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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 09:59
Des entrailles de la terre aux déserts brûlants, des profondeurs de l’océan aux cimes glaciales, nous voyageons pour découvrir que la nature, peuplée de créatures extraordinaires, est encore plus fascinante que tout ce que nous pensions savoir. Alliant images somptueuses et découvertes exceptionnelles, Nature est une véritable révélation visuelle. Raconté par Lambert Wilson...
Des entrailles de la terre aux déserts brûlants, des profondeurs de l’océan aux cimes glaciales, nous voyageons pour découvrir que la nature, peuplée de créatures extraordinaires, est encore plus fascinante que tout ce que nous pensions savoir. Alliant images somptueuses et découvertes exceptionnelles, Nature est une véritable révélation visuelle. Raconté par Lambert Wilson...

~~Pour les amoureux de la nature, les curieux et les explorateurs, un documentaire époustouflant va sortir à la fin du mois : NATURE raconté par Lambert Wilson. meltyDiscovery vous en dit plus sur ce nouveau film NATURE vous emmène dans un voyage étonnant Publicité Avec le froid qui se fait sentir, cette période de l’année est le moment idéal pour se faire une petite séance de cinéma.

Et cela tombe plutôt bien, car de nombreux films sortent ce mois-ci, dont le nouveau documentaire de BBC intitulé NATURE. Si vous en avez marre des films de Noël familiaux ou que vous préférez simplement aller découvrir notre planète sous un tout nouvel angle, c’est le film idéal pour vous. Alors que nous nous demandons encore si nous connaissons vraiment cette créature insolite du nom de dragon des abysses, ce documentaire, qui ne dure qu’une heure et demie, vous emmène à travers le monde pour découvrir la nature et ses habitants de près. Raconté par l’acteur Lambert Wilson, ce film vous emportera des entrailles de la Terre à des endroits glaciaux en passant par des forêts verdoyantes et des déserts ardents.

~~Il y a quelques semaines, nous vous avions présenté un documentaire époustouflant du nom de NATURE raconté par Lambert Wilson. Ce film créé par BBC Earth suit la vie des animaux sauvages présents en Afrique. À travers différents décors et en 3D nous pouvons donc admirer les exploits de la nature en suivant des animaux en tous genres à travers leur vie quotidienne. Ce documentaire sort dans les salles de cinéma le 24 décembre prochain et pour l’occasion, Lambert Wilson a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. Tout d’abord, l’acteur nous explique qu’il est heureux de faire partie de ce projet, car la nature et la protection des animaux est quelque chose qui lui tient à cœur.

Nous vivons une époque formidable!

Les progrés technologiques se développent sous nos yeux et nous donnent parfois le vertige...

Le XXIème siècle a à peine quinze ans et avec le recul, nous pouvons constater combien le siècle dernier fut, avec deux guerres mondiales, les guerres de décolonisation, la tyrannie communiste une véritable catastrophe humanitaire. Le désenchantement qui s'en suit est évident: notre civilisation post-industrielle dévore une bonne partie de sa jeunesse confrontée au chômage chronique, aux drogues, à l'ennui et au suicide. Certes, en dépit des apparences, le siècle présent est, pour le moment, bien moins meurtrier que le précédent, la misère recule et le bien-être matériel progresse; les statistiques le démontrent clairement. Je ne vous accablerai pas de chiffres....

Cependant, la course au développement économique et à l'armement ( depuis les attentats du 11 septembre 2001), l'explosion démographique, en Afrique notemment,  détruit notre environnement et sa biodiversité. A chaque heure qui s'écoule, plusieurs espèces sauvages disparaissent à jamais...

Cette destruction massive nous plonge, plus ou moins consciemment dans un état de stress endémique et chronique. Le sentiment d'insécurité nous envahit; nous vivons donc dans un monde plus anxiogène qu'il n'y paraît, et ce en dépit de tous les moyens de distractions dont nous disposons....

Car si la beauté du monde dans lequel nous vivons disparaît, les hommes devront en créer d'autres, artificielles, factices et finalement virtuelles...

Quel monde laisserons-nous en héritage aux futures générations...

NATURE a été fabriqué par la BBC, ce qui est déjà un gage de qualité. Ce très beau film documentaire s'inscrit dans une longue suite d'oeuvres cinématographiques dont la plupart sont mentionnées sur mon Blog.

NATURE s'inscrit aussi dans ce combat, pédagogique et culturel afin de faire prendre conscience aux jeunes générations que la beauté incroyable de la NATURE est fragile et que nous sommes insérés en tant qu'êtres humains responsables dans une Histoire longue et périlleuse d'où dépendent clairement notre bonheur et... notre survie.

NATURE

Un tournage sans fin qui va durer 573 jours....

 
 

Les réalisateurs de Nature ont eu besoin de 126 porteurs pour acheminer le matériel sur le Mont Kenya, qui se trouve être à 4 300 mètres d'altitude et où la température avoisine les -10°C. L'équipe était tellement grande, qu'un aéroport a été fermé en raison d'un embouteillage formé par le trop grand nombre de bagages.

 

Tournage catastrophe

Plusieurs évènements ont compliqué le tournage de Nature. En effet, deux radeaux qui servaient à filmer les hippopotames ont coulé avec le matériel. Ce n'est pas tout, puisque ces hippopotames ont aussi attaqué l'équipe de tournage.
Au moment de l'enregistrement des scènes sur le fleuve Zambèze, Patrick Morris évoque sa mésaventure : "J’avais déjà fait du rafting auparavant et j’avais testé le matériel en amont, mais le jour du tournage, alors que je croyais le plus dur derrière nous et que j’allais pousser un soupir de soulagement, notre embarcation a été renversée par une grosse vague. Je me suis retrouvé sous l’eau, roulant dans tous les sens, sans la moindre idée de ma position, sans savoir où était le haut et le bas. Lorsque je suis finalement remonté à la surface grâce à mon gilet de sauvetage, j’ai vu que les autres membres de l’équipe et le radeau étaient emportés par le fleuve." 

 

Filmer en terre hostile

Les prises de vue de Nature se sont déroulées dans différents pays d'Afrique, notamment le Bostwana, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud. Ces décors extérieurs ont offert des paysages aussi somptueux qu'arides et hostiles, puisque, la température oscillait entre 40°C et 50°c. Les réalisateurs Neil Nightingale et Patrick Morris ont choisi l'Afrique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, ce continent est le plus sauvage du monde, mais c'est aussi un endroit où le cycle de la vie n'a pas été modifié par les phénomènes naturels.

 

Les 7 royaumes

Patrick Morris et Neil Nightingale ont souhaité passer en revue les différents environnements naturels dans leur documentaire. C'est pourquoi, ils ont donné un nom en lien avec l'expérience vécue dans chacun des lieux de tournage. C'est ainsi qu'est né le royaume de la "forêt mystérieuse", puis, le royaume des "entrailles de la Terre", celui du "désert brûlant", des "plaines arides", des "mers fantastiques", mais aussi des "eaux capricieuses" et le royaume des "cimes enneigées" pour évoquer les hauteurs du Mont Kenya.

 

Un matériel encombrant

Tourner un documentaire en 3D n'est pas chose facile, car l'équipement est quatre fois plus lourd que le matériel d'un tournage classique en 2D. Neil Nightingale raconte : "L'action est filmée à l'aide de deux caméras stéréo, l'une pour l'oeil droit et l'autre pour le gauche et il faut qu'elles soient parfaitement alignées. La précision de cet alignement est extrêmement important, et comme vous pouvez l'imaginer il est très compliqué à maintenir sur le terrain et les routes cahoteuses d'Afrique."

 

Deuxième collaboration

BBC Earth et les Studios Evergreen réitèrent leur collaboration, après le film Sur la terre des dinosaures, le film 3D. Les seconds ont pris en charge la construction du matériel 3D et l'adaptation des caméras pour le tournage. Ils ont même adapté un Land Rover à la 3D, de façon à pouvoir filmer les animaux en étant le plus près possible.

 

Comment filmer la nature ?

Pour effectuer les prises de vue sous-marines en stéréo et en résolution 5K, les caméras 3D ont été placées dans de grands boîtiers sous-marins, de manière à pouvoir les immerger et ainsi découvrir les profondeurs de la Mer Rouge. De plus, les directeurs de la photographie (Mark Deeble et Robin Cox) et les caméramans (John Shier et Chris Bryant) devaient nager en toute synchronisation, de façon à ce que l'image soit fluide.
Par ailleurs, pour le tournage du "Royaume des entrailles de la Terre", les réalisateurs confient : "Pour tourner ces séquences et les autres plans aériens du film, la production a utilisé un système innovant permettant le contrôle à distance de la distance interoculaire et de la convergence des caméras afin de maîtriser parfaitement la 3D et de donner la sensation de survoler les paysages"
Mark Deeble ajoute que pour pouvoir obtenir les images de la parade nuptiale des flamants, il est resté huit heures par jour dans des abris construits spécialement pour le tournage sur les rives du lac Bogoria.

 

Orage tropical

 

Prise de risque

Le dernier jour de tournage s'est déroulé aux chutes Victoria, situées sur le fleuve Zambèze, entre la Zambie et le Zimbabwe. Ces prises de vue ont été très risquées, puisqu'il a fallu tendre 300 mètres de câbles au dessus des chutes. Myles Connolly, le producteur de Nature, confie : "Le planning du tournage était arrêté, et si nous n’avions pas obtenu le plan ce jour-là, nous n’aurions pas pu retenter notre chance. C’était le dernier jour de tournage et il nous restait 4 heures, mais c’est là que tout s’est joué."

 

Participation sportive

Le champion du monde de bodyboard Myke Stewart a participé à la réalisation de Nature, pour une séquence plaçant le spectateur au beau milieu d'une déferlante. Pour cela, une caméra a été fixée sur le bout de sa planche et Chris Bryant (caméraman) l'accompagna avec une caméra Phantom, de manière à filmer des séquences très rapides, pour pouvoir ensuite les ralentir au montage.

 

En musique

Le compositeur de Nature, Patrick Doyle n'est autre que celui des films Harry Potter et la coupe de feu, RebelleLa Planète des singes : les origines et The Ryan Initiative. Pour créer la musique de ce documentaire, il s'est inspiré de différentes musiques africaines...

in ALLOCINE

 
 

 

Un autre film, d'autres images, une autre vision, une autre musique, mais c'est toujours notre Terre...

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 08:18

 

Aff-abeilles.jpg

 

La disparition des abeilles n'est pas un cas isolé: elle s'insère dans le processus de disparition inexorable de millions d'espèces animales et végétales qui conduisent inéluctablement, par voie de conséquence, à la disparition de l'espèce humaine. Cette dernière s'est imposée depuis le XVIe siècle -l'époque qualifiée par certains historiens de "Renaissance" -où l'homme a cru se sauver par l'art, la science et la technique, défiant la seigneurie de Dieu. Autrement dit, quand l'Homme a voulu prendre la place de dieu, répétant la désobéissance d'Adam & Eve; cela s'apelle aussi scientifiquement anthropocentrisme.  

L'Apocalypse de St Jean décrit une fin de ce monde vertigineuse, fulgurante et chaotique. Mais avant, il semble que l'humanité soit condamnée à recevoir des signes:  la mort massive des abeilles en est un.

Le compte à rebours a-t-il commencé?...

 

 

 

 

 

 

Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.

Arrivée sur Terre 60 millions d’années avant l’homme, l’Apis mellifera (l’abeille à miel) est aussi indispensable à notre économie qu’à notre survie.

Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.

Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

 

 

 

 

 

 

Même si Markus Imhoof a déjà réalisé plusieurs longs métrages dont Les Raisons du coeur en 1997, Des Abeilles et des Hommes est le second documentaire du réalisateur après Le film du cinéma suisse, projeté dans les salles en 1991.

 

 

 

Des Abeilles et des Hommes s’appuie sur les témoignages d’apiculteurs du monde entier, de l’Arizona à la Chine, et également de scientifiques. Mais les véritables héroïnes du film sont les abeilles, dont le mode de vie reste une particularité de la nature. Pour leur donner de l’importante, Markus Imhoof les a filmées le plus près possible en reprenant les codes du cinéma de fiction, comme les travellings suivis de vues panoramiques.

