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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 06:55

 

NIKITA MIKHALOV

le parrain du cinéma russe

 

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Nikita Mikhalkov s'est imposé comme la figure de proue d'un cinéma post-soviétique recentré sur les valeurs nationales.

 

 

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Les grandes armes de la Russie: coiffé de la couronne impériale, l'Aigle à deux têtes regarde vers l'Est et vers l'Ouest, Moscou-StPtersbourg; au centre l'effigie de Saint Georges terrassant le Mal (orthodoxie). Dans chaque patte, l'Aigle tient enserrés dans ses griffes le globe symbolisant l'Univers (le cosmos) et le sceptre impérial (autocratie) symbolisant le pouvoir et l'autorité (potestas et auctoritas) hérités du pouvoir des empereurs romains. En collier, les décorations des ordres impériaux et les blasons des principautés et duchés soumis au fil des siècles par Moscou et formant les principales provinces de l'Empire.

Prés de dix siècles d'histoire russe sont résumés dans ces armoiries qui furent détruites par les Bolchéviques en 1917 et remises à l'honneur aprés la chute de l'URSS en 1990, tel le phénix renaissant de ses cendres.

 

UGC Distribution Scène de Soleil trompeur 2-l'Exode-, le dernier film de Nikita Mikhalkov. Montrant "l'immense sacrifice du peuple russe" durant la Seconde Guerre Mondiale, le cinéaste, proche de Vladimir Poutine, a été accusé par les medias occidentaux bien-pensants, d'avoir procédé à une réhabilitation rampante de Staline. Alors même que ce dernier revêt tout au long du film, une dimension diabolique d'un homme voulant se substituer à Dieu.Le stratagème des tenants de la pensée historico-correcte était calculé suffisamment gros pour prendre:dommage pour eux, ce fut un ratage...

Nous les avions laissés pour morts en 1937. L'un disparu, avec sa famille, dans le tourbillon de la grande terreur stalinienne; l'autre, les veines ouvertes, suicidé dans son bain aprés avoir assouvi sa vengeance. C'était en 1994, et Nikita Mikhalkov triomphait avec Soleil trompeur. Salué par un Oscar, à Hollywood, et le Grand Prix du Jury à Cannes, le film racontait la dernière journée en famille du général Sergueï Topov (interprété par N.Mikhalkov lui-même), héros de l'Union Soviétique, joyeusement perturbée par l'arrivée inopinée d'un vieil ami perdu de vue, Mytya Arsentiev (Oleg Menchikov).

 

 

UGC Distribution

Devenu officier du NKVD -ancêtre du KGB-, ce dernier revenait, en fait, arrêter discrètement Kotov accusé de trahison.

Or, surprise, la mort n'a pas voulu d'eux. Seize ans aprés, les deux principaux protagonistes de Soleil trompeur reprennent du service dans Soleil trompeur 2-l'Exode-. L'action se situe entre 1941 (année de l'invasion allemande) et 1943, pendant la "grande guerre patriotique";alors que l'Armée Rouge lutte à mort contre les Allemands, le major Arsentiev apprend de la bouche même de Staline que Kotov a échappé à la balle dans la nuque qui lui était destinée, et qu'il doit absolument le retrouver; dégradé au rang de simple soldat, Kotov, quant à lui, crapahute dans un bataillon disciplinaire, depuis que le camp du goulag àù il avait été expédié a été bombardé.

 

 

 

Présenté à Cannes (juin 2010), ce deuxième volet y reçut un tout autre accueil que le premier. Ce fut même glacial.Selon la campagne des critiques qui avait été déclenchée plusieurs semaines avant le Festival,le film serait une réhabilitation déguisée de Staline, en brossant un portrait pour le moins "complaisant" du dictateur.Le journal Le Monde (24 avril), pourtant célèbre pour ses articles nuancés,écrivait:"...Mikhalkov est sous le charme". 

En réalité, à travers le film, c'est son réalisateur qui était visé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au même moment, coïncidence sans doute, la presse se faisait l'écho d'une pétition de cinéastes russes contre Nikita Mikhalkov. Président d'une importante société de production, Trite,et, depuis 1998, de l'Union du cinéma russe,ce dernier y exercerait "un pouvoir autocratique" au service d'un "patriotisme d'Etat" relayant "l'essentiel de la politique intérieure de Vladimir Poutine". Tout est dit.Colusion avec le pouvoir! Voilà bien ce qui lui est reproché! Du moins en Occident.Car en Russie, seuls quatre-vingt-dix membres de l'Union du cinéma russe sur cinq mille ont démissionné en guise de protestation. Et le public russe le plébiscite. 

 

 

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  1964, tout jeune acteur dans One step to Moscow.

Nikita Mikhalkov est né à Moscou, le 21 octobre 1945 dans une famille de la vieille noblesse russe. Il est le fils du poète Sergueï Mikhalkov, auteur des paroles de l'ancien hymne de l'URSS puis du nouvel hymne national russe.Son frère cadet est le réalisateur Andreï Mikhalkov-Konchalovski.

Nikita est acteur à dix-huit ans, auteur, à la fin des années 1960, de quelques courts métrages, il réalise son premier long métrage en 1974, Le Nôtre parmi les autres, l'histoire d'un Rouge infiltrant les Blancs pendant la guerre civile de 1918-1921.

Il s'impose avec Quelques jours de la vie d'Oblomov (1979), adaptation du roman de Gontcharov, ou Les yeux noirs (1987), d'aprés Tchekov.Son style est intimiste, avec une sensibilité frémissante.

