront la réconciliation et la naissance d'une nation américaine unifiée? Voire.
Le Sud est pour le Nord un territoire conquis, soumis aux appétits du vainqueur et au règne de la loi martiale.
Sous le nom de "Reconstruction", c'est la destruction de la civilisation sudiste qui est systématiquement entreprise...



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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 21:50

Guerre & Paix

Armoiries Russie

Les grandes Armoiries de la Sainte Russie.

L'Aigle à deux têtes regarde vers l'Orient & l'Occident; il tient dans ses griffes les symboles du Pouvoir & de l'Autorité (Auctoritas & Potestas et Imperium) qui sont issus des attributs du pouvoir impérial romain.

Depuis l'ère constantinienne puis la chute de Constantinople en mai 1453, la Russie se considère comme l'héritière de Rome et Byzance.

 

 

 

USA-Bal-Mel-Ferrer-Audrey-guerre-et-paix-1956--copie-1.jpg

 

 

 

En 1805 à Moscou, les défilés militaires, les fêtes et les bals se succèdent à la cour de Russie du Tsar Alexandre Ier de Russie, bien que les 200 000 hommes de la grande armée dominatrice de l'empereur Napoléon Ier aient envahi toute l'Europe et s'approchent chaque jour un peu plus de la capitale.

 

La comtesse Natacha Rostov, est une jeune femme adolescente romanesque, angélique, pleine de vie, d'enthousiasme et de charme, qui grandit au sein d'une riche famille tendrement unie de la noblesse russe. Le comte Pierre Bezoukhov, humaniste et pacifiste fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et parvient à gagner l'amitié de Natacha. Bien que secrètement amoureux de cette jeune femme plus jeune que lui, il épouse sa cousine, la très belle princesse Hélène. Natacha se fiance au très convoité Prince Andrei Bolkonski, l'ami de Pierre, et prévoit de se marier lorsque son fiancé reviendra de la guerre (qui dure 7 ans).

 

L'ensemble des hommes de l'aristocratie et du peuple Russe sont envoyés au front pour défendre la Russie contre l'invasion Napoléonienne (de la Bataille d'Austerlitz de 1805 à la campagne de Russie de 1812). De son côté, le peuple russe reçoit la consigne de pratiquer la politique de la terre brûlée et de laisser le chaos dans sa fuite, de prendre tout ce qu'il peut et de brûler tout le reste avant de fuir pour empêcher les 200 000 hommes de Napoléon de trouver jamais aucun refuge, réconfort, nourriture ou repos jusqu'à Moscou. Pierre, pacifiste, rejoint son ami le Prince Andrei Bolkonski sur le front pour observer la guerre où il est fait prisonnier. La cruauté des champs de bataille le traumatise. Andrei, après avoir été blessé et fait prisonnier par l'ennemi lors de la bataille d'Austerlitz de 1805, est de nouveau fatalement blessé sur le champ de bataille.

 

Le général russe Mikhail Kutuzov met en déroute la grande armée nettement dominatrice de Napoléon en hiver 1812 grâce à une heureuse conjoncture de chance et à son habile stratégie de fuite, d’évitement de bataille et de politique de la terre brûlée scrupuleusement appliquée par tout le peuple sans état d'âme jusqu'à la ville de Moscou entièrement brûlée, et grâce au terrible hiver Russe qui anéantit l'armée de Napoléon sans même avoir livré de grande bataille (qui aurait été fatale à la faible armée russe).

 

La paix revient dans le chaos et la désolation. Les survivants victorieux reviennent chez eux où ils ont alors tout à reconstruire...

 

 

 

 

 

 

 

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Russie-Carte-Fire_of_moscow_1812-1817.jpg 

Les zones en noir représentent les zones détruites par l'incendie.
 

 Russie églises moscou

L'incendie de Moscou du 15 au 20 septembre 1812, favorisé par son Gouverneur,le comte Rostopchine.

La ville ayant été aux trois quart détruite, Napoléon décide tardivement d'entamer une retraite qui sera fatale à sa Grande Armée.

 

25-29 novembre 1812: la retraite de Russie et le terrible passage de la Berezina: sur plus de 500 000 soldats engagés, 50 000 seulement repassèrent le Niémen.

L'ampleur des épreuves imposées par l'invasion de la Grande Armée de Napoléon a fait naître un vrai sentiment patriotique et religieux.

Les Russes en tirent encore aujourd'hui une grande fierté.

 

 D' après le chef d'oeuvre de la littérature russe "La Guerre & la Paix "de Léon Tolstoï.

Ce roman fut publié entre 1865 et 1869 dans Russkii Vestnik,, un périodique de l'époque. Cette oeuvre littéraire monumentale conjugue richesse du détail, ampleur historique et réalisme.

Guerre & Paix a engagé un nouveau genre de fiction en cassant de nombreux codes du roman de son époque.

Tolstoï y développe une théorie fataliste de l'Histoire, où le libre arbitre n'aurait qu'une importance mineure, où tous les évènements n'obéiraient qu'à un déterminisme historique inéluctable.