Le réalisateur raconte comment les abeilles sont ainsi devenues les véritables actrices de son long métrage :

"Je tenais absolument à rendre visible les abeilles pour mieux les faire connaître. Leurs yeux immenses et poilus, leur carapace les font ressembler à des êtres fascinants venus d’une autre planète, je voulais qu’à l’écran elles paraissent aussi grandes, et parfois même plus grandes que les hommes."


 

 

 Une longue, très longue Histoire...

 

Documentaire TV5monde


 

A travers son documentaire, Markus Imhoof cherche à dénoncer l’utilisation abusive de la production des abeilles pour résister à la compétition des marchés. Il précise même :

"Si je ne risquais pas de paraître présomptueux, je pourrais presque dire que ce film, c’est un peu Les Temps modernes de Charles Chaplin, raconté avec des abeilles."


 

Des Abeilles et des Hommes alerte le public sur la situation dangereuse dans laquelle se trouvent les abeilles et par conséquent l’écosystème. L’écologie étant de plus en plus un débat de société, de nombreux documentaires sont ainsi réalisés dans cette optique. En 2012, Jean-Paul Jaud proposait "Tous Cobayes?", sur des essais cliniques étudiant les conséquences de la consommation d’OGM et en 2010, Agnès Fouilleux dressait le portrait de l’agriculture française dans Small Is Beautiful.

 

In Allocine.

 

Abeilles.jpg

 

 

 

 

 

Vivre à la charnière des XXe et XXIe siècles est un privilège rare. Avec Auschwitz et Hiroshima, le premier nous a appris jusqu'où peut aller l'homme pour anéantir son prochain. Le second peut être considéré comme le moment où nous avons pris conscience de l'égale capacité de l'homme à détruire ce qui l'entoure et, par voie de conséquence, tout se tenant, à en finir une fois pour toutes avec lui-même.

 

N'abusons pas des exemples, ils sont nombreux : vache folle, dérèglement climatique, continents de plastique à la dérive sur les océans, déchets atomiques, ondes délétères et pesticides cancérigènes, on en passe...

 

film-Des-abeilles-et-des-hommes_pics_390.jpg

 

Un mal amenant parfois un bien, une conscience écologique nouvelle naît de ces maux. L'hypothèse que l'apocalypse, par notre faute, n'est plus invraisemblable, le sentiment de culpabilité qui en découle, la démonétisation d'une raison dont l'homme a le risible apanage : tout cela tend à modifier la place du plus fameux des bipèdes dans l'ordre et la hiérarchie de la nature. On se dit, par exemple, qu'on devrait peut-être en rabattre et considérer avec un peu moins de supériorité nos amies les bêtes, avec lesquelles nous avons rompu depuis belle lurette nos relations de parenté.

 

Un bien amenant parfois un mal, il s'est ensuivi, dans les sciences et les arts, un tsunami d'empathie à l'égard de nos cousins plus ou moins proches, lequel débouche, trop souvent, sur un franc abêtissement.

 

Le domaine le plus touché est évidemment celui du cinéma, art populaire, donc plus aisément galvaudé. Réservée jusqu'alors au charme enfantin du dessin animé ou à l'aura de la légende cinématographiée, la prise de parole animalière affecte dorénavant le documentaire, où ne se perd aucune occasion de rabattre sur l'animal des scénarios, des comportements, des croyances spécifiquement humains. A ce degré de brouillage, il ne s'agit plus d'anthropomorphisme, position fondée somme toute sur la distinction pérenne entre l'animal et l'homme, mais d'un gloubi-boulga écologico-commercial destiné à un public dont l'entendement est supposé ne pas dépasser le stade de "L'Ile aux enfants".

 

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Depuis leurs débuts, les films signés par Disney ont rapproché les animaux et les hommes (et vice versa); il faut avoir conservé un esprit d'enfance pour ne pas railler ces oeuvres cinématographiques.

 

 

Une affiche du film documentaire américain de Mark Linfield et Alastair Fothergill, "Chimpanzés" ("Chimpanzee").

Vous avez dit "anthropomorphisme"?

 

 

 

Deux types de documentaires animaliers se dessinent donc aujourd'hui. Ceux qui cèdent aux sirènes de l'éco-zoologie à grand spectacle, avec prouesses technologiques annoncées et story-telling pathétique, et ceux qui entreprennent d'informer, sans renoncer à séduire pour autant, des spectateurs considérés a priori comme des adultes. Un exemplaire de chaque genre sort mercredi 20 février en salles. Le plus lourd se nomme "Chimpanzés". C'est le petit dernier du département Disney Nature, par lequel le groupe a relancé en 2008 sa production de documentaires animaliers, qui compte "Les Ailes pourpres" (2008), "Océans" (2009) et "Félins" (2011).

 

 

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Deux routiers de la BBC, Alastair Fothergill et Mark Linfield, en signent la réalisation. Trois ans de tournage dans une forêt profonde de Côte d'Ivoire. La collaboration et la caution de scientifiques irréprochables. Une partie des recettes reversée à la Wild Chimpanzee Foundation. Le coup de chance enfin d'un comportement rarissime : l'adoption d'un jeune chimpanzé par le mâle dominant du groupe après que la mère du petit eut été tuée au cours d'un combat territorial.

 

Le Français Jean-François Camilleri, patron de Disney Nature, aurait toutes les raisons de considérer Chimpanzés comme "un film étendard" pour sa société, si le résultat ne s'avérait un tel gâchis. Ce n'était sans doute pas assez qu'on insulte ces pauvres bêtes en nommant le petit Oscar et le vieux Freddy, qu'une voix off omniprésente prétende nous livrer le flux de conscience furieusement décalé d'Oscar, que le mâle dominant du groupe rival soit décrit comme un infâme salaud. Non, il fallait encore qu'un commentaire déplorable écrase tout ce que pouvait avoir de singulier le matériau originel pour le naturaliser dans la veine Disney 1940, et nous resservir Bambi, la grâce et la beauté en moins, avec des chimpanzés vivants.

 

Or, la vraie vie ne se prête pas toujours à ce que l'on veut lui faire dire, et le forçage constant du scénario (suspense fabriqué sur l'attaque des adversaires, illisibilité des scènes, notamment de bataille, hiatus entre les sentiments prêtés aux animaux et leur conduite...) confine au grotesque. Pour le dire d'un mot, il y a ici un gouffre entre les déclarations d'intention (Disney au service de la nature) et la réalité du film (la nature au service de Disney).

 

 

 

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Une image du film documentaire suisse de Markus Imhoof, "Des abeilles et des hommes" ("More than Honey").

 

Tout autres sont le propos et la manière de "Des abeilles et des hommes", réalisé, de manière plus classique, par le Suisse Markus Imhoof.


Sans doute son sujet et ses actrices se prêtent-ils moins à ce type de dérive, tant il y a loin des abeilles aux hommes. En fait, pas si loin que cela, c'est une des vertus du film de le montrer. D'abord, parce que l'insecte pollinisateur est essentiel à la reproduction des espèces végétales, et partant au maintien de la vie sur Terre. Ensuite, parce que les abeilles ont été presque intégralement domestiquées par l'homme pour le miel qu'elles fabriquent.

 

C'est aussi bien l'interaction de l'homme et de l'animal qui intéresse ce film, fondé sur un constat inquiétant : la raréfaction de l'insecte (estimée entre 50 % et 90 % depuis quinze ans), victime d'un mal qu'on n'explique pas complètement mais dont l'origine tient dans les modifications exercées par l'homme sur la nature, notamment la pulvérisation de fongicides. Un biais qui permet au film d'en dire long sur les abeilles (leur organisation sociale, leur manière de réagir à l'environnement, leur physionomie rendue par des prises de vues assez extraordinaires) et encore plus long sur les hommes, dont la culture transparaît à travers la manière dont les personnages du film traitent les abeilles.

 

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Capitalisme débridé et productivité intensive pour le businessman californien John Miller, eugénisme assumé pour l'artisan helvète jaloux de la pureté de la race alpine, ou pollinisation des fleurs à la main pour la Chinoise Zhang Zhao, vu que les abeilles ont disparu de son pays après que le Grand Timonier eut décidé l'extermination des oiseaux, qui entraîna le développement de la vermine, qui nécessita l'emploi massif de pesticides, qui aboutit à l'éradication susdite.

 

Bizarrement monté, sautant du coq à l'âne, fondé sur une histoire personnelle (les ruches de la famille Imhoof) qu'on aurait aimé voir développée, "Des abeilles et des hommes" n'en reste pas moins un documentaire profondément humaniste, qui remplit honnêtement et intelligemment son office pédagogique, sans tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

C'était déjà le cas voici trente ans, lorsque Markus Imhoof signait "La barque est pleine" (1980), un film cuisant sur l'attitude de la Suisse à l'égard des réfugiés juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Des juifs aux abeilles, rien de semblable évidemment, si ce n'est une certaine conception de la vocation et de la morale cinématographiques.

 

in Le Monde.net

LE MONDE | 19.02.2013 à 13h21 Par Jacques Mandelbaum

 

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Présenté au festival du film de Locarno l’été dernier, projeté le 19 février 2013 en ouverture du festival international du film d’environnement de Paris, Des Abeilles et des hommes, de Markus Imhoof, est une œuvre ambitieuse qui jette un regard neuf sur l’univers vibrionnant et méticuleux de la ruche, mais aussi sur le monde beaucoup plus fou des hommes.

 

Expliquer à quoi ressemble cette œuvre très documentée revient d’abord à dire ce qu’elle n’est pas : ni un film élégiaque célébrant béatement les beautés de la nature et l’intelligence collective d’insectes travailleurs ; ni une description alarmiste des effets nocifs de la chimie humaine s’immisçant dans les équilibres les plus fragiles de la nature.

 

Comment notre espèce « soumet » la planète:

 

Si ces deux dimensions sont bien présentes dans "Des Abeilles et des hommes", Markus Imhoff organise son propos à partir d’un autre point de vue, de plain-pied dans une époque d’échanges globalisés, de production et de consommation de masse. Pourvu d’un confortable budget (pour un documentaire) de 2 millions d’euros, le cinéaste s’est rendu sur tous les continents, à la rencontre d’apiculteurs et de spécialistes des abeilles, qui offrent un étonnant panorama des comportements humains et de la manière dont notre espèce « soumet » la planète.

 

On passe ainsi de la montagne autrichienne où Fred Jaggi, apiculteur à l’ancienne, punit d’un coup d’ongle la reine traîtresse s’en étant allée batifoler un peu trop loin avec de faux bourdons, aux grandes monocultures californiennes où l’entrepreneur John Miller transporte ses milliers de ruches à coups de camions, au milieu des traitements intensifs de pesticides…

 

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Des images rarissimes

 

« Je ne voulais pas donner de réponses, mais faire en sorte d’alimenter la réflexion des spectateurs »,

note Markus Imhoff, persuadé qu’en toutes choses « l’étonnement » précède la pensée et le débat. Des Abeilles et des hommes peut ainsi être vu comme un film de vulgarisation scientifique passionnant, comme un documentaire socio-économique, mais aussi comme un essai politique où, à travers le mode de relations que les hommes entretiennent avec les abeilles qu’ils exploitent, transparaît leur rapport aux autres hommes.

 

Riche d’images très rares obtenues avec le concours de l’universitaire allemand Randolf Menzel, surnommé « l’homme qui murmure à l’oreille des abeilles », le film dresse un constat au final assez glaçant et laisse le spectateur aux prises avec des questions essentielles, liées aux antagonismes de plus en plus criants entre l’homme et la nature.

 

ARNAUD SCHWARTZ in La Croix; 20/02/13

 

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« Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

La phrase attribuée à Einstein est probablement apocryphe mais éloquente, car l’abeille assure la pollinisation de 80 % des espèces cultivées.

 

Cette phrase guide le film, qui fait un tour du monde de l’élevage des abeilles. Depuis les ruchers des paisibles alpages suisses jusqu’à la pollinisation quasi industrielle des immenses vergers d’amandiers californiens, il rencontre les visages les plus variés de l’apiculture, cherchant les raisons de la disparition des abeilles. L’image des Chinois pollinisant à la main, faute d’abeilles, est le pendant de celle de l’apiculteur américain qui transporte en camion ses ruchers pour polliniser des champs à l’autre bout des États-Unis.

 

Tous les personnages du film, même quand ils sont âpres au gain, sont montrés sous un jour sympathique. Belle leçon de savoir-vivre. Qui se double d’un grand savoir-faire cinématographique, révélant les abeilles au travail dans des images merveilleuses.