A la fin des années 1980, apparaît comme l'une des figures montantes du cinéma de la fin de l'ère communiste, incarné notamment par le grand Andrei Tarkovski (1932-1986).  

 

 

 

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Bois de bouleaux; peinture de Levitan, 1895.

 

 

 

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Jour de marché; peinture de Kustodiev, 1910.

 

Nombre de thèmes chers à Tarkovski-la spiritualité, les racines slaves, la terre et l'âme russes- continueront d'rriguer le cinéma post-soviétique. Avant l'effondrement de l'URSS, en 1990-91, ils constituaient une réponse salutaire au totalitarisme communiste. Puis après, ils constitueront un recours face au déferlement d'un capitalisme violent, au délitement accéléré de la société et à la mise en coupe réglée du pays par ses nouveaux oligarques, anciennement communistes. Le traumatisme engendré par cette implosion a, d'emblée, inspiré les réalisateurs russes.

 

 

 

 

 

 

 

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Moscou, dômes dorés d'églises.

 

Dés 1990, Pavel Lounguine assénait un véritable coup de point avec Taxi Blues, présenté à Cannes.

 

 

 

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Prix spécial du Jury.

 

C'est lhistoire parallèle d'un intellectuel juif alcoolique et saxophoniste de jazz, Liocha, qui fait fortune en fuyant aus Etats-Unis, et d'un chauffeur de taxi moscovite, Shlikov, meurtri par la décadence , mais contraint à tous les trafics pour survivre, métaphore du fossé coupant le peuple d'une certaine intelligentsia libérale-libertaire.

Lounguine devait approfondir ce thème douloureux et obsédant , douze ans plus tard, dans Un nouveau Russe, qui retrace le parcours d'un jeune scientifique arriviste devenu oligarque, dont la fortune hâtive s'est bâtie sur sa participation sans états d'âme, à la mise à sac du pays.

 

 

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Le nouveau cinéma russe reflète l'hyperviolence quotidienne, dans le genre western, thriller,gore. Ainsi, entre 1997 et 2000, Alekseï Balabanov triomphe-t-il avec Brat (le Frère) 1&2, aventures d'un jeune soldat démobilisé, Danyla Bagrov, essayant de sauver son frère devenu truand et aux prises avec le crime organisé.

 

 

 Le héros incarne parfaitement un monde russe  déboussolé se défendant contre le déchaînement du matérialisme, du meurtre, de la toxicomanie, de la pornographie...A un criminel dont il vient de "fumer" le complice, Danyla prend le temps d'expliquer:

"Vivre pour l'argent, tu vois, ça sert à rien. Lui, ça l'a tué...".

 

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 Hooligans: "Le foot est l'opium du Peuple".

 

 

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Mafia russe: les mafias infiltrent tous les rouages de l'économie.

 

 

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 Cadets: la puissance militaire russe de demain...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mal de crâne

 

 

 

 

 

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 L'excellent acteur Sergueï Bodrov Jr (Frère, Est-Ouest), prématurément disparu lors d'un tournage (1971-2002).

 


 

  "

 

L'Île de Pavel Lounguine, ce chef-d'oeuvre!

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et comme pour donner du Ciel à la Terre, en contrepoint de ces chroniques de la descente aux enfers, le cinéma russe de ces vingt dernières années, a pousuivi le recentrage, commencé auparavant, sur l'identité profonde de la Russie, son histoire, ses valeurs nationales et religieuses. Et sur ce terrain, Nikita Mikhalkov s'impose, dés 1991, avec Urga, chef-d'oeuvre pastoral sur l'amitié entre un éleveur mongol et un camionneur russe tombé en panne prés de sa yourte. 

 

 

 Hymne à la tradition, ce film souligne subtilement les liens entre "peuples frères", entre le centre russe et ses périphéries en voie d'émancipation.


 

 

 

 

 

 


 

Quatre ans plus tard,dans Anna 6-18, il retrace l'histoire de son pays à travers le regard de sa fille, dénonçant l'endoctrinement communiste puis l'irruption morbide de la modernité post-soviétique, en se faisant toujours le chantre de sa petite patrie, de sa Mère Russie et de la Foi orthodoxe. 

 

 

 

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Tadanobu Asano. Metropolitan FilmExport

 


 

 

 

Mongol, de Sergueï Bodrov,le père de Sergueï Bodrov Jr, souligne, quant à lui, la part asiatique de l'identité russe. 

 

 

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 Nikita Mikhalkov ne  manque pas de projets:"Je voudrais mettre en scène Un coup de soleil, d'Ivan Bounine, le Prix Nobel de littérature réfugié en France aprés la révolution de 1917...Je songe également à une grande fresque sur la société russe de ces  vingt dernières années, une sorte de version russe du Parrain, qui s'intitulerait Il était une fois en Russie"...

 

 

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Kustodiev; Fête de la Sainte Trinité.

 

 

 

 

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Le Barbier de Sibérie: un chef d'oeuvre!

 

 

 

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Enfin, grâce au 7ème Art, les Russes redécouvrent la Russie éternelle...

 

 

 


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landeaulouis - dans RUSSIE
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 10:46

27 décembre 1979...


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"Ils sont restés soudés pendant que leur pays s'écroulait...".

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27 décembre 1979: l'armée soviétique occupe Kaboul: l'Afghanistan s'avèrera un piège mortel pour 300 000 soldats russes et  le régime de Moscou.



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9e ESCADRON
(9 POMA)

-site officiel-


Je dédie cet article à tous les soldats russes,  jeunes héros sacrifiés sur l'autel du communisme,  et en particulier à ceux qui sont tombés en Afghanistan.