Russie Moscou

Cette oeuvre cinématographique est un grand classique du cinéma américain; film à grand spectacle comme les Américains savent les faire, avec leurs nombreuses qualités et leurs quelques défauts.

Guerre & Paix de King Vidor, restitue bien l'épopée napoléonienne et la bravoure des Russes face à l'envahisseur. Tout comme dans le roman  de Tolstoï, il nous permet de découvrir la société aristocratique de la Russie tsariste ainsi qu'un fragment de l'âme russe.

King Vidor a mis en scène, de façon académique, certes, mais avec un grand talent, des acteurs déjà confirmés en 1956, icônes du cinéma tels  Mel Ferrer et Henry Fonda, ainsi qu'une  jeune actrice, la fraîche et délicieuse Audrey Hepburn dans le rôle attachant de

Natacha.

Pierre (Henry Fonda) Natacha ( Audrey Hepburn) Andrei (Mel Ferrer)

Un trio pathétique et charmant.

USA-Affiche-Guerre_Paix.jpg

 King Vidor nous offre un spectacle grandiose où les acteurs, les costumes et les dialogues nous font revivre dans la société aristocratique et un épisode tragique et héroïque du peuple russe.

K.Vidor (1894-1982) est un des plus grands cinéastes américains, aujourd'hui méconnu; il fut un pionnier. C'est auprès de Griffith, Ford ou Capra qu'il a sa place. Pas plus qu'eux, il ne réconcilia l'art et le commerce: il se contenta d'exprimer comme il le ressentait. Plus qu'un cinéaste hollywoodien, il fut avant tout un cinéaste américain. Vidor porte en lui les caractéristiques géographiques, culturelles et philosophiques propres à sa nationalité.

Avec la très belle adaptation de  Guerre & Paix, King Vidor nous laisse certainement son testament cinématographique.



 




 

Russie 1ermitage

Saint-Pétersbourg: une capitale magnifique surgit des marécages par la volonté du Tsar Pierre Ier qui voulait tourner la Russie vers l'Occident.

Les architectes, sélectionnés parmi les plus talentueux de leur temps, furent Italiens et Français.

L  es défilés militaires, les fêtes et les bals se succèdent à la cour de Russie du Tsar Alexandre Ier, alors que les 200 000 hommes de la Grande Armée de Napoléon dominent toute l'Europe et menacent chaque jour davantage et un peu plus la capitale…

 

 

 

 

 

 

 

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Délicieuse Natacha; en Russie le printemps est une féérie...

 

Russie Moscou

Moscou:Églises à bulbes dorés; être Russe c'est être Orthodoxe.
 

La comtesse Natacha Rostov ( la délicieuse Audrey Hepburn) est une jeune femme romanesque, angélique, pleine de vie, d'enthousiasme et de charme, qui grandit au sein d'une famille unie de la noblesse russe. Elle pourrait nous paraitre frivole, insouciante et superficielle.
 

 

Mais les apparences sont souvent trompeuses...

 

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L e comte Pierre Bezoukhov '(Henry Fonda) fait partie de ces humanistes, idéalistes et  pacifistes qui un peu partout en Europe, sont pris d'admiration pour les idéaux de la Révolution française et Napoléon. Ils déchanteront rapidement lorsque les troupes napoléoniennes envahiront leurs pays en montrant leur vraie nature... Le rôle est joué à la perfection par l'immense acteur Henry Fonda, lui-même militant de gauche.


Pierre fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et parvient à gagner l'amitié de la ravissante et candide Natacha. Bien que secrètement amoureux d'elle, qui est plus jeune que lui, il épousera sa cousine, la belle mais sulfureuse princesse Hélène dont il sera pour un temps le jouet...

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D e son côté, Natacha se fiancera au très valeureux prince Andreï Bolkonski (Mel Ferrer),  l'ami de Pierre et prévoit de se marier lorsque son fiancé reviendra de la guerre, sachant qu'elle sera  longue et meurtrière. En fait, elle durera sept longues années...


L'ensemble des hommes de la noblesse et du peuple russe sont envoyés au front pour défendre la terre sacrée de la Mère Patrie envahie par les troupes de Napoléon (depuis la bataille d'Austerlitz de 1805 à la Campagne de Russie de 1812).

Le peuple russe reçoit la consigne de pratiquer la politique de la terre  brulée: laisser le chaos dans sa fuite, prendre tout ce qu'il peut et bruler tout le reste afin d'empêcher les 200 000 soldats de Napoléon de se ravitailler ou de trouver refuge jusqu'à Moscou. Cette tactique, retenue par le général Koutouzof et le Tsar, repose sur le fait que l'Armée russe serait anéantie si elle affrontait la Grande Armée du "Corse". Mais surtout, le commandement russe compte sur le redoutable "Général Hiver" qui approche...


Pierre, incurablement pacifiste, rejoint son ami le prince Andrei Bolkonski sur le front afin d'observer la guerre. Il est fait prisonnier.