 

Édouard Huber in Famille chrétienne.fr

 

 

 

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Pourquoi pars-tu petite sœur abeille?

 

Divine ouvrière infatigable

 

Qui crée cet équilibre indispensable...

 

 

 

Hommage à toi!

 

 

 Enigmatique créature,

 

Alchimiste de la nature.

 

 

 

Hommage à toi!

 

 

 Donatrice mystérieuse,

 

Petite précieuse.

 

 

 

Hommage toi!

 

 

 Admirable artiste,

 

Savante perfectionniste.

 

 

 Hommage à toi!

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 15:17

 

 

 

 

 

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Le réalisateur Jean-Paul Jaud, grand défenseur d'une agriculture moins dépendante de l'industrie chimique, signe avec "Tous cobayes ?" un plaidoyer anti-OGM s'appuyant sur une étude française alarmiste qui vient de relancer le débat sur l'innocuité d'un maïs transgénique.

L'auteur de "Nos enfants nous accuseront" (2008), qui s'attaquait alors à l'usage de pesticides, a suivi mois après mois l'équipe du professeur Gilles-Éric Séralini. Ce chercheur basé à Caen, ouvertement anti-OGM, a publié mercredi une étude qui a conduit Paris et Bruxelles à saisir leurs agences sanitaires pour un avis.

Ces travaux d'une longueur inédite (deux ans) affirment que les rats nourris avec du maïs NK 603 de Monsanto - et pour certains avec de l'eau comprenant de l'herbicide Roundup auquel ce maïs transgénique résiste - développent beaucoup plus de tumeurs cancéreuses.

 

 

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Le film, en salle le 26 septembre, montre de nombreuses scènes de laboratoire où des scientifiques emmaillotés comme des chirurgiens examinent les rats. Certains rongeurs vont développer d'énormes tumeurs, allant jusqu'à 20 % de leur poids. Notamment après le 3e mois, la durée des études classiques de toxicologie, selon les chercheurs. Jean-Paul Jaud a travaillé tout en gardant le secret sur l'étude engagée par le professeur Séralini, celui-ci expliquant avoir récupéré clandestinement des semences de ce maïs NK 603 via un lycée canadien ayant requis l'anonymat. Le NK 603 n'est pas cultivé en Europe, mais est importé pour l'alimentation animale. "Les semenciers refusent de donner des semences aux chercheurs", affirme le scientifique.

 

 

 


Le choc de Fukushima

 

Corinne Lepage, députée européenne qui se bat depuis des années à Bruxelles contre les OGM, est très présente dans le documentaire. "Les premiers qui ne veulent pas de la recherche, ce sont eux, les semenciers", accuse-t-elle. "Il n'y a pas de problème, car il n'y a pas d'étude de long terme", ajoute la députée.


À l'écran, la progression de l'étude est entrecoupée de scènes de fauchage de champs d'expérimentation d'OGM en France (désormais suspendue), de procès de faucheurs qui s'ensuivent et de manifestations de soutien. Autant de moments rythmant la vie de militants écologistes. La parole est aussi donnée à plusieurs paysans bio expliquant leur choix et leurs préoccupations sur les conséquences des pesticides pour la santé des agriculteurs.

 

Parallèlement à l'argumentaire anti-OGM, le film s'attaque aussi au nucléaire, auquel le réalisateur est farouchement opposé.

En cours de tournage, "il y a eu le choc de la catastrophe de Fukushima au Japon et j'ai alors décidé de réunir dans mon film ces deux technologies mortifères contrôlées par une minorité de prédateurs", explique Jean-Paul Jaud. Du coup, le film l'a emmené au Japon, jusque dans les zones de campagne vidées de leurs habitants en raison d'une radioactivité trop élevée.

 

Mêlant OGM et nucléaire, le commentaire - dit par l'acteur Philippe Torreton - parle même d'une "troisième guerre mondiale sacrifiant l'homme, l'animal et le végétal". Selon le réalisateur, plusieurs acteurs pro-OGM ont refusé de lui répondre.

"De toute façon, je ne suis pas un journaliste, je suis cinéaste et je revendique une subjectivité", explique Jean-Paul Jaud. Si l'homme refuse l'étiquette de militant, il revendique celle de "cinéaste citoyen".

 

 Source AFP. 21 sept.2012

 

ratssss.jpg

 

 

Des rats présentant des tumeurs de la taille de balles de ping-pong, des lésions du foie et des reins beaucoup plus nombreuses, une mortalité multipliée par deux ou par trois chez les femelles : les conclusions de la récente étude française sur la toxicité du maïs OGM NK 603 de la firme américaine Monsanto ont fait l'effet d'une bombe. Car, bien que leur culture soit interdite en France, l'importation d'OGM, pour nourrir les animaux ou bien encore incorporés dans des préparations alimentaires destinées aux consommateurs lambda - consultez la liste diffusée sur le site du ministère de l'Agriculture -, est une réalité.

 

USA Etats-Unis aigle rapace

 

 

 

 

Sans compter qu'ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis, ceux-ci sont encore bien plus présents dans l'alimentation... Mais alors cette étude est-elle crédible, solide ou contestable ? Faut-il prendre peur ? Difficile à dire, car une simple lecture des données diffusées cette semaine, y compris par un spécialiste, ne peut suffire à se faire une idée ferme et définitive sur la question. Il est d'ailleurs important de rappeler que, pour être probant, ce type d'enquête scientifique doit être reproductible (et donc reproduit) pour être validé.

 

 

Manque de données globales

 

Toutefois, en seulement 48 heures, un certain nombre de critiques ont déjà été émises par des spécialistes des quatre coins du monde. Certaines sont récurrentes. Outre le fait qu'une toxicité aussi spectaculaire ait pu échapper à toutes les études précédentes, la première interrogation porte sur un manque global de données permettant d'apprécier le protocole de cette étude, plus particulièrement quant à la diète suivie par les rats en dehors de l'OGM testé.

À titre d'exemple, certains champignons qui se développent sur le maïs peuvent notamment être impliqués dans le développement de tumeurs cancéreuses chez ces animaux. La seconde critique vise le type de rats sélectionnés pour ces travaux. Répondant au nom de Sprague Dowley, celui-ci aurait une prédisposition à développer des tumeurs surtout lorsque sa prise alimentaire est trop importante. D'où les questions relatives à la composition précise de la diète de ces rongeurs. De plus, si le nombre de 200 rats peut paraître à première vue satisfaisant pour ce type d'étude, dans le détail, les chercheurs ont réalisé 9 groupes de 20 individus (alimentés avec ou sans maïs OGM dans des proportions allant de 11 à 33 %, mais aussi avec ou sans herbicide Roundup) plus un groupe témoin de 20 individus également. Un nombre jugé insuffisant. Enfin, les résultats ne montrent pas de différences majeures en fonction de la dose administrée, ce qui intrigue les toxicologues.

 

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Il faudra toutefois attendre des analyses plus poussées du dossier pour y voir plus clair. Et le mérite de cette étude, publiée dans la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology, est peut-être justement de contraindre les autorités sanitaires à pousser plus loin les travaux sur la toxicité des OGM.

L'Agence française de sécurité sanitaire et le Haut Conseil des biotechnologies, mandaté dès ce mercredi par le gouvernement, devront rendre un avis sur ces résultats. Au plus vite, mais cela prendra sans doute du temps, n'en déplaise aux politiques... De même, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), saisie par Bruxelles, va devoir se prononcer et souhaite, dans la mesure du possible, y parvenir avant la fin de l'année.

Mais les choses commencent mal, car l'auteur principal de l'étude, le professeur de biologie moléculaire Gilles-Éric Séralini de l'université de Caen, à la fois spécialiste et détracteur des OGM, pointe des conflits d'intérêts au sein de l'institution et la juge incompétente pour mener la contre-expertise...


Par Chloé Durand-Parenti;20 sept.2012

 

 

Aux champs...

 

Je me penche attendri sur les bois et les eaux,

Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;

J’ai la pitié sacrée et profonde des choses ;

J’empêche les enfants de maltraiter les roses ;

Je dis : N’effarez point la plante et l’animal ;

Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.

Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles éblouies,

Rayonnent au milieu des fleurs épanouies ;

J’erre, sans le troubler, dans tout ce paradis ;

Je les entends chanter, je songe, et je me dis

Qu’ils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages,

Au bruit sombre que font en se tournant les pages

Du mystérieux livre où le sort est écrit,

Et qu’ils sont loin du prêtre et près de Jésus-Christ.

 

Victor Hugo

 

 

France Pierre & Gilles Le jardinier

"Le Bio Jardinier"

Photo Pierre& Gilles

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 17:28

 

nos enfants nous accuseront,0

 

...de les avoir empoisonnés...

 

SITE OFFICIEL

 

 

Nos enfants nous accuseront raconte la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui décide de faire passer la cantine scolaire au bio, conscient du danger sanitaire qui menace une jeune génération exposée aux 76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays.

 

Enfants, parents, enseignants, paysans, élus, scientifiques et chercheurs, livrent leurs sensations, leurs analyses, leurs angoisses, leur colère, le fruit de leurs travaux. Chacun raconte son expérience, dénonce les abus, pose les problèmes, mais tous proposent des solutions, à condition que les différents organes de décision prennent leurs responsabilités.

 

Ce documentaire a été salué par la presse engagée et a suscité de nombreux articles dans la presse généraliste.

Pendant que d'autres dénoncent l'esprit "catastrophiste" et peu "scientifique" de ce "documentaire"

 

 

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La courageuse initiative d'une municipalité du Gard, Barjac, qui décide d'introduire le bio dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un portrait sans concession sur la tragédie environnementale qui guette la jeune génération : l'empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole (76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays) et les dégâts occasionnés sur la santé publique. Un seul mot d'ordre : Ne pas seulement constater les ravages, mais trouver tout de suite les moyens d'agir, pour que, demain, nos enfants ne nous accusent pas.

 

 

 

INTEROBJECTIFS

 

 

Jean-Paul Jaud est avant tout connu pour des réaisations de directs sur Canal +, notamment des matchs de foot. Il avait cependant déjà contribué à plusieurs sujets télévisuels sur l'environnement et la nature.

 

En fait, il s'agit véritablement d'une histoire personnelle.Le réalisateur Jean-Paul Jaud a décidé de réaliser ce documentaire alors qu'il souffrait d'un cancer du colon. En se renseignant sur les causes d'un tel cancer, il a découvert que la cause première était la présence de résidus toxiques dans notre alimentation. Indigné, il s'est alors mis en quête d'une vérité.

Et il a reçu un soutien à la mesure du sujet.


 

Le film a été projeté au marché du Festival de Cannes et parrainé par "monsieur Ushuaia", le militant écologiste Nicolas Hulot.

Mais le combat n'est pas limité à la "malbouffe".Le réalisateur a déclaré vouloir donner suite à son documentaire en allant plus loin dans son investigation, mais ici sur les produits ménagers et cosmétiques. "Nous sommes entourés, cernés de molécules chimiques. C'est une situation qui produit des morts !" déclare t-il.

 


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  Certes, nos enfants mangent globalement plus et de façon plus variée qu'il y a 150 ans; mais, sous nos yeux, ils ingurgitent des "bombes à retardement".

 

"Il est vrai qu’à bien y regarder, jamais l’humanité n’a été si proche d’une destruction aussi radicale. Au nom de nos enfants et de l’héritage “naturel” que nous leur laisserons, une vague de "Développement Durable" secoue les consciences.

Les jeunes s’investissent à fond tandis que les vieux s’en foutent. Eux, ils auront vu plus d’espèces vivantes que leurs descendants n’en verront jamais. Eux, ils sont à la retraite et désirent profiter de la vie au max car avant ce n’était pas le cas.

 

 


 

Les vieux et les quelques moins vieux, qui n’ont pas viré dans l’écologie depuis 20 ans, se foutent vraiment de ce qui se passe. Extérieurement, ils sont d’accord avec tout le monde mais rien au monde ne leur fera changer leur mode de vie.Ils en ont trop bavé avant, surtout s’ils viennent après la vague du papy-boom. Les autres en ont profité à mort et eux ils doivent se serrer la ceinture de nouveau. Alors ils se disent: "Après tout, je ne suis qu’un grain de sable et cela ne va pas changer grand chose".