1988. L'Union soviétique combat depuis neuf ans en Afghanistan.
Un groupe de jeunes militaires originaires de Sibérie part pour un camp d'entraînement en Ouzbékistan. Ils viennent d'intégrer le Neuvième Escadron, une section réputée pour envoyer ses militaires sur des lieux particulièrement dangereux.
Leur chef instructeur, un vétéran profondément marqué par cette guerre, les prépare à affronter des situations extrêmes.
Ils s'épuisent dans de longues marches sous un soleil accablant, des combats au corps à corps, des séances de tir...
Au bout de trois mois de préparation intensive, ils sont jugés prêts et envoyés sur le front afghan.


Ils vont découvrir la réalité de la guerre...




Les redoutables Moudjahiddins,"Combattants de la Guerre sainte", ennemis implacables et souvent invisibles de l'armée soviétique, qui connaissent parfaitement le terrain, d'un courage à toute épreuve et d'une détermination féroce: ils se battent pour défendre leur religion, au nom d'Allah, et leur patrie.
Une armée de gueux enturbannés contre une des plus puissantes armées du monde...


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Le 9e Escadron (9 poma en russe) est un film russe réalisé par le grand Fiodor Bondartchouk sur la guerre en Afghanistan (1979-1989), sorti en 2005 et qui remporte le prix prestigieux de l'Aigle d'Or à Moscou, le Bélier d'Or du meilleur film, et le Prix Nika du meilleur film; il fut salué par Vladimir Poutine comme une oeuvre rendant hommage et vérité aux soldats russes engagés en Afghanistan.

Le scénario s'inspire de faits réels qui se sont déroulés au début de 1988, lors de l'opération "Magistral", quand les jeunes recrues du 9e Escadron de la division des parachutistes ont accepté de combattre pour la colline 3234, point stratégique capital.
Le film est sorti dans les salles russes le 29 septembre 2005 et a rapidement remporté un vif succès car cette page de l'histoire de l'Union soviétique demeurait douloureuse pour le peuple russe .
Le budget s'est élevé à 9 millions de dollars et la scène la plus chère fut l'explosion de l'avion (450 000 dollars).
 Le tournage s'est déroulé en Crimée, en Ouzbékistan et à Moscou du 25 mai au 12 octobre 2004, ce qui est relativement court.

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C'est un film dur qui montre les horreurs d'une guerre perdue d'avance et de jeunes héros ordinaires, sacrifiés sur l'autel d'une idéologie aveugle qui méprise la valeur d'une vie humaine.
Dans le film, un seul soldat échappe au carnage; en réalité, six des trente neuf soldats du 9e Escadron ont été abattus sur la colline 3234. Il y eut plus de deux cents tués dans le camp des Talibans.
La vraie bataille eut lieu en 1988 et non en 1989.
Ce fut le premier film sur l'armée soviétique avec un budget énorme de 9 millions de dollars.
Produit par: Fiodor Bondartchouk, Andreï Feofanov, Sergueï Melkounov.
Scénario: Iouri Korotkov
Photo: Maksim Ossadtchi
Décors: Grigori Pushkin
Musique: Dato Evguenidze



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Le 27 décembre 1979, des forces spéciales russes ("Spetsnz") s'introduisent dans le palais présidentiel et éliminent Hafizullah Amin, devenu gênant.
 Babrak Karmal, est alors installé au pouvoir par les Soviétiques qui répriment par la violence toutes les tentatives de résistance dans la capitale afghane...Mais les Russes deviennent les ennemis à chasser coûte que coûte par les Afghans non pro-communistes et depuis des temps reculés, très jaloux de leur indépendance.
L'économie de guerre va certes profiter à certains fonctionnaires, officiers et commerçants installés dans quelques villes. Poussé par l'aide soviétique, le nombre de fonctionnaire s'accroît considérablement et crée un réseau de clientèles pro-soviétiques.
Mais dans les campagnes, même  les plus reculées, les insurrections islamistes se transforment rapidement en un soulèvement généralisé contre "l'envahisseur moscovite".


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Lorsque les Soviétiques pénètrent dans le pays, celui-ci est secoué par les luttes intestines. L'ancestrale monarchie constitutionnelle s'appuyant sur les chefs de village traditionnels a été renversée par un coup d'État en 1973: il s'ensuit, comme le plus souvent après la disparition d'une monarchie, une série d'instabilité politique avec son cortège d'assassinats et de putschs...Chefs tribaux, "démocrates", islamistes et communistes se disputent le pouvoir.
En 1978, les Soviétiques parviennent à installer un régime qui leur est favorable et entament une coopération économique avec l'Afghanistan. Mais ce régime prosoviétique est fragile, contesté et miné par des querelles internes.
Fin 79, Leonid Brejnev lassé du désordre, décide d'intervenir militairement pour soutenir le parti communiste afghan menacé.
Les parachutistes de l'Armée rouge fondent sur Kaboul, la capitale, alors que les chars passent la frontière Nord. Les Soviétiques écrasent toute rébellion et liquident physiquement le président en place, jugé trop incontrôlable, pour installer un homme à eux, Babrak Kamal, à la tête du pays.






Dans un premier temps, cette opération semble être un succès complet, mais rapidement les troupes soviétiques qui contrôlent les villes et les vallées doivent faire face dans les montagnes à une rébellion de plus en plus importante.
Ce sont ceux que l'on appellera les "moudjahiddins", "combattants de la guerre sainte" qui reçoivent dans les mois qui suivent des renforts venus de tout le monde musulman, un soutien en arme et en dollars des Américains...