Il assiste alors à des scènes de cruauté inouïes et aux multiples exactions des Français. Trop sensible et fragilisé par ses idéaux humanistes, il est profondément traumatisé par les dures réalités de la guerre.Quant au prince Andrei, après avoir été blessé et  fait prisonnier lors de la terrible bataille d'Austerlitz (1805), il est de nouveau blessé et meurt près de Natacha, son grand amour...

Le général Mikhail Kotouzof met en déroute la Grande Armée grâce à une conjugaison heureuse des conditions climatiques et une stratégie d'évitement de bataille, au harcèlement des Français par les Cosaques, très mobiles et connaissant parfaitement le terrain, la guérilla copiée aux résistants espagnols contre l'occupation napoléonienne.

La mort dans l'âme, les Russes doivent abandonner Moscou, la Ville sainte qu'ils incendient...

La paix revient dans le chaos et la désolation.

"L'Ogre"  (comme le surnomment les peuples qui ont subi l'occupation des troupes napoléoniennes)a été vaincu et enfin mis hors d'état de nuire...

Les survivants rentrent chez eux où ils ont tout à reconstruire...

Russie Alexandre Ier

Le Tsar Alexandre Ier (1777-1825)

Une mémoire glorieuse

 

 

Napoleon-Tilsitz_1807.JPG1807, rencontre à Tilsit entre Napoléon et le Tsar Alexandre Ier: une entente précaire.

Lors de son avènement, en mars 1801, Alexandre Ier adopta tout d'abord une politique mesurée à l'égard de la France et de Bonaparte.Il se joignit cependant à la troisième coalition avec l'Angleterre et l'Autriche. En effet, à son accession au trône et jusqu'en 1804-1805, le jeune Tsar se fait n d'une politique pacifiste à l'égard des grandes puissances européennes. Il veut donner la priorité au développement intérieur et aux réformes et ne désire pas multiplier les points de conflit: comme sa grand-mère Catherine la Grande, et son père Paul Ier, avant lui, il a engagé une politique expansionniste dans le Caucase. D'où une politique d'apaisement, en particulier à l'égard de la France. mais ce pacifisme de principe ne résiste pas à l'évolution du contexte international: l'intérêt nouveau de Bonaparte pour les Balkans et la signature en juin 1802 d'un traité de paix entre la France et l'Empire ottoman inquiètent les diplomates russes, soucieux de préserver leur traditionnelle sphère d'influence.

Toutefois, le catalyseur qui conduit Alexandre Ier à rejoindre la troisième coalition, c'est, en mars 1804, l'enlèvement du duc d'Enghien commis par la police française en pays de Bade. Or, cet acte de brigand est perpétré en territoire neutre, et, en outre, est cher à la famille impériale puisque l'épouse du Tsar, Élisabeth, est née Louise de Bade.

Russie-Elisbeth_Alexeievna.jpg

La Tsarine Élisabeth, née Louise de Bade.

Pour Alexandre Ier, la violation de la neutralité de la petite Principauté constitue donc un affront personnel en même temps qu'elle illustre la dangerosité du pouvoir bonapartiste; quelques mois plus tard, la Russie entre dans la troisième coalition...

Napoleon--Austerlitz-baron-Pascal.jpgLes guerres napoléoniennes préfigurèrent les grandes hécatombes des guerres du 20eme siècle.

Après la terrible bataille d'Austerlitz, puis la reprise des hostilités et la défaite de Friedland, Alexandre Ier décida plus sage de s'entendre avec Napoléon. Les deux empereurs se rencontrèrent lors de la fameuse entrevue de Tilsit, sur le Danube, le 25 juin 1807. Sans nul doute, Napoléon, ce macho méditerranéen, est sous le charme d'Alexandre, homme cultivé, intelligent et élégant. Le Corse va jusqu'à écrire " si Alexandre était une femme, j'en ferais mon amoureuse...".

Quant à Alexandre, venu à Tilsit en vaincu, écrasé par le poids des défaites russes- celle de Friedland fut particulièrement catastrophique- il ne cherche qu'à sauver la mise de la Russie en lui évitant toute amputation territoriale et à limiter les conséquences désastreuses de la paix pour son allié prussien. Mais s'il feint d'être séduit par le génie de son interlocuteur, en réalité, il demeure viscéralement hostile à celui qu'il continue d'appeler dans sa correspondance privée "le petit Corse".

Pour le Tsar, il ne s'agit nullement de sceller une alliance mais d'éviter le pire et de gagner du temps: la paix de Tilsit n'est à ses yeux qu'une pause dans l'affrontement militaire, une respiration dont il s'agit , s'il le peut, de tirer les avantages diplomatiques et géopolitiques. A Tilsit, Alexandre reconnut l'hégémonie de Napoléon sur l'Allemagne: en conséquence, l'alliance russe conclue à cette occasion marque l'apogée de la puissance napoléonienne.


  

 

 

 



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