 

 


 

 

D’un certain point de vue, ils ont raison mais d’un autre, ils ont tort. Alors on voyage en 4×4, en mobile-home, en avion et on consomme à fond comme n’importe quel touriste en mal de bien-être. Après tout c’est la vie !

 

Et puis, certains se rendent compte que les générations d’aujourd’hui sont plus malades, moins résistantes que les anciennes et que le monde est devenu une prison empoisonnée. Maintenant on parle de bio car tout est empoisonné !

 

Avant tout était bio, alors on n’en parlait pas vraiment. Maintenant, pour faire l’écolo de service ayant des principes de développement durable, il faut manger bio, mettre un récupérateur d’eau pluviale pour les salades et quelques cellules photovaltaique sur les loupiotes du jardin (pour faire beau la nuit !).

On se donne bonne conscience mais on n’éteint toujours pas les lumières. Les poubelles sont toujours aussi pleines. La climatisation est entrée dans la maison. Le frigo est plus grand, le congélateur aussi. Quand à la voiture, plus c’est gros mieux c’est !

 


 

 

On parle d’énergies renouvelables qui auront peine à juste couvrir l’augmentation de la consommation électrique. On est sincère, on a vraiment pris conscience du danger pour la planète mais elle est si grande, si vaste, si immense qu’il ne vaut même pas la peine de réduire véritablement son train de vie.

 

Son steack, ses hamburgers, ses produits laitiers, tout cela c’est normal sauf qu’en terme de poids, les vaches sur Terre pèsent plus que tous les humains réunis: 2,4 milliards de bovins pour assurer la bonne bouffe. A 650 kg en moyenne l’unité, on voit bien que l’humain n’est pas la race qui prédomine.

 

Rien qu’en Suisse, la première place pour la pollution en terme de gaz à effet de serre ne revient pas au parc automobile mais à celui des vaches qui broutent paisiblement ! Alors, les spécialistes rigolent un peu quand on leur dit qu’il faut baisser l’émission de CO2 pour les voitures! D’un côté on va gagner 10% tandis que l’autre on augmentera par 50% et plus en augmentant le nombre de vaches au mètre carré. Depuis que les chinois se sont convertis au yaourt, il y a pénurie de lait dans le monde. Même les allemands en 2008 commencent à grogner devant la montée des prix laitiers.

 

Derrière des marchés commerciaux anodins se cachent de véritables bombes à retardement écologiques. Mais cela on s’en fout parce que “business is business”. Aux politiciens d’organiser des Grenelles de l’Environnement pour amuser la galerie car le combat est vraiment ailleurs !

 

Je vous soumet donc une petite vidéo au titre évocateur “Nos enfants nous accuseront” (avec un t à la fin du verbe car "ils") où vous découvrirez que les générations futures sont mal barrées pour soi-disant trouver la solution qui sauvera la planète Terre.

 

 

 

 

 

Pour enfoncer le clou, voici un petit mémo sur notre alimentation industrielle. Voici la liste des produits classés par l’hôpital de Villejuif :

 

Les produits cancérigènes :

E 63, E 123, E 131, E 142, E 211, E 213, E 214, E 215, E 217, E230,

 

Les toxiques :

E 220, E 221, E 222, E 224, E 321, E 338, E311, E 312 (attaque le système nerveux);

E 330, E 339, E 340, E 341, E 407, E 450, E 461, E 463, E 465,

E 466 E 230, E 231, E 232, E 233 E 200 (suprime vitamine B12); E 320,

 

Les suspects :

E 102, E 110, E 120, E 124, E 125, E 141, E 150, E 171, E 172, E 173, E 240, E 241, E 477

 

Maintenant voyons quelques chiffres significatifs. Pour alimenter le bétail, la France dédie 35% de ses surfaces cultivables, les USA 57%, la Suisse 72 % et l’argentine 84 %. 45% des céréales produites dans le monde servent à nourrir le bétail.

Rien qu’en redistribuant cela aux humains, la famine disparaitrait totalement de la terre !

 

Pour fabriquer 1 calorie animale, 11 végétales auront été nécessaires ! La France importe 1/4 de sa production annuelle de céréales pour nourrir ses animaux car cela revient moins cher que d’utiliser les céréales locales. C’est une façon de dire que nous pillons les pays du tiers-monde pour manger notre steack.

 

L’Europe utilise 7 fois sa superficie agricole en terres du tiers-monde pour produire de quoi nourrir son bétail ! Voici un petit tableau évocateur :

 

 

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vegetarien-1

 

Si on mangeait tous comme des américains, 4 milliards d’êtres humains devraient mourir de faim ! Si on se met à manger à la japonaise, le monde mangerait à sa faim. Nous sommes en tant qu’européen entre les deux et cela indique que nous mangeons au détriment des autres…

 

Pour en savoir plus, je vous recommande ce petit pdf ” Quand la vache du riche affame le monde “. 5 pages de lecture pour bien comprendre qu’avec notre banal steack ou hamburger, on est loin d’être dans le développement durable !"

 

 

 

Laurent DUREAU

Pour aller sur son site c'est ici.

 

 


Amérique Sud epandage pesticides huelva 2-2-73704
Épandage de pesticides.
On ne peut plus réduire l'analyse de l'activité humaine à un seul de ses paramètres.
Or, l'idéologie des années 90 a réduit la vie, non seulement à l'économique vu sous le seul angle de la rentabilité financière: un réduction à l'intérieur de la réduction! Au final, nous nous retrouvons régis par une finance "devenue folle" (Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'Economie). Et cette situation se retourne contre l'économie elle-même. L'argent ne rend plus compte qu'à l'argent, il se déconnecte de l'économie réelle, tourne sur lui-même à une vitesse accélérée, et provoque des crises humaines, sociales, politiques et environnementales d'une gravité et d'une fréquence croissantes.
Si la croissance augmentait de 2 ou 3% chaque année, en 2050, nous n'aurions plus beaucoup de terrains à cultiver car, autour de chaque ville, il y aurait quatre autoroutes. Pour bien montrer les limites du concept de "croissance", on peut emprunter un exemple à Jean-Claude Thiers, une grande figure de l'écologie en Bretagne. En effet, selon lui, il y a un moyen de faire avancer la croissance d'un coup sec: il s'agit tout simplement de couper tous les arbres de nos forêts. La Chine est prête à acheter tout notre bois!
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D'abord, ce sera excellent pour notre commerce extérieur. Ensuite, nous ne serons plus en déficit. Enfin, nous pourrons embaucher et former des bûcherons. Nous aurons alors dopé la croissance de 2,5% par an en quatre ou cinq ans. Et le point de croissance qui manque sera trouvé!
Oui, seulement, aprés cela, nous n'aurons plus de forêts...
La croissance s'opère, en réalité, par la décroissance du patrimoine: l'expression "on crée des richesses" est très discutable. D'accord, on crée des richesses, mais on épuise inexorablement les réserves de la planète, on détruit le patrimoine. Il conviendrait, au contraire, de réhabiliter les valeurs patrimoniales, mises à mal par la recherche de la croissance.
Quant au fameux "développement durable", il n'est que l'extension du modèle occidentale à l'échelle mondial: il s'agit d'un modèle d'exploitation des ressources jusqu'à l'os. Si l'on veut du durable, il ne faut pas un type de développement unique, global, planétaire mais des modèles de développement locaux, viant à l'autosuffisance. La crise alimentaire actuelle montre bien la nécessité de redéfinir le développement. Un développement agricole durable dans les pays pauvres passerait par le retour aux cultures vivrières locales; au lieu de cela, l'économie "globale" occidentale leur a imposé la monoculture agro-industrielle d'exportation, en direction des pays riches. D'où la dépendance étroite  des pays pauvres vis-à-vis des cours des matières premières. Résultat: on se retrouve, en ce début de XXIème siècle avec des émeutes de la faim.
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Cartes des émeutes de la faim

 

Italie sixtine

Il est fréquent chez les militants écologistes de de condamner le christianisme qui serait à l'origine de l'opposition et du mépris de l'homme à l'égard de la nature. Or, cette accusation, martelée comme un slogan, est fausse. Elle  se base sur les premiers versets de la Genèse mais sortis de son contexte: " l'homme devra soumettre et dominer la terre" (I, 28). Mais lisons la Bible dans sa totalité en en saisissant l'esprit: que constate-t-on?. L'homme fait partie de la Création, mais Dieu la lui confie pour qu'il en soit le berger. Si le créateur fait l'homme, "à son image", donc différent en cela du reste de la Création, ce n'est pas pour qu'il la saccage. L'Ecriture est explicite à ce sujet. Pourquoi ne le sait-on pas? Parce-que les traductions classiques de l'hébreu au latin, puis du latin au français, ont durci le sens initial des versets en question. Replacés dans leur contexte, les deux verbes traduits par "dominer, soumettre" doivent être traduits et s'entendre par "être responsable de la Terre". Le jardinier domine le jardin, mais pas pour le détruire: pour le faire fleurir et fructifier! C'est en ce sens-là qu'il faut comprendre le verbe "dominer".

 

France Pierre & Gilles Le jardinier

 

Le jardinier domine le jardin non pour le saccager mais pour le protéger et le faire fructifier...


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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 15:20

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Le Projet Nim science ou imposture?


Il y a presque 40 ans était initié un programme "scientifique" qui semble aujourd'hui insensé: élever un singe comme un humain. Comment la science a pu se fourvoyer  et quelles leçons en tirer aujourd'hui?


Le film-documentaire Le projet Nim revient sur cette page  troublante de la psychologie...

Ce projet retrace l'histoire d'une expérience où un jeune chimpanzé fut immergé dans une famille humaine, afin qu'il devienne...un humain. Rien de moins!

L'incohérence d'un tel projet est flagrante  à notre époque où les spécificités de chaque espèce animale sont connues; c'est entre autres erreurs, la volonté de tout centrer sur le langage et son apprentissage qui a fait échouer l'expérience.Ce film rappelle la nécessité de s'interroger sur les présupposés  de toute théorie scientifique.

 

 

 

 


 

Connaissez-vous l'histoire du chimpanzé qui fut élevé comme un être humain, perdit sa place chez les animaux et ne la trouva  jamais chez les humains? Ce n'est pas une fable de Monsieur de La Fontaine, mais une expérience menée aux Etats-Unis entre 1973 et le début des années 80. Une expérience qui se voulut rigoureuse, mais qui se solda par un immense échec, un vrai gâchis.

Le projet Nim, ce n'est pas l'histoire d'un animal qui voulut être un homme, mais celle d'un chimpanzé auquel on fit croire qu'il en était un, et qu'on renvoya à sa condition parce-que malgré tous ses efforts, il ne répondait pas aux attentes que les chercheurs avaient placées en lui.

Le projet Nim,  documentaire réalisé par James Marsh et retraçant l'histoire d'une expérience unique sur un singe, n'est pas seulement un film sur la cruauté  dont peuvent  faire preuve des scientifiques animés des meilleures intentions du monde; il est aussi  un témoignage sur une époque, ses références scientifiques et l'idéologie qui se développe inévitablement dans le sillage de ces scientifiques, leur morale familiale et sexuelle, et bien sûr, le rapport de l'homme à l'animal.

Mais le monde a radicalement changé: le projet Nim est une plongée formidable dans un passé tout proche et déjà lointain. Rappelez-vous, à cette époque, les téléphones étaient attachés au mur par un fil...

 

 

 

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Le mythe du "symbole roi".


En quoi a consisté le projet Nim? Tout simplement à élever un nouveau-né chimpanzé comme un être humain, avec l'espoir qu'il apprendrait à parler de la même façon  que ses parents adoptifs.Et comme le larynx des chimpanzés  ne sait pas articuler les sons humains, l'idée était de lui apprendre  la langue des signes utilisés par les sourds-muets.

 

Angleterre 1966-beatles-revolution-70

Woodstock redmond crowd

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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USA JOEawarholUSA-Joe-dal.jpgUSA-joeAWA.jpgJoe Dallessandro the new sex symbol

 

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Chute de Saïgon en avril 1975: l'Amérique en sortira traumatisée...