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 La
politique de bombardement systématique des campagnes, en plus d'accroître le ressentiment de la population, est vouée à l'échec, aucun effort n'est développé pour réellement pacifier les zones bombardées.
Dés lors, les insurgés, de plus en plus nombreux, nourris par la haine des occupants, ont toute latitude pour se réorganiser face à l'abandon soviétique des immenses zones rurales.


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L'ennemi implacable de toutes les armées impérialistes occidentales: le relief .
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L'Afghanistan est un pays majestueux; des paysages à vous couper le souffle (au propre et au figuré) propices aux embuscades...










Pour les Soviétiques, pourquoi s'intéresser à l'Afghanistan, pays pauvre, quasi féodal et sans grandes ressources?
Situé à la frontière sud de l'URSS, c'est cependant un objectif stratégique des plus intéressants dans leur volonté d'étendre le communisme dans la région. En outre, il leur permet de se rapprocher à la fois des champs pétrolifères du Moyen-Orient et des mers chaudes de l'Océan indien.
Déjà immense, l'URSS ne peut contenir ses appétits: mais l'Afghanistan se révèlera un plat empoisonné...
Pourtant, en apparence victorieuse dans les premiers temps, la puissante armée rouge va connaître une défaite qui va la miner profondément et précipiter la chute de l'Union Soviétique.


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Durant la guerre, une centaine de milliers de soldats sont déployés, ce qui est peu, notamment comparé à l'intervention américaine au Vietnam, qui s'était soldée par un échec malgré le déploiement de 500 000 Américains.
Par ailleurs, les premières troupes soviétiques sont issues des populations d'Asie centrale, et leur motivation ainsi que leur aptitude au combat sont faibles.
Certains soldats vendent même leurs armes ou leur équipement...
Enfin, l'Armée rouge n'est pas préparée pour une guerre asymétrique dans laquelle elle doit se confronter à une guérilla de montagne mise en place par des insurgés plus que jamais décidés à repousser les athées soviétiques.





L'Afghanistan est un pays des extrêmes: des hivers rudes, des étés torrides...

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Des soldats russes  qui ne sont pas des boyscouts.



Durant l'été 1980, les Soviétiques prennent enfin conscience que leurs méthodes sont inefficaces: les conscrits d'Asie centrale sont renvoyés chez eux et remplacés par des troupes russes plus expérimentées; mais surtout, des innovations dans la conduite de la guerre sont introduites: l'accent est mis sur l'infanterie légère et sur les forces spéciales, de nouveaux matériels sont livrés pour la guerre en montagne, des hélicoptères.
Mais afin d'éviter un engagement trop lourd, les Russes se concentrent assez vite sur la sécurisation des rares grands axes de communication et sur l'occupation des principales villes.

Cependant, ils ne résistent pas à la pression constante et en progrés des insurgés soutenus financièrement et logistiquement par des puissances étrangères et en particulier les États-Unis.


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L'invasion aura deux conséquences majeures sur l'insurrection: des régions ou groupes de personnes qui ne s'étaient pas encore soulevés intègrent la résistance, et d'autre part, le rôle des partis islamistes basés au Pakistan, vont commencer à s'accroître.
Sous le président Daoud, la répression sévère avait poussé le mouvement fondamentaliste naissant à l'exil. Réfugiés à Peshawar, au nord-est du Pakistan, ces groupes vont péricliter et devenir, avec l'arrivée des chars soviétiques, des relais pour aider la résistance intérieure et ainsi un bon moyen de mettre l'armée soviétique en difficulté. Les services de renseignement pakistanais (Inter Services Intelligence: ISI), font le pont entre les soutiens étrangers à la résistance aux Soviétiques et les groupes du jihad en Afghanistan.

Mais, plus important, ils prennent soin de ne financer que des partis religieux, interdisant par ailleurs, aux démocrates ou aux nationalistes afghans de s'organiser au Pakistan.
Les partis devaient parler de jihad (guerre sainte), non de "mouvement de libération nationale". Surtout, afin de les contrôler, l'ISI pousse les partis à s'unir afin de profiter des subsides américains. Et même si cette union n'est que de façade, elle va permettre aux Pakistanais  de contrôler ces groupes qui sont au centre de leur stratégie pour se sortir d'une situation dangereuse: entouré de deux régimes hostiles, l'URSS et l'Inde, le Pakistan a besoin de profondeur stratégique, et pour cela, manipuler la résistance.
Les Américains qui, depuis l'été 1979, soutient l'insurrection afghane, vont redoubler d'efforts pour contrer les Soviétiques sans s'impliquer directement:
" Tout le génie stratégique de l'Amérique a été d'utiliser l'islamisme, pourtant naturellement anti-occidental, afin d'abattre l'Union soviétique...Pendant une dizaine d'années, l'islamisme politique sera ainsi détourné de sa révolte initiale contre l'Occident pour jouer la dernière carte de la guerre froide",
analyse avec lucidité Jean-Dominique Merchet.

Après avoir hésité, les Américains se rendent compte de l'importance de freiner l'expansion soviétique dans la région.
C'est ainsi que se met en place "l'Opération Cyclone", une alliance curieuse, où l'on retrouve des nations officiellement ennemies comme les Israëliens et les Saoudiens pour financer en secret et organiser le recrutement de volontaires pour aller se battre au côté des Afghans au nom de la solidarité islamique. Armes et volontaires transitent par les camps de réfugiés situés à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

Le Pakistan, dictature militaire qui a instauré un islam radical dans son pays et qui compte bien profiter de ce conflit pour étendre sa propre zone d'influence dans la région, favorise dans ce but les groupes fondamentalistes les plus extrémistes comme les futurs "Talibans".
Le Pakistan qui devient le principal allié des États-Unis dans cette lutte contre les Soviétiques et en profite pour jouer un rôle de plus en plus important en organisant sur le terrain la résistance afghane.




Hélicos  abattus par les insurgés afghans grâce aux très efficaces missiles américains sol-air "Stinger".
Les Soviétiques perdent le contrôle de l'espace aérien...
En retour, ils mènent une répression impitoyable contre les populations suspectées d'aider les insurgés: bombardements massifs de villages, empoisonnement des puits, usages de gaz, de mines (certains experts avancent le chiffre effroyable de 20 millions de mines antipersonnelles larguées dans le pays).





La CIA va se focaliser sur une aide logistique et financière aux Moudjahiddines, filtrée par le Pakistan qui donne la plus large partie des aides aux groupes les plus extrémistes.
Un autre acteur va influencer aussi le cours des évènements: l'Arabie Saoudite, inquiète du communisme: elle pousse la jeunesse musulmane à s'enrôler dans la résistance.
Environ 35 000 volontaires venus de tous les pays viennent rejoindre les Moudjahiddins dont un certain Oussama Ben Laden, jeune et riche saoudien qui va développer un mouvement basé sur la volonté de chasser les Soviétiques  pour fonder un régime basé sur la lecture la plus radicale qui soit de l'Islam.

Pakistan, États-Unis et Arabie Saoudite forment une alliance contre les Soviétiques.
"L'Afghanistan avait été catapulté au centre de la Guerre Froide alors que le président Ronald Reagan s'était promis de faire reculer le communisme. les mollahs et les meneurs politiques afghans déclarèrent un jihad contre l'Union Soviétique pendant que prés de cinq millions de personnes fuyaient en direction du Pakistan à l'est et de l'Iran à l'ouest. Pendant la décennie suivante, les Américains et leurs alliés arabes et européens envoyèrent des milliards de dollars d'équipements aux moudjahiddines, de l'argent qui transitait par le Pakistan".

Ahmed Rashid.


Le tournant de la guerre intervient en septembre 1986, grâce à l'aide américaine: prés de trois cents missiles sol-air "Stinger" sont livrés aux moudjahiddines, et d'autres encore le furent par la suite. Prés de 250 avions et hélicoptères sont abattus en l'espace de deux ans.
On peut s'étonner que les Américains laissent faire les Pakistanais et arment des Islamistes radicaux qui bien des années plus tard les frapperont directement le 11 septembre 2001, mais il faut bien comprendre que dans le cadre de la Guerre Froide, tout ennemi de l'URSS est un ami potentiel et que les Américains n'ont aucuns scrupules du moment que leurs intérêts sont préservés...


Autre particularité, la guerre va favoriser le trafic de drogue puisque de nombreux chefs de guerre cultivent le pavot pour financer leurs achats d'armes.
Ainsi, l'Afghanistan produit prés de 1500 tonnes d'opium par an à cette époque et devient le premier fournisseur mondial d'héroïne.
Une place qu'elle continue d'occuper actuellement...







Cette guerre tournera rapidement au cauchemar; sur le plan international, l'URSS se voit définitivement discréditée.
En 1980, les Américains boycottent les Jeux Olympiques de Moscou pour protester contre l'invasion soviétique. En outre, la guerre finit de ruiner l'État soviétique qui est déjà aux abois: elle coûte 2 à 3 milliards de dollars/an; plus grave encore, le mécontentement de la population s'accroit quand elle voit revenir les jeunes soldats dans des cercueils de zinc (14 000 morts et plus de 75 000 blessés).
Malgré les efforts de la propagande et de la censure, où les soviétiques sont experts, les récits des soldats sur la dureté de la guerre et sur les atrocités commises par l'Armée Rouge sensée apporter le bonheur communiste au pays augmentent le ressentiment du peuple russe envers le régime.
Le parallèle avec le Vietnam pour les Américains trouve aussi un écho avec l'essor du trafic de drogue en URSS souvent alimenté par d'anciens soldats qui se ravitaillent en héroïne en Afghanistan.
Avec l'arrivée de Mikhail Gorbatchev au pouvoir et ses tentatives de rapprochement avec l'Occident, il devient impossible de continuer cette guerre qui s'enlise.
En 1988, il commence à négocier une trêve avec certains des leaders de la Résistance afghane dont le célèbre Commandant Massoud, un chef de guerre charismatique et modéré, contre le départ en bon ordre des troupes soviétiques.
Le retrait définitif à lieu le 15 février 1989.

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Le Commandant Massoud: sur ce visage, toute la noblesse d'un peuple de seigneurs.



L'URSS sort épuisée moralement et financièrement par cette guerre qui est une défaite même si elle ne veut le reconnaître officiellement...
C'est le tout le système soviétique qui s'écroule: le coup de grâce a été donné par une poignée de gueux enturbannés qui a participé à la destruction d'un régime totalitaire et d'une des puissances militaires de la planète qui aura duré 70 longues et terribles années...



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Le sacrifice des soldats russes aura-t-il servi au moins à nous prévenir et les hommes sont-ils capables de tirer des leçons du passé?




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Soldats français en Afghanistan: entre le doute et la résignation, les Occidentaux n'ont plus la force morale de transmettre leurs propres valeurs à des peuples qui n'en veulent pas.