 

 

Pour comprendre ce projet, il faut faire un plongeon rétrograde et s'immerger à nouveau dans le contexte historique  de la fin  années 60. Et là, on s'aperçoit vite que la génération née tout de suite après la guerre patauge dans l'utopie: la révolution libertaire de 1968 a modifié profondément la vision de l'homme et de la société; il y a eu Woodstock, les hippies, tous enfants gâtés par l'opulence et le confort matérialiste. Sur le plan des idées, la discipline phare est la sémiologie, la science des signes (par exemple, celle des symptômes en médecine). Aujourd'hui, c'est difficile à comprendre dans la mesure où notre discipline phare est incarnée par les  neurosciences. C'est d'elles que nous attendons la grande synthèse qui devrait permettre de penser ensemble le fonctionnement psychique normal, le fonctionnement pathologique et le fonctionnement groupal. Mais dans les années 70 et 80, le langage parlé et écrit  était l'obsession de la communauté scientifique.Nim-Project---baby.jpg

 

 

 


 

Le projet Nim, tel qu'il fut mis en place dans ces années ne recevrait aujourd'hui aucun agrément. Qu'on en juge: un psychologue de l'université de Columbia, le professeur Herbert Terrace, qui ne connaît rien à la vie des chimpanzés, arrache un nouveau-né à sa mère et le confie à l'une de ses anciennes étudiantes, Stéphanie Lafarge, par ailleurs mère d'une famille nombreuse. Elle accepte et pense pouvoir bien travailler  avec Herbert Terrace en particulier parce qu'elle... a eu des relations sexuelles avec lui; cela constitue à ses yeux la meilleure garantie d'une collaboration solide et  durable. Elle va donc élever Nim comme son fils et lui donner le sein pendant trois mois. L'animal sera langé,  habillé et nourri comme un enfant à qui on va apprendre la propreté et pourquoi pas, soyons fous, la...politesse?! Nim-project-eating.jpg

Il ne s'agit donc plus seulement d'apprendre à un singe la langue des singes, mais de le retirer à son milieu éducatif naturel-dont à l'époque on ignore à peu prés tout-et de le transplanter dans une culture humaine.En revanche, le compagnon de Stéphanie Lafarge-prénommé Wer- développe rapidement de l'hostilité vis-à-vis de l'intrus.Le perçoit-il comme un enfant qu'Herbert Terrace aurait fait à sa femme sur une paillasse de laboratoire et qui crée entre eux une complicité dont il se sent exclu? Dans tous les cas,Nim le lui rend bien...

Il a une excuse de taille: les chimpanzés sont élevés par leur mère seule. Mais Nim a aussi une nombreuse fratrie c'est-à-dire les enfants de Stéphanie et de Wer. Et chacun d'entre eux établit avec Nim une relation particulière, hors de tout contrôle...Inutile de préciser que dans ce domaine, les enfants sont particulièrement inventifs...

Nim-project-Couple---Nim-sitting.jpgNim project Couple & Nim sittingNim project Couple & Nim sittingNim project Couple & Nim sitting

 

 

L'expérience se solde par un fiasco:Nim est confié à plusieurs nourrices sucessives; Herbert voulait l'élever comme un humain et c'est ce qu'il fit mais Nim, enfant adopté dans lequel aucun parent ne se reconnut jamais parce-qu'il était un chimpanzé, passa son enfance d'une famille d'accueil à une autre, et pire, le plus souvent d'une famille monoparentale à une autre famille monoparentale. L'adolescence lui conféra la force-six à sept fois celle d'un homme- et un irrépressible besoin sexuel. Les accidents se multiplient d'autant que Nim a gardé sa dentition naturelle et qu'il dispose de canines redoutables: bras mordus, joue arrachée, animal de compagnie écrasé contre un mur... H.Terrace prend peur. D'autant plus que Nim commence à le décevoir: il connaît de nombreux mots et se révèle capable de les agencer, mais uniquement pour demander quelque chose. Hélas,Nim n'utilise pas son vocabulaire acquis pour s'extasier devant la beauté du monde, la gentillesse de sa baby-sitter ou raconter ses rêves!...Bref, il est désespérément autocentré!. Herbert a des remords: il finit par penser qu'il n'aurait jamais dû retirer Nim de son milieu naturel et décide de l'y renvoyer.. Le chimpanzé nourri aux cornflakes , qui a appris le langage des signes et la propreté, se retrouve dans son milieu "naturel" qui n'a rien de naturel pour lui.Nim déprime, se replie sur lui-même; quand il s'énerve, il est calmé à coups de décharges électriques.Mais un nouveau rebondissement survient: le propriétaire des chimpanzés est contraint, pour des raisons financières, de vendre ses animaux à un centre de recherches médicales. Nim es sélectionné pour faire partie d'un programme d'expérimentation  pour la mise au point de vaccins contre les hépatites B et C. Il continue à parler, à demander à jouer, à protester contre les expériences qui lui sont imposées...

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 18:30

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SITE OFFICIEL

 

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Ce nouveau documentaire de Disney Nature  offre, pour notre plus grand bonheur, des images de lions et de guépards filmés au naturel dans la réserve africaine du Masai Mara, tout en les insérant dans une histoire dramatique, où les animaux ont des noms et des aventures, comme dans les dessins animés.

Les images sont exceptionnelles et laissent pantois par leur beauté sauvage. Le résultat est efficace: ces animaux deviennent plus proches de nous et, espérons-le,  cette oeuvre cinématographique -qui va au-delà du documentaire- participera à l'éducation des jeunes générations pour une meilleure protection de la nature et des félins, qui sont encore, rappelons-le sans relâche, les victimes de chasses cruelles qui portent atteinte à leur dignité tout en les menaçant d'extinction.

 

USA Félins Bébé félin tête Disney

L'histoire est une tragédie, immuable et sacrée: combat pour la survie de l'espèce et du clan, pour l'hégémonie d'un chef incontesté, combat pour le territoire.

Mais il ya aussi les jeux et la tendresse...Et tout cela de façon hiératique et élégante...

Depuis leur origine, les Studios Disney font parler les animaux et les personnifient, comme le faisait à sa manière Jean de La Fontaine et avant lui Esope. Une façon détournée et ludique de nous renvoyer un miroir de nous-mêmes; mais en mieux. Car il y a indéniablement plus de beauté, d'élégance et de noblesse chez les félins que chez la plupart de nos contemporains. De siècles en siècles, le processus révolutionnaire a fait des roturiers, jaloux et envieux, les chasseurs des seigneurs. Nombre de ces derniers sont aujourd'hui domestiqué... L'aristocratie a donc déserté les hommes pour retrouver sa place originelle chez les Félins.

Hâtez-vous d'aller voir ce film, car bientôt, -demain est aujourd'hui-, nous ne pourrons voir que quelques tristes félins dans des zoos ou quelques réserves. Le tout dans une République planétaire, triste et uniformisée, où une nouvelle élite de vulgaires domineront...

 

 

 

 


 

 

 

En Afrique, au Kenya, dans l’une des régions les plus sauvages du monde, les animaux vivent libres et loin des hommes.

Au sud du fleuve qui divise ces magnifiques terres, règne le clan des lions mené par Fang. La lionne Layla y élève la jeune Mara. Entre chasse et liens familiaux puissants, c’est la vie d’une famille qui s’écrit. Au nord du fleuve, le lion Kali et ses quatre fils rêvent d’étendre leur territoire. Bientôt, les eaux seront assez basses pour que les maîtres du nord tentent leur chance au sud…

Dans cet environnement où chacun joue sa survie chaque jour, Sita, une splendide femelle guépard, tente d’élever seule ses petits.

Au fil des saisons, tous ces destins vont se croiser à travers une histoire qui n’est ni inventée ni mise en scène, mais captée comme jamais auparavant, de sa bouleversante intimité à sa spectaculaire beauté.

 

 

 

 

 

 

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Pays Maasaï où coule la rivière Mara

 

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Guerrier Maasaï: beauté et grandeur de l'homme qui sait rester petit...

 

 

 

Afrique Masai group smiling

 

 

 

Afrique masai-girl beauty

Les réalisateurs du documentaire Félins ont posé leurs caméras dans la Réserve nationale du Masaï Mara au Kenya.

Ce lieu tire son nom de la tribu qui vit sur ces terres, les Masaïs, et de la rivière qui les traverse, un cours d'eau appelé Mara, comme la jeune lionne héroïne du film.

 

 


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Les anciens délivrent aux enfants des connaissances concernant les plantes, les animaux, mais aussi les usages et l’histoire de leur peuple.

Les garçons masaï deviennent de jeunes guerriers ou morane vers l'âge de quinze ans. Un ancien leur apprendra le maniement des armes, les chants de guerre, les danses traditionnelles. Différentes cérémonies initiatiques accompagnent le passage des jeunes Masai mâles à l’âge adulte. Le plus important est la circoncision, qui peut être pratiquée au même moment pour de nombreux individus. Ces personnes appartiennent dès lors à une même classe d’âge. Les jeunes garçons ne doivent ni faire de bruit, ni bouger durant la cérémonie.

Il a été dit que chaque jeune devait tuer un lion avant sa circoncision : il s’agit d’un mythe véhiculé notamment dans le cadre de l’industrie touristique. Il est vrai toutefois que tuer un lion permet d’acquérir célébrité et prestige au sein de la communauté.

Après le rite de circoncision, les jeunes guerriers partent vivre en groupe dans un village spécialement construit pour eux (manyatta), loin de l’univers féminin. Ils ne pourront se marier qu’une fois qu’ils seront devenus des guerriers adultes.

L’accès à la puberté des jeunes filles est marqué par une cérémonie durant laquelle les femmes âgées pratiquent l’excision de celles-ci. Le gouvernement kenyan et différentes ONG ont tenté d’éradiquer cette pratique.

 

 

 

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Le tournage des images de Félins a demandé près de deux ans et demi à l'équipe du film ! Il faut dire que les principaux acteurs n'étaient pas du genre à se présenter à une heure fixe devant les caméras des réalisateurs. Pendant ces deux ans, seule une vingtaine de jours a offert à l'équipe du film des "événements extraordinaires", selon le réalisateur Keith Scholey.


L'une des étapes les plus décisives de la production de Félins a été le choix du casting...

Le co-réalisateur Alastair Fothergill revient sur ce moment : "Le choix des animaux était notre mission la plus difficile. Une fois décidés sur un félin, nous devions le suivre jusqu’au bout du tournage. Dans le rôle du guépard, il nous fallait une femelle assez mature et assez vigoureuse pour avoir une chance de la voir élever ses petits jusqu’à l’âge adulte", le metteur en scène Keith Scholey complétant : "Pour les lions, nous cherchions une troupe légèrement atypique. Il fallait qu’une aventure puisse naître de ce groupe."

 

 


 

En débutant la réalisation de Félins, Keith Scholey ne pouvait pas suivre à la lettre un scénario, en raison de son casting composé d'animaux sauvages. Cela n'empêche pas ce film documentaire d'être aussi fort qu'un long métrage traditionnel, comme l'explique le réalisateur : "Un grand film suppose de grands rôles, et les fauves africains sont de véritables héros qui traversent des épreuves d’une extraordinaire intensité dramatique. Ce sont des stars de cinéma en puissance ! Dans ce film, nous avons pu montrer la vraie vie d’un "roi lion" avec autant d’émotion, d’humour et de rebondissements que dans n’importe quel film hollywoodien."

 

 

 

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Alastair Fothergill, qui a co-réalisé Félins, est l'un des réalisateurs de documentaires animaliers les plus reconnus de la planète. Il a réalisé ou co-réalisé diverses séries et longs métrages, dont Un jour sur Terre (et la série qui en est à l'origine, Planète Terre), La Planète bleue, et il s'occupe actuellement d'un film sur les Chimpanzés.

 

 


 

Même s'ils ont la chance de vivre dans une réserve protégée, les héros de Félins sont les porteurs d'un message sur la protection et la sauvegarde de la faune, dont l'équilibre est parfois menacé. Keith Scholey expose sa démarche :


"Ce serait formidable que les spectateurs réfléchissent à cette question. Mais le but du film est avant tout de susciter l’intérêt pour ces créatures remarquables. Il faut que les gens comprennent leur mode de vie en se projetant dans leur monde."

 

 

 

 

 


Afin de capter chaque mouvement lors de la course des guépards, les réalisateurs de Félins ont utilisé une caméra à grande vitesse (Phantom), pouvant filmer jusqu'à 450 images par seconde !

 

 

 

 

 


A la narration de Félins, on retrouve Pascal Elbé.