"...Mettre plus de soldats sur ce théâtre d'opération ne fera jamais de différence. Car, dans le cas d'espèce, emporter une décision n'est pas lié à une question de moyens, mais à la nature même de cette guerre.
L'Afghanistan est un pays à peu prés incontrôlable.
D'abord à cause de sa géographie, très compartimentée, de sa sociologie: c'est une mosaïque invraisemblable de clans guerriers et peu enclins à se plier à un pouvoir central , adeptes d'un islam d'autant plus fanatique qu'il est relativement récent.
Déjà, en 1900, l'amiral américain Alfred Maham conseillait d'éviter de s'engager en Afghanistan"en raison du caractère très inhospitalier de ses habitants".
Mes réserves sur une issue favorable pour nous, Occidentaux, sont ensuite liées à des raisons politiques: nous nous appuyons sur un pouvoir -celui de Karzaï- dont la légitimité est faible.
Enfin, il y a des raisons militaires: nos pays disposaient autrefois d'armées coloniales avec une expérience du terrain et de la population acquise dans la durée: un militaire britannique de l'Armée des Indes ne prenait sa première permission qu'après vingt et un ans.
Aujourd'hui, nous faisons la guerre avec une coalition de quarante pays, dont les personnels changent tous les six mois: je rends hommage à leur professionnalisme et à leur courage; mais lorsque nos militaires commencent à percevoir le début du commencement de la réalité afghane, ils doivent partir.
Sur un plan strictement militaire, et même s'il est très difficile de porter un jugement global sur un théâtre aussi vaste et complexe, il me semble que nous ne pouvons pas emporter la décision.
L'hypothèse la plus probable est que, à un moment donné, nous déclarerons forfait en décidant que le gouvernement central à un semblant d'assise et nous partirons. Les Talibans qui ont la durée pour eux, car ils sont sur place, se disent que les Occidentaux se fatigueront les premiers".

Hervé Coutau-Bégarie.
( Président de l'Institut de Stratégie comparée)

 

 

 URSS LENINE et STALINE 1933 Gramota-total
L'aventure des Soviétiques en Afghanistan précipitera la chute de l'URSS et du bloc soviétique.

Bye bye  Sovietics; good morning islamism!

 

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 10:24
 
Rezo Films
Piotr Mamonov, ancien hard rocker, converti à la foi orthodoxe, est le Frère Anatoli.

 
"Le renoncement chrétien est difficile mais source de Joie"






Foi, sainteté, miracles...
Le Russe Pavel Lounguine n'y va pas par quatre chemins et ne tourne pas autour du pot: il va droit au but, c'est à dire qu'il montre la Foi comme elle est: non une question mais une certitude.

Il n'y a qu'un Russe, qui plus est tardivement converti à la foi orthodoxe, qui pouvait réaliser un tel film, un chef d'oeuvre bouleversant...





Le Père Job (Dimitri Diovjev) ne comprend pas le Frère Anatoli car il est encore trop rempli de lui-même...

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, deux marins russes voguent prés du cercle polaire lorsqu'ils sont arraisonnés par des Allemands. Le plus jeune et le plus vulnérable cède au chantage criminel des Allemands qui lui promettent la vie sauve s'il abat son camarade... Il tire....

Fin des années 70.

Sur une petite île enneigée, non loin du continent; là, se trouve un petit monastère abritant une communauté de quelques moines orthodoxes, héritiers silencieux et discrets d'une religion persécutée par le régime de la terreur stalinienne.. *
 

Pavel Loungine ne nous en montre que trois: le Père Job (Dmitri Dioujev) qui a une foi de type militaire où le devoir semble parfois se séparer de l'Amour.
Le Père Philarète (Viktor Soukhoroukov), qui est le supérieur du monastère, a une Foi candide; il cède parfois à quelques caprices...
Le Père Anatoli (Piotr Mamonov), héros du film, a une Foi construite sur le repentir, qui ne lui laisse aucun repos...



Le Père Philarète ( Viktor Soukhoroukov)



Est-ce-lui le marin lâche? On ne sait pas tout de suite; réponse au fil des eaux glacées qui cernent le moine au coeur chaud, au regard intense et fièvreux, au visage et aux mains sales, guenilleux dont la prière orthodoxe revient en litanies au bord de sa bouche édentée: " Jésus Christ Fils de Dieu, aies pitié de moi, pauvre pécheur!"...
Pour incarner un tel personnage, il fallait un acteur hors pair: c'est Piotr Mamonov, comédien et ex- star du rock, fondateur du groupe culte Zvuki Mu, qui a abandonné le show-biz pour suivre le Christ.

Le Père Anatoli est le saint de l'île, lui qui est rongé par un secret qui le tourmente; son péché est toujours face à lui; il sait l' homme faible et vulnérable qu'il est... Mais c'est lui que l'on vient (parfois de trés loin) consulter...
Et c'est bien cela qui embête les autres moines de l'île: ce souillon, sans instruction ni savoir-vivre attire des fidèles de partout et on raconte même qu'il fait pour eux des miracles!

Des miracles! Mais c'est le monopole du cinéma d'Hollywood qui les fabriquent à la chaîne (Dreamsworks) par ordinateur interposé! Mais rien qui émeuve vraiment; avec la sourde et tenace tristesse que ce n'est "que du cinéma".
Avec le Père Anatoli, c'est autre chose...

Pour la première fois, Pavel Lounguine n'est pas le scénariste de son film, mais il a reçu le scénario d'un étudiant, Dmitri Sobolev, et sa vie en fut changée:
"...C'était d'une énorme simplicité, biblique; ce qui permettait de dire des choses très compliquées. Un film comme celui-là n'avait jamais existé; il parle de la honte comme d'un élément principal de la conscience et de la foi comme d'une chose normale de la vie...Il fallait montrer un monde où Dieu existe de façon évidente; on ne cherche pas Dieu, Il est là; et montrer la honte, ce travail qui se fait dans l'âme sans qu'on sache pourquoi. La honte est ce qui fait d'un animal un être humain. Dans la société moderne, il est honteux d'avoir honte? On doit être optimiste, vainqueur; or, beaucoup de gens suffoquent dans un tel monde. C'est pour eux, pour moi-même que j'ai fait ce film..."

(in Famille Chrétienne n° 1565)







Le Père Anatoli (Piotr Mamonov) semble fou aux yeux des hommes mais sage aux yeux de Dieu. Toute la Foi "délirante" des orthodoxes est contenu dans ce "fou de Dieu"...

*Une question demeure : combien de personnes sont-elles mortes dans la tourmente de la persécution stalinienne, dans les procès « légaux », dans la dure vie des prisons et des camps de concentration ? Quelques estimations ont été avancées en ce qui concerne les victimes de la persécution contre l'Église orthodoxe.
Aleksander Jakovlev, président de la Commission pour la réhabilitation des victimes des répressions politiques, a communiqué en 1995 le chiffre approximatif de 200 000 membres du clergé orthodoxe condamnés à mort entre 1917 et 1980.
 
 
 
Russie-st_Nicolas-icone-V.Pouzanov-Molev-debut-20e.jpg
Icône de St Nicolas; Vladimir Pouzanov Modiev, début XXe.
 
Quasiment tous les prêtres et les religieux ordonnés avant ou après la Révolution furent soumis à des persécutions. Pendant les seules années 1937 et 1938, 165 100 prêtres orthodoxes furent arrêtés, dont 105 000 furent fusillés. Plus de 300 évêques orthodoxes furent victimes de mesures répressives, et plus de 250 furent mis à mort ou moururent au cours de leur détention.
Ce ne sont là que des chiffres approximatifs qui demandent à être précisés, mais ils suggèrent l'idée d'une persécution en masse.
Nous connaissons l'état de l'Église russe avant la Révolution. Son dernier annuaire, publié en 1916, faisait état de 147 évêques, 117 915 membres du clergé, 21330 moines et 73 299 moniales.Parmi les membres du clergé, il indiquait les archiprêtres, les prêtres, les diacres et les psalomchtchiki (dont le nombre dépassait 45 000).
Les monastères masculins étaient au nombre de 478, ceux féminins au nombre de 547. Au cours de l'année 1917, à la suite d'une série de transferts et de nominations, le nombre des évêques orthodoxes passa à 172, plus 6 au repos.
Telles étaient les dimensions de l'Église orthodoxe sur laquelle s'abattit la persécution. Pospelovsky calcule que près de 300 évêques russes appartenant à diverses obédiences orthodoxes auraient été tués sous le pouvoir communiste, tandis que dans le clergé le nombre des assassinats dépasserait 50 000, sans compter les moines et les moniales.
Russie-Sainte-Vierge-de-Vladimir-17e.jpg
Icône de la Vierge, anonyme, XVIIe.
Russie-Kustodiyev-Boris-Mikhailovich--la-fete-de-l-hiver--.jpg
Boris Mikhailovich Kustodiev, La Fête de l'Hiver; 1916.
 
 
Russie-icone.jpg
Icône, St Cyrille & St Méthode (évangélisateurs de la Russie) XVIIIe.
 
 
 


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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 21:23

SOVIET STORY

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Affiche-Soviet-story.jpg

 

 

 

La collaboration des communistes aux crimes nazis

Katyn-1940.jpg

 

katyn-russie.jpg

Nous ne devons pas oublier que communistes et nazis furent complices pour commettre leurs crimes.

Les peuples des pays de l'Est et en particulier les Polonais n'ont pas oublié.


Devoir de mémoire:


"La première du film The Soviet Story aura lieu ce soir au Parlement européen.

 

 

 

Edvins Snore; dix années de recherches pour un documentaire accablant afin que personne n'ose dire:"Nous ne savions pas" ou "C'est faux!".


Ce documentaire du réalisateur letton Edvins Snore, diplômé en Sciences politiques, qui a effectué dix années de recherches sur le sujet, est une impressionnante récapitulation des crimes de masse du communisme, de la famine planifiée en Ukraine (7 millions de morts en 1932-1933) à l'extermination stalinienne des ennemis de classe (11 millions entre 1937 et 1941).


 

 

 

 


 

 

 

 


Famines organisées contre les Ukrainiens par Staline

(1932-1933)


Les archives révèlent aussi la collaboration à grande échelle entre nazis et soviétiques pour la «solution finale» du problème juif. The Soviet Story souligne l'impunité totale de l'Union soviétique, à l'abri dans le camp des vainqueurs de 1945. Nazisme et communisme ont fonctionné ensemble comme une ingénierie sociale infernale pour la fabrication d'un «homme nouveau». Pour les victimes du stalinisme, dit le film, il n'y a «ni réconfort ni justice».

Ce documentaire ouvrira-t-il les yeux de nos députés pour traiter les collabos du communisme avec la même détermination que les collabos des nazis ?

Il est permis d'en douter...Il n'y a pas plus sourds et aveugles que ceux qui ne veulent ni voir ni entendre.

En outre, ce serait remettre en question toute l'idéologie officielle des régimes politiques européens.