En découvrant le film, l'acteur-réalisateur de Tête de Turc a été touché par ces animaux sauvages : 

"J’ai été impressionné par la beauté des images, mais surtout par la force des destins des félins. Ces animaux sont magnifiques et il est frappant de voir à quel point les enjeux qui sont les leurs nous renvoient directement à notre propre humanité. Il est question de sacrifice, de choix, de courage, de liens bouleversants. Leur histoire nous parle très directement". Dans la version américaine de, c'est Samuel L. Jackson qui accompagne les images de ce documentaire.

Le générique de fin de  crédite des animaux sauvages à des postes techniques, comme s'ils étaient des membres de la production : on retrouve par exemple une girafe comme opérateur de grue !

 

C'est le dernier film en date portant le label Disneynature. Ce documentaire a été annoncé en 2008, lors du lancement du label, avec plusieurs autres projets, qui ont vu le jour depuis : Les Ailes pourpres : le mystère des flamants, Pollen, etc.

Après les lions et les guépards, Disneynature proposera en 2013 un nouveau documentaire, consacré aux Chimpanzés.

La critique rugit de plaisir...

Félins a remporté un Prix Spécial du Jury lors de l'édition 2011 du Jackson Hole Wildlife Film Festival, une manifestation récompensant les meilleurs documentaires consacrés à l'environnement.

 

 

 

 

 


Don Hahn, le producteur exécutif de Félins, a auparavant produit le dessin animé Le Roi Lion. Il a aussi été producteur exécutif de deux autres productions Disneynature, Un jour sur Terre et Océans.

 

In Allociné; Secrets de tournage.

 

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 06:03

BONOBOS

 

SND

 

Vivez une histoire d'amour extraordinaire...

SND

SITE OFFICIEL

 

C'est une grande histoire d'amour; c'est donc l'histoire d'un combat.

 

 

 

 

 

 

 


Le combat d'un être humain, d'une femme, qui a tout quitté pour vouer sa vie au sauvetage d'une espèce en voie de disparition, une de plus, en Afrique, au coeur du Congo où vivent les derniers grands singes: les bonobos.

 

 

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"L'Afrique verte"; la République démocratique du Congo ou Congo Kinshasa.

 

 

 

 

 

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SND C'est un document-fiction qui nous parle du sauvetage d'un jeune bonobo, Benny (béni?). Son histoire ressemble à des milliers d'autres histoires d'espèces animales ou végétales qui voient leur territoire réduit à une peau de chagrin. Oui, il s'agit de chagrin et de pitié en voyant ces grands singes condamnés à disparaître.

Mais heureusement, l'amour est plus fort que la mort...

 

Claudine André. SND A côté des grands scientifiques et des ONG de renom international, il y a les passionnés comme Claudine André. La préservation des espèces en voie de disparition et de la biodiversité passe inéluctablement par ces amateurs avec un grand A.

Claudine André, fille d'un vétérinaire belge, mère de cinq enfants, a voué sa vie au sauvetage et à la protection de ces grands singes si proches de nous, les hommes, dans un territoire de 35ha au coeur du Congo. Cette femme, merveilleuse de dévouement, avec une équipe pluridisciplinaire, élève et prend soin des petits orphelins bonobos, avec finalement assez peu de moyens mais  un coeur immense.

Claudine André. SND

 

 

 

 

 

Les bonobos sont chassés par les hommes qui, traditionnellement, consomment leur chair. Claudine André, émule de Diane Fossey (assassinée par des trafiquants de gorilles) et de Jane Goodall, s'efforce alors de les détourner de la consommation de "la viande de la brousse" par des campagnes d'informations et d'éducation.

Travailler avec les hommes: faire de "la conservation intégrée".

Pour ce faire, Claudine André a compris l'essentiel: aucune préservation ne peut se faire efficacement sans la participation et la responsabilisation des populations locales. Elle s'appuie donc sur des légendes selon lesquelles les bonobos seraient des ancêtres lointains qui naguère ont déjà aidé les hommes. Elle aide donc les gens du paysage forestier de Maringa-Loponi-Wamba où existent encore des tabous, à s'organiser avec des associations de pêcheurs et d'éleveurs en leur donnant la possibilité d'acquérir du matériel. Ainsi, elle tente de les dévier de la chasse. Par contre, ils peuvent pêcher dans leurs forêts: le niveau de l'eau monte d'un mètre cinquante par an et lorsqu'elle se retire, il reste beaucoup d'anguilles, poisson abondant et bon marché. Il y a aussi la saison des chenilles, riches en protéines, pendant laquelle ils peuvent les récolter. Cela fait maintenant trois ans que ça marche.

Claudine André est obligée de pratiquer la conservation intégrée. Elle est consciente que, sans intégrer les populations riveraines aux projets de conservation, elle n'arrivera pas à sauver les bonobos.

A mille kilomètres de Kinshasa, dans la zone où elle a relâché des bonobos, il y a eu une réelle collaboration avec la population locale: des tribus ont la jouissance coutumière de cette partie de la forêt et sont les derniers gardiens de la forêt.

"En échange de cela, nous travaillons énormément avec eux, c'est 80% de notre travail là-bas. Nous les aidons à réorganiser les comités de développement de villages dévastés par la guerre civile, à reconstruire la société et tout simplement à croire en l'avenir".

SND

L'histoire de Béni est représentative du destin malheureux de nombreux animaux sauvages, à la différence que Béni aura la chance d'être sauvé par une femme d'exception.

La mère de Béni a été tuée en voulant le protéger. Le petit bonobo finira en cage dans un bar de Kinshasa où des hommes sans scrupules ni l'ombre d'une conscience le maltraitent.

Une fois arraché à sa captivité, à demi mort, Béni trouvera un havre de paix, un sanctuaire créé par sa nouvelle mère Claudine André. Elle devra  le soigner, mais aussi l'éduquer comme un bébé d'homme, avec beaucoup d' amour.

SND

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V. le site en cliquant sur:Un sanctuaire pour les bonobos dans une Afrique meurtrie, belle et fragile: Lola ya Bonobos

 

 

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Croire en l'avenir dans une Afrique meurtrie, belle et fragile...

 

 

 


 

Eduquer les jeunes générations, changer les mentalités, apprendre aux jeunes Congolais que la faune et la flore de leur pays sont une richesse dont ils doivent être les dignes héritiers, demeure un défi dans un pays dévasté où les populations ont été traumatisées par des années de guerre civile et de dictature marxiste. Croire en l'avenir passe par la restauration de la confiance en soi.

 

   Claudine André est efficacement épaulée par une équipe pluridisciplinaire dont deux vétérinaires et une infirmière à plein temps. Sauver des orphelins  bonobos profondément traumatisés, exige de bien les nourrir mais aussi et surtout de les aimer.

 


Henriette (merveilleuse mère de substitution) et Sake.

 

 

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Forêts | le 7 novembre 2011

Futur volé par l’exploitation forestière en République démocratique du Congo

 

Nous en parlions l’été dernier : le 2 mai 2011, une véritable expédition punitive a été menée par des représentants de la police et de l’armée contre les habitants du village de Yalisika, dans le territoire de Bumba en République démocratique du Congo, en répression de la révolte menée par des villageois contre la compagnie d’exploitation du bois SIFORCO, filiale congolaise du groupe Suisse Danzer.

 

Aujourd’hui, Greenpeace publie un rapport intitulé : “Futur volé : Conflits et exploitation forestière au cœur des forêts congolaises – le cas Danzer ” qui décrit en détail le rôle joué par Danzer dans les violences subies par la communauté de Yalisika : un villageois – Frédéric Moloma Tuka – est mort, et plusieurs femmes ont été violées, y compris des mineures. D’autres personnes ont été battues, tandis que 16 personnes ont été arrêtées et emmenées.

 

Ce rapport montre et explique, comment le secteur industriel forestier en RDC continue d’alimenter les atteintes aux droits de l’homme perpétrées à l’encontre de communautés forestières laissées-pour-compte. Ces communautés ne font pourtant que demander que leurs droits soient respectés. Les faits survenus le 2 mai dernier, dans lesquels Danzer est impliqué, illustrent tout à fait le comportement des compagnies forestières en RDC.

 

Les preuves de l’implication de Danzer

 

Danzer a hébergé la réunion du Comité de sécurité du territoire au cours de laquelle la décision a été prise d’envoyer les forces policières et militaires. L’entreprise a également fourni le camion qui a permis de transporter les forces de sécurité jusqu’au village isolé de Bosanga. Au vu d’autres incidents par le passé où la police et des militaires sont intervenus dans des conflits entre les compagnies forestières et les communautés locales, Danzer ne pouvait pas ignorer que la situation allait très probablement se solder par des actes de violence. Des villageois ont été battus, une maison a été réduite en cendres et des biens ont été saccagés, puis 15 habitants ont été arrêtés et conduits à la prison de Bumba dans le camion de Danzer. En chemin, le camion a fait une halte sur le site de Danzer. D’après des témoins oculaires, le chef de chantier est monté à bord du camion pour regarder les personnes qui avaient été interpellées, puis a payé les agents de sécurité avant que le camion ne reprenne la route.

 

Les témoignages receuillis par Greenpeace dans ce dossier sont extrêmement poignants, choquants, et accablants.

 

Le groupe Danzer affirme être engagé dans une démarche de “gestion responsable”. Dans sa politique environnementale, on peut lire : “Notre système de gestion de l’environnement et de la sûreté vise à protéger tous nos employés, la population et nos écosystèmes“.

 

Mais le drame vécu par la communauté Yalisika, montre clairement que ce système ne fonctionne pas. Depuis longtemps, le groupe Danzer gère ses activités forestières de façon irresponsable. Pourtant, il est parvenu à obtenir des certificats du Forest Stewardship Council (FSC). La concession de Danzer située juste à côté du territoire de la communauté de Yalisika a ainsi obtenu un label “bois contrôlé” du FSC, premier pas vers une certification FSC complète.

 

Pour Greenpeace, il n’est pas acceptable pour une entreprise comme Danzer de recourir aux forces militaires ou policières pour gérer leurs différents avec des communautés affectées par leur exploitation forestière, compte tenu des très forts risques de violence démontrés par des cas passés. Danzer doit assumer la pleine responsabilité de son rôle dans les événements violents survenus le 2 mai dernier, et ne doit pas faire obstruction à la procédure judiciaire engagée par les victimes de la communauté de Yalisika à l’encontre des responsables présumés. Malheureusement, de nombreux éléments indiquent que la compagnie fait pression depuis quelques semaines sur la communauté Yalisika pour parvenir à un arrangement à l’amiable.

 

Les bailleurs de fonds complices ?

 

Les pays bailleurs de fonds européens, comme l’Allemagne ou la France, soutiennent les intérêts de compagnies forestières industrielles telles que Danzer, bien que leurs activités ne procurent en réalité que de maigres avantages économiques aux communautés locales de RDC. Ainsi, la banque allemande de développement conduit actuellement un projet visant à aider les entreprises d’exploitation forestière, y compris Danzer, à obtenir la certification FSC. La terrible réalité, c’est que ces bailleurs de fonds – dont l’objectif est de réduire la pauvreté et de favoriser un développement durable – financent au contraire un modèle qui détruit l’environnement et confisque aux communautés locales leurs forêts et leurs moyens de subsistance.

 

C’est pourquoi Greenpeace a agi ce matin : 12 activistes ont pénétré dans la zone de stockage du port de Blainville (Caen) pour intervenir sur une quinzaine de grumes (troncs) de bois tropical en provenance de République Démocratique du Congo (RDC) et appartenant au groupe allemand Danzer. Ils ont délimité une scène de crime, peint en couleur de sang sur le bois et déployé des banderoles “Danzer crime au Congo” ou “la France complice”.

L’Agence Française de Développement doit en urgence rompre ses liens avec les entreprises comme Danzer et utiliser l’argent du contribuable au profit de la protection des forêts et des communautés forestières plutôt que de soutenir ce type d’exploitation industrielle.

 

GREENPEACE

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:31

POLLEN

(Atchoum!)

 

 

 

 

SITE OFFICIEL

 

 

 

 

The Walt Disney Company France

 

"L'amour est diffusif de lui-même..."

(St François de Salles)

 

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"L'Amour est plus fort que la Mort"

(Evangile de St Jean)

 

The Walt Disney Company France

 

Notre futur dépend de ce qui semble à nos yeux le plus petit et le plus faible...

 

The Walt Disney Company France

 

 

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The Walt Disney Company France

 

 

 

 

Comme dans une frise, tout est intimement lié dans une chaîne infinie d'Amour, de rencontres & d'échanges. Comme dans une phrase musicale où chaque petite note chante l'harmonie de l'oeuvre toute entière; si vous l'enlevez, alors l'équilibre est rompu. 