 



SOVIET STORY


 


 

...Afin que personne ne puisse dire: "Je ne savais pas"

 

 

 

 

 



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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 20:53
LE BARBIER
DE
SIBERIE

Armoiries impériales de Russie.

L'Aigle impérial à deux têtes qui regardent à l'est et à l'ouest, symbolisant les mouvements des conquêtes successives au cours de la longue histoire de la Russie . Il est coiffé de la Couronne impériale héritée de Byzance et de l'Empire romain d'orient. L'Aigle tient le globe surmonté de la Croix, qui symbolise le monde chrétien orthodoxe et le Sceptre du pouvoir impérial (auctoritas & potestas: autorité et puissance). Sur son flanc, les armoiries des différentes principautés et duchés unifiés sous son autorité et sa protection et qui forment l'Empire russe. 









1905, Etats-Unis.

Une femme écrit à son fils. Au fil de son récit, elle lui dévoile le secret de sa naissance...








Oleg Menchikov dans le rôle d'Andreï Tolstoï: un très grand acteur russe qui incarne un jeune cadet de l'Armée impériale russe à l'âme typiquement slave: romantique, sentimental, brave, fier, entier et terriblement attachant.




1885, Moscou, Empire de Russie.

 Jane Callahan rejoint à Moscou Douglas Mc Cracken, un inventeur excentrique qui tente de vendre aux Russes l'imposante machine à déboiser qu'il a conçue. Rien de tel qu'une présence féminine pour séduire les clients potentiels, ouvrir les portes des hauts fonctionnaires, dans un pays immense qui se modernise et s'industrialise...


La belle et séduisante Américaine arrive dans la Sainte Russie, un Empire dirigé par le Tsar Alexandre III, où tout est différent, mises à part les immensités géographiques...Elle sait qu'en Russie il y a un Tsar, de la vodka, des blinis...
Miss Callaghan (la charmante Julia Ormond) doit approcher le général Radlov ayant a la réputation d'un homme affable mais incompétent,  qui est le commandant de la nouvelle et prestigieuse Ecole impériale des Cadets de l'Armée russe et surtout, membre de la Commission technique qui pourrait faire accepter ce projet d'acquisition de la machine à déboiser monstrueuse, surnommée
"Le Barbier de Sibérie".

Jane et le brave général Radlov (l'excellent acteur Alexeï Potrenko). Sans le savoir, ignorant combien son jeu de séduction est dangereux, Jane enflammera le coeur de cet officier russe, d'origine allemande et mettra "le feu aux poudres".



Nikita Mikhalkov dans le rôle d'Alexandre III.

Ce réalisateur doté d'un talent immense, restaure, à travers ses oeuvres cinématographiques, un passé russe, en particulier la période impériale qu'il admire particulièrement et qui était occultée par la dictature communiste.
Grâce au cinéma, les Russes retrouvent enfin leurs racines avec fierté et se réconcilient avec une ére prestigieuse de l'histoire de leur grande nation.


J ane, l'aventurière américaine, la comédienne et dissimulatrice, se heurtera à une civilisation multiséculaire, à une société où l'échelle des valeurs est totalement inverse à celle des Nord Américains, à des mentalités imprégnées de valeurs morales et spirituelles qui la dépassent, à des êtres authentiques et entiers.
A la fin, elle découvrira ce qu'est l'Amour à travers un jeune élèves de la prestigieuse Ecole des Cadets, le jeune et fougueux Andreï ; mais il sera trop tard...




Nikita Mikhalov, parrain du cinéma russe renaissant, a restitué avec amour et justesse l'atmosphère qui règnait dans cette Russie au bord du gouffre , l'ambiance de ce temps de Pâques orthodoxe avec ses couleurs, sa musique et ses parfums de blinis et de vodka, cet instant de Grâce où le Ciel visite la Terre; l'état d'esprit qui règne au sein de l'Ecole des Cadets et cette petite fille qui interpelle les jeunes et beaux  futurs officiers:

"...Messieurs les Cadets, Messieurs les Cadets!...Ah! les Cadets!...(soupir)".

Tous les personnages, trés attachants, incarnent la diversité du peuple russe, avec les qualités de ses défauts, ses excés et surtout l'attachement aux valeurs traditionnelles russes et la religion orthodoxe ...Cette dernière qui fut terriblement persécutée par les communistes à partir de 1917, se reconstruit peu à peu, en essayant de conserver son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Elle est un des remparts contre l'affaissement des valeurs morales face à l'émergence de toutes les corruptions institutionnalisées.



On dit du soldat russe, à propos de son endurance et de sa bravoure que c'est "un soldat qu'il faut tuer deux fois".

Jour de marché, peinture de Kustodiev; 1910



"En voyageant à travers la Sibérie, j'admirais et j'étais fasciné à chaque étape par la cordialité et l'hospitalité que je rencontrais partout. J'étais fasciné par la richesse et l'abondance, dans laquelle les gens vivaient alors (1861). L'hospitalité était particulièrement développée en Sibérie. Nous étions partout reçues comme dans des pays amis, partout nous étions bien nourris, et lorsque nous demandions ce que nous devions, ils ne voulaient rien recevoir, disant seulement de brûler une chandelle pour Dieu."

Extrait du journal souvenir d'une femme de pionnier en Sibérie.







Moscou, églises à bulbes.

C'est une épopée romantique, passionnée et cruelle, dramatique et immense comme l'âme russe et les plaines de Sibérie.
C'est un Chef d'Oeuvre, une réalisation magistrale du plus grand metteur en scène russe servie par une interprétation flamboyante!






Majestueuse Sibérie: le glacier du Beluk










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