 

The Walt Disney Company France

 

 

Dans la pénombre, à l'heure où les Ombres s'allongent et que le Soleil fatigué, pâlit, au coeur de l'obscurité, quand les ténèbres étendent leurs ailes de velours, dans le silence du crépuscule, Je suis là;  la Vie poursuit son œuvre...

"Le bien ne fait pas de bruit; le bruit ne fait pas de bien..."

 

The Walt Disney Company France

 

 

The Walt Disney Company France

 

 

 

"Poète, prends ton luth et me donne un baiser;

La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,

Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser;

Et l'oiselet bleuté, en attendant l'aurore,

Aux premiers buissons verts commence à se poser.

Poète, prends ton luth, et me donne un baiser..."

 

Alfred de Musset (1810-1857), La nuit de Mai; La Muse.The Walt Disney Company France

 

 

 

 

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The Walt Disney Company France

 

 

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Amerique-Sud-epandage_pesticides_huelva_2-2-73704.jpg

 

 

Épandages de pesticides.Il faut produire toujours plus, pour plus de rendements,pour plus d'hommes.

 

 

La pire des catastrophes écologiques est l'apparition de l'homme sur la Terre.

 

 

"Tandis qu'à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rit, malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.The Walt Disney Company France

Dans le verger et dans la vigne,

Il s'en va, furtif perruquier,

avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose;

Lui descend au jardin désert,

Et lace les boutons de rose

Dans leur corset de velours vert.

Théophile Gautier (1811-1872), Premier Sourire du Printemps; Emaux & Camées, 1852.

 

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"La plus délicate des roses

Est, à coup sûr, la Rose-Thé.

Son bouton aux feuilles mi-closes

De carmin à peine est teinté.

On dirait une rose blanche

Qu'aurait fait rougir de pudeur,

En la lutinant sur la branche,

Un papillon trop plein d'ardeur...".

Théophile Gautier.The Walt Disney Company France

 

The Walt Disney Company France

 

 

 

A vous troupes légères,

Qui d'aile passagère

Par le monde volez

Et d'un sifflant murmure

L'ombrageuse verdure

Doucement ébranlez,                                

                                         J'offre ces violettes,

Ces lys et ces fleurettesThe Walt Disney Company France

Et ces roses ici,

Ces vermeillettes roses,

Tout fraîchement écloses

Et ces oeillets aussi.

Joachim Du Bellay (1522-1560); Divers jeux rustiques,1558.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photo:Pierre & Gilles

Oh! Le Bio Jardinier!

 

 

 

 



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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 08:04
SERKO

Gebeka Films

Une merveille!


Gebeka Films

A la fin du XIXe siècle, aux confins asiatiques de l'Empire russe...



Gebeka Films

1889:  Dimitri, un jeune cosaque décide de parcourir plusieurs milliers de kilomètres à cheval pour demander audience au tsar à Saint-Pétersbourg afin qu'il protège un peuple nomade (les Evenks) et leurs chevaux vivant aux confins asiatiques de l'Empire...

Carte 2 empire russe 1900


Monté sur Serko, un petit cheval gris, Dimitri quitte sa garnison des confins asiatiques de l'Empire russe, sur les bords du fleuve Amour...
Après d'extraordinaires péripéties, tous deux arrivent à Saint-Pétersbourg, à la cour du Tsar.
Ayant couvert plus de 9000 kms en moins de 200 jours, ce jeune cavalier, jusqu'alors moqué par ses camarades pour ses gaucheries, a réalisé le plus fantastique exploit équestre de tous les temps, résolu à plaider la cause d'un peuple de nomades, les Evenks, et de leur élevage de chevaux en péril que seule, l'autorité du Tsar de toutes les Russies peut sauver...
Comment ont-ils pu survivre aux mille difficultés d'un tel voyage, résister au froid extrême de l'hiver sibérien, surmonter les mille obstacles dressés sur leur chemin?

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Jean-Louis Gouraud écrivit l'histoire de Pechkov et Serko pour que les Russes la connaissent; le livre fut publié en Suisse en 1996, puis réédité en 1997 par les éditions Favre puis par France-Loisirs, traduit en russe et publié à Moscou deux ans plus tard aux éditions Terra.
Aujourd'hui épuisé, le "vrai-faux" roman sera réédité prochainement, dans une version enrichie aux éditions du Rocher (collection Cheval-Chevaux).

A l'origine, c'est une histoire vraie.
Une prouesse équestre inouïe; le raid le plus extraordinaire, sans doute, de tous les temps: prés de 9000 kms en moins de 200 jours, sans changer de monture.
C'est-à-dire (si l'on tient compte d'un arrêt forcé pour cause de maladie) prés de 60 kms par jour, 6 mois d'affilée!


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14 juillet 1990: Jean-Louis Gouraud arrive à Moscou, sur la place Rouge, après un périple à cheval long de 3333 kms parcourus en 75 jours; les Moscovites le couvrent de compliments et de Hourra!
Jean-LouisGouraud explique à nos amis russes que ce n'est rien à côté de l'exploit de Pechkov et Serko en 1889.
Pechkov? Serko? Quelle épopée? Quel exploit?
fait, les Russes n'en avaient jamais entendu parlé!
C'est ce qui va décider Jean-Louis Gouraud à vouloir la raconter, quitte à l'enjoliver un peu: le résultat fut un bouquin de 200 pages intitulé Serko.

Une histoire vraie qui devient un roman qui devient un film...Produit par Catherine Duissart, il a été réalisé par Joël Farges, amoureux des grands espaces et des peuples en voie de disparition, le scénario est finalisé par Michel Fessler; quant aux rôles principaux, ils ont été confiés à Aleksei Chadov et Jacques Gamblin.
C'est alors que la production confie à Jean-Louis Gouraud la plus excitante des missions: trouver et choisir les chevaux qui tiendront le rôle de Serko: un casting de chevaux!
Appelée en refort, Eva Schakmundès a su faire de Aleksei Tchadov, le jeune comédien recruté par Joël Farges pour jouer le rôle de Pechkov, qui, trois mois avant le début du film, n'était jamais monté sur un cheval.


serko-poster

A l'origine, une histoire vraie; une prouesse, le raid le plus extraordinaire!
Les auteurs de cet exploit s'appellent Serko (le cheval) et Pechkov (le cavalier); il eut pour cadre les immensités russes à la fin du XIXe siècle.
En ces temps-là, aux confins asiatiques de l'Empire des Tsars, des villages cosaques (stanitza), établis tout au long du fleuve Amour, assurent la sécurité des frontières; de l'autre côté du fleuve, c'est un autre immense Empire: la Chine, précisément, la Mandchourie.
Dans une de ces bourgades, Blagovestchensk ( "la bonne nouvelle" dans son sens religieux), un cosaque d'une trentaine d'années s'ennuie... Là-bas, les distractions sont rares pour un célibataire; son meilleur copain,c'est son fidèle cheval, un petit cheval local, qu'il a acheté en 1885, un prix raisonnable (150 roubles) à un collègue d'une stanitza voisine.
Chanfrein busqué, encolure courte et épaisse, ganaches lourdes, il est typique des chevaux de la région, mais n'appartient pas à une race précise. Il est d'origine mandchoue, comme presque tous les chevaux nés et élevés des deux côtés du fleuve Amour, qu'on appelle aussi parfois des amourskis.
Il ne paie pas de mine, mais c'est un sâcré petit cheval!
Bon porteur, endurant et résistant; il n'a pas vraiment de nom. Comme un peu partout en Sibérie et en Asie centrale, on désigne les chevaux simplement par une particularité physique; celui-ci est gris: sery en russe; Pechkov, affectueusement, l'affuble de diminutifs, tantôt "serok", tantôt "serko".
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A cause de la bêtise et de la méchanceté des hommes, la race de cheval à laquelle appartenait Serko a totalement disparue aujourd'hui.


 
Un beau matin,  Dimitri Nicolaïevitch Pechkov, ayant le grade de sotnik (chef d'escadron), est pris d'une furieuse envie de bouger...

serko triptyque

Le 7 novembre 1889, vers midi, monté sur Serko, Pechkov quitte Blagovestchensk, avec la ferme intention de gagner St Petersbourg, la magnifique capitale des Tsars bâtie sur ordre de Pierre Ier le Grand,  et située très à l'ouest, à quelques milliers de verstes (une verste= un km) .
Est- ce à cause d'un pari ou le désir de battre un record, un acte de folie grandiose dont les Russes ont le secret?
Tout cela en même temps?
Personne ne croit qu'ils réussiront; tout le monde est persuadé que Pechkov est fou mais l'époque est à la conquête des records et les Russes sont fiers de leurs héros.


Le 19 mai 1890, ils pénètrent dans Saint-Pétersbourg, après avoir traversé tout l'Empire depuis sa partie asiatique jusqu'à sa partie européenne, franchissant steppes, forêts, fleuves et montagnes!



serko-pechkov-voyage.jpg



Dans le film, Pechkov est reçu par le Tsar à qui il veut demander de l'aide et plaider la cause du peuple des Evenks et de leurs chevaux, menacés par la construction du Transsibérien.
Avoir choisi un enfant pour jouer le rôle du Tsar constitue un anachronisme: est-ce Alexandre III ou Nicolas II? Dans tous les cas, l'acteur est beaucoup trop jeune.
Armoiries Russie

Russie Nicolas II

Nicolas II (1868-1918)
Monté sur le trône en 1895, le jeune Empereur met fin aux réformes à cause de la violence des extrêmistes révolutionnaires qui sapent le régime autocratique des Romanov; mais il commettra de lourdes erreurs qui le mèneront à sa destitution puis à être massacré avec toute sa famille sur ordre de Lénine.

Dans leur bêtise et leur méchanceté, les assassins bolchéviques abattront aussi le chien du Tsarévitch...


Après l’exploit des « Galopins magnifiques » (Cheval Attitude n° 9), qui parcoururent à cheval les Etats-Unis au début du 20ème siècle, notre rubrique Crinières au long cours se penche à présent sur les performances des cavaliers Pechkov et Stevens. Qu’est-ce qui peut pousser le Russe Pechkov et l’Américain Stevens à traverser eux aussi un autre grand pays, la Russie, à la fin du 19ième siècle ? Traversées à cheval de la Russie, des Etats-Unis : anticipation de la grande opposition idéologique du 20ème siècle ?

 

La fin du 19ème siècle a été de fait propice aux premiers exploits à cheval. En 33 jours, du 16 avril au 19 mai 1889, alors qu’on vient d’achever la Tour Eiffel et que l’exposition universelle bat son plein, le jeune sous-lieutenant de 25 ans, M.A. Asseev, accomplit un périple de 2640 kilomètres qui le mène de Lubny à Paris, avec ses 2 juments, Diane (5 ans) et Vlaga (7ans). 80 kilomètres par jour, « une équitation à la turkmène » comme dit J.-L. Gouraud, un cheval bien chargé et l’autre complètement nu.

Peu après, du 07 novembre 1889 au 19 mai 1890, l’officier cosaque, le sotnik D.N. Pechkov, entend rivaliser avec le précédent et se lance dans un raid de 8838 kilomètres en 193 jours, d’une bourgade de la région du fleuve Amour à Saint - Petersbourg, « Le raid le plus extraordinaire de tous les temps » (Gouraud). Une traversée de la Russie d’est en ouest, sur le cheval Sery ou « Le Gris » (13 ans), à raison de 46 kilomètres par jour en moyenne et en portant une charge de 82 kilos.

Enfin, dans l’été 1890, le journaliste américain T. Stevens, auteur d’un voyage autour du monde à bicyclette, entreprend de chevaucher à son tour de Saint - Petersbourg à Sébastopol en Crimée, traversant ainsi la Russie du nord au sud sur son cheval hongrois baptisé Texas.

Sachant qu’on louait à son époque le comte Zoubrovitch pour avoir fait, 15 ans auparavant, le voyage à cheval de Vienne à Paris, Asseev relève ce qu’il présente comme un défi. Pechkov, quant à lui, se comporte de la même façon, il relève aussi un défi. Stevens, de son côté, affirme vouloir rencontrer le vrai peuple russe, rétablir la vérité sur son compte et, par là, être utile aux cavaliers et sportifs à venir.


Discours de la performance ou du récit social

 

La forme de l’écrit proposé au lecteur importe beaucoup dans la narration du défi. Soucieux de dire la vérité, Pechkov nous délivre des notes de voyage, dans un journal subdivisé en mois et en jours. Aucune fioriture de style ! Grande précision dans les noms de lieux et de personnes ! Le propos est porté par le rituel et la stéréotypie : pour chaque jour, on évoque le temps qu’il fait, l’état de la route, les paysages, les gens rencontrés de l’accueil à l’étape du soir, les distractions prises. Plus on approche de la fin du voyage, plus la tournure se veut un brin épique : les curieux se font foule, l’enthousiasme gagne le cavalier, comparé au passage au preux de légende des contes russes, le prince Bova. Tout est donc dans le petit fait vrai et « le miroir promené au long de la route ». Difficultés de l’épreuve : peu de choses parfois pour manger, se laver, soigner homme et animal ; cavalier pris pour un saltimbanque, un bandit, un vétérinaire, un évêque défroqué ; tempêtes et froid intense. Plaisirs de l’épreuve : les populations croisées au hasard de la route ; la rumeur populaire qui prétend que le cavalier aurait abattu 300 sujets chinois avec son sabre ; les gens qui comprennent la valeur de l’exploit en cours ; la photographie que l’on vous demande ; les personnalités qui se déplacent et les cadeaux qui vous sont faits ; le succès pour ce que l’on croyait impossible.

serko-pechkov-peinture.jpg

Stevens, quant à lui, se positionne aussi par rapport à l’exploit équestre de Pechkov, qu’il rencontre au début de son aventure. Mais son cheval Texas, comme celui de son accompagnateur et interprète Sacha, n’existent que fort peu sous sa plume, sauf à l’extrémité du récit, où cavalier et monture se comportent en « vrais aventuriers ». Tout le propos consiste à dresser ce que Stevens pense être « un portrait impartial des Russes et de leur pays » lors de l’été 1890 : « une grande nation placée sous le joug d’une autocratie ». Dans cette « Russie, pays médiéval », il distingue la Russie du pouvoir et des administrations face à « la Russie intérieure » des paysans. Et le souci du reporter, qui déclare avoir visité auparavant 24 pays, est de composer pour conserver à son récit aux allures de forme - ballade une apparence de continuité. Apparaissent alors des chapitres qui, plus que la chronologie, mettent en avant le pittoresque de la notation, de la description, du portrait, de la fiche bien documentée. Une radiographie de l’âme russe peinte de l’extérieur !


La Russie des paysages et des gens

 

Russie Kustodiyev Boris Mikhailovich; la fête de l'hiver;

Pechkov accomplit son exploit en hiver, par -20 à -40 degrés, par monts et par vaux, de forêts parfois impénétrables en routes souvent défoncées, d’effondrements en ornières boueuses, de relais de poste en pensions de fortune. Tout au long de sa route, il croise les Toungouses de l’Amour, les Bouriates du Baïkal, une colonie mandchoue, un groupe de Chinois attirés par les mines d’or, un convoi tatar, des prisonniers, des gens ivres, sans oublier les rennes, yacks, chameaux, ours, loups et chèvres sauvages ; et les contrôles incessants d’identité, et les connaissances rencontrées un peu partout. Homme austère, attaché à l’argent qu’il faut économiser, il est cependant sensible à la beauté architecturale d’une prison, d’une église, ou d’un site naturel. Chaque soir ou presque, il lui arrive de fréquenter, après sa rude journée d’efforts, le théâtre pour apprécier une opérette, une comédie ou un concert. Et il visite au besoin une exposition. Il va et dit vite ce qu’il voit et ressent.

Russie 1ermitage

Stevens va de Saint - Pétersbourg à Sébastopol et surtout à cheval de Moscou à la Mer Noire, pour revenir ensuite en bateau par le Don et la Volga. Pour lui aussi, l’équipée à cheval se fait par monts et par vaux, mais sans paraître insurmontable. Traversée des forêts du nord ; puis passage dans la zone entre forêt et steppe, où se trouve par exemple la région du monde la plus riche en… rossignols, Petite Russie avec ses champs de tournesols et ses villes ; enfin, arrivée dans les steppes de Crimée au pays idyllique des Tatars. Retour à la civilisation ! Stevens est frappé par la brutalité des forces de l’ordre, « la barbarie et la corruption de l’administration » qui réclame sans cesse les passeports, la rudesse du système politique avec ses prisons et ses autocrates à tous les échelons, sa peur des espions et sa délation généralisée, « la prostitution servile de la paysannerie », les prêtres ivrognes aux mœurs dissolues. Il évoque la forêt russe et le commerce du bois, les routes et la circulation, les conditions d’hébergement, l’ébriété quasi générale de la population, ses coutumes et superstitions. Il ne loue que deux rencontres : celle de Tolstoï et celle du petit gouverneur d’Ekaterinoslav, les deux seuls exemples d’hospitalité véritable pour lui. Le reportage dégaine sa fiche à tout propos et vous parle des ours et des loups, même quand l’observateur ne les a pas sous les yeux ! Témoignage de journaliste !

 

Le voyage intérieur

 

Tout voyage à cheval dans le monde est porté par un arrière -plan qui filtre les perceptions et impressions du cavalier. Pechkov est d’abord profondément croyant et religieux, et il le manifeste jour après jour. Il visite une église ou un monastère, se recueille sur la tombe de ses parents, va aux vêpres, se signe à chaque départ, s’incline devant des reliques. Par ailleurs, il se montre très attentionné pour son cheval qui perd parfois ses poils, saigne des postérieurs ou regarde avec inquiétude en arrière. Volontaire et inébranlable, Pechkov craint cependant les ivrognes qui l’empêchent de se reposer et se montre affecté par les soupçons qui l’accueillent. Il se sent parfois mal, s’ennuie à l’occasion sur la route comme à l’idée d’en finir sous peu avec cette « vie nomade de Tsigane » que son défi lui fait mener. Russe sensible, il ne peut juguler son émotion et ses larmes quand il est reçu en héros.

 

Stevens voit tout avec la mentalité d’un Américain qui se tient sans cesse dans la généralisation et la comparaison. Toute peinture de ville ou de paysage se veut « tableau de l’Orient » ; tout Anglais rencontré est « le parfait exemple de ces Anglais qu’on peut rencontrer en Russie » ; tout Russe est paresseux, illettré, ivrogne : « il existe dans l’âme russe un manque d’énergie et une propension à l’insouciance qui conduisent à une capitulation morale face à des difficultés ». On est constamment dans l’exemplarité négative et la satire produites par un voyageur qui porte haut les valeurs de l’Amérique : « il est préférable de ne pas regarder de trop près les grandes villes de Russie, comme tout ce qui est russe d’ailleurs, l’âme ou les institutions ». L’aveu est de taille !

Le sens profond et le caractère exemplaire du voyage

Serko-sillons.jpg

Asseev entendait prouver par son exploit la valeur de l’officier et du cheval dans la cavalerie de l’armée impériale russe, à la fin du 19ème siècle. Pour Pechkov, il s’agit de surpasser Asseev, qui vient d’ailleurs le féliciter. Course aux records, continuée plus tard par Alexandra Georgievna Kudacheva (12000 kilomètres en 500 jours) pour affirmer la supériorité physique et mentale de l’âme russe !

Pour Stevens, qui vient lui aussi féliciter Pechkov, il importe avant tout que son pays d’origine soit supérieur au pays traversé à cheval. L’œil du journaliste sociologue devient ainsi celui d’un idéologue. Ce cavalier est d’abord le porte-drapeau de sa patrie. L’univers politique et imaginaire du 20ème siècle, avec l’opposition entre Etats-Unis et Russie, est déjà en place dans les consciences de ces deux cavaliers de la fin du 19ème siècle!

 

Bibliographie annotée

 

Dimitri.N. Pechkov et Thomas Stevens, La Russie à cheval. Récits croisés d’un cosaque et d’un reporter (1889-1890), Petite bibliothèque Payot, 2002. 10,40 €.

 

De ce livre de Pechkov et Stevens, dont il a établi et présenté l’édition, Jean-Louis Gouraud a tiré son « vrai faux -roman » intitulé Serko, du nom du cheval de Pechkov (Editions du Rocher, 2006). Puis, le cinéaste Joël Fargès a tiré du roman Serko de Gouraud un scénario, suivi d’un film intitulé lui aussi Serko, dont le héros est Jacques Gamblain. Par ailleurs, du roman Serko, Bartabas a tiré son film Chamane, pour le scénario duquel il a demandé à Jean-Louis Gouraud d’écrire le scénario de son film intitulé Riboy, le double ou la réincarnation du cheval Serko. Bref : la fortune ou la postérité de l’exploit authentique d’un cavalier peut passer, comme le montre l’exemple de Pechkov, par l’imitation sur le terrain de l’exemple donné à cheval, puis l’écriture de plusieurs textes écrits (récits et scénarios) et la réalisation de plusieurs films. Cette richesse apportée par la postérité tient sans doute au potentiel imaginaire fabuleux dont Pechkov n’a su proposer qu’une épure ! L’imagination artistique galope elle aussi sur un vaste territoire !

 

Cet article est tiré du site www.cheval-attitude.com - Permalink : http://www.cheval-attitude.com/article/fiche/la-russie-a-cheval-au-19eme-siecle-272



Russie-serko-tsarskoye-selo.jpg


"Bien qu'extraordinaire et même incroyable, cette histoire vraie est peu connue des Russes eux-mêmes.
C'est en farfouillant dans une collection d'anciennes revues de 1890 que j'en ai eu pour la première fois connaissance(peu de temps avant de me lancer moi aussi dans une aventure équestre, infiniment plus modeste, certes, que celle de Pechkov, mais qui me permit d'apprécier d'autant mieux sa prouesse, de mesurer la prodigieuse vitalité de Serko".
 Jean-Louis Gouraud

Russie mongol-the-rise-of-genghis-khan-800-75

Cette race de chevaux permit aux Mongols de parcourir des milliers de kilomètres depuis les steppes orientales; il fut un instrument de conquêtes redoutablement efficace...
La race, le type, la variété à laquelle appartenait le vrai Serko n'existe plus (chevaux de la région de l'Amour, d'origine mandchoue).
Dans les principaux haras du Heilongjiang - nouveau nom de la Mandchourie- les races locales ont été "améliorées" par des zootechniciens apprenti-sorciers qui ont réussi à leur donner plus de taille et plus de masse certes, mais au détriment, hélas, de leurs prodigieuses endurance et résistance.
Inutile d'aller chercher notre Serko dans ces lointaines contrées, on n'y trouve plus que de braves chevaux semi-lourds, tout juste bons à tirer une charrue et à faire du ... saucisson.




Armoiries Russie-copie-1

 


Russie Pierre le-grand 
Russie nuits-blanches-st-petersbourg-jpg
Saint-Pétersbourg: Pierre Ier voulait que la nouvelle capitale de son immense Empire surpassât Versailles...



Gebeka Films

Le jeune et très talentueux comédien russe Aleksei Tchadov.

 

 



Serko-couple.jpg



Visiblement, la jeunesse russe ne craint pas le froid...

 

 
Russie aleksey chadov







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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 19:06
THE COVE
La baie de la honte


EuropaCorp Distribution
De nos jours: île Taiji, Japon.


Je n'ai pas vu ce film: je ne le supporterais pas.

Cette injustice aussi est scandaleuse qui consiste à fermer les yeux et à se taire lorsque  des pays ou des lobbies puissants commettent ou admettent des exactions qui soulèvent le coeur; si ces massacres de dauphins étaient perpétrés dans un pays pauvre, il y a certainement longtemps qu'ils auraient cessé sous la pression de l'opinion publique!

Mais cessons de gémir et agissons!
D'abord, un grand merci à monsieur Luc Besson pour son talent et son courage investis dans ce film. Espérons qu'il contribuera à faire bouger les consciences...
Je pense aussi à Brigitte Bardot qui, il y a plus de trente ans, s'était beaucoup investie afin de dénoncer le massacre des bébés phoques.Elle fut une pionnière...
Je vais signer des pétitions, écrire au Premier ministre du Japon, envoyer de l'argent, bref, faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cesse ce scandale. Je ne suis qu'une goutte d'eau, certes, mais des millions de gouttes d'eau font les Océans.



EuropaCorp Distribution


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